Asger Holm (Jakob Cedergren - vu, déjà flic, mais barbu, dans la série suédoise "Meurtres à Sandhamm") est en pénitence au standard du "112" de Copenhague (on apprendra peu à peu pourquoi, et complètement lors de la fin haletante). Le quadra est à bout de nerfs, quand commence (normalement) sa dernière soirée d'appels d'urgence. C'est la routine, des poivrots ou drogués agressés, en crise... des vols, accidents divers (de voie publique, ou domestiques).... quand arrive un appel étrange.
C'est le début, pratiquement en temps réel, d'un drame familial à tiroirs, que le policier tente, à distance, en menant (dans le brouillard) l'enquête, de régler. Un huis-clos comme on en a déjà vu (dans une cabine téléphonique, dans un cercueil...), croit-on au début. Avant de se laisser happer par une dramaturgie, aussi complexe que les moyens cinématographiques convoqués sont simples.... Tout repose sur l'acteur principal, ses collègues du plateau téléphonique n'étant que des silhouettes, et les autres acteurs, des voix au bout du fil.... Remarquable : émotion et sidération (dans la salle du Quartier Latin où j'étais, on aurait entendu voler une mouche...). Une histoire banale, comme un (sinistre) fait divers ? Pas que - puisque la vie du policier déchu devient aussi un des enjeux de l'affaire, justifiant pleinement le titre "The Guilty" de cet excellent premier "long" d'un tout jeune auteur danois (30 ans), Gustav Möller.