Le Journal d'une femme de chambre
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Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mars 2007
C’est l’illustration de la bourgeoisie campagnarde des années 20 que Luis Bunuel met en images. «Le journal d’une femme de chambre» (France, 1964) confronte le fascisme ambiant, les crimes inévitables, fruits de l’emmurement des campagnes, à la justice des villes, incarnée par la femme de chambre Célestine/Marie (Jeanne Moreau). Le problème d’une telle dichotomie qui tend à opposer les rats des villes des rats des champs, c’est qu’on flotte parfois dans le cliché, Jeanne Moreau, incarnation de la perfection (hormis in fine) est seule, pure, face au reste de la distribution, personnages éclairés sous un affreux jour. Cependant, force de Bunuel en action, le cliché du «Journal d’une femme de chambre» ne demeure pas, ne restant qu’en filigrane. Le film, d’après les dires de Bunuel lui-même, est une version améliorée de «Susana» (Mexique, 1951). Comme dans le film mexicain, il s’agit d’une femme aimée par plusieurs hommes. Là où «Susana» prône la passion et le charnel, «Le journal…» illustre des enjeux politiques comme l’autarcie des campagnes ou l’ultra-nationalisme présent. A travers l’œil de Bunuel, tout ça est tourné en ironie, grinçant derrière chaque acte. Jeanne Moreau est ici en neutre, appareil pivot entouré des folies de cette micro-société. Bref, «Le journal d’une femme de chambre» est une expérience intéressante sur la société par Bunuel comme «Robinson Crusoe» (Mexique-USA, 1952) l’a été sur le manque de société. Le sens obsessionnel de la justice, le pouvoir dangereux de la féminité, les affres du détachement social, l’irrationalisme de l’extrémisme nationaliste, où tout simplement une peinture d’une campagne, voilà ce qui résume ce film important de Luis Bunuel.
Olivier Ferry
Olivier Ferry

4 abonnés 196 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 juin 2014
plutôt mou, les événements intéressants ne surviennent qu'a la fin du film et même là le "suspense" est assez faible
kinophil
kinophil

23 abonnés 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juillet 2011
Célestine est engagée comme femme de chambre dans une propriété bourgeoise à la campagne. Elle découvre les petits travers de chacun de ses habitants : les appétits sexuels et le goût de la chasse du mari, la frigidité, l'obsession de la propreté et l'avarice de la femme, le fétichisme de la bottine féminine du patriarche, le racisme mêlé de sadisme du domestique…. Bunuel s’en prend à la petite bourgeoisie provinciale dont l'hypocrisie de façade est démantelée par une femme de chambre intelligente et subversive, au clergé (qui pardonne les caresses faites deux fois par semaine par Madame à Monsieur en échange de la réfection du toit de l’église), aux ligues Nationalistes anti-métèques, aux militaristes….
Excellent film où le réel et l’imaginaire se mêlent étroitement pour ne former qu’un : Le réel par cette peinture acerbe de la classe dite dominante, l’imaginaire en laissant planer des doutes et des zones d’ombre sur l’histoire
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2011
Un classique un peu déroutant avec un scénario à tiroirs mais très réussi, avec une belle analyse des moeurs de la bourgeoisie, un vrai suspense psychologique, une atmosphère troublante et une composition subtile de Jeanne Moreau qui fait un beau fil conducteur dans un personnage à la fois candide et manipulateur très bien écrit.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 novembre 2018
Luis Buñuel réalise un drame critique et très sombre sur le genre humain. De nombreux personnages sont soit détestables soit carrément des monstres. La fin n'est d'ailleurs guère rassurante. On reprochera toutefois un rythme parfois trop lent.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2010
Un Bunuel très maîtrisé techniquement, avec une Moreau très bonne comme à son habitude, film intéressant, mais ça ne m'a pas transcendé, la fin quelque peu enigmatique a de quoi maintenir un intérêt pour le film même après le visionnage.
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 août 2019
Malgré un début prometteur fait avec des personnages très imposants et une histoire intriguante, le film part finalement dans tous les sens en amenant diverses histoires n'ayants rien à voir entre elles. Une oeuvre qui laisse un fort goût d'inachevé.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 7 janvier 2011
Interessant, dommage que la mise en scène manque de dynamisme et de profondeur.
Sylvain P

387 abonnés 1 429 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 14 juillet 2011
Finalement, le scénario a beau se cantonner au poncif du genre, ce film d'un Maître décrit l'extrême droite et le France profonde d'une époque. Tout un programme.
oranous
oranous

161 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mai 2008
Buñuel fait encore une critique de la bourgeoisie mêlée ici a la montée de l’extrême droite et notamment des ligues dans les années 20. Sujet très intéressant au demeurant. Bien sur on peut dire que les acteurs sont très bien que se soit Jeanne Moreau ou Jean Ozenne mais Buñuel me déçoit, dans une mesure toute relative et toutes proportions gardées. On ne comprend pas forcément tout, les buts des uns et des autres, c’est assez lent, il n’y a pas vraiment d’enquête mais pourtant on arrête quelqu'un. J’ai largement préféré Le charme discret de la bourgeoisie qui était encore plus virulent contre la bourgeoisie (même si ici, on ne peu pas vraiment dire qu’elle soi mise en valeur).
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

160 abonnés 2 374 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 février 2008
UNE FEMME DE MENAGE. Un Bunuel c'est comme un tableau au Louvre.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2025
Le fimm est une peinture sans fard du monde bourgeois et des domestiques, mais aussi des organisations humaines dans leur ensemble. Dans une campagne sans eclats, tout le monde en a pour Jeanne Moreau, belle domestique qui fait tourner les tetes de ces messieurs. Le sexe féminin est la source des désirs et convoitises. Jeanne Moreau est tres a l'aise au milieu de tout ca sachant jouer a sa guise des demandes pressantes. Elle est froide et sensuelle, manipulatrice et généreuse. Les seconds rôles dont aussi tres bons, tel Michel Piccoli qui n'avait pas son pareil pour donner de l'humanité a des hommes sans qualités. Le film s'amuse de ces situations mais est surtout tres dur avec le genre humain. Pas de héros ici, et ce n'est surtout pas la guerre ,proche, qui va en donner dans une société rempli de haine.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mars 2026
Le journal d'une femme de chambre, le roman reste déjà un chef d'oeuvre. La belle lettre d'Octave Mirbeau, un style de litérature qui vient tout droit de Jean-Jacques Rousseau. Cette adaptation est réalisée par un autre grand réalisateur, Luis Bunuel, un réalisateur espagnol qui fait une partie de sa carrière à Paris. Un film en noir et blanc sorti en 1964. Jeanne Moreau joue cette fameuse femme de chambre qui s'installe dans une famille de nobles. Elle découvre cette vie de labeur à l'intérieur d'une famille aisée et bourgeoise. Le monde vue par le trou de la serrure. Un roman social. Le roman sort en 1900, mais l'histoire là se déroule en 1920, et tournée en 1963. Concernant le nationalisme exprimé dans le film, ce n'est pas le même en 1900 qu'en 1920. Vue que la grande guerre a passé par là. Mais bon. Le film tient un bon file et un bon rythme.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2021
Si Jean Renoir en 1946 était resté fidèle à l’esprit du roman d’Octave Mirbeau en respectant la lutte des classes et son inévitable droit de cuissage, battu en brèche par le choix de Célestine, il n’en est rien dans cette nouvelle version. En décalant l’action du roman dans les années trente, Jean-Claude Carrière et Luis Buñuel (première d’une fructueuse collaboration), se livrent à une attaque en règle des bases du nazisme qui allait s’étendre en Europe. Ainsi, le coupable du viol et du meurtre de la petite Claire est ici clairement désigné, contrairement au livre. Il s’agit d’une brute, antisémite et militant actif de l’extrême droite (très convaincant Georges Géret). Au passage également, les militants défilent au cri de "Vive Chiappe", sinistre et fascisant directeur de la police, qui fit interdire L'ÂGE D'OR en 1930. Mais surtout c’est avant tout un règlement de compte avec la bourgeoisie décadente. A l’abri d’un patriarche fétichiste et pervers, la frigide et avare Madame Monteil humilie à plaisir son mari (Michel Piccoli), veule et violeur d’une petite servante qui sera ainsi élevée au rang de bonne. Le tout avec la complicité d’une église bienveillante en la personne d’un prête aussi lâche qu’hypocrite (Jean-Claude Carrière) qui donne des conseils à Madame quant à des caresses sexuelles palliatives pour son mari. Dieu et le sexe. Bourgeoisie dégénérée et église coupable. Au milieu de tout cela Célestine, ange vengeur qui se donne au palefrenier pour fabriquer une preuve menant à son arrestation (dans le livre elle l’épouse et se dit prête à le suivre " jusqu'au crime" - les derniers mots du roman). Mais en vain, la justice, complice de l’extrême droite, le relâchant. Jeanne Moreau offre une performance exceptionnelle, qui impressionna Luis Buñuel lui-même. Elle campe une femme douce mais volontaire, sexy et sur d’elle, intelligente et dominatrice comme le prouve l’ascendant qu’elle a sur les hommes, y compris sur son mari qu’elle dominera complètement dans une ascension sociale inattendue. En bénéficiant aussi d’une qualité photographique au plus près des intentions du réalisateur, malgré une trahison certaine du roman en rendant secondaire son aspect social au profit de règlements de comptes chers au cinéaste, cette actrice hors pair, apporte une dimension incroyable et séduisante à son personnage. Elle permet d’élever cette adaptation au niveau d’un grand film.
Marc Taton (Belgique)
Marc Taton (Belgique)

42 abonnés 1 030 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2026
À la fois une satire sociale mordante et un drame psychologique fascinant, “Le Journal d’une femme de chambre” de Luis Buñuel est une véritable petite pépite. Jeanne Moreau y livre une performance magistrale dans le rôle d’une femme de chambre à la fois froide, lucide et habilement manipulatrice. Elle utilise son charme tantôt comme une arme, tantôt comme un bouclier.

Le film dresse un tableau sans concessions de la bourgeoisie, qui en prend pour son grade. L’ambiance y est pesante et sèche, renforçant la tension qui règne tout au long de l’histoire. Les relations entre les différents personnages sont marquées par des rapports de force, une domination sociale évidente et une manipulation incessante. Ce film se révèle être un portrait sombre et réaliste de la nature humaine, invitant à la réflexion sur les dynamiques de pouvoir qui nous entourent. Un incontournable à découvrir ou redécouvrir ! 8/10
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