J’attendais The Electric State avec une certaine curiosité, notamment à cause du duo Joe et Anthony Russo, et de la promesse visuelle que portait l’univers rétro-futuriste du film. Malheureusement, je ressors de cette expérience plutôt déçu, avec le sentiment que le film est passé à côté de son potentiel. Il y avait matière à proposer quelque chose de fort, tant sur le plan émotionnel que narratif, mais l’ensemble m’a semblé trop creux, voire artificiel par moments.
Visuellement, oui, c’est très soigné. On sent l’énorme budget passer à l’écran, avec des décors travaillés, des effets spéciaux léchés, et une vraie ambition artistique. Mais cela ne suffit pas à porter un film si le fond ne suit pas. Le rythme est lent, parfois poussif, et je n’ai jamais vraiment réussi à m’attacher aux personnages. Même Millie Bobby Brown, que j’apprécie d’habitude, m’a paru ici assez effacée, presque mécanique. C’est comme si la direction d’acteurs avait été sacrifiée au profit du visuel.
L’histoire, pourtant basée sur le roman graphique de Simon Stålenhag, aurait pu être bouleversante, mais elle reste désespérément plate. L’univers post-apocalyptique, bien que séduisant sur le papier, manque de substance. Les enjeux émotionnels sont survolés, les dialogues manquent d’âme, et j’ai eu du mal à ressentir quoi que ce soit face à ce qui se déroule à l’écran. Même les moments censés être poignants tombent un peu à plat, tant tout semble trop calculé, trop propre.
En résumé, The Electric State est une belle coquille vide. Un film qui mise tout sur l’apparence sans vraiment creuser son sujet ni ses personnages. C’est frustrant, car on sent bien qu’il y avait là un univers riche à explorer, une belle histoire à raconter. Mais tout cela se perd dans une mise en scène trop lisse, un scénario trop timide, et une émotion qui ne prend jamais vraiment. Dommage.