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Marc L.
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4,0
Publiée le 17 octobre 2022
Les noms prestigieux (hier Ridley Scott, aujourd’hui Guillermo del Toro) ne protègent décidément plus de la déculottée au box-office, les récents films incriminés ayant pour point commun d’être nettement supérieurs à la moyenne et non liés à une franchise ou un univers existant. ‘Nightmare alley’, basé sur ‘Le charlatan’ de William Lindsay Gresham, a certes déjà été adapté au cinéma mais c’était en 1947, il y a évidemment prescription. Il témoigne aussi d’une volonté toujours plus claire de Del Toro de s’éloigner encore un peu plus des univers fantastiques et imaginaires auxquels on l'associe volontiers. Comme sa source d’inspiration a été écrite en 1946, ‘Nightmare alley’ ne cherche pas à moderniser le contexte et situe l’action dans l’Amérique du début des années 40, ce qui permet à Del Toro de lâcher la bride à un goût du décorum qu’on imaginait de toute façon peu adaptée à la modernité. Servi par un casting remarquable, des rôles principaux (Bradley Cooper et Rooney Mara étincellent. Cate blanchett, n’en parlons même pas) aux secondaires (même dans des petits rôles, on adore voir Willem Dafoe, Ron Perlman ou TIm Blake Nelson à l’écran), ‘Nightmare alley’ parvient à absorber et inclure suffisamment de tendances et de genres pour développer son propre univers, sa propre sensibilité, ce qui est toujours la marque des grands films : c’est une oeuvre dramatique mais pas seulement. C’est un Thriller mais pas tout à fait. C’est un Film Noir mais aussi beaucoup d’autres choses. C’est surtout un film qui, aussi intéressant et passionnant qu’il soit, n’en reste pas moins hors-sol, qui n’a pas vraiment sa place dans les années 2020, malheureusement pour lui et tant mieux pour le spectateur : ce récit moral sur l’ascension et la chute d’un escroc, qui séduit mais n’inspire confiance et compassion à aucun endroit du film, ressemble davantage au cinéma des années 50, 60 et 80, ce qui fait clairement de ‘Nightmare alley’, un film d’un autre temps, “classique” dans son esprit à défaut de l’être dans la forme : si c’est surtout la première partie du film, avant que Stanton Carlisle ne devienne un mentaliste à succès, qui séduit, on ne le doit pas à un scénario qui se serait épuisé dans la dernière ligne droite mais au fait qu’elle se déroule dans le milieu de ces foires itinérantes d’autrefois, entre fête foraine et freak-show, qui permet à Del Toro de donner libre à cours à son amour pour les bizarreries et les réprouvés, sans qu’on cesse jamais de rester dans le réel mais avec suffisamment de savoir-faire visuel pour que le résultat fasse ressortir le surnaturel et l’inexplicable que les visiteurs venaient chercher dans ce genre d’endroit.
Film noir qui, malgré un finish intéressant, est alourdi par de nombreuses scènes inutiles. On reste malheureusement trop spectateur de ce thriller au casting 5 étoiles
Photo sompteuse, décors soignés, mise en scene esthétique et interprétation inspirée. Le film est beau c'est indeniable. Par contre, un début long qui nous fait se demander où l'histoire veut bien nous emmener et des longueurs par ci par là.
Lent à démarrer, froid aussi, ce remake d'un excellent film de 1947 va crescendo en suivant assez fidèlement le scénario original et en s'en démarquant tout à la fois, jusqu'à la finspoiler: , tout à la fois tonitruante et profondément dérisoire .
Guillermo del Toro aurait pu actualiser l'histoire mais il semble que le parfum de la première partie du XXème siècle lui aille comme un gant dans ses ambiances gothiques et art nouveau, dans un monde en plein tournant. On retrouve ici la palette chromatique de La forme de l'eau et sa conception graphique du monde du cirque rend bien l'image populaire véhiculée dans ces dernières années dans l'imaginaire fantastique. A ce niveau, on retrouve le réalisateur de Crimson Peak, jusqu'au nom du coffre-fort où la Dr Ritter cache l'argent de Stan : Enola. A l'envers, d'ailleurs, on comprend que chaque personnage est finalement très seul.
Les acteurs jouent assez juste avec un bémol surprenant concernant Cate Blanchett qui surjoue son rôle de femme fatale et froide. Bradley Cooper, assez insignifiant au début, finit par prendre corps et incarner les excès du personnage mais aussi sa profonde humanité. Le thème du film se situe d'ailleurs là : Stan Carlisle devrait être un monstre de manipulation mais il demeure une forte part d'humanité en lui. Comme toujours chez del Toro (à l'exception de l'imbuvable Pacific Rim), les monstres ne sont pas ceux qu'on croit. Pour une fois, d'ailleurs, nous n'avons pas à faire à un méchant absolu comme dans ses précédentes réalisations. Notons enfin le plaisir de retrouver Ron Perlman et trois autres acteurs déjà présents dans d'autres films du réalisateur.
Au final, Nightmare Alley est un excellent thriller psychologique même si on peut déplorer le fait que del Toro ait adopté au fil des années un style beaucoup moins personnel par rapport à ses débuts.
Nightmare Alley est une oeuvre au noir. On y suit les aventures d'un bonimenteur parti de rien et désireux de s'élever dans la société grace à des pratiques douteuses. Le film prenant ancrage dans la crise de 1929, on sent le désarroi des personnages ballotés par l'existence; Le film n'atteint pas des sommets d'émotion et de suspense mais finit par brosser un tableau dassez vertigineux es failles humaines dans lequel notre héros va s'engouffrer et / ou se perdre. Personnes en recherche de certitudes, de sentiment d'exister, de solutions à leurs problèmes vont servir les desseins cupides du héros mentaliste. Les dialogues sont brillants ("Des que tu te sentiras tout puissant, alors tu deviendras aveugle à ce qui t'entoure" ), la mise en scène frôle la préciosité mais s'avère très efficace.
Vagabond sans perspective, Stan atterrit par hasard dans un cirque, où il fait la connaissance d’un médium. Intéressé par ce domaine, il va s’y avérer particulièrement doué… « Nightmare Alley » est l’adaptation d’un roman de 1946, qui avait déjà été porté à l’écran en 1947. Del Toro a fait le pari risqué (et couteux) de garder le contexte des années 30/40, il est vrai plus propice à cette intrigue. On est frappé en premier par la qualité de la reconstitution, entre des cirques sordides filmés dans la pénombre, et des espaces art déco filmés au grand angle. Mais rapidement, c’est la distribution qui détonne dans ce film. Après avoir raflé une pluie de récompenses avec « The Shape of Water », on imagine bien Del Toro a fait se bousculer au portillon les acteurs en vogue ! Outre l’habitué Ron Perlman, ce sont des gueules telles que Willem Dafoe, Richard Jenkins, David Strathairn ou Holt McCanally qui « meublent », tandis que l’on a droit à Rooney Mara et Toni Colette en seconds rôles féminins. Le clou étant Cate Blanchett en psychologue perfide, qui joue au chat et à la souris avec un fabuleux Bradley Cooper. Ce dernier aurait pu être grandiloquent, il est au contraire sobre et en retenue, pour incarner cet homme peu moral, au passé lourd, qui va embrasser une carrière de manipulateur de premier ordre. Là-dessus, si le premier acte dans le cirque se traîne un peu (quoique l’ambiance cauchemardesque est de bel effet), la suite est pessimiste à souhait sur la nature humaine. Entre un manipulateur qui parvient à bien lire son public, et des spectateurs parfaitement crédules, personne n’est vraiment à sauver dans cette spirale infernale. C’est d’ailleurs une métaphore bien noire du cinéma qui nous est offerte : les spectateurs se complaisent à être manipulés, se veulent des êtres complexes quand ce qu’ils recherchent est en réalité très simple, et très juteux pour qui les comprend. Un sujet peut-être trop noir pour le public dans la vraie vie, qui accueillera froidement « Nightmare Alley », avec un énorme flop au box-office.
Guillermo del Toro n'a plus a prouver son talent. Ce film est magnifiquement réalisé, la photographie est superbe et les acteurs parfaits... Pourtant, il manque ce grain de folie qui aurait pu faire de Nightmare Alley un grand film. A trop vouloir étirer le scénario, l'œuvre peine à atteindre son but malgré ses qualités indéniables.
Un scénario impitoyable, une ambiance intéressante. Des acteurs impeccables. Guillermo Del Toro nous habitue à un cinéma recherché et singulier. Pas mal.
Reprenant les codes du film noir en les teintant d'une atmosphère de western, Guillermo Del Toro singularise l'esthétisme de son drame en soignant lumières, teintes et décors jusque dans de symboliques détails. Porté par un réjouissant casting, le récit scindé en deux parties distinctes s'équilibre entre initiation à un monde aux accents fantastiques et manigances de faux gentleman vrai arnaqueur dans un monde d'apparences pour aboutir à un cruel final ironique. De grande qualité.
Du premier au dernier plan, Nightmare Alley (Guillermo del Toro, 2021) exsude l'essence même du film noir, celle qui fait de la cupidité, de la fatalité, de la prédestination et du crime, un condensé de la tragédie humaine. Le réalisateur mexicain met en scène à la fin des années 30, dans des États-Unis qui peinent à retrouver leur lustre d'avant la Grande Dépression, un trio infernal composé d'un escroc, Stanton Carlisle (Bradley Cooper), prétendant être un mentaliste capable de lire dans les pensées et de parler aux morts, bonimenteur d'estrade de cirque d'abord, puis de night-clubs chics de la société de Chicago, d'une assistante enamourée et dévouée Molly (Rooney Mara), et d'une psychiatre, le Docteur Lilith Ritter (Cate Blanchett), aussi machiavélique que manipulatrice, rencontrée au cours d'une séance de spiritisme. Dotée de l'intelligence froide de la femme fatale qui suggère l'ambition et l'absence d'état d'âme, elle a juré la perte de Stanton non par jalousie ou à cause de l'argent, mais en raison de sa volonté de détruire celui qui finit par se prendre à son propre jeu en pensant pouvoir lui disputer le monopole du ça freudien.....
Voir la suite de ma chronique à partir d'un photogramme du film: https://etoilesdetoiles.blogspot.com/2021/12/le-baiser-de-la-mort-chez-guillermo-del.html