Basé sur une histoire vraie, « Papillon » relate plusieurs années dans la vie d’Henri Charriere, surnommé Papillon en raison de son tatouage sur le torse. L’homme, emprisonné à tort, est envoyé purger sa peine en prison. Là il fera la connaissance de Louis Dega, emprisonné pour avoir détourné des fonds. Papillon n’a qu’une envie, s’évader au plus vite. En tête d’affiche, un beau duo d’acteurs. Le génial Steeve McQueen est accompagné de Dustin Hoffman. Ensemble ils forment un duo opposé mais étrangement complémentaire. L’action, bien que logiquement peu située en extérieur, présente des décors naturels de toute beauté. La Guyane française n’est pas un lieu commun pour raconter une histoire. C’est rafraîchissant de ne pas se trouver une fois de plus en pleine métropole américaine. Cependant, regarder « Papillon » n’est pas toujours une partie de plaisir. La prison donne lieu à des scènes terribles. Le rythme "travaille ou crève" épuise les prisonniers, en plus du traitement infâme qui leur est réservé. Si du film on ne devait retenir qu’une scène, ça serait surement l’emprisonnement de Steeve McQueen dans le noir complet. Une mise en scène impeccable met en valeur ce passage. Le silence accompagne les ténèbres dans lesquelles est plongé Papillon. Parfois on ne voit rien, parfois on distingue un minuscule rond de lumière et on se surprend à essayer de distinguer ce qui se passe tout comme le héros perdant peu à peu la raison. Bref, un film qui se déroule dans un univers carcéral, on sait bien qu’il ne va pas rendre heureux et redonner foi en l’humanité, pourtant, dans une demi-mesure, le film de Franklin J. Schaffner n’est pas le genre d’œuvre plombant totalement le moral. « Papillon » est un film dur, pas toujours facile à regarder, mais qui a le mérite de ne jamais oublier la seule chose essentielle à chaque tôlard : l’espoir. C’est l’espoir de s’en sortir qui guide Papillon tout du long de l’œuvre, et c’est lui qui "éclaire" le film. Donc non, « Papillon » n’est pas qu’un film noir. Un beau message y est véhiculé, et ça fait du bien. A ce titre, la conclusion proposée -qui est véridique et là est le plus beau- est idéale. Comme quoi à qui garde espoir, rien n’est impossible.