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Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
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Paco M.
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4,0
Publiée le 1 février 2025
Un très bon film qui prend le temps de sa narration inspiré d'une histoire vraie. Le cadre post seconde guerre mondiale est bien retranscrit. Pour les amateurs d'un cinéma naturaliste.
Il faut un peu de temps au film pour trouver ses marques et ce n’est que vérité. Le temps nécessaire pour nous rappeler comment un homme va s’extraire du monde au service de sa patrie pour laquelle il ne doit jamais mourir. Mais résister et résister encore. Ce que va faire Hiroo Onoda à la fin de la seconde guerre mondiale en gagnant l’île de Lubang dans les Philippines où il doit contrer le débarquement américain. La guerre est déjà presque finie, perdue depuis quelques temps , mais l’homme n’en saura rien. Ou voudra l’ignorer, respectant l’ordre suprême de ne jamais lâcher. Et de vivre à tout prix… Axiome paradoxal qui filme à l’encontre de l’évidence, tout au long du périple solitaire du héros. La caméra le suit pas à pas dans l’absurdité des faits, leur donne raison pour une lueur d’espoir, un élan solidaire, un regard amical. L’élan psychologique de la mise en scène, assez rare au cinéma, implique totalement le spectateur dans cet état aveugle et aberrant. C’est un beau et grand film sur le repli, physique et mental, où de grands comédiens expriment avec simplicité le désœuvrement de l’humanité. Une œuvre majeure dans le cinéma mondial. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Peut-être le plus beau film de l'année, des plus envoûtants, et des plus intéressants. Illustration magistrale du biais cognitif appelé "biais de confirmation" : fidèles à leur représentation mentale du monde, Onoda et son compagnon rationalisent les informations contradictoires qu'ils reçoivent du mode extérieur. L'actualité du propos est confondante.
La jungle et la folie mais bien loin de celles d'Apocalypse Now ou de The Deer Hunter. Ici c'est davantage onirique et en huis-clos. Très beau film au demeurant. Histoire incroyable. Projet courageux et très bien mené.
Une mise en scene palpable, c'est indéniable. Le côté scolaire et litteral est le gros bémol de ce long métrage qui reste devant ses personnages, les accompagne mais pourquoi ? Pas de recul, de second degré et de distance adulte. On y va tels des travelers vêtus de chemises hawaïenne, un peu radicaux, et puis en se disant que la maturité est un souvenir à attraper au moment de la retraite...soit un film vieux.
2h45 qui passent comme une lettre à la poste... On pourrait avoir peur de cette durée mais on aurait tort tant le réalisateur Arthur Harari n'est pas dans une optique de film d'auteur total et ne verse jamais dans le pensum ennuyeux. Déjà, il fait montre d'une maîtrise visuelle assez impeccable et d'une rigueur dans le découpage assez remarquable. J'hésite à dire qu'il n'y a pas un pet' de gras pour un film de 2h45 et pourtant, chaque plan est porteur d'une information, d'une idée, le film est porté par un langage de mise-en-scène classique sans afféterie ni complaisance qui emmène le spectateur sans le noyer dans des scènes contemplatives vaseuses. Et par ailleurs, l'évolution organique du récit (le bataillon qui se réduit à un noyau dur, qui se réduit encore jusqu'à former un vieux couple, les uniformes qui s'éliment jusqu'à disparaître) permet à Harari de renouveler son histoire constamment sans trop appuyer ses effets. Ainsi les premières scènes de guerre font vite place à un film existentiel plus sec presque beckettien qui ausculte une vie qui ne ressemble pas à une vie mais qui est pourtant une vie. Au fil du film, l'existence pourtant absurde du lieutenant Onoda devient comme un précipité d'une existence entière, et Onoda devient le symbole de l'humanité dans toute son absurdité et sa quête de sens... Un voyage d'autant plus fascinant qu'il entre étrangement en résonance avec la période covid (en gros Onoda c'est un gars qui a poussé le travail en distanciel un peu loin) pour un effet miroir assez vertigineux...
Avec stupeur et tremblements voir un film trop long et une demonstration.monotone.si scolaire est tres ennuyeux. On finit par en sortir en disant presque merci a Hiroshima . Le desespoir de voir a quel point un homme deshumanise peut devenir fou........ On comprend que l'occupation japonaise en indochine se soit soldée par un retour des francais et le choix des chinois comme soutien du l'independance du vietcong.....
Le cinéma aime l'aventure, l'action, et les mouvements. Ce cinéma-là, totalement hors de tout ce qu'on connaît déjà, est un film d'après-guerre, mais un drôle d'après-guerre. Onoda est un lieutenant dévoué, formé aux services secrets et qui dévoue sa vie à la nation japonaise. Tapi dans la méfiance, tout autant que dans l'obéissance, l'homme passera 10 000 nuits dans une jungle insulaire, persuadé que la guerre de 1939-1945 perdure et qu'il doit préparer la riposte contre l'ennemi.
"Onada - 10 000 nuits dans la jungle" est un film lunaire. On passe plus de deux heures avec un petit groupe d'hommes qui survit dans la pénurie la plus totale, avec des méthodes pouvant s'apparenter à du terrorisme. Mais personne ne peut contester l'honnêteté d'Onara. Jusqu'au bout, il se laisse berner par le mensonge dans lequel il habite, mû par un esprit de patriotisme rarement vu. La mise en scène montre avec brio la mécanique que cet homme se construit pour donner chair à son exil devenu un mensonge. Le format du long-métrage, généreux, est nécessaire pour appréhender la temps immense qui s'est écoulé entre son arrivée sur l'ile et son départ. Les traits vieillissent. L'amour est absent, même si parfois on comprend qu'ils ont peut-être succombé à des relations inverties pour survivre à la privation sexuelle.
Le résultat est magnifique. On ressent un vif hommage pour cet homme qui a consacré toute sa jeunesse à un idéal fantasmatique. Cette hibernation forcée de plusieurs décennies est un miracle d'humanité et de servitude.
Il est étonnant que Onoda soit revenu bredouille de Cannes tant ce film est maîtrisé. A priori qui serait intéressé par l’histoire d’un Japonais se croyant pendant 30 ans toujours responsable d’une mission de guerre dans une île philippine ? Pourtant c’est un grand film avec une mise en scène parfaitement maîtrisée, des personnages auxquels on ne s’attache pas mais qu’on ne rejette pas non plus, une photo impeccable et un récit limpide. Les 2h45 ne sont pas superflues, le temps (au sens temporel et météorologique) etant une composante majeure du film. Il y a une certaine violence mais jamais excessive, ni complaisante ni suffocante. Les hommes sont au bord de la folie mais n’y tombent pas, gardant pour ceux qui restent en vie, une lucidité sur leur sort. L’épique et le quotidien se mêlent tres habilement. Je ne sais comment Arthur Hariri a eu l’idée de ce film et comment il a pu le réaliser mais en tous cas c’est pleinement réussi.
Histoire fascinante de ces soldats japonais. Le film lui reste assez classique dans la narration mais suffisamment pour tenir en haleine malgres sa longueur.
Comme toujours, les scénarios inspirés de faits réels (issus de l’Histoire ici avec un grand H) offrent le plus de matière. Mais ce film-ci pêche par sa longueur : 2 heures et 45 minutes qui ne sont pas justifiées par des scènes d’action intenses. Certes, il a sans doute fallu donner la sensation de la longueur de ces 10 000 nuits mais il y avait certainement d’autres procédés narratifs plus efficaces. Tout se traîne en longueur alors que le spectateur est bien évidemment attiré et aspiré par la fin qu’il connait ou pressent déjà. C’est un manie à (ou pour) Cannes de délayer ainsi un sujet jusqu’à lui faire perdre de sa puissance. Je me suis dit quel est l’obscur (pour nous) réalisateur nippon qui, pour se faire remarquer, joue ainsi de la longueur ? Eh ben, c’est un Français !
Savoir qu'il s'agit d'une Histoire Vraie donne un pouvoir d'attraction fort tant on a bien du mal à imaginer cet entêtement, qui frôle la simple folie sans pourtant que ces hommes n'y tombent jamais vraiment. Tandis que plus le groupe diminue plus il est compréhensible de ne pas trouver forcément crédible que ces hommes croit dur comme fer que la guerre se poursuit. On frôle le grotesque quand arrive le premier "contact" et que les survivants obtiennent les premières "vraies" informations sur le présent actuel. Psychologiquement le film est sur ce point passionnant. Parfois attiré par le style contemplatif, le réalisateur ne choisit pourtant pas cette option même si les paysages imposent le contexte de la jungle et un climax singulier, car même si le temps est étiré il se passe toujours quelque chose, d'abord dans le quotidien du soldat mais aussi dans l'évolution psychologique des uns et des autres sans pour autant occulter le lyrisme de certains passages. Un des grands films de l'année à voir et à conseiller. Site : Selenie