Au vu de sa réputation, "Orange mécanique" ne pouvait que m'intriguer. Ayant provoqué une indignation générale au moment de sa sortie, le long-métrage est quand même devenu culte avec les années, et il demeure encore l'un des projets les plus marquants de la carrière de Stanley Kubrick. Et honnêtement, même avec un point de vue actuel, on comprend que le film ait autant choqué à sa sortie. Séparée en trois parties, la première du film est probablement celle qui a le plus répugné les spectateurs. Mettant le personnage d'Alex en scène, cette introduction sert à présenter le monde violent et froid dans lequel nous allons nous plonger. Dès le premier plan, Stanley Kubrick impose sa vision habituelle, celle-ci étant froide et dénuée d'émotion. Si cette approche m'a souvent rendu frileux, je trouve qu'elle était absolument parfaite pour illustrer un pareil sujet. Nous allons contempler, avec une certaine gêne, le déchaînement de violence dont vont faire preuve nos personnages. Les séquences vont aller vraiment loin pour l'époque, et seront plutôt dérangeantes à regarder. Comme une ironie, Stanley Kubrick cherche pourtant à nous montrer la banalisation de celle-ci pour nos personnages, et cela se fait via une bande-son très douce et composée de musiques classiques. Elles offrent donc un décalage flagrant, mais qui fonctionne particulièrement bien. À noter également le thème principal, qui est lui bien plus une sorte de "remix" au synthétiseur de ce style de musique. Pour mener à bien cette plongée dans l'horreur, je dois dire que le jeu de Malcolm McDowell a été extrêmement important. Il est vraiment glaçant par moments, et son regard restera à jamais gravé dans l'histoire du cinéma. Pourtant, une fois que la deuxième partie arrive, le film semble changer d'approche, mais pas forcément pour le pire. En effet, le cœur du scénario cherche à nous montrer une sorte de contradiction dans cette société, où la violence est traitée par la violence. L'approche est assez intéressante, et elle amènera à plusieurs très bonnes scènes. Malheureusement, lorsque celle-ci se termine, et que la dernière partie se lance, j'avoue que j'ai commencé à décrocher de l'ensemble. C'est toujours bien filmé et interprété, mais l'histoire se laisse aller à plus de facilités scénaristiques pour faire passer ces intentions.
Encore une fois, avec Stanley Kubrick, le message est extrêmement cynique et froid, le changement chez Alex n'a donc servi à rien. Si je peux accepter l'idée, la manière d'amener cela est quand même très peu subtile. Comme par hasard, notre "héros" va retomber sur toutes les personnes qui l'ont rencontré lors de la première partie, et j'avoue que j'ai eu du mal à me faire à cette idée. Les rencontres se font de manière extrêmement forcée, presque par hasard, et on a donc du mal à s'y faire. Certes, je pourrais comprendre l'idée de "l'ironie du sort", mais cela n'a tout simplement pas fonctionné sur moi. De même, voyant exactement où le film voulait aller, j'ai donc eu du mal à voir le film tenté de me l'expliquer de plusieurs manières différentes. Je me suis donc bien ennuyé face à cette conclusion, qui est clairement inférieure au début du film.
Mais, malgré tout, cela n'enlève rien à la puissance de ce projet. Clairement, ce long-métrage est probablement plus connu pour ses scènes choquantes que pour son message, mais il n'en reste pas moins un film intéressant à regarder. Il n'est pas parfait, mais c'est une expérience vraiment particulière et à ne pas manquer. Pour conclure, Stanley Kubrick dans ses œuvres.