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Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
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LEMON
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4,5
Publiée le 12 avril 2026
Excellent : du vrai cinéma devenu si rare. On y croit, on se laisse captiver, même si évidemment le film ne reflète qu'une partie de ce qui a été vécu par Onoda pendant ces trente années. On arrive à saisir un peu la psychologie de ces soldats japonais formés pour des missions de résistance.
Onoda, 10 000 nuits dans la jungle suit un soldat qui continue la guerre bien après sa fin, enfermé dans une mission qu’il refuse d’abandonner. Un film immersif et exigeant que j’ai trouvé intéressant, mais qui m’a parfois laissé à distance.
Avant de le voir, il faut avoir en tête qu’il s’agit d’un film inspiré d’une histoire vraie, réalisé par Arthur Harari dans une démarche très réaliste. Tourné en grande partie en Asie du Sud-Est, avec des acteurs majoritairement japonais et des dialogues en japonais, il privilégie l’authenticité. Sa mise en scène sobre et sa durée assumée cherchent avant tout à faire ressentir le temps et l’environnement, loin d’un film de guerre classique.
Le film explore la croyance et l’endoctrinement à travers un personnage qui continue d’agir selon une réalité qui n’existe plus. Il interroge la manière dont une idéologie peut structurer un individu au point de devenir sa seule grille de lecture du monde. À travers cette trajectoire, il aborde aussi la fidélité, l’honneur et la difficulté à remettre en question ce qui a été intégré comme vérité.
Le récit s’intéresse également au temps, à l’isolement et à la perte de repères. La répétition des gestes et l’attente prolongée créent une forme de stagnation, où la réalité extérieure n’a plus de prise. Le film propose ainsi une réflexion sur l’identité, construite autour d’une mission, et sur ce que devient cette identité lorsque la mission perd son sens, sans vraiment y apporter de réponse.
J’ai trouvé le film plutôt intéressant à suivre, notamment pour découvrir cette histoire et pour le point de vue japonais sur ce conflit. L’immersion fonctionne bien, tout comme le réalisme, avec une mise en scène qui traite son sujet avec sérieux, sans simplification ni effet spectaculaire. Le regard reste neutre, ce qui laisse place à l’interprétation, et l’ensemble est porté par une interprétation solide.
Cela dit, le rythme est lent et demande une vraie patience. Il faut accepter une répétition volontaire, un manque de tension et une narration peu guidée, aussi bien pour les personnages que pour le spectateur. J’ai aussi ressenti une distance émotionnelle, avec des personnages auxquels je ne me suis pas vraiment attaché. L’approche sobre renforce cette sensation, et sur la durée, le film m’a paru assez long.
Au final, Onoda, 10 000 nuits dans la jungle propose une approche réaliste et cohérente d’un sujet complexe. Un film intéressant dans sa démarche, mais qui peut laisser à distance par son austérité et son rythme.
Tiré d'une histoire vraie absolument incroyable, Onoda cherche à dépeindre le quotidien de ce soldat japonais resté en guerre pendant trente ans au milieu d'une petite île des Philippines. La tâche est ardue, mais Harari s'en sort brillamment, par quelques ellipses bien espacées qui montrent comment Onoda s'est progressivement retrouvé seul, et par quel artifice d'autosuggestion et de fiction il a réussi à se convaincre que sa présence sur le terrain était encore vitale aux intérêts de son pays. On pense un peu aux westerns de John Ford, mais encore plus à Aguirre d'Herzog, tout en reconnaissant la patte et la personnalité du réalisateur français. Sa réussite, ici, tient à sa façon de sortir cette histoire et son personnage d'un plan purement moral, pour laisser au contraire la complexité du personnage et de sa situation se déplier, entre douceur, contemplation, absurdité et violence. Ce film -- aussi bon qu'inattendu, et d'une maîtrise formelle remarquable qui abolit presque entièrement le contrechamp -- laisse présager du meilleur pour la suite de la carrière de cinéaste d'Arthur Harari.
Histoire poignante d'un soldat japonais ayant passé quasiment 30 ans seul, refusant de se rendre et convaincu que la Seconde Guerre mondiale n'était pas finie. Un très beau film
Relatant une histoire vraie, le film part un peu doucement, mollement, et on se demande si on va tenir 2h44. Mais avec le temps qui passe, on assiste à l'obstination voire à la paranoïa du personnage principal et de son dernier acolyte. On prend pitié pour eux, en se disant que rester isolés aussi longtemps dans des conditions difficiles, même si ils commettent des actions peu reluisantes sur l'île sur laquelle ils s'obstinent à rester. Bref, je me suis un peu ennuyé au début et après je me suis laissé prendre au jeu.
C’est une histoire étonnante que narre ce film suivant le périple d’un lieutenant de l’armée japonaise affecté avec un petit contingent d’hommes sur une île des philippines ne prenant pas conscience que la guerre s’est terminée. Le réalisateur Arthur Hariri confirme tout son talent avec ce second long-métrage empreint de lyrisme. Véritable aventure humaine exigeante et foisonnante dans ses sentiers empruntés pour tenter d’élucider le mystère de cet homme menant une guerre fantôme pendant 30 ans. Un long-métrage à la lisière des genres fascinant à voir.
Je suis tombé un peu par hasard sur Onoda, sans rien savoir sur ce film ni cette histoire, et quelle bonne et incroyable surprise ! Le film est long, il faut être "prêt" à suivre la très longue dérive et solitude calendaire d'Onoda. Cette capacité de l'humain à pouvoir s'extraire du monde pour s'isoler dans le sien, celui du dévouement le plus total est dingue et la réalisation nous permet d'appréhender parfaitement ces sujets. Un grand film sur le repli.
Destin atypique que celui d'Onoda, soldat japonais qui, refusant de se rendre et de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale, va continuer de se battre sur une ile des Philippines. Une adaptation qui n'est pas japonaise mais... française. Son réalisateur n'est autre qu'Arthur Harari remarqué avec son "Diamant noir" (2015).
Film ambitieux mais une réussite. Une aventure humaine assez longue mais passionnante. Une histoire digne d'être racontée. Quelques longueurs ressenties mais les émotions sont bien là. On ne peut que frissonner face à tant d'entêtement et de dévotion face à une cause perdue d'avance.
Très bien interprété et réalisé, "Onoda, 10 000 nuits dans la jungle" est un excellent long métrage.
Une aventure humaine et de survie à partir d’une histoire vraie et hors du commun. Huis clos à ciel ouvert. C’est humide, lent, dément et sauvage. L’enfermement mental de ce guerrier est magistralement filmé. Un film indispensable sur la guerre
Un film qui passée la première demi heure un peu lourde tient tout le temps en haleine. C'est une gageure vu que le protagoniste reste une bonne partie du film seul à l'écran. C'est bien écrit, bien filmé et bien joué. Un petit bijou en somme.
L'idée de départ véridique était stupéfiante, et le réalisateur a eu du courage de réaliser un film sur ce personnage hors du commun. Pourtant le film est décevant ce qui explique son échec total au box office. On aurait espéré un grand film d'aventure ou de survie dans des décors spectaculaires et on à la place un film minimaliste centré sur les interrogations du personnage principal. En outre le rythme est trop lent pour captiver. Autre bémol, celui de dépeindre le personnage comme quasi héroïque alors qu'en réalité il vivait de racines n'hésitant pas à tuer les civils et à brûler leur récoltes inutilement. Une déception.
J'ai toujours été fasciné par le concept des soldats japonais "restants". Ces hommes qui, ignorant la fin de guerre, ont continué à défendre coûte que coûte des îles isolées du Pacifique. Parfois des années, voire des décennies après 1945. Hiro Onoda est l'un des plus célèbres, et l'un des derniers à s'être rendu, après 30 ans passés dans la jungle ! Comment a-t-il pu tenir aussi longtemps ? Que lui est-il passé par la tête pendant toutes ces années ? Et à sa reddition ? Le film d'Arthur Harari répond en partie à ces questions, et en soulève d'autres. Outre cet excellent sujet, il faut saluer l'audace de tourner un film français... en japonais (!). Et en décors naturels (scènes filmées au Cambodge). Décors qui d'ailleurs apporte beaucoup à l'ensemble. Filmée avec une lumière qui parait elle-aussi naturelle, la jungle est sublime. Présentant tout autant des allures de paradis isolé irréel, que de prison mentale. Et au sein de cet environnement, le récit de "Onoda" se centre à fond sur la psyché de ce soldat et de ses compagnons. Expliquant comme Onoda a pu construire cette mentalité de guérillero jusqu'au-boutiste, parvenant à embrigader quelques comparses. Des thématiques telles que le leadership, l'honneur, ou le doute (voire le complotisme ?) seront ainsi abordées, souvent avec finesse. Bien qu'il dure 2h45, le film n'est aucunement ennuyeux. Certes c'est lent. Mais c'est très bien joué, tandis que la richesse des thèmes et l'horreur de la situation ne nous fait jamais décrocher. Avec en prime un montage qui manie bien l'art de l'ellipse. Si vous cherchez une oeuvre originale sur la Guerre du Pacifique, vous l'avez !
Outre l'histoire qui est plutôt incroyable, le film est vraiment prenant. Le réalisateur choisit avant tout la vision intime de l'homme plutôt que sa guerre. C'est comme un choix de vie. On ne sait pas vraiment comment il passe ses journées, mais on est dans son monde intérieur. Celui du patriotisme ou du refus de l'abandon inculqué dès sa jeunesse. "Vous devez vivre à tout prix". Intéressant malgré sa relative longueur
Japon, 1944. Hirō Onoda (Yuya Endo/Kanji Tsuda) ne veut pas mourir pour la patrie à l'inverse de bon nombre de ses compatriotes. Le fait de ne pas faire l’ultime sacrifice, lui vaut d'être repéré par le Major Yoshimi Taniguchi, à la tête d’une section secrète de l'armée formée à la guérilla. Après un entraînement psychologique, Onoda est envoyé sur l'île de Lubang dans les Philippines. Peu de temps après cette affectation, la guerre prend fin. Pour le sous-lieutenant Onoda, replié dans la jungle avec une poignée d'hommes, tous les signes de la défaite ne sont que des ruses ennemies. Il tiendra son poste encore trente ans en attendant une relève qui n’arrivera jamais… D’après l’histoire vraie du lieutenant Onoda, qui fut le dernier soldat japonais à se rendre en décembre 1974, le réalisateur Arthur Harari et son scénariste Vincent Poymiro - césarisé depuis peu - nous embarquent dans un récit époustouflant d’une durée fleuve de 2 h 45’ ! Au milieu de décors naturels (le Cambodge), magnifiés par une splendide photographie - ici une véritable cache à ciel ouvert donnant tout crédit à l’histoire - Arthur Harari (“Diamant Noir”) filme en prologue, les dernières heures du conflit dans le Pacifique par le prisme d’un groupe de soldats nippons épuisés, blessés et malades, dont le sous-lieutenant Onoda en prendra le commandement. Fraîchement débarqué sur l’île de Lubang prise par les Américains, Onoda a pour mission d'infiltrer les moindres parcelles de terrain pour déstabiliser l’ennemi, mais bientôt, l’ennemi américain ne sera plus là !? Commence alors pour Onoda et ses compagnons, plus particulièrement Kinshichi Kozuka (Yuya Matsuura/Tetsuya Chiba), son second - au cœur d’une terre sauvage - un récit initiatique et introspectif d’une intensité rare, que seuls des réalisateurs comme Werner Herzog, Samuel Fuller, Akira Kurosawa, Francis Ford Coppola, ou plus récemment James Gray avaient su nous donner avant lui. “Onoda”, c’est l’endoctrinement menant à la folie, “Onoda”, c’est le patriotisme exacerbé d’une nation martyr, “Onoda”, c'est un hymne à la nature, mais, ”Onoda”, c’est aussi et surtout, une indéfectible amitié au sein d’une fable guerrière aussi épique et magnifique que tragique. Du cinéma comme on ne pensait plus en voir aujourd’hui !