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lara crid
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4,0
Publiée le 6 mai 2019
Un film juste, sensible et parfois cruel sur la radicalisation aux prises dans une intrigue familiale. Le film est brut, on aimerait parfois qu’il prenne une autre direction, qu’il se termine comme un happy end mais Téchiné n’est pas un romantique, c'est un réaliste, comme dans la vie dans ce qu’elle a de plus impitoyable mais parfois de plus lumineux, à travers notamment cette grand-mère qui donne tout pour son petit-fils - sans retour.
Un film juste, sensible et parfois cruel sur la radicalisation aux prises dans une intrigue familiale. Le film est brut, on aimerait parfois qu’il prenne une autre direction, qu’il se termine autrement mais Téchiné n’est pas un romantique, il fait dans le brut, comme dans la vie dans ce qu’elle a de plus impitoyable mais aussi de plus lumineux, à travers notamment cette grand-mère qui donne tout pour son petit-fils - sans retour.
le thème est malheureusement souvent traité et on n’a aucune surprise quant à l’endoctrinement et aux réactions familiales. par contre Catherine Deneuve est éblouissante dans ce rôle tant par son jeu que par sa prestance et sa présence. elle est magnifique en châtain et si peu maquillée.
Dernier Techiné surfant sur la vague des jeunes appelés à des envies incongrues, incomprises, inouïes !! Idée très intéressante, juste approchée.... On perçoit bien la détresse de Muriel (Catherine Deneuve) dans son rôle de grand-mère, démunie, tentant ce qu'elle peut. Un rôle sympathique amplifié par des prestations mitigées des jeunes ( Lila et Alex) qui ne m'ont pas convaincus - dommage - tandis que Fouad (Kamel Labroudi) appelé à la rescousse s'en sort très bien ! Film dramatique, qui offre à C Deneuve encore un rôle très bien assuré ; je l'ai trouvée bien meilleure ici que dans ces précédentes sorties (où j'ai été un peu radical ) !! **
André Téchiné est un excellent artisan. Ses films au fil des décennies n'ont jamais été construits sur de l'esbroufe, des artifices ou autres musiques pompeuses.
Auteur sincère, il a surtout marqué médiatiquement les années 70 et 80. Depuis il suit son propre chemin. Sobre et efficace.
"L'Adieu à la nuit" se rapproche par sa thématique du long-métrage "Le ciel attendra" de Marie-Castille Mention-Schaar qui décortiquait les motivations des candidates féminines au djihadisme.
Ici on suit surtout un jeune homme (Kacey Mottet-Klein imbibé du rôle) et sa grand-mère, Catherine Deneuve, impérissable, qui nous montre ici l'étendue de son talent après quelques rôles plus insignifiants.
La construction narrative et sa tension dramatique sont parfaitement maîtrisées. Elles sont surtout ancrées dans le réel, sans artifice. Téchiné préfère les symboles. Il a vraiment sa patte, son style et du métier. Moins émotionnel que "Le ciel attendra", car tout en retenue, mais néanmoins vrai et juste, le film n'en déroule pas moins la mécanique implacable à l'oeuvre dans la tête des apprentis terroristes et des extrémistes qui les encadrent.
J'ai aimé ce film . Mettre en avant ce que nous connaissons du djihadisme était inutile, nous en savons déjà tellement hélas. Le réalisateur a pris le parti de nous montrer une femme qui par amour pour son petit-fils, est capable de tout faire pour l'arrêter dans son chemin vers la folie. Il nous montre les sentiments de chacun lorsque les chemins se séparent et la violence qui peut aller avec. J'ai aimé l'opposition entre cette violence et le calme de ce centre équestre. Belle réalisation. Magnifique et juste interprétation de Catherine Deneuve.
Beaucoup de justesse dans ce film sensible et toujours d'actualité. Pour cette nouvelle collaboration avec André Téchiné, je trouve que Catherine Deneuve est parfaite en grand-mère effrayée par le chemin que prend son petit-fils et qui essaye de le retenir coûte que coûte. Kacey Mottet-Klein confirme son talent : la détermination qui dévore son personnage se lit à travers tous ses faits et gestes, toutes ses attitudes corporelles et à travers chacun de ses regards ; je le trouve très à la hauteur de son rôle. Quant à Oulaya Amamra, j'ai apprécié de la retrouver dans un rôle grave, dans lequel elle parvient finement à incarner son personnage trouble et aux deux visages. La fin est émouvante et ouverte. A noter, la présence remarquée et touchante de Kamel Labroudi et celle de Jacques Nolot, déjà vu chez Téchiné.
C'est une longue et belle histoire qui a commencé avec le magnifique Hôtel des Amériques. André Téchiné trouvait dans ce film l'interprète à laquelle il serait le plus fidèle dorénavant, Catherine Deneuve, réunie avec un Patrick Dewaere exceptionnel. Son actrice préférée est de nouveau de l'aventure de L'adieu à la nuit, aujourd'hui dans le rôle d'une grand-mère et peu de comédiennes auraient pu réaliser une performance aussi sobre qu'émouvante. Bien entendu, le film tourne autour de la radicalisation d'une certaine jeunesse mais le but de Téchiné n'est pas tant d'expliquer les racines du mal, il n'a pas l'âme d'un documentariste ni d'un moraliste, mais d'explorer une fois encore les relations humaines, et en particulier familiales, avec toute la sensibilité que l'on reconnait à l'auteur de Souvenir d'en France. Téchiné, malgré le poids des ans, reste absolument maître d'un scénario (écrit avec Léa Mysius, la réalisatrice d'Ava) qui privilégie les rapports entre une femme âgée et son petit-fils (excellent Kacey Mottet Klein). Les meilleurs scènes sont celles qui "opposent" les deux personnages principaux tandis que celles où le jeune homme se retrouve parmi ses amis exaltés paraissent nettement moins assurées voire parfois maladroites. Le sujet est dramatique et dans l'air du temps mais Téchiné ne cherche pas à le creuser plus avant (d'autres films l'ont fait avant lui) puisque ce qui l'intéresse depuis toujours c'est le romanesque de nos vies y compris dans les moments de crise et de violence sourde. Forcément, certains seront peut-être frustrés de ce parti-pris intimiste qui a pourtant le mérite de s'éloigner de tout cliché et qui se concentre sur l'humain en privilégiant l'élégie de printemps contre les pulsions de mort.
Comme dans chaque film de Téchiné, on retrouve la présence de la nature et des saisons. Les paysages ne sont pas des tableaux ni un décor, ils collent à la vie, ils sont la vie. Les chevaux sont témoins des souffrances humaines, ils regardent sans comprendre. Quand Alex candidat au djihad est enfermé dans l'écurie, ils font écho à la violence du jeune homme et leurs hennissements accompagnent ses ruées sur la grille fermée. Pourtant, pourquoi la magie Téchiné s'est-elle à mon avis estompée? Peut-être par souci de comprendre et d'expliquer par des scènes très scénarisées l'embrigadement et le poison des prêches. Ces scènes démonstratives alourdissent inutilement le film. Peut-être aussi le "héros" en quête d'absolu, Alex, n'est-il pas interprété comme il le faudrait. Il me semble fade et ectoplasmique, sans intensité, sans présence. Le lien d'amour qui le lie à sa grand mère n'est pas assez sensible, pas assez incarné. Autant le jeune repenti est-il crédible et profond, autant Alex est inexistant. Voilà pourquoi je n'ai pas été ému par ce film alors que chaque Téchiné est pour moi une des pierres blanches du cinéma que j'aime.
Vu cette semaine. Sur j'y emmène mes neveux ce week-end... Une Deneuve poignante qui se débat dans l'impuissance de la fracture générationelle et de la pieuvre de la radicalisation. En creux un portrait de femme comme on les aime chez Deneuve. Téchiné de haut de ses 80 années sait prendre corps avec son époque. Je recommande vivement !
L’histoire de jeunes gens qui rejoignent l’islamisme radical a déjà été abordée plusieurs fois au cinéma. Le film d’André Téchiné ne laisse pas pour autant une impression de déjà-vu car il sait s’approprier ce sujet pour lui donner une empreinte nouvelle. Le cinéaste compose son récit dans un environnement qui lui est familier, celui du sud-ouest, il convoque une actrice (Catherine Deneuve) avec qui il a tourné de nombreux films, et se focalise sur des thèmes qu’il aime aborder : celui des jeunes gens qui se marginalisent, celui des liens familiaux qui se fragilisent, celui des regards qui vacillent. Rien n’est aussi simple qu’on croit lorsqu’il est question de quelqu’un qui se radicalise au point de vouloir rejoindre le Djihad en Syrie. Certes le plan d’ouverture du film, qui montre une éclipse de soleil, semble surligner le sens qu’il faut lui donner, un sens qui en contredit le titre d’ailleurs. Mais cette contradiction même montre qu’il ne faut pas trop se fier aux apparences. Alex ne semble pas être quelqu’un de particulièrement éprouvé par la vie, bien qu’ayant perdu sa mère, morte lors d’un accident de plongée sous-marine, et étant séparé de son père qui a refait sa vie aux Antilles. Le garçon cependant n’est pas livré à lui-même. Il peut s’appuyer sur les deux personnes qui l’aiment : sa grand-mère Muriel (Catherine Deneuve) et sa petite amie Lila (Oulaya Amamra). Cette dernière l’aime, sans aucun doute, mais c’est elle également qui a joué de son emprise sur lui non seulement pour le convertir à l’Islam mais pour lui faire rejoindre le rang des islamistes radicaux. Ce que Muriel découvre avec stupeur peu après la venue d’Alex au domaine qu’elle dirige avec l’aide de Youssef (Mohamed Djouhri). L’action du film se concentre presque entièrement sur les cinq jours du début du printemps. Cinq jours que le cinéaste relate un peu comme s’il s’agissait d’une enquête. Muriel, découvrant petit à petit le projet de son petit-fils qui, ayant besoin d’une grosse somme d’argent pour rejoindre la Syrie, l’a volée, entreprend tout ce qu’elle peut pour empêcher cette folie. Elle va jusqu’à enfermer le garçon, mais pour commettre ensuite l’erreur de confier la clé du lieu à un djihadiste repenti à qui elle a confié la mission de parlementer avec Alex (c’est, à mon avis, l’une des petites faiblesses scénaristiques du film que la facilité avec laquelle Muriel donne cette clé). En voyant le film, tout comme Muriel, on ne peut pas ne pas être étonné par la radicalisation d’Alex. Le réalisateur se garde de donner des réponses simplistes. L’influence de Lila et des discours des islamistes radicaux (eux-mêmes, à l’exemple de Bilal, l’un de ceux-ci, contredisant parfois leur propre prédication) suffit-elle à tout expliquer ? N’y a-t-il pas aussi, même en creux, comme une déception, voire un profond dégoût, de la société, telle qu’elle se manifeste aujourd’hui ? Le cinéaste, et c’est un des points forts du film, ne juge pas ses personnages. Il les filme comme ils sont et nous interroge tous sur nos propres comportements. Ce n’est pas tant le processus d’embrigadement d’Alex qui intéresse André Téchiné, c’est plutôt l’énigme qui demeure, même après qu’on ait cherché à donner des explications. De ce point de vue, Lila, la petite amie d’Alex, est peut-être encore plus opaque, plus mystérieuse que celui-ci. Sa tenue décontractée jure avec le niqab qu’elle revêt quand elle rejoint le groupe des radicaux. À elle seule, elle ressemble à un grand point d’interrogation qui ne trouve pas vraiment de réponse.
Je suis un inconditionnel de Kacey Mottet Klein...et une fois encore je n'ai pas été déçu. On sent sous la dureté du personnage une fragilité émouvante, des non dits, des peurs. Il émane de cet acteur une humanité touchante, film après film.
« Adieu à la nuit » sans être un mauvais Téchiné, n’arrive pas pour autant à aborder dans sa globalité cette question plus que sensible... En effet, tout l’enjeu de cette radicalisation extrêmement aboutie et déterminée, est ici très suggérée, plutôt que réellement traitée, montrée et expliquée dans sa motivation et son mécanisme... André Téchiné n’arrive pas vraiment à ouvrir de nouvelles perspectives sur ce phénomène inquiétant, si ce n’est par le seul biais de Catherine Deneuve assez juste, qui en tant que grand-mère est prête à tout pour empêcher son petit-fils de partir en Syrie rejoindre le Jihad. Et même si l’interprétation de Kevin Mottet Klein est aussi quelquefois troublante, on regrette un manque d’échanges profonds entre ce duo familial qui aurait pu amener à entrer bien plus dans le fonctionnement de ce jeune homme désemparé qui espère tout de sa vraie vie au-delà... Il y avait matière à essayer de nous proposer les clés pour comprendre cette démarche, même si on imagine très bien que les manques affectifs évidents d’Alex sont à la base de ce changement, mais justement le cinéaste s’en contente trop et ne fouille pas assez ce personnage, resté ainsi trop en surface, et laissé finalement presque trop à l’état de caricature. Cette relation grand-mère/petit-fils reste plus dans la description, plutôt que dans son vécu profond... C’est curieusement sa compagne Lila interprétée par Oulaya Amamra qui fait davantage percevoir une certaine exaltation et dont les sentiments sont mieux analysés. De fait, en plus de pas mal de longueurs inutiles et trop étudiées, il en résulte une histoire sans grandes émotions et particulièrement linéaire, dont ce découpage appuyé en journées est un peu scolaire. C’est un peu dommage, car on se sent que trop rarement vraiment ému ou bouleversé par ce jeune-homme, alors qu’on aurait tant aimé saisir son véritable ressenti ! Il n’en reste pas moins qu’il est extrêmement difficile de s’opposer à un changement aussi brutal de conviction, de croyance, et de vie même quand ce sont ses propres enfants qui en sont les acteurs, ce que le cinéaste a bien transmis ! Tout le problème du respect de la liberté est ici très compliqué, ainsi que tout jugement à l’emporte-pièce ! Un film sur un sujet très grave et préoccupant qui sans être inintéressant et de loin, aurait mérité largement une étude psychologique plus marquée afin d’avoir plus de portée, ainsi que de nourrir une réflexion sur le rôle et la responsabilité de notre société capitaliste plus basée sur le le profit et le matériel que sur l’humain, face à ces jeunes en perte totale de repères...
Superbe film sur la Radicalisation. A.Techiné retrouve sa muse C.Deneuve. Celle ci joue le rôle d'une grand mère qui veut absolument sauver son petit fils , qui prépare son départ pour le Djihad.
Film criant la vérité de l'actualité que nous vivons actuellement soulevant l'existence de ces réseaux de recrutement au djihad et magnifiquement interprété par tous les acteurs dans leur rôle. Un film qui doit nous faire réfléchir et être très vigilant parce qu'aucun de nos enfants est l'abri d'un départ que nous n'aurions pas anticipé vers une destination louche et non justifiée !