Si le fait que cet enchevêtrement d'images n'est aucune cohérence scénaristique peut très fortement perturber au début, il faut reconnaître que le film devient très vite intéressant. En effet, l'oeil s'attache très facilement à cette suite d'images remarquablement bien réalisée qui peut être en plus légitimement considérée comme un brillant documentaire sur la vie des habitants d'Odessa à la fin des années 20. De plus, Dziga Vertov nous montre toutes les nombreuses possibilités du montage et on ne peut qu'être éblouï tant celles-ci sont nombreuses et variées. Avec ce film, Dziga Vertov peut être considéré comme un des pionniers du Septième Art.
Imaginez un écrivain face à une feuille blanche, mettant sur papier ce qui lui passe par la tête avec pour ambition de créer un nouveau langage, totalement affranchi des autres formes d'expression... C'est un peu ce qu'a tenté de faire dans le domaine du cinéma Dziga Vertov, talentueux Soviétique en marge des autres productions des années 20. Point de réalisme socialiste (une ou deux très brèves allusions à Lénine à la fin), juste une volonté de créer. Dès le début, les conditions sont posées par quelques intertitres définissant la démarche de Vertov : le film n'aura pas de scénario, pas de sens précis, sera "simplement" un essai avec pour seule bien qu'immense ambition de révolutionner l'invention des Frères Lumière. Le metteur en scène dépose sur pellicule tout ce qui lui tombe sous la main en donnant à ces éléments abstraits et indépendants une véritable dimension esthétique, multipliant les angles et points de vues différents et audacieux, électrisant un montage absolument remarquable, incluant sans cesse de nouvelles surimpressions et autres techniques peu utilisées à l'époque. Admirablement accompagné musicalement, "L'Homme à la Caméra" comprend d'innombrables séquences mémorables toujours disséquées par les spécialistes huit décennies plus tard. Néanmoins, comme la plupart des essais du même genre, il est en outre inégal, mettant par exemple vingt bonnes minutes à réellement démarrer (sur une grosse heure, c'est beaucoup !). Long et brillant crescendo concluant en apothéose, cette création originale aura eu le mérite de bousculer les idées reçues sur le cinéma, ayant ouvert des chemins nouveaux pour les générations à venir. On pourra sincèrement lui reprocher une certaine mégalomanie (ou naïveté au choix) dans sa démarche qui feraa en 2008 sourire les plus cyniques. N'empêche, elle était en 1928 totalement justifiée et a donc donné lieu à un long-métrage tout sauf innocent, refusant le consensus et les lois générales dictées par la masse. A découvrir.
Toute l'esthétique du cinéma russe soviétique est résumé dans ce film qui marquera l'histoire du cinéma. "L'homme à la caméra" est un film expérimental sans scénario, un film purement formel. Vertov expérimente tout ce qu'il peut avec sa caméra pour se démarquer du cinéma muet habituel. Décadrage, accéléré, ralenti, arrêt sur image, démultiplication, montage épileptique, surimpression, association d'images, Vertov s'essaye à tout en mettant sa caméra aux endroits les plus improbables (parfois en prenant beaucoup de risques). Mais le résultat est là, une esthétique nouvelle est née, qui va marquer à jamais le cinéma de l'est.
L'homme à la caméra ... tout un mythe, n'est-ce pas ? Réalisé sans l'aide d'acteurs, de scénarios, ni même de cartons de sous-titres, oui c'est bien, bravo Dziga Vertov. Cependant, la prochaine fois que quelqu'un se frottera à ce genre d'expérimentation, qu'il ne garde pas en fil directeur que l'idée de "la ville qui se réveille". Parce que oui, c'est original, oui, c'est pas bête, original tout ça tout ça ... mais bon dieu que c'est chiant !!! "Capter la vie", oui ok ... mais alors je m'étais pas rendu compte à quelle point la vie était inintéressante ! Cela dit, je laisse une étoile ... pour le style, et parce qu'il fallait bien que quelqu'un y passe. Et étonnement ... il est russe ! A croire que les muets russes ne me réussissent pas ...
«Tchelovek s Kinoapparatom» (URSS, 1928) fut réalisé par Dziga Vertov. Bien plus quun film, cest une véritable expérimentation. Sans scénario, sans acteur, sans trame narrative explicite, le film est le cauchemar des rationalistes et du spectateur moyen actuel à qui il faut une bonne histoire solide. Loin de toutes conventions narratives, le film dans une très noble quête expérimente sur le langage cinématographique. Oui Vertov a eu raison : pourquoi le cinéma serait-il laboutissant du théâtre ou de la littérature ? «Tchelovek s Kinoapparatom» se libère de ses chaînes, si bien quon est très vite perdu. Sans ligne de conduite, on nage au sein des images qui saccouplent pour nous livrer des émotions : de leffroi face au plan cru de laccouchement au bien-être face aux scènes de sports analysants la physique humaine jusquà la tension lors des scènes ultra-rapide. «Tchelovek s Kinopparatom» sapparente à luvre de Lynch en ça quelle prône la sensation de luvre plus que son appréciation. Afin dobtenir ses effets, Dziga Vertov met bien plus lenjeu sur le montage que sur la réalisation elle-même. Le film est davantage un film de monteur quun film de réalisateur. A propos de ce quillustre le film, sans analyser bêtement on note la présence majeure de la ville et les nombreux parallèles fait entre lhomme et la machine. Ceci sert dailleurs le propos communiste sous-jacent, propos soutenu lors dune séquence par lInternationale. En conclusion, inutile de continuer à critiquer ce chef-duvre, puisque rien ne vaut meilleur avis que de le voir en entier, lesprit se perdant dans les méandres des images. Pour immerger dans cet univers citadin, il faut se laisser bercer/secouer par les séquences dune extrême maîtrise ( maîtrise paradoxalement réussie grâce à limprobabilité de ce qui est filmé ). En bref, le chef duvre de Vertov est à elle seule le cinéma, le vrai.
Ne nous trompons pas de définition. Robert Bresson distingue le cinématographe du cinéma. Là est toute la nuance et sans vouloir me lancer dans une explication de texte ici, je voudrai simplement rappeler que pour que vous puissiez vous regalez devant je ne sais quel Tom Cruise sautant d'un helicoptere, il a fallu inventer et creer le cinematographe. Rendons seulement hommage aux artistes voulez-vous?
A l'époque, révolutionnaire. Depuis, 77 ans ont passé et... on a inventé le scénario. Je ne dis pas que ces images ne sont pas recherchées, elles sont juste inintéressantes au possible. S'il faut aimer ce "film" pour être cinéphile, alors soit, je ne suis pas cinéphile.
le film documentaire de création par excellence. On peut vraiment qualifier le cinéma de septième art quand on voit cette réalisation. Un film artistique donc, subjectif à souhait qui en parallèle nous fait apprécier la naissance d'un cinéma nouveau, celui de vertov, du ciné oeil, représenté par l'homme à la caméra, et la naissance d'une nation, l'union soviétique, modèle de vie, qui apparait à nos yeux comme alliance de force et de vitalité. ajouté à cela une maitrise technique incroyable, une musique magnifique et envoutante, et l'on peut sans conteste qualifier ce film de référence du genre documentaire (à noter que malgré le fait que vertov revendique l'absence d'acteurs, l'homme à la caméra est "interprété" par M.Kaufman, son frère)