Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
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Pierre C.
Pierre C.

18 abonnés 147 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2023
Rambo japonais qui refuse de croire que la guerre est finie, car pour lui tant qu'il sera en vie la guerre sera là car la guerre est en lui.
Film pour tout les soldats qui se sont fait abandonner par leur patrie.
Intéressant de voir les pensées de tous ces face à eux même.
JB D
JB D

9 abonnés 35 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 janvier 2023
Fascinante histoire vraie d’une guerre parmi tant d’autres, « Onoda » narre le hors-champ d’une tragédie intemporelle, qui est celle de la destruction. Il faut peut-être bien comprendre à quel point le cinéma ‘’de guerre’’ ne peut raconter quelque chose qu’à partir du moment où il montre ce qu’il y a ‘à côté’ , et non pas ‘dedans’. C’est bien la grande qualité de ce film ambitieux et énigmatique, deuxième long-métrage d’un jeune cinéaste français, entièrement tourné en langue japonaise, au Cambodge, d’une durée de 2h46. A priori cette excursion nourrit le fantasme d’un cinéma français qui saurait sortir de chez lui tout en rendant quelque part un hommage non dissimulé à un certain génie cinégénique asiatique, qui est celui de la langue, des acteurs et de la mise en espace. Arthur Harari, en racontant cette histoire vraie d’un soldat japonais qui a refusé de comprendre que la guerre était finie, réussit un film pourtant probablement inconciliable avec ses propres origines. Loin d’une vision qui voudrait rendre le cinéma japonais à l’état de ce qu’il n’a jamais été, Harari offre une réflexion fascinante sur le destin d’un échoué du monde, capturé dans les filets d’une obsession guerrière qui n’en finit pas. Comme contaminé par sa propre croyance, Onoda va donc passer 30 ans sur une île à survivre, avec quelques frères d’armes tout d’abord, puis seul, confronté à son propre phénomène de solitude. C’est-à-dire que ce personnage se trouve être le fantôme de lui-même, un vivant sans les vivants, mais aussi un fantôme sans les fantômes ; la seule image mentale, c’est cette mère-patrie dont il attend l’ordre de poser les armes, psyché abîmée sur les rivages de l’invisible. Folie extrême de la subordination de l’homme face au pouvoir, ce récit ne devient pas sous le regard bienveillant du cinéaste la parabole d’une quelconque humanité en péril, et encore moins la lecture psychologique d’une tragédie individuelle (derrière la tragédie véritable et collective de la guerre). En fait, il serait même difficile de savoir si ce n’est pas dans la joie profonde, dans l’abandon de l’homme vers l’animal, qu’Onoda se met à glisser, comme dans un vertige. C’est du moins la belle indécision que le cinéaste nous soumet comme grille de lecture unique. Des secousses violentes (attaque de pêcheurs, typhus, insectes…) ramènent l’homme à sa condition de mortel, mais c’est bien dans l’injonction militaire du « tu ne dois pas mourir » qu’Onoda puise sa force survivaliste, à la lisière d’une instabilité mentale qui ne se traduira jamais vraiment. C’est justement la force du film que de rester opaque face à la raison, mais ouvert au profond questionnement de ce qui peut animer un homme dans les circonstances si particulières de sa solitude, de son zèle presque religieux. Faussement herzogien (on peut imaginer combien le film aurait été différent dans l’oeil du cinéaste allemand, adepte des illuminés qui deviennent sur-hommes), « Onoda » vient puiser dans le génie naturel des paysages l’éclatement de ce parcours humain, sa sérénité autant que son déchirement. La temporalité, jouant ouvertement sur le manque de matière narrative - comment dire 30 ans d’une vie à piétiner? - parvient à ouvrir vers une sorte d’apaisement étrange et entêtant… et si finalement, derrière ce refus de voir la vérité, il n’y avait pas le secret désir de vivre en paix, aux sources même de la terre ?
C’est la question qui s’ouvre, béante, à la fin du film, lorsque dans une extraordinaire confrontation avec le capitaine qui l’a formé, Onoda accepte enfin de déposer son fusil. L’ancien capitaine, devenu un vieil homme taciturne rattrapé par ses émotions, fond en larmes en redisant l’appel à la paix qu’un homme, un seul, n’a pas entendu pendant trente ans. Il est le seul dépositaire du pouvoir des mots, et Onoda comme un hypnotique qui ne se réveillerait de son état qu’au claquement de doigts de celui qui l’y a plongé. Presque comme dans un rituel onirique, la séquence montre tout ce qu’un homme a peut-être perdu de vie, mais ce qui perdure d’énigme en lui ; ses émotions hors du monde, n’auront-elles jamais eu un sens une fois ses illusions détruites ? Qu’est-ce qu’un homme devenu île peut bien devenir une fois qu’on lui retire sa seule identité, son territoire ? Compagnon d’armes, ami, ermite, aventurier attendant les mots sacrés du chef (ici comme d’un père), Onoda, dans un dernier plan bouleversant, se laisse transporter par un hélicoptère qui le ramène en terre natale, cette terre-là pour qui il a disparu dans l’anonymat, celle-là même qui n’est plus la sienne depuis trente ans ; cette terre que même le cinéaste, dans une logique magnifique, ne nous a jamais montrée. D’abord inféodé, puis aveuglé, le soldat Onoda a fini par trouver sa liberté intérieure. Et en lui rendant son existence véritable, en faisant revenir la vie réelle dans son esprit, le capitaine la lui ôte et, certainement, le soldat-monde ne la reconquérira jamais. Le film se finit d’ailleurs sur une réalité invalide et puissamment évocatrice; qui devenir quand on a déjà rencontré son propre fantôme ? C’est qu’Onoda est l’enfant oublié d’un cache-cache historique, attendant la félicité dans un coin de forêt.
Wile.E. C
Wile.E. C

43 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 janvier 2023
Un film poignant, introspectif, intense, métaphysique même, long aussi c'est vrai, mais cette longueur sert le récit car Onoda a vécu 30 ans dans l'idée folle que la seconde guerre mondiale se prolongeait.
Je ne vais pas m'étaler plus, car Christoblog a déjà tout dit dans sa critique (voir plus haut) et je rallie entièrement son analyse sur ce très beau film.
Alors, prenez un thé, un café, mettez-vous à l'aise, et prenez le temps de voir - de contempler devrais-je plutôt dire - ce film qui ne vous laissera pas de marbre si vous vous laissez imprégner de sa beauté toute japonaise.
TUTUR29
TUTUR29

48 abonnés 1 344 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2022
Je suis assez impressionné par Onoda. C'est un film fleuve, qui peut paraître long, mais il vaut vraiment le détour. Il retrace l'histoire d'un soldat japonais qui tente à tout prix de garder en sécurité une petite île, sans même savoir que la 2e GM s'est terminée en 1945. On va donc suivre une véritable épreuve de survie dans la jungle pour ces soldats, et surtout une épreuve de détermination. Onoda représente parfaitement la force de caractère des Japonais et plus généralement l'entêtement dont peuvent faire preuve les humains, alors même que tout montre qu'ils ont tort. Le cadre du film est en plus vraiment magnifique et la mise en scène très lente fait ressortir la beauté du film à chaque instant. Bref, un très bon film, je vous le recommande !
Paul Hackett
Paul Hackett

7 abonnés 17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2022
L’histoire sidérante d’Onoda, soldat japonais de la seconde guerre mondiale, qui ne rendit les armes qu’en 1974. Alors il vaut mieux être prévenu, c’est long sans être long (2H45 tout de même), c’est lent sans être lent (le réal Arthur Harari adopte un rythme très particulier), mais c’est ce qui permet de s’imprégner de la jungle de l’île de Lubang (Philippines) dans laquelle se cache ce soldat et sa folle logique. Un lieu d’enfermement géographique et mental où le temps s’est figé alors que le monde bouge à toute vitesse à l’extérieur. Un beau film étonnant, épuré, en dehors des clous du paysage cinématographique français, qui semble même hors de notre époque…finalement totalement à l’image de son anti-héros.
Scapa Flow
Scapa Flow

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2022
Chef d’oeuvre……!!!
L’histoire vraie d’un soldat japonais qui a été envoyé sur une ile des philippines lors des derniers mois de la guerre du Pacifique en 1945.
Talma
Talma

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2024
Seconde guerre mondiale, le dernier soldat Japonais se rend en .... 1974 ... une histoire vraie .......................................
carbone144
carbone144

116 abonnés 849 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2022
Quoi qu'un tout petit peu long, il s'agit là de nous proposer de partager une expérience de vie assez singulière et captivante, celle de soldats japonais lobotomisés qui n'ont arrêté la guerre que 30 ans après la capitulation. J'ai apprécié la beauté chaude et moite de la jungle et de la forêt tropicale, le dépaysement procuré, l'image sobre qui paraît authentique et d'époque, l'aspect "pellicule" et grain documentaire. Documentaire également tant il n'y a pas d'état dame. Les innocents y passent. L'histoire qui nous est contée est tout simplement captivante et je n'aurais pas cru que cette anecdote de l'Histoire qui se résumerait en quelques lignes puisse tenir sur un si grand film. Avec du recul, je peux pourtant comprendre qu'il ne plaise pas à certains qui tomberaient dans l'ennui ; avec ce film c'est un peu tout ou rien, il faut réussir à s'immerger. C'est un film français, et à ce titre il faut souligner que c'est une pépite. 4,25/5
Medolag
Medolag

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 19 août 2022
Quelle platitude de mise en scène. Quel ennui à suivre ce personnage désincarné. Aucune étincelle ne vient illuminer cette morne errance sur cette île improbable. Ce réalisateur est loin d avoir le talent d' un Pierre Schoendoerffer
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2022
La mise en scène est d’une grande maîtrise, car il tient ses 2h45 en jouant forcément sur un certain nombre de longueurs, mais accompagné de nombreux rebondissements qui au regard de la platitude de l’existence d’Onada deviennent forcément très spectaculaires, même si certains le sont véritablement quand même. Mais ce qui est intéressant est que cette torpeur est assumée ; Onada est resté 10 000 nuits dans sa guerre imaginaire… Pour que le spectateur partage pleinement l’expérience, et c’est bien l’objet du film, il lui faut aussi cette sensation d’épuisement parfois, mais sans ennui ; Là est le tour de force. Onoda finit par se confondre avec la nature… Sait-il encore même qu’il est véritablement humain ? … Le jeu immersif aussi bien de Yûya Endô et Kanji Tsuda qui incarnent respectivement Onoda en jeune soldat fou de guerre imaginaire, et un Onoda vieilli dans une même folie, mais davantage introspective, va les hanter sans doute bien longtemps et nous avec… Leur engagement est total et ils sont éblouissants d’effroi…

Sans crier au génie, c’est un film qui laisse des traces, ce qui est toujours un peu le cas pour une histoire sur la folie… Du moins pour celles et ceux qui auront eu accès à l’ensemble de la dimension narrative, ce qui, il faut le reconnaître n’est pas forcément une évidence, y compris car cette première partie du film avec l’installation et la pose de l’intrigue est par moment au bord du trop-plein de conceptualisme. Onoda 10 000 nuits dans la jungle est un film à l’image du sujet qu’il traite, complétement fou… Mais quel talent, quelle puissance romanesque, quelle façon de faire du cinéma… Si Onoda s’est au bas mot perdu pendant ces 10 000 nuits, vous gagnerez 2H45 de bonheur en tentant le pari Onada..
videoman29

316 abonnés 1 923 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juin 2022
J'avais vaguement entendu parler de cet Officier Japonnais qui a poursuivi SA guerre pendant 30 ans après la fin officielle des hostilités. Cependant, je pensais qu'il s'agissait d'un soldat oublié sur une île déserte, sans le moindre accès à l'information. En découvrant l'étonnant film de Arthur Harari, je me suis rendu compte avec stupeur que ce n'était pas du tout le cas. Le Lieutenant Onoda commandait en fait une petite section et son île n'était pas du tout inhabitée. Deux villages de paysans Philippins y étaient également implantés. Ce ne sont finalement que son fanatisme et sa formation spéciale à la « guerre secrète » qui ont brouillé son sens du discernement et l'ont empêché d'admettre que la guerre était finie... et que son pays l'avait bel et bien perdu. Il poursuit donc le combat, à sa façon, en restant caché et en menant la vie dure aux villageois qu'il traite comme des ennemis. Nous, pauvres spectateurs, on suit avec une sorte de fascination le déroulement des événements et cette plongée effrayante dans l'esprit de ces militaires... pour qui on finit par ressentir une profonde pitié. Toujours à la limite de la folie, mais sans y sombrer vraiment, ils tentent de survivre en faisant ce qu'ils pensent être leur devoir... tout en se demandant bien pourquoi ils ne reçoivent pas les renforts tant espérés. La détermination de ces hommes et leur patriotisme hors norme n'ont malheureusement d'égal que l'absurdité de la guerre et l'étonnante force que le genre humain met à se détruire lui-même. Un film inhabituel, certes... mais d'une force et d'une importance vitales !
FaRem

10 595 abonnés 11 630 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juin 2022
On connaissait le sens du sacrifice des Japonais, mais à ce point-là... Avec son nouveau film, Arthur Harari raconte l'histoire de ces « soldats restants » et plus particulièrement celle du plus connu d'entre eux à savoir Hirō Onoda. Alors que la guerre du Pacifique est sur le point d'être perdue, ces soldats se sont rendus sur différents archipels pour continuer cette guerre qui allait continuer beaucoup plus longtemps pour eux que pour leur pays... Le réalisateur nous fait découvrir cette guerre « secrète » avec des soldats spécialement préparés ou plutôt programmés pour cela à qui l'on donnait tous les droits sauf celui de mourir. Il est question d'une résistance totale et d'un combat imaginaire qui étonnamment ne mène pas à la folie. S'il ne s'agissait pas d'une histoire vraie, on pourrait croire à une expérience tordue tellement l'histoire est inimaginable. C'est fascinant de voir un homme aussi dévoué à sa mission même si l'on peut être aussi admiratif que déconcerté devant cette fausse guerre et cet entêtement ridicule. Le réalisateur ne se moque jamais de l'absurdité de la situation, il fait preuve de respect tout en montrant que Onoda a eu plusieurs portes de sortie. Déjà que c'était une autre époque avec pas les mêmes moyens de communication, il ne faut pas oublier le dévouement des Japonais. Le film aurait pu être beaucoup plus développé sur plein de choses comme la personnalité des personnages, la vie au quotidien, la santé mentale, entre autres, mais l'essentiel y est à savoir cet engagement indéfectible qui donne toute sa puissance au récit. J'avais un peu peur de la durée, mais le film n'est jamais ennuyeux. Bref, un bon film sur une histoire folle.
Blankovitch
Blankovitch

75 abonnés 268 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2022
Une histoire vraie hallucinante et vertigineuse, très bien traitée.
Un film auquel on repense souvent.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 juin 2022
Waouh, certainement pas un film accessible à tout le monde. Et oui, on nous épargne des scènes de guérilla bourrées d'effets spéciaux, on nous épargne un scénario romancé où le réalisateur aurait pris des libertés avec la vraie histoire.
Oui la longueur du film a de quoi faire peur, mais franchement, l'interprétation des acteurs est juste incroyable de sincérité et de justesse. Les images et les décors sublimes. Au final même si on connaît la fin, j'ai été surpris moi-même d'avoir été jusqu'au bout du film.
La seule critique que je pourrais trouver, j'aurais aimé qu'il équilibre davantage les années dans son film. Ses dernières années passées sur l'île auraient peut-être mérité un peu plus de temps de pellicule.
pierre scalliet
pierre scalliet

12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juin 2022
Lent, comme le temps qui passe pendant ces 30 années d'errance, d'espoir et de fuites répétées. Dialogues rares mais toujours justes. Images fortes et belles. Photographie parfaite, montage remarquable. Mais on en garde un goût de désespoir et de gâchis. Gâchée la vie d'un homme né dans le Japon impérialiste et militarisé, formé à la brutalité puis lâché dans la jungle des Philippines. Pas de rédemption, juste une survie vaine et peu à peu solitaire à mesure que ses compagnons disparaissent. Je pense à "La Ligne Rouge" de Terence Malik. Il a du apprécier ce film.
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