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Un grand voyage vers la nuit
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gamorreen
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0,5
Publiée le 24 mars 2019
quelle grosse déception! c'est beau mais c'est ennuyeux; enfin plutôt c'est un peu beau et c'est très ennuyeux. Un film qui n'a aucune ambiance (l'ennui, ce n'est pas une ambiance). Je m'attendais à une sorte de rêve, mais rien, c'est plat. Il faut dire que je n'aime pas Tarkovsky (enfin ce que j'en ai vu) et je ne vois que maintenant qu'on l'a comparé à lui, alors que je m'attendais plutôt à du Gaspard Noé (que j'aime beaucoup). Vraiment un film qui ne me laissera que le souvenir d'avoir lutté contre le sommeil. Pour donner quand même du positif, la dernière partie en 3D est par moment mieux à condition de mettre son cerveau en veilleuse et également en mode patience (que c'est long la descente en téléphérique par exemple, mais quand on a déjà patienté 1h30 on n'est plus à 1mn près), notamment quand il traverse la place avec le karaoké géant je ne sais pas pourquoi (musique?) j'ai bien aimé.
"Un grand voyage vers la nuit" est aussi une magnifique ballade cinématographique. Les amateurs de scénario classiques, de blockbusters étasuniens ou de cinéma bien de chez nous (entre autres) seront sans doute perdus. Les cinéphiles sensibles se souviendront longtemps de cette splendeur.
Il n’y a pas à dire, une belle séance que j’ai assisté avec un message concernant la 3D immersive, dès que le héros le met, une réalisation à moitié des effets spéciaux. Ce genre de film est comme le vide de l’infini, une immensité dont l’on ne reviendra plus en arrière, l’instant présent est au passé, ça avance à grâce pas, lentement sûrement plus en avant. Le visuel a quelque chose de spécial, les couleurs majoritairement lumineuses dominent l’obscure clarté, le bleu et rouge entre autre. La mise en scène de ces particularités sont les œuvres de science fiction plongée dans l’urbanisme chinois, c’est beau. Enfin, sachant contempler la contemplation des larmes romantiques du mangeur de pomme sans contrariété, ceci est voulu par le septième art, une épreuve séquence de sage réflexion.
Etrange ! J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire. Sur la vingtaine de spectateurs présents au Rex de Blagnac, j’ai tout de même fait parti de la quinzaine qui est restée jusqu’à la fin. Certains plans sont très beaux et ne semblent pas dénués d’une poésie sauvage, d’autres plans sont plutôt glauques. L’histoire est difficile à saisir comme l’héroïne recherchée, il y a des situations absurdes, des longueurs (allez, on se réveille). Rêve, réalité, l frontière est tenue et ce film n’aide pas en tout cas à en dessiner les contours.
J'ai finalement réussi à ce voir ce film à la dernière séance, j'ai cru que je l'avais raté... je l'ai vu en 2D malheureusement, mais malgré tout, quelle claque !
En fait je dois dire que je n'ai pas nécessairement compris grand chose, mais que l'expérience globale est juste folle. Folle parce que la mise en scène est sublime, surtout lors du plan séquence final, même si le début du film n'est pas en reste non plus... Il se dégage surtout une ambiance onirique, où tout se mélange, les femmes, les discours, les personnages, les lieux... voire même les époques...
En faisant ça, le réalisateur permet à son film de rentrer dans la catégorie des films qui vont marquer durablement le spectateur, ce genre de film où le spectateur va y repenser encore et encore. On n'a pas les solutions, le film ne dit pas tout explicitement, il faut chercher si on veut comprendre. Et je ne suis pas certain que comprendre soit nécessaire tant le voyage suffit en lui-même.
Le film est donc composé en deux parties, une première partie que je n'ai pas trop comprise, composée de bribes de souvenirs je dirais, mais sans trop de certitude et ensuite une seconde partie en plan séquence unique. Et ce qui est fabuleux c'est que j'ai beau ne rien avoir capté à la première partie, toute la seconde fait sans arrête des allusions à ce que l'on a vu, entendu dans la première... On a des sortes d'échos qui semblent prendre des proportions hallucinantes et qui laissent le spectateur totalement pantois.
Ceci contribue d'autant plus à l'onirisme du film, que a quelques très beaux dialogues sur les rêves et le souvenir, notamment cette phrase où on dit que les rêves se sont les souvenirs que l'on a oublié... D'où mon hypothèse où la seconde partie est un rêve...
J'aime beaucoup la transition entre les deux parties, le titre apparait comme ça au beau milieu du film, mais surtout avant le personnage principal va dans un cinéma et met des lunettes 3D. Façon de dire au spectateur de mettre les siennes. Et puis lorsqu'il émerge, il ne sait plus où il est, comme le spectateur... il s'est perdu dans le dédale de souvenir de cette salle de cinéma.
Bref, tout ça est brillant, il y a plein de choses à interpréter, mais quelque part ça serait déflorer la beauté pure de cette œuvre.
Œuvre qui finit magnifiquement exactement comme elle devait finir.
« Un grand Voyage vers la nuit » est plus complexe encore que Ingmar Bergman et Andreï Tarkovski. C’est le deuxième long métrage de Bi Gan, jeune réalisateur chinois de 29 ans. Ce film complexe n’en est pas moins fascinant. Il explore le mécanisme de la mémoire qui contrairement au « cinéma où tout est faux, est un mélange de vrai et de faux » et si « ce qui fait vivre, c’est le passé », la recherche de ce passé est ici Wan Qiwen par Luo Hongwu de retour dans sa ville natale de Kaili lors du décès de son père, une femme dont tout au long du film on se pose la question de la réalité ou non et du temps (certains personnages sont-ils vivants ou morts ?) et quelle est l’analogie entre cette femme et la propre mère du narrateur qui a disparu alors qu’il était jeune. On assiste ainsi à une plongée dans les souvenirs avec un mélange de réel, de fantasmes et de rêve onirique (tel que la partie de ping-pong dans une mine désaffectée avec un enfant qui est l’enfant dont cette femme aurait avorté et qui in fine l‘aidera dans sa quête de cette femme). Le film est d’ailleurs construit en 2 parties avec une première partie plutôt classique type film policier et un ton narratif puis – après le titre du film qui se situe au milieu de l’œuvre et de façon très symbolique une scène où le personnage va au cinéma et s’y endort après avoir chaussé des lunettes 3D – une seconde partie de plongée dans la mémoire et le rêve avec une grande symbolique du temps (l’horloge et la montre) et des pommes « qu’il faut croquer jusqu’au trognon lors qu’on est malheureux » comme lui avait dit sa mère. Sur le plan technique, c’est une très grande leçon de cinéma avec un plan séquence de près d’une heure (filmé en 3D mais je n’ai vu en 2D), une utilisation savante de la profondeur de champ et de très baux plans sur le temps : la rouille, la décrépitude des maisons … et la pluie, les reflets dans l’eau ou dans les miroirs. Bi Gan est assurément un réalisateur à suivre.
Comme tout le monde je ne peux que reconnaître la maîtrise technique de Bi Gan qui nous livre une oeuvre audacieuse et impressionnante à l’ambition assez rare. C'est d'ailleurs les parti-pris techniques risqués du film qui m'ont poussé à aller le voir en salle et, à ce niveau, le long-métrage tient ses promesses. Le film est globalement d'une grande beauté et le fameux plan-séquence en 3D est tout à fait remarquable j'en conviens. Mais, ce tour de force technique n'a pas suffi à me captiver tout du long face à une oeuvre finalement assez creuse et même indigeste par moments. L'intrigue assez minimaliste est difficilement compréhensible, la faute à des dialogues à rallonge qui tournent en rond et à une voix off qui rappelle les pires heures du cinéma de Terrence Malick. Ainsi, contrairement au réalisateur de "La ligne rouge" ou à David Lynch qui semble être l'une des principales influences du long-métrage, Bi Gan peine selon moi à créer une atmosphère prenante qui envoûterait le spectateur et ferait du film l'oeuvre sensorielle que le cinéaste coréen semble essayer de proposer. C'est donc plein de regrets que mon grand voyage vers la nuit s'est achevé, un voyage assez ennuyeux qui n'a pas autant enflammé mon imaginaire que je l’espérai.
"Techniquement hallucinant, complètement hypnotisant, et visuellement sidérant. Une expérience cinématographique"... tout à fait inutile. Exercice purement formel, au scénario inabouti. Mais propagande du softpower chinois redoutablement efficace
Ce film adopte une chronologie plus que déroutante qui en principe m’agace… Pourtant, en sortant de la salle, je n’avais qu’une idée en tête : « Je veux voir tout Bi Gan ! ». Surprise par la jeunesse de ce réalisateur et par l’expérience qu’il nous fait vivre, une expérience audio-visuelle si envoûtante (dont une partie en 3 D) qu’on peine à quitter son fauteuil, je suis restée captivée par cette succession de sublimes images, de souvenirs et d’instants fantasmagoriques, où la magie s’invite avec poésie. Qu’il est bon de se perdre dans ce dédale... !
Déroutant? Pour le moins. Le jeune prodige chinois, Bi Gan, nous emmène dans un monde flou (d'ailleurs la mise au point ne se fait souvent que sur une petite partie de l'image), où l'on ne peut situer la frontière entre réalité et délire.
Le héros, Luo (Huang Jue) revient dans sa ville natale de Kaili, dans la province du Guizhou, région pauvre et montagneuse où vivent de nombreuses minorités ethniques, pour l'enterrement de son père. Luo n'avait aucune affection pour ce père qui est remarié; sa mère a disparu quand il était enfant, celle qui lui apprenait que quand on est malheureux, il faut manger une pomme tout entière, trognon compris. On reverra des pommes, dans le film, des pomelos aussi, petits cailloux blancs qui jalonnent un chemin qui ne mène pas à grand chose. Il retrouve une photo -et l'idée de rechercher la belle Wan Qiwen (Tang Wei), femme de mafieux, qu'il a tant aimé et qui a disparu. Première moitié du film: on suit tant bien que mal cette recherche qui alterne avec des images du passé. Luo entre dans un cinéma, chausse des lunettes 3D (le spectateur aussi) et zou! nous voilà embarqué dans un interminable plan séquence, exercice obligé pour tout jeune réalisateur en quête de gloire, d'abord enfermés dans un souterrain, puis montant et descendant les escaliers d'une incroyable ville délabrée qui escalade les collines.... Le tout se passant la nuit, pour tout arranger. Il ne retrouvera pas Wan, mais peut être sa mère (Sylvia Chang
C'est beau, déroutant, abscons, un peu vain sans doute, comme cette utilisation d'un 3D assez peu performant qui n'apporte rien. Mais intéressant. On aimerait bien retrouver Bi Gan dans un film plus structuré, moins exercice de style, maintenant qu'il a fait ses preuves!
Il est des films qui sont plus une expérience de vie qu'une séance de cinéma. La vision du deuxième film du réalisateur chinois Bi Gan est de ceux-ci.
Il manque des mots pour décrire l'état de sidération qui me saisit lorsque commença dans la salle Debussy du dernier Festival de Cannes le fameux plan-séquence en 3D de près d'une heure qui conclut le film. Jamais je pense je n'ai eu autant l'impression d'évoluer à l'intérieur d'un rêve, d'être au contact d'une matière aussi purement onirique.
La presse et Bi Gan lui-même rivalisent d'expressions qui paraîtront plus ou moins fumeuses à ceux qui n'ont pas vu le film (Bi Gan dans Libération : "Le plan-séquence est comme une cage pour l'oiseau du temps") mais qui toutes tentent maladroitement d'exprimer l'indicible exaltation que procure ce moment.
Comparé à ce choc esthétique et mental, le reste du film (la première heure) paraît presque anecdotique, alors qu'il est d'une qualité exceptionnelle : une idée de mise en scène par plan et des images somptueuses.
Le propos de Un grand voyage vers la nuit est pour le moins elliptique : on comprend qu'il s'agit d'un homme (probablement un tueur) qui cherche la femme aimée, ou son souvenir. La narration est déstructurée, dans un style qui rappelle à la fois Wong Kar-Wai (l'association amour / temps / beauté / mise en scène), Jia Zhang-Ke (la précision du montage et la qualité de la photographie) et David Lynch (les objets fétiches récurrents, le labyrinthe des souvenirs).
Une expérience immanquable pour les amoureux de découvertes cinématographiques.
Les images sont peaufinées, le rythme est entraînant mais très vite on devine qu'il faudra se concentrer pour ne pas perdre le fil. Il y a un certain snobisme à porter aux nues des oeuvres très personnelles qui ne parlent pas à tous.
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: Selon la Lagoai Research Foundation (cf wikipedia), la mine de Kaili servirait de camp de rééducation par le travail. Ambiance
Un long voyage vers l'ennui (oui, celle-là est facile) est un film euh...chinois. Dépaysement garanti ! On ne sait pas qui sont les personnages, ni ce qu'ils font, ni ce qu'ils veulent, ni vraiment ce qu'ils se racontent. Même avec les sous-titres. Oui, je suis un abruti, je n'ai rien compris. Je suis tellement nul que je ne sait pas s'il y a un ou deux hommes, c'est dire. Reste une abstraction sur le souvenir. Que reste-t-il de vrai dans un souvenir ? Peut-il être la source d'une mémoire refoulée ? Ou le catalyseur de fantasmes jamais vécus ? Tout un programme. Cette abstraction s'avère poétique à qui est capable d'apprécier l’invitation audio-visuelle du réal. Ses plans affichent 1000 nuances de teintes dans ses décors décrépis, (longs) tableaux animés à l'image particulièrement soyeuse. Clapotis d'eau et gimmick musical. Pour les autres, hum, ce sera moins plaisant. Et puis finalement, dans la partie en 3D, certains éléments précédemment cités ou montrés se voient représentés et rassemblés : spoiler: l'enfant à la raquette de ping-pong, la mine, les pommes, les pomélos, la mère aux cheveux rouges, l'histoire de l'incendie... Ils viennent faire basculer le...récit dans un onirisme en escalier. Bref, un film probablement brillant puisque des images, des sons et du montage émergent habilement les thèmes abordés, irréels, fragiles et intimes. C'est beauuuuuuuuuuu mais c'est lonnnnnnnnng.
Avec sa propre grammaire, et une inventivité folle, Bi Gan éblouit le spectateur dans sa maîtrise totale de l’art cinématographique en déroulant son histoire qui mêle le rêve et la réalité, la mémoire et le présent. Un grand Voyage vers la nuit : vertigineux.
Au milieu d'Un grand voyage vers la nuit, le héros s'assoit dans un cinéma et chausse ses lunettes. C'est le signal que le film passe soudain en 3D avec un plan-séquence qui va durer pas moins d'une heure. Vous avez dit Bi Gan ? Oui, c'est bien de ce cinéaste prodige chinois de moins de 30 ans, auteur du déjà très remarqué Kaili Blues, qu'il s'agit. Mais avec ce deuxième long-métrage, il passe à la vitesse supérieure, du moins par son ambition. Un grand voyage vers la nuit semble en effet se placer entre Wong Kar-wai, pour l'esthétisme et le romantisme, et David Lynch, pour l'opacité labyrinthique de la narration. Le résultat ne comblera pourtant pas tous les spectateurs car le film peut aussi passer pour un exercice formel un brin prétentieux et dénué de fond véritable. On peut cependant l'apprécier pour ses qualités visuelles et sonores qui en font un objet hypnotique (malgré une voix off très sentencieuse) à partir du moment où on se laisse entraîner sans chercher véritablement à comprendre sa finalité. Le film évoque la porosité de la mémoire et la fausseté de souvenirs qui prennent davantage l'aspect d'une rêverie trafiquée et embellie. Bi Gan a manifestement beaucoup de talent mais aussi, sans aucun doute, une grande conscience de sa propre virtuosité. L'on peut sortir d'Un grand voyage vers la nuit très agacé ou bien complètement séduit. Ne rien en savoir avant la projection et plonger dans ce songe nocturne sans a priori est encore la meilleure façon d'apprécier le voyage.