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Tumtumtree
202 abonnés
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5,0
Publiée le 2 janvier 2020
Le Lac aux oies sauvages n'est pas un n-ième polar chinois ; c'est bien plus une sorte d'À bout de souffle ou de Badlands de l'Empire du milieu. Comme ses illustres prédécesseurs, le cinéaste trouve prétexte d'une cavalcade pour conjointement explorer les coulisses de son pays et tenter toutes les expérimentations possibles de son art. La mise en scène est exceptionnelle. Folle d'inventivité et de liberté, comme l'était celle des pionniers de la Nouvelle vague. Une bagarre dans un sous-sol d'hôtel captée en plans serrées, une course poursuite nocturne dans un zoo sous le regard de bêtes sauvages, le délire fiévreux d'un blessé croyant voir s'animer des articles de journaux, une tête de chanteuse tournant sur elle-même dans un cirque : tout est possible dans ce film. Le scénario, tout autant libéré des conventions, se démarque aussi par son ampleur. Le récit commence sous un pont de chemin de fer en une scène ample de rencontre entre un fugitif et une prostituée. Il se poursuit en un flashback, bientôt suivi d'un second pour comprendre la trajectoire de chacun. Les multiples aventures du couple s'accélèrent, s'accélèrent pendant l'heure trente qui suit jusqu'à une scène d'anthologie où tout s'arrête net le temps de manger des pâtes dans un restaurant. Tout est poésie dans ce film où l'on pense autant à Godard, qu'à Welles (les miroirs du cirque), Tarantino (les gros plans sur les pâtes), Wong Kar Wai (la chambre 302), etc. Le regard sur la Chine porté ici est terrible de cynisme : les infrastructures sont en déliquescence, les mafias partout, la prostitution à l’œuvre, les flics sont ridicules, des mourants crèvent seuls dans leur lit, etc. Parmi les rares bémols qu'on peut formuler, citons les acteurs qui ne sont pas toujours au meilleur, et l'occasion ratée d'une superbe mort antonionienne que la scène des pâtes offrait sur un plateau... Mais bon, Jia Zhang Ke n'est vraiment plus seul à porter la voix de la Chine dans le cinéma mondial ; il est d'ailleurs largement en train de se faire dépasser par des cinéastes plus inventifs encore que lui.
Un polar haletant, violent et cru, à ranger aux côtés de l'excellent "Les éternels", sorti cette même année 2019. Il s'agit aussi du beau portrait d'une prostituée opportuniste, prête à tout pour échapper à sa condition.
une histoire de voleurs de motos qui tourne mal ... une plongée dans la Chine moins reluisante que celle dont on nous parle tous les jours à la télé ... cinématographiquement ... pas mal, des belles scènes d'autres un peu plus longues ... pas le film chinois de l'année, mais pas mal
Si vous êtes amateur des films asiatiques authentiques au rythme lent lent lent très lent et fort sombre, allez voir ce film... Attention : possible somnolence si vous n'êtes pas en pleine forme !
Resté sur le bas coté devant ce film froid comme ses personnages. Il ne suffit pas de réussir quelques grandes scènes, ou la violence sait surgir de manière inattendu, pour réussir un film. Les personnages sont poseurs, désincarnés, le mystère fait pschittt pour reprendre la formule d'un ancien président. Quelques scènes sauvent du néant un film dans lequel je ne suis jamais entré.
Des scènes de nuit incroyables. Le rythme peut dérouter un peu, mais si on se laisser emporter, le film devient génial, à la fois film de genre, critique sociétale, oeuvre très littéraire avec la rédemption de deux personnages qui se croisent. IL y a plein d'images qui restent ensuite en tête. spoiler: le coup du parapluie est vraiment jouissif visuellement .
un cinéma chinois étonnant sans morale meme si in fine cela finit mal pour chef de gang. une lumiere et un eclairage des bord du lac sur la barque digne d un clair obscur de murnau dans l aurore...les visages a la torche des habitants réveillés par la police sur un patio relève de la meme technique. une chasse à l homme a l américaine des film noir et blanc...tres peu de dialogue et une lenteur tend le scenario énigmatique merci pour ce film
Malheureusement j'ai pas réussi à rentrer dans l'univers du film, trop des longueurs pour un résultat moyen. Belles images et ambiance bien adapté au contenu du film.
Ou « à qui se fier ? » Sans doute pas la violence des « policiers » coréens, mais !!! Une superbe image entre pauvreté sinistre, obscurité et lumières ou néons de la ville, poursuites dangereuses; qui est qui ? Des personnages principaux, qui nous intéressent et qui sont complexes…. Rien ne ressemble davantage à une réunion des forces de police….que les réunions des bandes rivales, chargées de voler des motos pour organiser des rallyes de tous les dangers !!! Et puis, au bout de tant de violence, deux beaux personnages de femmes ! Une lueur d’espoir ?
Si j’ai eu parfois du mal à suivre l’histoire, l’image, le récit, sont conduits de main de maître….
Nul n’est besoin d’être un spécialiste du cinéma chinois pour plonger avec plaisir dans ce lac des oies sauvages. La version chinoise, soutenue par de très bons sous-titres en français vous y aide mais attention les eaux sont plutôt troubles par ici. On peut parler pour ce film de Diao Yinan de merveille de l’esthétisme sombre où ce dernier adjectif est présent au sens propre avec une superbe ambiance nocturne prédominante mais aussi figuré car les personnages sont tout à fait tragiques sans jamais être glauque. Dans ce registre Gwei Lun Mei incarne une baigneuse, vocable qui autour du lac signifiant qu’elle fait commerce de ses charmes sous le contrôle des caïds locaux. Les scènes de violences sont aussi abruptes que radicales et les corps à corps ensanglantés ne laisseront personne indifférent. Une chasse à l’homme sans merci, parfois un rien kitch, mais de très haute tenue cinématographique.
Pénible. Des scènes de violence et de motos interminables, une histoire ennuyeuse conduite avec une lenteur extrême . Seul moment de bonheur, le (seul) sourire de la dernière scène.
« Le lac aux oies sauvages » est le dernier film de Diao Yinan dont « Train de nuit » sorti en 2008 m’avait intéressé. C’est un polar riche en hémoglobine mais plein d’une certaine tendresse, qui se déroule dans le milieu du « Jianghu » (de la pègre) où une rivalité entre 2 clans adverses va conduire à un concours de vols de motos où par hasard un policier va être tué … et toute la police de rechercher Zhou Zenong qui va être approché par la mystérieuse Liu Aiai, « baigneuse » (prostituée) de son état au lac des cygnes – une zone de non-droit -. Se sachant traqué de toutes parts Zhou va partager avec elle un marché sans savoir réellement pour qu’il elle travaille. La première rencontre a lieu dans une petite gare de banlieue dans une atmosphère très glauque où la pluie est omniprésente et associée à la misère du petit peuple chinois avec ses tripots clandestins, ses cours du soir pour les apprentis voleurs, ses restaurants aux néons vieillissants et ses micro-ateliers avec ses logements pouilleux … Les 2 personnages sont traqués par une escouade de policiers en civil pour mieux se fondre avec le milieu et par le clan adverse qui essaie de récupérer la rançon de 300 000 Yuans (un peu moins de 39 000 €uros) promise par la police. Dans ce polar où la majorité des scènes se déroulent la nuit, ce jeu de cache-cache va devenir de plus en plus périlleux d’autant que chacun semble trahir l’autre, mais Diao Yinan nous maintient en haleine y compris jusqu’à la scène finale qui est plutôt inattendue mais conforme à certains codes de l’honneur. La lumière est finement travaillée avec des jeux d’ombres réussis, une scène dans un zoo où les yeux des animaux brillent sous la lune, une scène dans un vieux parc avec des miroirs déformants, une scène de danse avec des chaussures lumineuses … L’interprétation des 2 personnages principaux est d’une grande finesse. Un polar parfaitement bien mené mais pourtant revenu bredouille de Cannes !