Je suis allé voir « Nightmare Alley » avec un petit frémissement. Est-ce que passer 2h20 en compagnie de Bradley Cooper et Cate Blanchett (entre autres car le casting est tellement plus riche !) allait être soporifique ou enthousiasmant ? J’avais également en tête la rumeur de flop aux USA mais cela présage parfois de bonnes surprises cinématographiques. Verdict : Le film m’a transporté à bien des égards et m’a semblé passer assez rapidement. L'histoire : Dans les années 1940 à New York, Stanton Carlisle attire l'attention d'une voyante et de son mari mentaliste lors d'un carnaval itinérant. En utilisant des connaissances nouvellement acquises, Carlisle commence à escroquer l'élite. Peu de réalisateur peuvent comme Guillermo Del Toro rendre les noirceurs de l’âme aussi universelles et fortes à l’écran. Le film agit comme un conte funeste et ceux qui ont vu comme moi « Freaks » vont évidemment y retrouver de nombreuses références (surtout la scène finale du cirque dans laquelle on aperçoit des « caméos » du film original ! La photographie est juste époustouflante. Si la caméra n’avait pas opéré un travelling arrière sur une des scènes du film (quand Toni Collette se tient devant sa cahute) j’aurai juré que l’on était en lumière artificielle de studio. Sans effet spéciaux et grâce à la magie du cinéma le film réussit la gageure d’insuffler une grâce surnaturelle à des évènements bien réels. Bradley Cooper qui se hisse de plus en plus au niveau des grands acteurs producteurs de Hollywood (en espérant qu’il ne se fatigue pas en route comme George Clooney) électrise littéralement l’image avec son regard électrique tour à tour enfantin ou maléfique. Quant à Cate Blanchett elle est au sommet de son art dans ce personnage de blonde platine tout aussi « monstrueuse ». Citons également Rooney Mara, Toni Collette, Willem Dafoe, Ron Perlman ou David Strathairn qui composent une galerie de second rôles très forts à l’écran. Comme le résume le film « les humains ont besoin de voir des monstres pour se sentir supérieurs » mais le film nous fait également réfléchir sur la « monstruosité » moins visible qui dort peut-être en chacun de nous. Ah la magie du cinéma !
Comme d'habitude avec Guillermo Del Toro, on est sur du grand cinéma, inspiré et captivant du début à la fin, sans fausse note. Pour un réalisateur toujours fasciné par les monstres, cette histoire est ideale pour lui, on en est même surpris que Guillermo n'ait pas fait avant de films dans cet univers de foire ambulante rappelant "Freaks" de Todd Browning. Un film noir bien sombre porté par un Bradley Cooper au sommet de sa forme, sa meilleure performance à ce jour.
Beaucoup d'atouts : une caméra virtuose, des musiques élaborées, un univers forain foisonnant, une photographie soignée, des acteurs flamboyants... Cate Blanchett est sulfureuse à souhait. Bradley Cooper est excellent en grand arnaqueur télépathe. La fin est une explosion scénaristique et la scène finale est une mise en abîme de Bradley.... Jubilatoire!
« Le charlatan » d’Edmund Goulding sorti sur les écrans en 1947 a acquis avec le temps le statut de film culte auprès des cinéphiles. Notamment en raison de la performance de Tyrone Power dans le rôle de Stan Carlisle, vagabond spoiler: sans scrupule, qui après avoir séduit la comparse et compagne d’un télépathe de cirque ambulant, lui dérobe le carnet contenant les secrets de son tour pour s’enfuir à New York où avec l’aide d’une psychologue, il grugera les membres de la haute société en faisant « parler leurs morts ». Le parcours tragique de ce bonimenteur avide d’argent et de reconnaissance avait permis à Tyrone Power de s’émanciper des rôles de jeunes premiers ténébreux qu’il incarnait pour la Fox, qui avait bien sûr tenté de le dissuader de se lancer dans l’aventure afin de ne pas ternir l’image de sa poule aux œufs d’or, superbe riposte au flibustier de la Warner, Errol Flynn. Le film tourné en noir et blanc était particulièrement pessimiste sur la nature humaine incapable d’accepter les différences, replongeant le spectateur dans l’univers forain peuplé de monstres du fameux mais aussi maudit « Freaks » de Tod Browing produit par la MGM en 1932. Un film culte donc, dont le remake était un pari osé qu’a courageusement tenté Guillermo Del Toro qui aujourd’hui, était sans doute le plus apte à se lancer dans l'aventure. Le réalisateur mexicain a certainement détecté que l’ambiance mystique du roman de William Lindsay Gresham (paru en 1946) pouvait avoir des correspondances avec celui onirique, fantastique et parfois inquiétant qu’il a su développer dans ses films les plus réussis comme « L’échine du diable » (2001), « Hellboy » (2004), « Le labyrinthe de Pan » (2006) ou « La forme de l’eau » (2017). Fidèle à l’esprit du roman et du film d’Edmund Goulding, « Nightmare Alley » permet à Guillermo Del Toro de livrer l'une de ses œuvres les plus abouties, réussissant à insérer son style visuel si particulier et quelquefois un peu vain dans une intrigue parfaitement tenue. Partagé en deux parties, le film supporte sans problème sa durée atteignant deux heures trente ce qui, il faut bien l’avouer, n’est pas souvent le cas de nos jours où aucun blockbuster n’est pourtant envisageable en deçà des incompressibles deux heures de métrage. Deux parties distinctes, équilibrées et parfaitement fluides voyant le jeu du toujours sobre Bradley Cooper épouser les deux faces d'un personnage complexe et troublant. Dans la partie foraine très immersive et somptueuse visuellement, il est efficacement épaulé par Willem Dafoe, Toni Collette et Ron Perlman, fidèle compagnon de route de Del Toro. C'est une Cate Blanchett, au visage devenu presque irréel mais totalement envoûtant qui rejoint le télépathe devenu escroc pour une confrontation qui donne au film ses plus belles scènes, empreintes d’une sensualité évanescente. Del Toro livre grâce ce remake réussi son film le plus adulte qui toutefois n'enlève rien à la beauté et à la force de celui d’Edmund Goulding qui on l'espère sera vu par nombre de ceux qui ont aimé "Nightmare Alley". Enfin, saluons une fois encore la performance de Bradley Cooper dont on a parfois du mal à définir le positionnement au sein de la production hollywoodienne actuelle.
Très bon casting, bien réalisé, ambiance légèrement gothique. Bien filmé, on voit bien que le réalisateur a voulu recréer le cinéma des années 40. Plans serrés sur les personnages, jeux de lumières, là-dessus pas grand chose à reprocher. Mais alors, qu'est-ce que c'est long, mou, quasiment aucune action. L'histoire est sans surprise, on devine le déroulé des choses et comment cela va finir. Pour celles et ceux qui aiment l'action, les rebondissements, etc.. ce n'est pas pour vous, si vous aimez les histoires d'amour, le beau cinéma vous pouvez y aller les yeux fermés, mais pour ma part ce n'est pas du tout mon type de film.
Avec une si belle brochette de star , je m'attendais à un très bon film. Une fois de plus, c'est la déception.. L'histoire partait pourtant bien, on se laisse entrainer dans ce cirque de l'étrange. Après une bonne première moitie de film , on s'ennui , l'histoire n'avance plus, c'est mou et on s'ennui...on a l'impression d'être devant la majorité des films netflix... La quantité n'a jamais fait la qualité et on en a encore la preuve....
Il avait tout pour réussir MAIS... l'intrigue est relativement simple et ne nécessitait pas une première partie aussi longue. Pour le reste: images, décors, lumières dans une ambiance toujours pluvieuse, c'est magnifique. Dommage quoi...
Un thriller à l'atmosphère sombre, psychanalytique, à l'image de ces films noirs hollywoodiens de toute une époque. Néanmoins l'histoire est longue à se mettre en place et à proposer un rythme et une intrigue enfin haletants. Il y a toujours une morale à vouloir toujours plus jusqu'au risque de s'en brûler les ailes... Le casting est alléchant, l'intérêt pour cette histoire, moindre...
Del Toro s'éloigne de son habituel côté fantastique pour nous livrer tout de même une oeuvre tout aussi sombre, dramatique, torturée, qui ne manquera pas de marquer le spectateur, malgré quelques petites longueurs, on lui pardonne sans problème.
La bande annonce promettait bien mieux, un mélodrame qui se suit sans être remarquable, le fameux filtre jaune vert qu'utilise Guillermo Del Toro dans la plupart de ses films qui n'apporte pas vraiment un plus, trois étoiles.
Tout dans ce film est extrêmement prévisible, les personnages sont clichés, toutes les scènes sont aseptisées, elles ne dégagent aucune âme. Le film est moralisateur à tout bout de champ, c'est extrêmement lourdingue, on dirait un film éducationnelle pour enfant.
Le film n'a aucune identité on dirait simplement un cahier des charges suivit à la lettre.
Comme toujours avec Del Toro la réalisation est très soignée et esthétiser, la photographie, costumes, décors, lumières, bénéficie d'une attention particulière tout comme son Labyrinthe de Pan, Crisom Peak, la forme de l'eau...Toutefois le scénario est très classique, banal histoire d'escroqueries, de duperies et faux-semblants mainte fois vue au cinéma à la différence qu'ici c'est joliment enrobé et porté par un casting de haut vol. Le film plus concis aurait gagné en rythme et donné plus d'envergure aux différents stratagèmes et rebondissements, mais certains dialogues s'éternisant font perdre parfois l'intérêt de l'histoire. Ca reste globalement un bon film mais on a connu un Del toro beaucoup plus inspiré.
Amoureux des outre-mondes, des trucages et des matières, ami des exclus et des freaks en tous genres, Guillermo del Toro signe son retour très attendu avec Nightmare Alley, quatre ans après La Forme de l’eau et son succès retentissant. Cette fois, exit le genre du conte ; del Toro lui préfère l’imaginaire hyper-balisé du film noir pour déployer une œuvre dense qui creuse ses obsessions et, conjointement, les réoriente.
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Allez voir Nightmare Alley. Guillermo Del Toro a une fois de plus frappé très fort. C'est un récit d'une ascension et d'une chute puissant, emmené par un casting impeccable et une technique irréprochable.