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Jose de la Peña
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4,5
Publiée le 2 octobre 2020
L'écrivain allemand Thomas Mann a déclaré : "La guerre est la voie lâche pour sortir des problèmes de la paix". Je suis d'accord, comme je m'en souviens également, avec le premier professeur d'histoire qui m'a parlé de la confrontation entre Espagnols : "La guerre civile est une aberration parce qu'elle sème la haine et la mort entre frères". Je crois qu'Amenábar fait appel à la réconciliation avec son film émotionnel et intime, avec une perspective historique et à partir du présent convulsif où les blessures semblent s'ouvrir à nouveau. Et il le fait en racontant les derniers mois de l'intellectuel, dramaturge et professeur Don Miguel de Unamuno, un patriote basque et espagnol, qui a vécu des moments terribles dans une Espagne à la dérive. C'est sans doute un bon prétexte pour réfléchir au dilemme latent des deux Espagnols qui s'opposent.
J'avoue que je suis entré dans le cinéma avec certains préjugés, habitué au manichéisme fréquent qui a émergé à travers d'innombrables films ces dernières années sur une période aussi regrettable. Heureusement, il traite les deux parties avec respect, sans tomber dans l'erreur de lâcher son opinion personnelle, qui est clairement évidente, mais à laquelle il tente d'échapper. C'est un film avec une grande mise en scène, une technique impeccable, souvent passionnant grâce à des acteurs qui transmettent la complexité du moment critique, sauf pour le personnage de Millán Astray, qui est assez histrionique et, à mon avis, frise la caricature. Un film plein de sensibilité, typique du cinéaste, où il préfère suggérer plutôt que montrer, la plupart des actes violents sont racontés hors caméra. L'autre personnage qui domine l'histoire avec Unamuno (excellente Karra Elejalde), est Franco (Santi Prego dans un rôle de contenu), décrit par ses généraux comme "Un loup déguisé en mouton"), tous deux forment la colonne vertébrale de ce drame au côté tragique.
Au-delà de la célèbre séquence où le recteur apparaît dans l'auditorium de l'université ("Vous gagnerez mais vous ne convaincrez pas"), j'aime d'autres moments beaucoup plus humains qui reflètent l'angoisse d'un homme d'idées qui doit affronter le pouvoir de la force, la tentative d'être juste envers tous, y compris envers sa propre famille, pour sauver l'avenir incertain de ses amis les plus proches qui sont persécutés et avec lesquels il est le plus en désaccord, mais toujours avec respect (je m'excuse, de l'avoir appelé "meapilas", avoue-t-il amèrement). C'est la conscience du penseur, son penchant pour l'origami, la création de figures à travers les plis du papier pour transmettre son agitation intérieure. Cette cassette est fortement recommandée, malgré le fait qu'elle nécessite certaines licences, ce qui est logique si l'on parle de cinéma. La musique composée par le cinéaste lui-même me semble discrète, mais il sait choisir l'"Ave Maria" / Gounod de Bach, un délice, pour des moments stellaires. C'est un film opportun parce que ce n'est pas le moment de réécrire l'histoire, comme certains le prétendent, c'est le moment de l'assumer et d'apprendre de nos erreurs.
Ce film est pas mal mais un peu long et comme il n'y a que des VO et que les sous titres passent trop vite du coup j'ai zappé un peu certaines parties de celui-ci
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1,5
Publiée le 7 août 2020
Lettre à Franco est un film inutile qui dépeint une personne dont vous ne comprendrez jamais ce qu'elle représente vraiment. Je n'ai perçu que des critiques envers le parti républicain et un franco presque comique, peu sûr et je ne vais pas mettre son nom avec des majuscules. Unamuno ne mérite pas de pardon pour son soutien à franco. À la fin du film rien ne se passe et vous venez de gaspiller deux heures de votre vie...
Ce film est en tous points ce qu'on appelle de l'Art cinématographique... Décors magnifiquement filmés dans la ville ancienne et la campagne de Salamanque… Gros plans permanents sur les jeux superbes des acteurs hommes et femmes : … Adultes dans et autour de la famille de l'écrivain Unamuno, confinés dans les intérieurs sombres de leurs maisons et appartements, bouleversés par les événements politiques inquiétants brutaux qui surgissent soudain dans les lieux extérieurs lumineux des routes, rues et places noyés de soleil et qui les déstabilisent et les submergent de questionnements, de doutes et de peurs… Moments lumineux où surgit l'enfant admiratif du vieux maître Unamuno… Brutales forces militaires fascistes qui prennent soudain possession de la cité, de l'Université et de la Mairie et éliminent immédiatement sans jugement les principaux opposants politiques : brèves séquences jalonnant le film et illustrant la violence primaire des exactions et enlèvements et les exécutions sommaires. Duels violents feutrés impitoyables entre les chefs militaires franquistes pour l'accession au pouvoir ou sa conservation… Impressionnants personnages de Franco, sobre bonhomme tout en rondeur s'accaparant sournoisement la totalité du pouvoir, aidé par le brutal et exalté héros primaire guerrier Millan-Astray, acteur tout aussi admirable…. Jeux superbe de l'acteur Karra Elejalde (Unamuno), des actrices et notamment celle qui tient le rôle de la femme de Franco, imprégnée de religion et écartelée entre l'idéologie fasciste et son admiration pour le vieil écrivain Unamuno, qu'elle sauve in-extremis de la mort en l'arrachant à l'amphithéâtre après son discours…. Bref un film "moment magique" qui laisse un long moment ému lorsque s'achève le film et que s'éclaire la salle...
Je ne connais pas très bien l'histoire de l'Espagne et pas du tout Miguel de Unamuno, je suis donc allée voir ce film sans idée reçue ni préjugé. Après ce visionnage, Unmuno ne figurera pas dans mon panthéon des grands hommes tellement il apparaît couard et complaisant (tel que décrit dans ce film). Franco lui, avec son air imbécile, les a tous bien roulés dans la farine en se faisant, fort habilement, nommer dictateur à vie. Bon film, mais pas de quoi faire le déplacement, on peut raisonnablement attendre qu'il passe à la télé un dimanche soir.
Amenabar illustre, avec ce film sur le début de franquisme, à quel point il est difficile de penser contre soi-même, d’être suffisamment flexible intellectuellement pour ouvrir les yeux. Même un penseur comme Miguel de Unamuno a du vivre la mort d’amis proches pour comprendre que la démocratie espagnole s’effondrait et que le soulèvement de Franco n’était pas qu’une lutte contre le communisme.
C'est un film assez froid dans sa mise en scène, l'époque, les décors, c'est assez sobre. (pas de musique, de champ contrechamp, de plan séquence, etc° L'intérêt vient plutot de ce portrait d'écrivain, mal dans son assiette, et qui esssaie d'assurer face à la pire chose, la naissance d'une dictature....Le fim est centré sur lui, sur sa vision du monde, de l'espagne face à ce qui va devenir une erreur politique monumentale. Ce n'est peit être pas un hasard que ce film sorte sur nos écrans actuellement? Amenabar agit comme un lanceur d'alerte....L'Europe doit se méfier des populismes en tout genre, solutions éphémères et erreur collective. Vive la mort criait on sous FRanco, voilà en gros le programme pour une démocratie qui se risquerait au fascisme (guerre, emprisonnement pour idées, asssassinats etc....° .le film est plutot convaincant et la fin devient émouvante quand on sait ce qu'est advenue à l'Espagne, privée de liberté pendant 36 ans.... Même si le film n'est pas captivant, il montre un homme seul face au destin collectif, les dialogues sont honorables, les personnages descriptifs....Si vous voulez aussi être plongé au coeur de l'histoire, voilà un film intelligent qui vous donnera quelques pistes sérieuses...Je conseille à un public avisé et soucieux de qualité.
Le film a un double intérêt : montrer le début de la guerre civile espagnole lorsque des nationalistes contestent la victoire du Front Populaire aux élections de février 1936, avec l’accession au pouvoir du général Francisco Franco (1892-1975), à partir de juillet 1936 quand il quitte le Maroc, aidé par le régime nazi, avec la légion étrangère fondée et dirigée par José Millan-Astray (1879-1954) (Eduard Fernández, 55 ans, acteur caméléon époustouflant), borgne et manchot (suite à des blessures pendant la guerre du Rif en 1921) jusqu’à l’obtention des pleins pouvoirs de Franco (qui à l’origine, étaient temporaires, pendant que dure la guerre civile, à la demande du général Miguel Cananellas, franc-maçon), et la journée de la race (12 octobre 1936, jour également de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb). On y voit aussi les derniers mois de l’écrivain Miguel de Unamuno (1864-1936) (Kara Elejalde, 59 ans), alors âgé de 72 ans, recteur de l’université de Salamanque (Castille-et-León). Grand écrivain espagnol, il est qualifié par certains de girouette, ayant été antiroyaliste, anti-républicain (il considère avoir été trahi par la République) et franquiste. Aveuglé par son anticommunisme (sous prétexte qu’ils ont commis des actes ignobles), il n’a pas vu le danger des nationalistes (spoiler: qu’il a soutenus par un don de 5 000 pesetas ) et de Franco. Son revirement reste très tardif, lors de son discours lors de la journée de la race (où il défend l’unité de l’Espagne, reprochant aux nationalistes de vaincre et non de convaincre et contestant le cri de ralliement de la légion étrangère (« Viva la muerte ») et fait figure de chant du cygne. Belle illustration que « la vieillesse est un naufrage » (prononcé par le Général de Gaulle à l’encontre du maréchal Pétain et citant François-René de Chateaubriand) : il ne s’est pas révolté, ni interposé spoiler: lors de l’arrestation de ses 2 amis, Atilano Coco, prêtre protestant et franc-maçon, et Salvador Vila, républicain et ancien étudiant . Il fut surtout un intellectuel peu engagé (même s’il fut déporté aux Canaries en 1924 car antimonarchiste). Il a manqué totalement de prescience quant à la dangerosité des franquistes, nationalistes et autres phalangistes.
Un excellent film tant dans la facture que dans dans la manière d'aborder le thème: Les convictions de l'écrivain et ses désillusions face à la brutalité. Bea
L'angle d'attaque de ce film intellectuel mais sans intellectualisme pompeux était original . Le film , à partir d'un argument en apparence assez mince, livre une réflexion passionnante . Servi par une mise en scène classique , il garde , malgré un contexte forcément sans action, un rythme soutenu avec une belle concision . Aucune scène n'est de trop . Et la photographie est de toute beauté, réellement amoureuse de l'Espagne . Que le film engendre des débats historiens passionnés en dans le pays montre à quel point les plaies sont encore à vif dans un Etat qui n'en finit pas de redéfinir son hispanité . Mais la portée de l'oeuvre est bien universelle : dans un monde plus que jamais balloté entre idéologie, propagande, realpolitik, affirmation de l'individu et revendications collectives de toutes sortes ...comment se débattre entre nos opinions souvent changeantes, nos illusions, nos déceptions, nos lâchetés, nos compromissions et nos courages ? Un film marquant , intelligent et salutaire .
Au début du soulèvement nationaliste Espagnol en 1936, l’écrivain et philosophe Miguel de Unamuno lui exprime et manifeste son soutien, déçu de la tournure prise par le régime républicain. Attaché tout de même à la République, il souhaite que l’ordre et les valeurs traditionnelles reprennent le pas sur l’instabilité et le désordre. L’évolution des choses, au fil de la progression des forces nationalistes, lui montrera quelle fût cette erreur initiale, et, changeant de point de vue, il exprimera son désaccord et sa condamnation de la force brutale et intolérante dans un très beau et poignant discours, tenu devant une assemblée fasciste haineuse et fanatique. Voilà un exemple et un message de première importance, alors que montent dans notre monde les populismes et nationalismes surfant sur les peurs et les différences, et vendeurs de fausses solutions, les prétendus remèdes étant infiniment pires que le « mal ». Avec un tel matériau, il eut pu exister un grand film. Malheureusement la forme et le style ne sont pas à la hauteur du sujet. Les décors sont soignés, l’image assez léchée, mais la réalisation est académique et conventionnelle, sans créativité. Il en résulte un film assez plat, manquant de puissance. Un excès de sentimentalisme facile et de grandiloquence le plombe aussi, comme une musique pompeuse et envahissante dont on comprend la place excessive en voyant au générique final qu’elle est de la composition d’Amenabar lui-même. Un dernier mot sur le titre Français consternant choisi par les distributeurs : il masque l’une des hypocrisie et trahison du pouvoir fasciste : le pouvoir politique total devait être donné à Franco « Tant que dure la guerre » (titre original du film).
Alors que des œuvres traitant des dictatures d’Hitler ou de Mussolini se trouvent assez facilement, celle de Franco est globalement assez peu présente au cinéma. Lettre à Franco est donc un film assez intéressant par son sujet. Hélas, le long métrage d’Alejandro Amenábar ne possède pas l’intérêt cinématographique de Tesis ou des Autres et s’oublie vite. À voir surtout pour sa culture historique.
Que ce film est long à se mettre en marche! On peut y suivre l'arrivée de Franco au pouvoir à travers la vie et les engagements de l'écrivain et philosophe, Miguel de Unamuno. La première partie de cette oeuvre est soporifique à souhait, puis cela devient beaucoup plus intense au regard des choix effectués par l'écrivain. Ce "Lettre à Franco" n'est pas inintéressant car il évoque une période rouble en Espagne et dans le monde mais il est définitivement trop lisse pour passionner. La palme revient à l'interprétation de Franco qui est risible.