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Un visiteur
2,0
Publiée le 26 mai 2019
pas exceptionnel limite déçu ... la narration est d'un lenteur incroyable , des scènes qui ne sert pas a grand chose . des personnes pas très bien exploité un univers gothique très sombre. le message est pas très clair ... il étais préférable d'introduire l'antogoniste et ses motivations , je suis resté perplexe a la.fin . une chute pas très convaincante. bref ya lieu ...
Un bisounours piégé par deux manipulateurs?J'avoue ne pas avoir tout compris,mais les acteurs sont bons,même très bons et une certaine société coréenne est bien représentée.Peut-être aurait-il fallu que je lise la nouvelle "L'incendiaire" de Faulkner pour y voir un peu plus clair.J'ai un peu l'impression d'avoir moi aussi traitée comme un bisounours.
En adaptant « Les granges brûlées » de Murakami, le sud-coréen Lee Chang-Dong remet en scène, avec une délicatesse et une maestria qui lui est propre, le triangle amoureux. La Corée du Sud est menacée de l’extérieur par son voisin du Nord autoritaire ; et la fracture sociale constitue aussi une menace intérieure ; voilà pour l’unité de lieu et le contexte dans lequel le réalisateur écrit le film. Et ce triangle amoureux en est l’illustration ; car au travers du sentiment amoureux, de la jalousie et de la rivalité se dessine une réelle lutte des classes. Ben vit dans la haute société coréenne alors que sa prétendante (Haemi) et l’amoureux de celle-ci (Jongsu) survivent via des petits boulots. Comme un puzzle, gentiment et doucement, la romance glisse vers un thriller et le climat devient de plus en plus malsain. Ben semble exposer ses « nouveaux amis » à ses amis de la haute comme des animaux de foire ; une sorte de « Diné de cons » la légèreté en moins. Le scénario exploite aussi toute une parabole autour du sens de la vie que parvienne à trouver les plus pauvres alors que les nantis, privés d’aucun biens matériels, peinent à trouver du piment dans leurs vies. Excepté le fameux Ben qui dit brûler des serres vides régulièrement pour combler ce vide existentiel et libérer ce trop-plein de violence contenue. Entre çà et les bâillements désœuvrés du jeune homme de bonne famille, l’angoisse atteint son comble dans un film dans lequel il ne se passe pourtant pas grand-chose ; une sorte d’éloge du vide jusqu’à un climax final en forme d’uppercut âpre et brutal. Cette fin laisse aussi le spectateur avec une grosse interrogation sur le personnage de Jongsu, apprenti écrivain que l’on ne voit jamais se mettre à une table de travail excepté dans ce dernier plan. Circonspect, l’histoire que l’on vient de nous présenter durant 2h10 n’était tel pas seulement issue de l’imaginaire de cet écrivain en devenir tout comme ce mystérieux chat ou ces mandarines imaginaires que l’on mange avec délectation. Riche de ses tiroirs sans cesse ouvert, ce film est une romance puis un thriller politico romantique coécrit entre le réalisateur et le héro. Et pourtant si abstrait. Aurélien Allin dans « Cinéma Teaser » en fait une belle synthèse : « Le génie de Lee Chang-dong est de parvenir à tirer autant de si peu, à étirer son film sans le distendre, à faire d’une histoire où "il ne se passe rien" un récit universel imprévisible » A voir impérativement pour l’envoutement que provoque cette torpeur apparente. tout-un-cinema.blogspot.com
Dans les films je n’aime pas ça. Sans spoiler j’aime les fins différentes de celle-ci. Je reste extrêmement déçue de ne pas avoir ce que j’attend d’un bon film. Meme si la poésie et la réalisation sont admirables
Très beau film qui nous emporte loin de tout clichés. C'est poétique, sensuel, inspiré. Histoire d'amour, film noir, suspense sur le fil. Une mise en scène de grand cinéma.
Un film difficile mais du genre que j’apprécie à posteriori : il faut accepter le mystère. Reste la fascination pour une histoire étrange, et une beauté photographique mémorable. Superbe.
Lee Chang-Dong a pris son temps pour développer le récit de son dernier film « Burning » en compétition officielle à Cannes. Deux heures et demies en tout, une heure et demie pour présenter les personnages avant de faire disparaître mystérieusement l’un de ses protagonistes, un peu à la manière d’Antonioni dans « L’avventura ». Mais au contraire des personnages du fameux film italien, le héros central du fiil coréen ne lâche pas l’affaire. A la fois portrait d’une certaine jeunesse désabusée et beau portrait d’un jeune homme réservé mal dans sa peau, le film de Lee Chang-Dong privilégie l’ambiance à l’action même lors de la terrible révélation finale ainsi que lors de l’affrontement des 2 personnages masculins. Remarquablement filmé, subtilement mené, le film aurait effectivement eu sa place au palmarès cannois : un prix de la mise en scène me semblait quasi évident, une Palme d’Or par contre m’aurait paru exagéré, le film est un peu froid et les acteurs un peu en deçà.
Où il est question d'un apprenti écrivain, d'une jeune femme triste, d'un homme riche qui "s'amuse", du sens de la vie, d'une disparition, d'une obsession pour une serre brûlée et un puits... Voilà un film bien mystérieux, fidèle au style de Murakami dont l'un des textes donne la matière de ce film. Thriller suspendu ? Film politique sur les rapports entre riches et pauvres ? Réflexion sur la création littéraire ? On hésite entre réalisme et imaginaire. C'est tantôt fascinant, tantôt flottant et languissant, toujours intrigant. Et ponctué de quelques scènes très poétiques, dont l'une à la campagne, scène de danse gracieuse et mélancolique. On garde le film en soi quelque temps après la fin.
J'ai été surpris de lire les critiques négatives de ce film, et de toute évidence, c'est un film dont l'essence échappe à certains spectateurs qui y verrait une œuvre de fiction, un triller, alors que le propos du film est une hyperbole si juste d'une certaine jeunesse, plus lisse que la glace, plus vide que le néant, et ce film la met en scène si justement que c'est à mes yeux une œuvre exceptionnelle. Et pour ceux qui y verraient des clichés, c'est qu'ils n'ont pas bien observé combien le cynisme et l’effroi ont pris place dans nos sociétés sans fond, sans fin, pouvant laisser place en toute raison aux faits les plus sordides. Le meilleur film qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années, sans parler de la photographie et de la mise en scène, juste, précise, surprenante. Ce film est d'un autre monde, d'une autre réalité, d'un auteur qui sait encore voir et montrer sans excès, sans édulcorant ni exhausteur de goût. Si ce film est pour certains ennuyeux, alors oui j'aime cet ennuie.
Plutôt long et ennuyeux. Musique sympathique pour une atmosphère spéciale et une histoire difficile à cerner. Peu d'intérêt à part de replonger dans la Corée d'aujourd'hui.
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4,0
Publiée le 14 janvier 2019
Ça ne sentait pas bon dès le début... Je ne parle pas du film, mais de l'histoire de Lee Jong-su dont la vie va prendre une tournure étrange lorsqu'il rencontre successivement Shin Hae-mi puis Ben. J'avais tout imaginé au fur et à mesure du visionnage, mais pas ce qui s'est passé. Bon, en même temps, il faut être fort pour deviner ce dénouement qui laisse de nombreuses interrogations en suspens. Au début, je pensais que spoiler: c'était la jeune femme qui voulait se venger puis j'ai imaginéspoiler: un plan machiavélique et pervers de la part de cette dernière et Ben , mais en fait, ce n'est pas ça. Du moins, on n'en sait rien, car comme je l'ai dit, c'est une histoire très intrigante qui pose plus de questions qu'elle ne donne de réponses. En même temps, c'est ce qui fait la réussite et le charme de ce film qui est très mystérieux et intrigant jusqu'au bout. On part d'une simple relation qui évolue en triangle amoureux avant d'être confronté à un délire paranoïaque, à moins que tout ceci soit vrai... Tout cela est parfaitement construit avec le réalisateur qui joue notamment sur l'absence (du chat, la disparition, l'appel téléphone avec personne au bout du fil, etc.) et le réel/imaginaire ce qui contribue à rendre l'ensemble étrange et toujours plus intrigant. Le réalisateur habille tout ça avec une tension constante et une ambiance parfois malsaine. Il prend son temps pour tout installer et ça finit par payer avec tous les aspects du film qui vont crescendo jusqu'à une dernière partie étouffante, inquiétante et angoissante. À la fin, on en vient à partager l'obsession du personnage principal, car nous sommes placés au même niveau que lui face à cette grande incompréhension. C'est un film d'une grande richesse qui mérite sûrement un deuxième visionnage pour mieux comprendre certaines choses, car il n'y a absolument rien qui est laissé au hasard que ce soit les personnages ou ce qu'ils représentent, les dialogues au double sens ou encore les décors et lieux de tournages. Si l'on ne peut pas uniquement le résumer à un thriller psychologique, "Burning" est surtout un très bon film qui est captivant, très bien écrit et puissant à bien des niveaux.
Le génie de Lee Chang-Dong embrase cette nouvelle œuvre au suspense hitchcockien. Un gilet jaune, abandonné par sa mère, violenté par son père rencontre son ancienne voisine d'enfance. La fille a tôt fait de lui mettre le feu à l'âme en lui offrant son petit corps de danseuse des apparences. S'ensuit un orgasme fugitif le temps d'un feu follet. Puis un premier de cordée vient s’insérer dans ce couple à peine formé et le tire vers untrio impossible. Et l'histoire se consume à petit feu sur une musique envoutante, tendue, charnelle. L'amour se love comme un serpent, inédit, inavoué, toxique, dévorant... jusqu'au festival final de la Saint-Jean...Superbe!
J'ai beaucoup attendu avant de voir Burning car le film est long, tout le monde en dit du bien et j'avais vraiment peur de ne pas trouver ça fou et de m'ennuyer un peu. Mais il n'en est rien ! Burning est non seulement un très bon film, mais c'est le genre de film qui hante son spectateur parce qu'il parle de choses indicibles, de choses irrésolues qui ne peuvent que marquer.
Le film fait beaucoup de références à la création Faulkner, Murakami, les auteurs des nouvelles dont est adapté le film, mais pas seulement. Le héros est un jeune auteur sans le sous et lorsqu'il parle des livres qu'il aime ou ce qu'il écrit il y a comme un échos avec ce que l'on voit dans le film. Il dit aimer Faulkner parce qu'il peut s'identifier aux personnages, s'est assez vrai, un héros dans la vingtaine totalement désœuvré en pleine misère affective, ne sachant pas comment se comporter avec les femmes, nul doute que ça doit parler à beaucoup de monde. Il dit aussi qu'il ne comprend pas le monde, que le monde est une énigme et c'est exactement ce qu'est ce film : une énigme. Le héros ne sait pas choisir le genre de son roman et le film ne tranche pas non plus.
Sommes-nous face à une histoire d'amour ? un polar ? les deux ?
Ce qu'il y a de fabuleux c'est l'ambiance qui est installée, on suit le héros qui nourrit le chat d'une fille qu'il a connu plus jeune et qu'il vient de rerencontrer, un chat qu'il n'a jamais vu... Forcément c'est tout de suite étrange : le chat existe-t-il ? ou bien la fille a inventé le chat juste pour coucher avec lui par vengeance ? Toutes les questions que pose le film il n'en répond à aucune. Comme dans la vie, on n'a pas les intentions des actions des gens.
Mais la cerise sur le gâteau c'est que le héros recroise un chat plus tard dans le film et qu'on ne sait pas si c'est le même chat ou non (vu qu'il ne l'a jamais vu et nous non plus), ce qui pose encore plus de questions. Vu qu'on épouse le point de vue du héros on comprend les associations qu'il fait, ce qu'il déduit de ce qu'il voit... Mais on n'est pas dupe non plus, on sait que c'est peut-être juste des coïncidences... qu'il n'y a pas réellement de preuve tangible de quoique ce soit et que tout ne peut être que dans la tête du personnage, comme dans Blow Up.
Le film accumule les mystères (autour d'un puits; d'une montre, d'une fille), les questions sans réponse tout en étant assez étrange mais dans un univers affreusement réaliste... On sent qu'il se trame quelque chose mais on ne sait pas quoi. On est pris dans cette énigme qu'est le monde.
Et puis il faut le dire, il y a quelques séquences qui sont franchement sublimes, notamment toute la séquence où sur la terrasse ils fument un joint et la fille se fout seins nus en dansant au crépuscule. Ce qui tranche limite avec une scène de sexe au début du film qui relève du fantasme absolu de tout homme, mais traitée de manière plutôt morne, sans folie, parfaitement terre à terre, comme si la séquence hallucinante de la danse ouvrait la porte à la seconde partie du film où le réel n'existe plus vraiment...
Un film magnifique, une mise en scène puissante et des comédiens impeccables! C'est un film mystérieux qui infuse et interroge longtemps après l'avoir vu sur la société coréenne et plus généralement sur l'Etat du monde, l'identité et l'existence.