Play agite un concept aussi simple que dangereux. Nulle voie de secours (même pas celle des avancées technologiques, qui accompagnent le film), et un paquet de chausse-trappes sur la voie. Surtout que la tendance à regarder en arrière est devenue un vrai fond de commerce pour s'assurer un (triste) avenir en salles ou en streaming. Les années 80 continuent de représenter un havre dans lequel on se love, mais il y a fort à parier que la décennie suivante va suivre le même chemin. La nostalgie, cet éternel recommencement. Et pourtant, on rembobine avec plaisir. Les pièges, Anthony Marciano (avec Max Boublil, également coscénariste) ne les contourne pas, il les déjoue. Oui, il y a un plaisir mignon et coupable à redécouvrir ces différents marqueurs temporels (cinéma, musique, évènement), à raviver des moments qui parleront à tous : l'amitié, les amours, les délires, les plans foireux, les échecs. Oui, ça on l'a déjà vécu de nombreuses fois à l'écran (chez John Hughes, par exemple). Mais ça marche aussi avec Play. Pourquoi ? Parce que c'est fait avec sincérité (ce qui n'est pas si fréquent). Les auteurs ont mis beaucoup d'eux dans le film (certaines anecdotes paraissent tellement folles qu'elles ne peuvent qu'être vraies). Ils marquent de nombreux points dans la première partie qui alternent purs moments de comédie et petites pastilles de tendresse. Je loue également le film pour se montrer étonnamment contemporain, dans ce qu'il raconte de ce rapport à l'image. Play interroge notre propension à vouloir immortaliser les moments sur support vidéo avant de chercher à les vivre, tout simplement. Le film évite l'écueil de la critique facile sur les technologies en pointant justement sur ce qu'elles révèlent chez leur possesseur (Timidité? Narcissisme? Repli ?) Le long-métrage retombe plus lourdement dans sa dernière partie, trop étirée et mélo (bien qu'elle contienne de jolies séquences). Mais l'énergie et l'excellence de la distribution : Alice Isaaz, Max Boublil et Noémie Lvovsky sont parfaits. Et il faut féliciter la drôlerie et le naturel des jeunes comédiens, tous époustouflants. Play est une belle surprise pour débuter l'année avec le sourire, la tête pleine d'images touchantes et comiques. Un petit fixe de nostalgie qui a plutôt l'allure de la fable intemporelle.
Fausses images d'archive de la vie d'un homme de la génération 80, Play est par définition un film purement générationnel. Les quasi quarantenaires actuels ne peuvent que se retrouver dans les camescopes à base de VHS, les séances de spiritisme, les boums, les actions vérités, les Oasis, Alanis Morissette et Hélène (et les garçons)... La bonne humeur mais aussi les grands moments tragiques de la vie se glissent sous nos mirettes, et c'est comme si toute notre vie se trouvaient là, étalée aux yeux de tous. Un film qui de prime abord ne paye pas de mine, et qui se retrouve au niveau de Boyhood, du grand Richard Linklater. Un film qui montre juste la vie et la vie juste, et même s'il y a quelques fausses notes, surtout dans la période la plus récente, Play est un film indispensable.
En 2013, Anthony Marciano et Max Boublil avaient réussi une belle petite surprise avec Les Gamins. Pour leur troisième film en commun (Marciano à la réalisation, Boublil à l’interprétation et les deux au scénario), le résultat est nettement moins marquant. En effet, après quelques minutes où le spectateur né aux alentours de 1980 éprouvera presqu’automatiquement un plaisir nostalgique et a compris que le type de narration des premières minutes s’étendra sur tout le récit, on a rapidement l’impression de tourner en rond avec une histoire qui ne possède rien d’extraordinaire et est même très banale. Même si on peut apprécier le travail sur l’évolution des caméras (le réalisateur joue avec les formats d’images et la qualité de la captation pour nous faire revivre les époques où se déroule le récit) et l’impressionnant travail de reconstitution (on croirait vraiment revivre la victoire le France à la Coupe du monde de football en 1998), il est possible de ressentir une certaine lassitude une fois que la nostalgie s’est estompée.
Si l'idée en elle même n'est pas d'un génie absolu, sa mise en œuvre en est tout autre. Cette réalisation, artificiellement amateur, respire la fraîcheur et nous rappelle des souvenirs d'un monde passé, sans cesse en évolution. Bref, bravo pour l'audace, et la réussite qui en découle. Je vais de ce pas ressortir ma vieille console du placard !
Franchement réticent au départ à l'idée de regarder un film monté sur des (faux) vieux rush VHS, je me suis laissé petit à petit embarquer dans l'histoire contée par Play, qui suit un groupe d'ado de la fin des années 90 jusqu'au milieu des années 2010. Il faut saluer la qualité de la reconstitution d'époque, agrémentée de trucages bien foutus, des acteurs hyper-ressemblants incarnant des personnages qui grandissent, de l'humour régressif, de l'histoire efficace: cela fait beaucoup de points positifs, et sans parler d'un aspect plus personnel. Celui d'être né dans les années 80, et d'avoir donc un lien plus fort avec les références culturelles de cette bande de potes: les nombreux petits détails cosmétiques incrustés dans les décors ne peuvent que faire mouche. Bravo donc à l'équipe du film: derrière son aspect un peu rebutant se cache une oeuvre de qualité, voire même de grande ampleur, réalisée avec soin, avec de bons interprètes et de l'émotion.
Né·e·s dans les années 1980, ce film résonnera à coup sûr avec votre vie, et fera vibrer la corde de la nostalgie avec plus ou moins de bonheur. Au-delà des références culturelles, Play fait remonter des souvenirs intimes des questions, des regrets parfois. Le concept found footage est ici plutôt bien utilisé, bien sûr certaines scènes sont peu réalistes, mais tant pis. L'humour et l'émotion sont là. Mention spéciale à la scène de kames, ce jeu iconique est trop peu représenté au cinéma !
Un vrai bonheur que ce film réunissant une bande de potes que l'on peut suivre durant 25 ans. C'est complétement foutraque et assumé. Max Boublil et ses compères nous offrent des tranches de vie teintées de nostalgie à foison. "Play" retrace les plus grands moments de ces dernières années avec du matériel vintage et la caméra de Max comme prétexte. Le film n'oublie pas d'être extrêmement drôle et le couple Max/Emma (Alice Isaaz) apporte une touche de romantisme bienvenue. Un pur moment de plaisir pour les quadragénaires (et les autres) qui se reconnaîtront dans cette comédie générationnelle.
Grosse claque. Un concept fort et tenu de bout en bout d'une main de maitre. Tout du long on s'attache à des personnages qu'on a vraiment l'impression de connaitre parfaitement à la fin du métrage.
Cette comédie est vraiment super ! L'idée du film et de la façon dont il est tourné est excellente ! On se tape de bonnes barres et on ne voit pas le temps passer !
Honnêtement ceci n'est pas du tout un film ont dirait une vidéo YouTube xl et puis il y'a aussi ce sentiment de deja vu dans toute les situations rien de neuf de frais ou de cool sérieux passez votre chemin
une comédie gentillette et rafraîchissante. Elle ne parlera pas à tout le monde, parce qu'orientée vers les personnes nées dans les années 80, mais pourra malgré tout fédérer autour de valeurs universelles. C'est touchant, ça donne le sourire et les acteurs sont bons.
A vrai dire, je m'attendais à une comédie sympatique, au vu des critiques, mais j'en resors presque bouleversé. Peut-être est-ce dû à mon âge (35 ans), et les parallèles marquant que j'ai pu faire avec ma propre vie. Ce film essaie de contrer ce qui fait souffrir les trentenaires actuels: la nostalgie. La nostalgie des années 90 et 00s où, c'est vrai, les choses étaient plus "simples", plus légères, et surtout plus humaines. Sans être réfractaire à une évolution naturelle immuable, notamment technologique, ce film nous fait un rappel à l'ordre, celui de profiter de chaque instant et de ne pas vivre dans le passé.
Bonne chose que ce film ait été réalisé en 2018, et non après le COVID.
Un film qui m'a trop ému pour que je le revoie une deuxième fois, un très bon film néanmoins.