Pari audacieux de la part de l’ex-employer de Google, Aneesh Chaganty qui s’élance avec fierté dans un premier film où l’illusion du numérique pourra surprendre les spectateurs. Au plus proche des technologies grandissantes que chacun utilise pour des besoins personnels ou des besoins professionnels, on nous immerge dans le réseau, où le pixel revient titiller nos rétines, trop habitué à la luminosité des appareils vidéo. Le format sur ordinateur et téléphone portable peut séduire, car l’approche est futile et ne dépayse pas l’utilisateur occidental, qui a tendance à se perdre dans l’algorithme complexe qui existe entre le monde virtuel et la vie privée.
L’intrigue débute avec toute la tendresse possible, où l’ère du numérique et des écrans enjolive les souvenirs des familles et de tous les utilisateurs confondus. Entre la publicité prolongée et le sentiment de partager la méfiance de l’univers connecté, le réalisateur explore des pistes qui cherchent avant tout à sensibiliser les utilisateurs récents et ceux qui ne prennent pas encore conscience de toute cette dimension transparente, dans la vie d’une personne. À la suite de la soudaine disparition de Margot (Michelle La), son père David Kim (John Cho) explore les pistes les plus simples jusqu’à remonter sur les activités quotidiennes de sa fille, via les réseaux sociaux. Et la facilité déconcertante dont on aurait à user pour s’introduire dans une vidée privée en ligne est très perturbante. De nombreuses séquences insistent sur les démarches simplistes afin de détourner la surveillance parentale et celle de la sécurité morale de soi. Les exemples se multiplient sur les petits écrans de webcam où les conversations résonnent dans les haut-parleurs. L’artifice prend vite forme et nous tient en haleine dans cette course, qui perd parfois le fil de l’intrigue afin de montrer les diverses subtilités des outils qu’on utilise quotidiennement.
Ce n’est pas pour autant qu’on nous prive d’émotion, mais cette émotion ne sort pas du film en lui-même. Non, elle nous parle via l’expérience, le bouche-à-oreille, les débats qu’on a pu avoir avec des proches, des amis et les rapports de faits divers qui ont tant terni l’image des manipulateurs et influenceurs du web. La folle aventure est épaulée par l’inspectrice Vick (Debra Messing), lien direct avec la réalité et qui nous ramène à réfléchir sur les actes que l’on commet et qui sont irréversibles. On joue bien évidemment avec la tension du qui serait responsable de cette disparition. Serait-ce Margot elle-même qui serait l’orchestre ou bien l’œuvre d’un pur hasard ? On se permet de mentionner cette dernière possibilité sans réellement l’approuver. On se concerte sur le mal-être d’une fille qui cherche à se découvrir, mais essentiellement à redécouvrir sa personnalité perdue, savoir d’où elle vient et sur quoi son présent est forgé. Et la distance entre parents et enfants est discutable dans la mesure où on place le monde dématérialisé entre les deux, comme un no man’s land de la conscience.
« Searching » encourage ainsi les parents et leurs enfants à se réconcilier hors réseau, là où les émotions sont palpables et là où il est possible de trouver le bonheur. John Cho reste toujours dans un cadre serré, répondant avec force et nostalgie dans le rôle d’un père responsable. Mais au-delà de ces valeurs, il existe la transparence par le numérique. Certains parleront de technophobie surjouée, cependant le long-métrage laisse une marge entre le divertissement ludique et la sensibilisation sèche. La justesse répond alors présent et nous ne devrions pas manquer ce rendez-vous habile qui renforce notre connexion avec le monde qui nous entoure.
Volontiers claustrophobe par sa réalisation, le parti-pris de ne filmer qu'à travers le prisme d'un écran d'ordinateur et assumé jusqu'à la dernière image et totalement maîtrisé. Un procédé qui ne nuit en rien au suspense, distillé jusqu'à la scène finale, jouant avec les peurs liées aux excès d'abus de réseaux sociaux, où chacun raconte sa vie dans un anonymat qui bien souvent ne l'est pas pas. Une réussite formelle.
J'ai adoré l'originalité de ce film. Toutes les images ou presque passent par l'écran d'un ordinateur. C'est bien écrit, pas ennuyeux ni longuet et cerise sur le gâteau, il y a même du suspense. ...
Aneesh CHAGANTY transcende l'un des plus beaux thèmes du cinéma, l'un des plus singuliers. Quand une femme disparait, c'est instantanément une étrange et fascinante affaire qui commence. Confirmation avec "Searching - Portée disparue" raconté uniquement par le biais d'écrans interposés. John CHO porte ce thriller efficace et rythmé. Grâce à une mise en scène astucieuse et innovante, le film parvient à capter notre attention malgré le choix de ne recourir qu'à des images d'écrans interposés. Le pari était plutôt osé, mais il est réussi.
La synergie entre le fond et la forme est audacieuse et l’expérience est globalement positive même si un peu déroutante et pas complètement dénuée de défauts. Ajoutez à cela un scénario très bien ficelé et vous obtenez un film surprenant et très efficace. Il est également très pédagogique sur notre identité numérique et tout ce que nous semons volontairement ou pas et qui peut constituer une mine d’information sur nos faits et gestes. Une note élevée comme un encouragement à l’innovation et à l’audace, d’autant qu’elles sont vraiment profitables.
Excellent : sur le fonds on a une enquête palpitante sur la disparition de la jeune fille (dont on en apprend plus au fur et à mesure) et sur la forme on a l'idée géniale de tout montrer à travers des écrans (lié au fait qu'en grande partie l'enquête va se baser sur ce qu'on peut trouver comme indices via les divers réseaux sociaux). Magistral!
Un thriller entièrement réalisé par écrans interposés (téléphone, RS, internet, télévision etc). Le procédé est d'abord agaçant mais tient la route, jusqu'à un épilogue surprenant, mais peu crédible. Ce n'est pas l'avenir du cinéma mais c'est une proposition originale.
Le film est original dans son approche, puisqu'on suit uniquement l'histoire à partir des différents écrans qui envahissent la vie de cette famille américaine et c'est très facile à suivre, même si on ne maîtrise pas l'univers des réseaux sociaux. Après pour tenir dans la longueur, le scénario est obligé de multiplier les pistes et les différentes recherches peuvent paraître redondantes, mais finalement le petit suspense nous tient en haleine et le pari est donc plutôt réussi.
On est assez surpris de l'approche novatrice sur le plan visuel et la façon d'avancer pas à pas dans l'histoire. C'est bien monté, un scénario qui est bien écrit, et ce n'est pas sur-joué. La tension est palpable tout ai long de cette enquête. Ceux qui ont quelques années apprécieront ce retour au passé des 15 premières minutes. Très sympa
vu ce jour ce remarquable thriller qui a la particularité qui a la particularité d’être tourné qu'avec les objets numériques du quotidien,haletant et très réussi,on suit la détresse de ce père dont la fille a disparue ,une critique acerbe de certains utilisateurs de ces réseaux sociaux,des amis virtuels de Facebook qui fini sur un twist final plutôt réussi,une genre de black mirror d'1h40 brillamment conçu.
Une structure osée et une réussite au bout, avec une rythmique bluffante. Une enquête des plus basique sur papier qui prend soudain des allures de grand 8. On ne lâche rien. Une réussite visuelle, une vidéo ludique.
Ce film avec des acteurs peu habitués à jouer les premiers rôles permettant une plus grande authenticité proche du documentaire, met en scène une enquête captivante de par sa crédibilité sur les dangers suscités par Internet et les réseaux sociaux. Chaque détail montré via les bureaux d’ordinateurs a son importance et on saluera la construction scénaristique de l’ensemble avec en point d’orgue un twist final que les néophytes n’auront pas vu venir. Bref, on aura eu plaisir à visionner ce thriller haletant qui, il faut le dire, repose avant toute chose sur des captures d’écrans interposés quand ils ne sont pas superposés, un véritable tour de force de plus d’1h40 !
Peut-être le meilleur film "screen" actuel. Doté d'un scénario et d'une histoire solide, Searching est un film passionnant à suivre. L'avancé de l'intrigue monte en tension de manière organique, sans pour autant être gâché par quelques facilités. Difficile de juger la mise en scène d'un tel film, mais l'immersion est très réussi.
Adapter un film au format « écran d’ordi », c’est casse-pipe car il faut que l’histoire soit crédible et trouver les bonnes applications à utiliser au cours du métrage. Pour être clair, c’est réussi : le film s’enchaîne bien, l’histoire a son lot de surprise et j’y vois aussi une critique de la technologie avec ce que ça engendre, notamment sur les réseaux. Mais avec du recul, je pense que le film aurait pu finir plus tôt. John Cho crève l’écran … d’ordinateur … et sa performance est plutôt convaincante, surtout quand il faut jouer devant un écran. David est rongé par le deuil de sa femme et fera tout pour retrouver sa fille ; son parcours va le changer et peut à tout moment faire sortir son côté sombre. Et si son dénouement peut paraître classique, j’admets avoir bon pour lui. Rosemary est loin du cliché de la policière dépassée spoiler: et ses motivations sont plutôt louables et touchantes . Comme je l’ai dit, le film est très crédible dans sa façon d’aborder son histoire : on a vraiment l’impression de nous retrouver devant notre propre ordinateur et cette crédibilité permet une immersion pourtant pas évidente. Mais je dois admettre que je trouve le film assez lent, bien que ça s’enchaîne bien, comme je l’ai dit plus haut. La musique jongle bien entre les genres du thriller et du drame humain.
"Searching" est un petit thriller au style visuel très risqué, mais qui s’avère efficace pour ainsi nous offrir une immersion réussie. John Cho se sent pleinement investi et son personnage s’avère être plutôt attachant. Je peux bien lui reprocher quelques détails, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier ce nouveau genre de film, surtout après la désastreuse "Guerre des Mondes" avec Ice Cube.
En quelques minutes introductives, Searching brasse une vie entière par le truchement d’un ordinateur. Cette astuce permet au récit de créer une filiation immédiate avec son spectateur, qui retrouve dès lors tous ces outils technologiques envahissants sous un jour nouveau. Et peut se laisser glisser dans une angoisse familière : la disparition d’un proche.