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AK13
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5,0
Publiée le 16 mai 2023
Un chef d'œuvre de musique, d'amour et de tragédie d'un esthétisme puissant, pour revisiter le mythe d'Eurydice et d'Orphée durant le Carnaval de Rio. A voir absolument.
Le film est intéressant à plus d’un titre : il obtint 3 récompenses internationales prestigieuses [Palme d’or au festival de Cannes en 1969, présidé par Marcel Achard et Jean Cocteau, qui avait déjà réalisé « Orphée » (1950), Oscar du meilleur film étranger et Golden Globe du film étranger en 1960] ; adapté de la pièce « Orfeu da Conceiçáo » (1956) de l’écrivain et compositeur brésilien, Vinícius de Moraes (1913-1980), il transpose le mythe grec d’Orphée, poète et joueur de lyre, et d’Euridyce, son épouse qui meurt, mordue par un serpent, mais qui put être ramenée, sous conditions, des Enfers, au Brésil, pendant le Carnaval, à Rio de Janeiro, avec des acteurs de couleur [dans la lignée de « Carmen Jones » (1954) d’Otto Preminger], au rythme, entre autres, de la Bossa Nova. Cela préfigure la tragédie d’un autre couple, Roméo et Juliette, transposée à New York dans « West Side Story » (1961) de Robert Wise et Jerome Robbins et à Barcelone dans « Los Tarantos » (1963) de Francisco Bele. Le film n’est, ni misérabiliste, ni mièvre et reste léger et grave à la fois, restituant bien l’importance de la musique et du Carnaval au Brésil, y compris chez les pauvres.
"Orfeu negro" réinvente joliment le mythe grec d' Orphée en le transposant dans un Brésil en plein carnaval. Les ajustements sont parfois maladroits comme celui de la Mort/Vipère dont le rôle et la place restent flous et mal amenés. Les acteurs en font parfois un peu trop et les textes récités ne brillent pas par leur intelligence et frise souvent le ridicule et la niaiserie. A côté de cela, on peut relever les bonnes musiques composant le film, les décors somptueux et quelques scènes inoubliables (comme celle de la section des disparus avec tout l'onirisme qui l'entoure). Sans être transcendant, le résultat n'en demeure pas moins appréciable.
Palme d’or au festival de Cannes en 1959, Orfeu Negro est un objet étrange et séduisant. Réalisé par le Français Marcel Camus, dont c’est le chef-d’œuvre, cette adaptation d’une pièce de théâtre fût tournée en portugais au Brésil avec uniquement des acteurs noirs : un projet audacieux pour l’époque. Réécriture du mythe d’Orphée et Eurydice dans les favelas de Rio, ce film musical et sensuel qui se déroule pendant le fameux carnaval – dont les sons et l’ambiance marquent l’intrigue de la première à la dernière seconde – contribua à populariser la bossa nova au delà des frontières du pays. Si la mise en scène reste plutôt sage et appliquée, plusieurs séquences sortent clairement du lot.
Un fim pour aimer le Brésil, pour comprendre le vrai sens du mot Saudade, un film pour continuer à rêver, pour l"'éternité.Tristeza nao tem fin, felicidade sim... Indispensable !
Une relecture absolument bouleversante et très originale du mythe Orphée, transposé en plein carnaval de Rio. Un pur joyau au sein du paysage cinématographique français !
Un beau film aux images inoubliables. Les musiques sont particulièrement bien choisies et surtout celle du levé de soleil doublée en français par John William. L'histoire magique et éternelle d'un amour contrarié par le destin decidé par des forces hors d'atteinte des hommes...
Une transposition magistrale et poétique du mythe d’Orphée au carnaval de Rio. Musique parfaite, acteurs bien choisis, scène finale inoubliable. Palme d’or méritée.
Merci au Grand action d'avoir eu la bonne idée de projeter ce film dont je n'avais jamais entendu parler, et que je suis allé voir presque par hasard. Une merveille. Foncez !
Superbe musique, très belles images de Rio, du carnaval, des favelas, bonne idée que de transposer un classique dans le Brésil des années 50, mais quelle déception que le jeu des acteurs franchement mauvais pour la plupart et les dialogues d'une mièvrerie insupportable. On se demande pourquoi ce film a eu la palme d'or à Cannes !
L'histoire serait belle si elle était moins longue et puis je déteste les femmes hystériques et pour le coup on est servi ! Pas de quoi décernait une palme. La musique sert bien le film. Ouf ! Merci M. Carlos Jobim !
Il y a 60 ans, ce film a eu un role/argument social et politique, au niveau du casting entièrement composés de noirs inconnus. Aujourd'hui, ce film n'a plus vraiment cette argument "de vente", ce n'est plus quelque chose qui surprend. Il reste alors le carnaval de Rio, mais j'ai déjà vu plein d'autres films bien mieux le mettre en valeurs... Que reste t'il alors ? Pas grand chose, l'histoire est ennuyeuse, portée par une narration hasardeuse. J'ai mis 3 jours à en venir à bout. Certe il y a quelques beaux plans, mais ce n'est pas ça qui va vous faire votre soirée.
Orfeu Negro semble dire : "Voici le monde tel que je le rêve", mais qui, sous le vernis doré, trahit. Ce film, immense par sa musique et ses danses, est aussi une œuvre qui vacille, sous l’éblouissement d'un regard occidental. Non pas un regard malveillant, mais un regard amoureux et aveugle, trop amoureux pour voir clair.
Ici, le mythe d’Orphée y est plus qu’une trame : il est une clef, une manière d'être dans la réalité brésilienne sans vraiment y entrer. Tout est là : l’amour, la fuite, la mort.
Camus ne filme pas une tragédie sociale, il transforme la misère en mythe. Et ce faisant, il suspend le réel. Il le parfume. Il le stylise. Le bureau des objets perdus devient un vestibule des enfers, le tramway une barque de Charon, la samba une oraison funèbre.
Il y a une grâce dans les mouvements de ce film. La caméra semble ivre, tourbillonne avec la foule, caresse les couleurs. On sent la chaleur, l’éclat du jour, les rires qui se fracassent sur les tambours. Orfeu Negro est une chorégraphie fiévreuse où l’image se fait corps, où le cadre épouse la danse, où la musique ne vient pas surplomber mais irriguer la mise en scène. Ce n’est pas un film musical au sens traditionnel, c’est un film dansant.
Mais cette beauté est elle-même une forme de voile. Et plus elle fascine, plus elle interroge. Qu’est-ce que filme exactement Marcel Camus ? Un carnaval ou une idée de carnaval ? Une favela ou une peinture naïve de celle-ci ? Un peuple ou une chorale de silhouettes ? Il fait de la douleur un opéra, de la pauvreté une fresque lumineuse. Il transforme le Brésil en théâtre, mais c’est un théâtre vu depuis la loge du visiteur, du voyageur, du poète blanc ému.
Car derrière les plumes, les sourires, les balcons fleuris, il y a l’Histoire. Et cette Histoire, Orfeu Negro ne la convoque jamais pleinement. Elle est là, en creux, comme une menace qu’on préfère danser. Le film refuse la politique, lui substitue la beauté.
Et pourtant. Camus n’a pas voulu trahir, il a voulu célébrer. Mais célébrer, parfois, c’est aussi effacer. La samba qu’il enregistre devient esthétique, le cri se transforme en chant, la mort en chorégraphie. Mais l’on se surprend à être ému, à pleurer peut-être, sans savoir si l’on pleure Orphée ou ce cinéma d’après-guerre, encore convaincu que la beauté pouvait suffire.
Film étrange qui transpose le mythe grec d'Orphée dans l'univers des favelas cariocas et du carnaval de Rio. L'intrigue se développe sur deux niveaux, dont l'un constitue une mise en abîme à l'intérieur du spectacle donné pour le Carnaval. L'ambiance du film est réussie grâce à une musique superbe et à des scènes de danse et de transe puissantes - la samba est réellement la danse du peuple, du désir et de la joie - et enfin par le contraste entre l'univers populaire et coloré des favelas et la froideur absurde des décors surréalistes, souvent inspirés de la modernité urbaine et architecturale. En revanche, les réactions des personnages et le jeu des acteurs, souvent proche de l'expressionnisme allemand muet des années 20, a bien mal vieilli.