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Un visiteur
4,0
Publiée le 30 janvier 2008
Revu cette vieille Bunuellerie. C’est toujours aussi bien. Dignement démodé. Jeanne Moreau est parfaite comme toujours quoique dans un emploi bien étrange pour elle.
Luis Bunuel a regroupé dans le même lieu le contenu le plus significatif du roman d'Octave Mirbeau. Il a élagué, nécessairement, mais modifié aussi, notamment le dénouement. On imagine bien, qu'au-delà des rapports entre maitres et domesticité, le visage obscène et grotesque de la bourgeoisie que peint Mirbeau rejoint l'oeuvre et les préoccupations de Bunuel. Le metteur en scène reprend à son compte, avec plus d'ironie que de véhémence, le cynisme social et la perversité sexuelle de ceux qui incarnent une classe dirigeante pas aussi convenable qu'elle voudrait l'être. Pourtant, indépendamment des incidents croustillants que produit le sujet, le lecteur de Mirbeau, bien qu'admirateur de Bunuel, regrettera peut-être de ne pas retrouver dans le film la complexité morale et psychologique de Célestine la femme de chambre, ni la noirceur et le dégoût de l'écrivain relativement à une société où maitres et serviteurs partagent la même indignité. Bunuel s'approprie le roman et épargne la fonction domestique, comme sa condition d'ailleurs, et montre des bourgeois plus amusants que sinistres dans leurs turpitudes et leurs travers. Aussi, sans aller jusqu'à parler de trahison, c'est une lecture plutôt convenue et sage que propose Bunuel, rendue inévitable sans doute par l'abandon du "je" dans la narration cinématographique.
Un film d'une mise en scène très bonne (certains cadrages sont magnifiques tout comme la photographie) servis par des acteurs exceptionnels. L'histoire est une critique assez cinglante de la bourgeoisie (mais aussi de l'église et de l'extrême droite) et des travers humains. Je trouve dommage que l'ensemble perde en intensité une fois le point de basculement du film passé. Du coup le générique nous laisse sur notre faim.
Une peinture au vitriol d’un certain milieu, la vieille bourgeoisie provinciale et son entourage, à une époque bien trouble, l’entre-deux guerres. C’est une panoplie de mesquineries, d’ignominies et de perversions, où la cupidité et les frustrations (en premier lieu sexuelles) guident les comportements. Tout cela dans un contexte imprégné de racisme, d’antisémitisme, de haine et d’intolérance. Le film est prenant et puissant, mais limité quand même par le caractère unidimensionnel de la plupart des personnages, et le manque de nuances psychologiques. Seule Célestine, la femme de chambre par laquelle nous découvrons ce monde malsain, présente une ambivalence assez mystérieuse. Venant après deux chefs d’œuvre du cinéaste, ce film n’offre que quelques touches du génie de Buñuel, comme le plan sur les escargots ou celui de la dernière scène, qui fait ressentir l’accélération de l’Histoire vers l’horreur.
Surtout pour Piccoli, extraordinaire! Et aussi pour Ivernel , et Georges Gueret (le garde chasse)Le film contient quelques très belles séquences (l'assassinat de la fillette..). Il n'a pas trop vieilli, et paraît même meilleur qu'au temps de sa sortie.
Un des meilleur Bunuel, techniquement c'est parfait. Un film d'une extrème violence dans l'ambiance feutrée de la bourgeoisie, sans doute le meilleur rôle de Jeanne Moreau.
Le journal d'une femme de chambre est un film à la réalisation très soignée de Buñuel. La critique de la bourgeoisie est un des thème favoris du réalisateur et fidèle a son habitude, il dépeint au vitriol une famille bourgeoise juive française sur fond de montée de l'extrême droite. L’héroïne Célestine entre au service de la famille Monteil constituée de Mme Monteil une femme puritaine frigide et psychorigide, de son mari sexuellement frustré, au désir bestial et du père Monteil, un vieux fétichiste des pieds (les pieds, toujours le pieds chez Buñuel). Buñuel reste maitre dans l'art du portrait et chaque personnage est décrit avec minutie, il nous expose ses pulsions, ses passions et ses haines. Jeanne Moreau, l’actrice principale est sublime dans ce rôle de femme de chambre évoluant dans ce monde nauséabond et hypocrite. Elle va faire tout son possible pour en montrer les travers et faire éclater la vérité sur un meurtre. La fin du film laisse un goût d'inachevé et un peu décevante surtout quand on sait ce dont est capable de faire Buñuel.
Le journal d’une femme de chambre met en scène un personnage très atypique et ambiguë, Célestine, campée par la sublime Jeanne Moreau. Quittant la capitale, elle accepte le poste de bonne et se met au service de la maîtresse de maison, hautaine et maniac.
Le film se met en place rapidement et dévoile au fur et à mesure la psychologie de tous les personnages jusqu’au voisin ancien soldat. La scène la plus mythique est la séquence où le patriarche de la famille fait marcher Célestine à travers la pièce, grandiose.
C’est le premier film en France de Luis Buñuel et le plus compréhensible. Après Renoir et Martov, c’est à Buñuel d’adapter le roman d’Octave Mirbeau et d’y apporter son art du récit et de la mise en scène.
Le Journal d’une femme de chambre, 1964, de Luis Bunuel, en collaboration avec Jean-Claude Carrière, d’après l’œuvre d’Octave Mirbeau, avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli. Satire sociale et politique, très descriptive, ironique aussi, d’une bourgeoisie provinciale (années 20- 30 ?) et de la montée des fascismes qui s’appuie sur un patriotisme aveuglant. Avec le recul du temps, on voit une belle mise en scène de très (trop ?) nombreux clichés (ou symboles ?), entre cette femme de chambre, belle, intelligente et lucide (féministe ?), les patrons stupides et veules, et le petit peuple inculte et mesquin, creuset idéal pour les idées d’extrême droite. Très pessimiste.
Dans une ambiance d'avant-guerre qui annonce la couleur des évènements à venir, Bunuel réalise un tableau subtil et passionant de la vie de personnes fortunées à la campagne. Sans clichés, la vie des domestiques et de la maison est fluide et rythmée, ponctuée de beaucoup d'humour et de cynisme. Célestine , merveilleusement incarnée par Jeanne Moreau, est un personnage singulier , imprévisible , et d'une intelligence défiant tous soupçons. Sans oublier un travail sur le son et les plans qui s'avèrent révélateurs d'évènements implicites, le Journal d'une femme de chambre de Bunuel contient tous les ingrédients d'un excelllent film à voir absolument !
Sur fond de montée des ligues fascistes, portrait d’une bourgeoisie décadente des années 30 remarquablement photographié et mis en scène, avec une Jeanne Moreau éblouissante dans son rôle ambigu
Dans ce film du maître Luis Bunuel, Jeanne Moreau tient le rôle titre. Elle incarne une femme de chambre venue de Paris et qui se retrouve en province, entourée de personnages ambigus et parfois inquiétants. Un bon film de genre.