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Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
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Marc G
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5,0
Publiée le 7 août 2021
Magnifique film . Malgré un cadrage constant et opprimant , le scénario déroule avec finesse des étapes indispensables vers une fin qui conserve ses secrets . Le film est d' une grande richesse de fond et aborde sans pathos ni mièvrerie des problèmes de valeurs et ressorts psychologiques de l' âme humaine .
Le soldat perdu au fond de la jungle dans une île philippine aurait pu être rapidement ennuyeux. Hariri évite les poncifs malgré un film de près 3 heures. La routine de résistance devient passionante car confrontée au iliens, à la famille venue récupérer le fils prodigue. C'est un étudiant voyageur qui arrive à apprivoiser le soldat perdu.
Comme son personnage principal, Arthur Harari a choisi de s'émanciper du réel pour viser un but plus profond. Parce que derrière le fait divers incroyable, ce qu'on appelle les soldats japonais restants, c'est l'invitation à appréhender une culture de la résistance armée qui nous est inconnue. Le cinéaste français choisi donc de tourner intégralement en japonais et de se délester du maximum de tropismes induits par la différence de nationalité. Une démarche humble, humaine et quasi-métaphysique dans ce qu'elle raconte sur le dévouement de cette poignée de soldats (parmi lesquels Hirō Onoda) et les extrêmes jusqu'où il les conduisit. Privé de contacts extérieurs, laissé dans l'ignorance la plus totale, à quoi se raccroche-t-on ? Retour à l'état sauvage, au chacun pour soi, au cloisonnement ? Étonnamment, pas tant que ça. On est même surpris de voir une cellule familiale se reconstituer sous nos yeux, des liens quasi-filiaux voire plus et tout cela avec une touchante subtilité. Onoda se bat pour conserver le souvenir de son instruction (sa dernière boussole), de ses directives sans parler de l'endoctrinement patriotique jusqu'à ce que tout cela devienne une croyance nécessaire pour cultiver l'illusion. Onoda tire en longueur dans sa dernière ligne droite, mais il n'empêche que la fascination n'a pas laissé place à place à l'ennui sur près de 2h20. Arthur Harari a découpé son film de telle façon que chaque ellipse amène ses personnages à un tournant décisif tout en rendant compte des effets du temps et de l'isolement sur le corps ainsi que l'esprit. La prépondérance de plan large sur une jungle magnifique renforce l'impression d'enfermement dans une nature autant synonyme de refuge que de prison (analogie du mental de son héros). De ces moments jusqu'aux rares et soudaines attaques, et quoiqu'on ait pu craindre une contemplation excessive, l'objectif reste toujours focalisé sur Onoda et ses hommes. Le monde extérieur, que cela concerne les fermiers ou les ennemis, l'est vraiment. Lointain, diffus, presque irréel. Les évènements réels sont dissociés de leur sens, vient le moment où notre héros les soustrait à une réalité alternative le poussant vers une forme de psychose d'illuminés. Même si l'écriture s'autorise quelques petites notes d'humour, la tendresse et le respect sont largement perceptibles. La poésie derrière la fable prend de multiples formes, de l'onirisme à une symbolique jamais appuyée (notamment par le biais de chants salvateurs). Onoda - 10 000 nuits dans la jungle est une invitation à ressentir, partager et penser à travers les yeux de ces hommes privés d'ordres, privés de leurs repères, d'une voix dans le lointain. Le genre d'expérience qui de fait réclame du temps d'introspection voire de méditation pour être digérée. Quoiqu'il en soit, en ressort un sentiment d'admiration envers le travail de Harari, de cette humilité derrière cette l'histoire d'une immersion de 30 ans en zone indéfinie entre le réel et l'abstrait. Une incitation au respect envers ceux qui furent peut-être nos adversaires un jour mais nous sont éternellement proches jusque dans les moments de dérive.
un film admirable sur l'évaluation des rapports humains dans un petit groupe de soldats devant survivre dans la partie la plus sauvage d'une île . Ne vous laissez pas rebuter par la durée du film, il n'y a pas de scènes inutiles.
le film raconte l histoire d un soldat japonais quelques uns de ses camarades qui se retrouvent pieges sur une îles ennemie et se refusent à perdre la guerre ou à se rendre. on peut voir ce que la foi la determination peuvent faire à un homme cependant le film est beaucoup trop long.
Vu « Onoda » : immersion totale réussie dans la jungle philippine avec ces soldats japonais qui pour certains malgré leurs doutes restent fidèles à leur chef et pays. Acteurs extraordinaires, sublimes photos. On regrette p/e un peu ne pas voir le retour au pays..
Je me souviens de cet évènement qui date des années 70, certes je n'avais pas tous les détails non donnés par les informations à l'époque, je pensais qu'ils étaient 3 ou 4. En tout cas ça reste quand même incroyable. Très bien joué, on ressent très bien la difficulté et la longueur du temps qui passe si peu. la VO ajoute encore plus de crédibilité et nous plonge avec eux, j'ai eu l'impression d'être un d'eux, la pluie quasi incessante même si le film est long on ne s'ennuie pas, on se demande quand et comment ils vont s'en sortir. Bravo au réalisateur Arthur Harari de s'être attaqué à cet événement unique de cette belle manière. Très belles images, acteurs impeccables, très bonne réalisation qui nous fait vivre à 100% la vie de ces oubliés de la 2de guerre.
C'était vraiment ce qui manque à la filmographie de la 2ème guerre mondiale : la perspective des perdants. Le vieil adage "l'Histoire est écrite par les vainqueurs" se ressent par la rareté des films comme Onoda ou Das Boot. Et le premier remplit sa mission à la quasi perfection ! Les soldats Japonais y sont présentés non pas comme des guerriers ennemis assoiffés de sang, mais comme des humains sensibles et faillibles, tout comme le spectateur. Et cela nous fait tout de suite adhérer aux enjeux de ces guérilleros sans guérilla, nous sommes dans la jungle avec Onoda, près à se battre avec lui. Et oui, c'est un biopic, donc ce n'était pas foncièrement possible de diaboliser ces soldats sans perdre en objectivité. Mais le film étant réalisé par un Français, cela demande un certain effort pour se distancer de toutes les fois où l'on nous a appris que la France était l'ennemie du Japon en ce moment.
Lorsque j'étais enfant, dans les années 60, j avais découvert dans un magazine, un reportage photo sur des militaires japonais qui continuaient la seconde guerre mondiale et qui venaient d'être découverts sur je ne sais plus quelle île du Pacifique. L'article précisait qu'il y avait toujours des combattants japonais cachés dans d'autres îles. Onada ( nom du dernier de ses soldats et titre du film ) est sorti de sa cachette en 1974, soit 29 ans après la capitulation japonaise. C'est son histoire que nous raconte le film. J'avoue avoir eu des craintes en allant le voir, rebuté par sa durée ( 2h45) et par l'affiche nous montrant un soldat seul au milieu d'une nature luxuriante. Allais je voir durant près de trois heures, un militaire crapahuter au milieu d'une nature luxuriante ? Et bien mes craintes, n'étaient pas du tout fondées. Il y a à la fois de l'action et certes des moments contemplatifs , mais " onada "se laisse voir avec un intérêt qui ne se relâche pas. Le film renvoie parfois aux "lettres d'Iwo jima" de clint Eastwood , à "united red army" de wakamatsu, voire à "Dieu seul le sait" de Huston" et peut-être aussi à "duel dans le Pacifique " de john Boorman ou à "côte 465" d'Antony Mann pour son sous genre d'appartenance au film de guerre, qui est le film de patrouille. Par-delà l'anecdote, la thématique renvoie à des thèmes universels. Parmi ceux ci je retiendrai notamment le besoin irrépressible de l'humain dans une croyance, qu'elle soit d"ordre religieux, métaphysique, ou politique . ( ici en la patrie , en l'honneur et au respect de l'engagement et de la parole donnée qui peut conduire au sacrifice suprême). Cette croyance s'accompagne parfois du basculement dans la déraison, comme nous le montre le film. Particulièrement émouvantes, les dix dernières minutes du film ( le salut au garde à vous des militaires Philippins-qui furent les ennemis des Japonais pendant cette guerre- à l'égard d'Onoda, est un moment exceptionnel) nous laissent malheureusement un peu sur notre faim. Réalisé par un français, dont c'est le deuxième long métrage, le film est incontestablement réussi, mais souffre, me semble t il, de quelques défauts, certes pas majeurs, mais notables. Quels sont ils ? Tout d'abord, par didactisme, un léger rappel historique et géographique du contexte dans lequel s'inscrit le film n'aurait pas été superflu pour de nombreux jeunes spectateurs. Ajoutons qu'à la fin on aurait aimé en savoir un tout petit peu plus ( même de manière succincte ) sur ce qu'il est advenu à ce soldat après son retour au Japon. On s'était malgré tout intéressé à lui pendant 165 minutes et on nous abandonne sans crier gare et sans nouvelle du devenir de notre héros. Voila une suite de détails qui nuisent un peu à la qualité d'ensemble du film. Dommage. Le film est à voir. Mais les amateurs de films de guerre type blockbuster passeront leur chemin.
Quelle grande maitrise ! Les presque 3 heures passent très vite tellement nous sommes pris par l'action, les sentiments, les interrogations. Filmé comme par un grand Hollywood à la période classique, c'est très intéressant, intelligent et passionnant, mais aussi dépaysant et magnifique. Un des grands bonheurs de l'année !
De l'histoire inouïe de cet officier japonais poursuivant seul la guerre pendant 30 ans sur une île des Philippines, Arthur Harari tire un film lent et poisseux comme une interminable nuit dans la jungle. Et il y en eut 10 000, de ces nuits... L'enfermement n'est pas que mental, il est également physique dans cette immensité oppressante et moite. Telle "la mort en ce jardin" de Bunuel, les compagnons d'infortune du Lieutenant Onoda tombent les uns après les autres, le laissant seul face à un sens du devoir délirant et mortifère. La paranoïa qui s'empare de ces hommes est un poison lent mais violent. Elle les enferme dans un huis clos tropical étouffant. La descente aux enfers, d'autant plus pénible qu'elle est consentie, a des côtés autant admirables qu'absurdes et tragiques. Un désastre individuel à l'image de celui du Japon de l'entre-deux-guerres dévasté par la paranoïa de tout une nation. La délivrance survient à la fin du film et ce destin tragique, cette vie gâchée, ce sens du devoir poussé jusqu'à la déraison, vous laissent un goût de cendre qui ne se dissipe guère. Un film justement sélectionné à Cannes et trop peu récompensé.
De par son ambition, son ampleur, et la qualité de sa mise en scène, ONODA dénote avec le tout-venant de la production française. Du grand et du très beau cinéma.
Le film montre une histoire incroyable, celle d’un soldat japonais perdu sur une ile aux Philippines, qui n’a pas su que la guerre s’était finie en 1945 et qui est resté persuadé que la mission qu’on lui avait donnée courait toujours. Le film aide à comprendre le sens du devoir chez un soldat japonais. Quelques longueurs mais la longueur fait partie de l’histoire. A voir.