Un grand voyage vers la nuit
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capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2026
Film inclassable , Film noir ? Romance ? Fantastique ? Science-fiction ? en fait c'est un peu tout ça à la fois et j'ajouterai que la réalisation de Bi Gan est hypnotique et virtuose !
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2025
Qui est le film ?
Avec Un grand voyage vers la nuit, Bi Gan suit Luo Hongwu, homme revenu à Kaili pour traquer l’ombre d’une femme perdue. Rien, pourtant, n’est présenté comme une enquête classique : Bi Gan préfère nous placer immédiatement dans une zone d’incertitude, un espace où chaque souvenir a la densité d’un lieu, et chaque lieu la fragilité d’un souvenir. L’ambition est de proposer une expérience sensorielle, loin des codes occidentaux, en interrogeant la manière dont les images que nous fabriquons (celles de l’amour, du manque, du regret) façonnent notre perception du réel.

Par quels moyens ?
Bi Gan travaille la dialectique « avant / après » comme une machine à dissocier puis à infuser. La première partie déroule un récit morcelé : retours, indices, visages qui apparaissent fugitivement. On y suit Luo/Hongwu revenant à Kaili, qui renifle des traces et qui remonte des bribes d’un passé criminel et amoureux. Cette partie installe la logique du puzzle sans fournir de système d’assemblage. La seconde partie est la bascule : le personnage s’assied dans un cinéma, enfile des lunettes 3D, et le film bascule dans un plan-séquence d’environ soixante minutes qui est la mise en œuvre d’un modèle narratif : la réminiscence active. Là où la première partie éparpillait des fragments, la seconde les fait résonner, faire écho, se répondre spatialement.

Ce choix dans cette séquence centrale (refuser la coupe, refuser l’ellipse, imposer un flux continu) donne l’impression d’avancer dans un niveau de jeu vidéo, où chaque objet, chaque personnage, chaque motif devient un objet-clue. Le refus des coupes force le regard à s’engager physiquement (on suit la caméra comme on suit un avatar) et accentue la fragilité de l’illusion : la moindre hésitation menace de briser le sortilège. Techniquement, l’emploi de la 3D rend palpables les couches de profondeur du décor (ruelles, escaliers, intérieurs tournants). Il transforme la surface en volume.

Le film pose très tôt la maxime qui le gouverne : « la mémoire mêle le vrai et le faux ». Bi Gan refuse l’illusion d’un passé stable. La mémoire travaille par motifs qui se répètent (la montre, le pendule, les agrumes, la raquette). Répéter, ici, c'est créer des réseaux de correspondance qui donnent sens à l’errance. La maison qui « tourne » (l’illusion des amants) devient le symbole de l’amour comme phénomène qui cherche l’immobilité dans la rotation, la tentative d’immortaliser l’éphémère. Le feu de Bengale, opposé à la montre, éclaire ce contraste entre l’instant / l’éternel.

Les personnages rencontrés dans la séquence longue fonctionnent souvent comme des repères symboliques (le Jeune Chat, la femme rousse, la chanteuse rousse, le garçon à la tête de chèvre) : ce sont des figures-balises qui activent des résonances. L’idée des PNJ n’est pas déshumanisante ici : elle souligne que l’espace mental du héros est structuré comme un monde à explorer où chaque figure a sa fonction.

Kaili (ses ruines, sa gentrification, ses villas délabrées) est un personnage social. Le film n’élude pas la dimension matérielle (maisons détruites, mines abandonnées, marché nocturne, karaokés). Le réalisme magique de Bi Gan n’est pas une fuite de la politique ; il en est la forme sensible : la ville réelle contient ses fantômes (mafia, exactions, disparitions) - le rêve révèle ce que l’histoire officielle tait. Ainsi la nostalgie romantique d’un amour devient le point d’appui d’une interrogation sur les traces laissées par la violence et la marginalité.

Les pendules et montres matérialisent la conscience du temps, du temps historique, du temps personnel, du temps du rêve. Bi Gan joue le contraste entre la montre (mesure, durée, pouvoir de la modernité) et le feu (éphémère, intensité, mortalité). L’incantation finale qui fait « tourner » la maison donne, littéralement, une solution mythique : l’éternité est produite symboliquement par le mouvement circulaire mais l’éternité ainsi acquise est-elle vraie, ou juste une image parfaite, une fiction consolatrice?

Quelle lecture en tirer ?
Là où d’autres films cherchent à expliquer, Bi Gan préfère fabriquer des chambres d’écho où l’on peut entendre, parfois pour la première fois, les secrets que l’on portait. Si vous sortez du film et que vous n’avez pas la réponse complète à « ce qui est arrivé », c’est normal. Le film n’offre pas un dénouement d’enquête mais un objet-mémoire : il vous prête des clés, il attend de vous que vous entriez dans la maison et que vous laissiez tourner la pièce. Là commence vraiment le voyage.
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2025
Pour être très honnête je n'ai rien compris mais j'ai été hypnotisé pendant près de 2h.

Hypnotisé par la mise en scène où chaque séquence regorge d'idées.
Je ne vais pas vous le cacher que j'ai eu du mal à rentrer dedans tellement le récit est déconstruit.

Puis quand au bout d'une heure de film, le titre apparaît, je me suis dit: “Hein ?“ et c'est là que le film a commencé à devenir immense. Je ne sais pas comment il a réussir à faire ce plan séquence en plus en 3D à l'époque (j'aurais bien aimé voir ça). Cette descente exceptionnelle sur un genre de tyrolienne où tu découvre tout ce village, toute cette nouvelle histoire qui t'attend ou plutôt toute cette histoire qui nous a été raconté dans la première partie qui se rejoue devant nous dans une sorte de projection du rêve du protagoniste.

À mi chemin entre Le Miroir de Tarkovsky et le Mulholland Drive de David Lynch. Bref, envie de le revoir en salle pour assembler tout ce puzzle.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 août 2023
Ce film me hante. Il s'invite dans mes pensées sans prévenir, comme un vieil ami qui entre sans frapper à la porte. Il me semble parfois qu'un lien invisible nous relie. Celui des rêves j'imagine.
Est-ce la cadre, le thème, l'ambiance qui nous envahie, nous emprisonne, impossible de le dire vraiment... peu de film m'ont fait cet effet.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 mai 2023
Malheureusement je n'ai pas accroché à Un grand voyage vers la nuit même si je m'y attendais un peu, mais je voulais tenter l'expérience quand même. Mais c'est clairement le genre de film qui mise tout sur son ambiance et son envoûtement. Sauf que j'arrive à tenir 40 minutes devant mais au bout d'un moment, ça devient vraiment long et ça avance à deux à l'heure. Ce n'est pas mauvaise mais c'est juste très expérimental et je n'ai pas accroché.
JCADAM
JCADAM

6 abonnés 370 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 février 2023
Film sorti d'une autre planète et onirique. Dès le début je savais qu'il allait falloir être très concentré pour comprendre, même en faisant cela j'ai eu du mal. En effet la narration est lente est décousue avec des personnages dont on ne sait même pas d'où ils sortent. Le tout rend la compréhension difficile. C'est dans la seconde partie que j'ai un peu compris ou il en voulait en venir . J'ai du même remettre le début en accéléré pour tout comprendre et lier le tout ensemble . Côté esthétisme, l'œuvre est réussie. Mais ça ne rattrape pas l'ensemble. Film trop personnel pour qu'on s y attache.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 juin 2021
Porté par les critiques dithyrambiques, je suis allé voir ce film qui je dois le reconnaître m'a ennuyé comme rarement. Je me suis dit que j'étais dans un mauvais jour et j ai revu le film plusieurs semaines plus tard. Rien n'y a fait. Ma conclusion est la même : un ennui sidéral. J'ai parcouru des critiques avant d'écrire celle ci et je dois dire que les bras m'en sont tombés. Prendre en référence ce film avec ceux de Tarkovsky, ou même de Lynch c"est très osé. Ce film n'arrive pas à la semelle des moins bons films de Lynch. Et pour ce qui est des films de Tarkovsky ( un des mes réalisateurs préférés) qui n'a frayé qu'avec l' excellence, voire a signé plusieurs chefs-d'œuvre, je n'en parle même pas. J'aurais pour ma part évoqué à titre de comparaison le premier opus de lars Von Triers ( élément of crime) pour établir un parallèle avec ce "grand voyage vers la nuit". Mais Lars Von Triers réussissait avec panache, là ou l'auteur du "grand voyage ..." nous conduit finalement dans un grand voyage vers l"ennui. Certaines critiques tentent de raconter le film dans son ordre chronologique : c'est très louable et utile. Mais mon désintérêt est tel pour ce film, que je cherche une nouvelle position pour poursuivre confortablement ma sieste.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 décembre 2020
Un grand voyage vers la nuit n'est pas un bon film car qu'il n'y ait pas de complot. Il y a une intrigue mais le réalisateur a fait de son mieux par de nombreux sauts et flashbacks pour ne pas vous la donner et je me suis demandé pourquoi est ce une nouvelle forme d'art que d'avoir des dizaines de flashbacks ?. Il y a des personnages irréalistes et une connexion bâclée entre eux. De nombreux personnages inutiles sont introduits pour dire une ou plusieurs phrases et ils disparaissent. La dame en prison, la dame qui a eu le restaurant, deux voyous à la table de scrutin. Enlevez-les et il ne se passera rien. Par exemple le type demande à la dame en prison pourquoi vous êtes ici. Elle lui répond qu'il y a beaucoup de choses à dire vol, fausses cartes d'identité. Je ne suis pas sûr de l'utilité de ce dialogue et de l'impact sur le film si on l'enlève. Pourquoi diable ai-je besoin de regarder un gars mordre dans une pomme pendant trois minutes ?. Etait ce nécessaire de regarder ce plan d'ensemble pour connaître l'importance de la pomme dans le film ?. L'utilisation inutile de la 3D. Le réalisateur pense-t-il que si le deuxième volet n'était pas tourné en 3D nous ne pourrions pas réaliser ce rêve ?. Et de nombreux autres éléments c'est-à-dire la narration, la musique, l'éclairage leur contribution à l'essence et au message n'est pas claire et directe. Il pleut attention elle a disparu et réapparu et bien d'autres choses encore...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 juillet 2020
C’est l’histoire d'un homme qui essaye trouver la femme qu'il avait aimé dans le passé, alors qu’il retourne á Kaili, la ville oú il habitait pour la rencontrer. Le résumé est prometteur mais tout ce qui passe est vraiment imprévisible. D'après moi, c'est un film à ne pas manquer parce qu'il est visuellement merveilleux, quelques prises sont longues mais je pense qu'ils donnent certaine importance aux situations.
Pour moi c'est incroyable parce qu'il mélange les rêves et la réalité dans deux heures qui semblent magie; en plus la moitié du film est en 2D et l’autre en 3D.
Le scénario, les costumes et la production sont essentiellement spéciales,et pendant le déroulement du film on voyage à travers des images, des sentiments et de beauté, chaque situation qui se présente se connecte avec une autre et peut-être on arrive à la confusion mais si on fait attention on pourra rassembler chaque moment afin de comprendre.
Hulufo
Hulufo

7 abonnés 67 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2020
"Un Grand Voyage vers la Nuit ". Un voyage vers nos rêves et nos vies antérieurs. Pluie torrentielle de sentiments. Fragments de cœur et de lumières, l'Art c'est un séisme. Bouleversant notre âme, Bi Gan créer l'impossible, une fumée tumultueuse, une alchimie antique indescriptible. Expérience irréversible dont je ne pourrais jamais plus, en réchapper. On m'avait pourtant prévenu. Le choc n'en a pas été moins assourdissant. On se retient de pleurer une fois, puis deux fois. Mais l'éphémère face à l'éternel, tend la lumière à l'obscurité. Écran Noir. Titre. Musique. Le corps fond en larme. Un mécanisme presque obligatoire face à une démonstration, tirant plus du divin que de l'humain.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 décembre 2019
Lent, lent, lent....tout est lent dans ce film: dialogues, scènes, voitures. ..dur de ne pas s'endormir dans cette chinoiserie aux sombres couleurs et à l' histoire fumeuse. On a droit au karaoké et aux cigarettes pour faire trendy. Allez plutôt revoir Lost in Translation dans le genre, film bien plus réussi.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 décembre 2019
Une œuvre d'atmosphère onirique esthétiquement sublime grâce à des plans-séquences virtuoses mais, malgré quelques scènes envoûtantes, la narration est tant décousue et confuse que le film ne parvient pas à captiver. Vraiment dommage.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2019
Le titre est sublime, véritable invitation au rêve et à la poésie; le film, lui, n'est pas tout à fait à la hauteur des attentes. Après le beau "Kaili Blues", Bi Gan signe un deuxième film encore plus ambitieux en complexifiant la mise en forme de ses obsessions – le temps, le souvenir. Divisé en deux parties distinctes, "Un grand voyage vers la nuit" frappe d'abord par sa vacuité et ses plans poseurs, montre constamment son incapacité à se détacher de ses nombreuses références écrasantes (le film noir dans sa globalité, Wong Kar-wai pour sa photographie et son romantisme désenchanté) et gonfle les muscles avec sa virtuosité toc qui essaye tant bien que mal de masquer une intrigue sans profondeur, dont la bizarrerie ne doit qu'à une poignée de scènes absconses. Il faut attendre la seconde partie pour qu'enfin le film surprenne et captive grâce à un changement de dispositif : l'utilisation du plan-séquence. Déjà imposant dans "Kaili Blues", le plan-séquence dure ici près d'une heure et demeure le terrain de jeu le plus familier de Bi Gan, qui peut enfin déployer ses talents d'artificier. Le film ne gagne pas en profondeur, et c'est la grande limite de ce jeune cinéaste que de ne pas avoir encore trouvé de forme qui prenne la pleine mesure de ses idées, mais il parvient par le plan-séquence à renouer avec un plaisir enfantin de la technique et d'une poésie foraine; ainsi, on se délecte de certaines trouvailles formelles qui sont loin d'être vaines puisqu'elles permettent de lier les thématiques aux personnages : par exemple, il s'agit de trouver un moyen de mise en scène pour suggérer l'élévation physique de personnages survolant un village ou encore une maison qui tourne sur elle-même. Se réjouir de ces moments n'est pas anodin car il rassure sur le lien qu'entretient Bi Gan avec le cinéma – il est finalement loin de s'ériger en petit maître prétentieux – qui croit vraiment qu'une forme ludique et poétique puisse émouvoir. On attend désormais du cinéaste qu'il puise davantage dans sa croyance pour mieux donner corps à ses personnages qui restent pour l'instant des figures afin que la magie espérée opère pour de bon.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 novembre 2019
Un très bon film. Un très bon drame chinois avec de très bons acteurs talentueux , audacieux et boulversants.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 avril 2019
Deuxième film du réalisateur chinois Bi Gan, après Kaili Blues, Un grand voyage vers la nuit est un objet cinématographique totalement novateur et audacieux. En effet, ce film est une véritable expérience de cinéma avec ses deux parties bien distinctes, ses plans splendides, le côté imprévu et spirituel de l’histoire et son dispositif de visionnage incroyable, ce plan séquence monumental…
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