Tiens, un film français qui n'est pas une histoire de coucherie et dont le scénario a été bien écrit ! On doutera jusqu'au bout si la fille au bracelet est innocente ou coupable. Suspense continu qui donne au film sa tension permanente. C'est que le problème n'est pas là, dans la culpabilité possible. L'accusée est presque mutique, sa parole rare au point de la mettre en danger. Pas par timidité. Elle veut s'appartenir et ne reconnaît à personne le droit de l'interroger sur sa vie et et ses actes, de lui demander des comptes. Qu'ils soient policiers, magistrats, jurés ou parents. Elle veut être libre et en paie le prix avec détermination, sans cris, sans révolte. Peu à peu, elle domine tous ces inquisiteurs importuns et en triomphe sans éclats mais complètement. Un film sur la liberté revendiquée contre la norme et la loi. Interprétation parfaite, avec une mention particulière pour l'héroïne de qui émane une force intérieure impressionnante qui transparaît mais sans besoin de s'étaler. Le type de film fort, très réussi, mais qui ne peut pas être un succès commercial. La mise en scène se veut quasi documentaire, avec le parti pris de s'arrêter aux apparences extérieures et de laisser le spectateur faire avec.
Le scénario est correct. Mais un simple épisode d'une série américaine, telle que New York Police judiciaire par exemple, écrase ce pseudo film qui n'est qu'un téléfilm de série B. Je suis bien déçu.
Ce film de procès m'a agacé par son manque d'ambition : des scènes de procès terne sans enjeu dramatique, un contexte psychologique d'une adolescente qui ne dit rien d'une adolescente de notre génération, et un procès non conclusif. On est très loin de polar de films de procès, ou d'enquête à la David Fisher.
Après La dernière vie de Simon, voici de nouveau un très bon film français sur les écrans, avec les mêmes qualités : subtil, équilibré, inventif.
La fille au bracelet est un film de procès. Dans ce genre qu'on voit régulièrement sur nos écrans (L'hermine, Une intime conviction) il se distingue par sa ligne claire qui sert une ambiguïté profonde. Il ne s'agit pas ici de mettre en scène des coups de théâtre (même si la progression dramatique est très bien dosée), mais plutôt de montrer comment la longue durée de l'instruction influe sur le comportement des uns et des autres.
Indirectement le réalisateur Stéphane Demoustier parvient à aborder de nombreux thèmes, tous passionnants : le rapport entre générations, les raisons qui nous amènent à croire quelqu'un coupable ou non, la manière dont les jeunes gèrent leur sexualité, la manière différente qu'ont les parents de réagir à un tel drame.
L'interprétation est très haut de gamme avec les tout juste césarisés, Roschdy Zem et Anaïs Demoustier, mais aussi une Chiara Mastroianni méconnaissable, la jeune actrice Melissa Guers qui parvient parfaitement à nous troubler par son comportement, et Pascal-Pierre Gasbarini, qui joue à la perfection un juge précis et attentionné.
Ce film m'a parlé car je me suis senti concerné par cette situation, ayant déjà effectué le port du bracelet pendant un certain, pour une autre raison je tiens à le préciser. Tout est assez réaliste dans l'ensemble, même si on reste sur la même longueur d'onde tout le long, on ne s'ennuie pas. Les acteurs sont vraiment très bons et c'est ici la force du long métrage du frère d’Anaïs Demoustier, qui joue également dedans. J'ai trouvé un peu dommage qu'il n'y ait quasiment pas de bande originale car cela aurait apporté un vrai plus. Je trouve aussi navrant que l'on tourne autour du pot pendant une heure et demie sans explorer d'autres éléments. La fin est intéressante car malgré un verdict (que je vous laisserai découvrir), on ne sait pas vraiment le fin mot de l'histoire et ça, j'aime. Après, j'ai trouvé que "La fille au bracelet" manquait de caractère même si ce n'est pas raté. J'aurai apprécié de voir des petits trucs en plus pour pouvoir dire que c'est une vraie réussite. Les critiques sont dithyrambiques et cela doit être logique. Je suis assez sévère en général et c'est ce qui me démarque de beaucoup de monde je pense. Chacun son truc mais je vous recommande d'aller le voir pour vous faire votre propre avis. A vous de voir. 11/20.
Un presque huis clos. Pesant. Très réel. L'absence d'émotions visibles chez l'accusée me gêne encore. Une photographie des mœurs actuels de nos ados et du détachement qu'entraîne la vie sur internet. Parents dépassés. Acteurs excellents.
Excellent film qui fait l’analyse du comportement d’une famille alors que son enfant est accusé du meurtre de sa « meilleure » amie. A noter, déception dans le choix d’Anaïs Demoustier pour le rôle de l’avocat général ; ce rôle ne lui convient pas du tout, de mon point de vue. On est balloté entre l’accusation et la défense, le tout dans une tension extrême, mais en réalité peu importe que la jeune Lise soit condamnée ou acquittée, l’intérêt se porte, semble-t-il, sur le comportement de la famille, complètement dépassée par cet évènement dramatique. spoiler: Pour preuve, même la chute, qui nous donne un dernier indice, laisse la porte ouverte aux deux versions, encore faut-il à ce moment-là se souvenir du début du film . 4 étoiles.
Un réalisme virtuose servi par de remarquables interprètes. L'évolution des paradigmes sociétaux au fil du temps est très finement rendue à l'aide d'une narration à la fois sobre et intelligemment graduée, sans jugement moral. Les procès filmés ont souvent donné du bon cinéma (12 hommes en colère, La vérité...), c'est encore le cas ici avec une vraie belle pépite.
Je suis aller voir La fille au bracelet en pensant à un film de justice totalement cliché, plein de stéréotypes et de faux-semblants révélé a la dernière minute.
Il n'en est rien, la fille au bracelet est brillant, du début a la fin, le film nous pousse à juger Lise, à se mettre a la place d'un spectacteur du procès, nous laissant avec notre opinion spoiler: (et cela même après la fin ) , aucun indice n'est donné au spectateur pour deviner quoi que ce soit, il le laisse sur ses questions.
Plan et acteurs sont brillamment combinés pour apporter une histoire brillante.
Un excellent film en somme, qui laissera le spectateur sans voix.
Flora, seize ans, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle au lendemain d’une soirée entre amis. Tout accuse Lise Bataille (Melissa Guers), sa meilleure amie, qui est arrêtée le lendemain et placée en détention préventive. Deux ans après son procès s’ouvre. Si sa mère (Chiara Mastroianni) a pris de la distance pour se protéger, Lise peut compter sur l’appui indéfectible de son père (Roschdy Zem). Mais le procès commence mal tandis que l’avocate générale (Anaïs Demoustier) égrène implacablement les pièces à charge.
Lise est-elle oui ou non coupable du crime dont on l’accuse ? "La Fille au bracelet" est construit autour de cette question binaire et relève le pari de maintenir jusqu’à l’extrême fin l’incertitude. Chaque élément de l’enquête que l’accusation ou la défense invoque est magistralement retourné par la partie adverse pour empêcher d’en faire un élément décisif : si l’ADN de Lise a été retrouvé sous les ongles de Flora, c’est parce que les deux jeunes filles avaient dormi ensemble rétorque la défense, si une vidéo les montre ensemble hilares la veille du crime, cela ne démontre pas pour autant leur complicité répond l’accusation, etc.
S’agit-il pour autant d’un « film de procès » reposant tout entier sur l’élucidation d’un meurtre ? Pas tout à fait. "La Fille au bracelet" avance masqué. C’est moins un thriller judiciaire qu’une enquête de mœurs sur un mystère plus insondable encore que l’assassinat de Flora : la vie des adolescents aujourd’hui. Ce que la cour d’assises essaie de juger, ce que l’avocate générale tente d’incriminer, ce que les parents de Lise s’emploient à comprendre, c’est la jeune accusée, son mutisme, son impassibilité. Est-elle le masque de son insensibilité ? ou la marque de fabrique de cette Génération Z hyper-connectée qui couche sans aimer et aime sans coucher ?
Il n’y a pas de rebondissement renversant, pas de twist decoiffant comme les films de procès américains nous y ont habitués. Rien que le déroulement implacable d’une justice en train de se faire. Les dialogues sont trop écrits, les acteurs trop hiératiques. Est ce le signe d’une direction d’acteurs maladroite – qui sacrifie la malheureuse Anaïs Demoustier qu’on a rarement vue aussi mauvaise ? ou au contraire un parti pris assumé ?
Reste une hypothèse ouverte par le dernier plan. Ne lisez pas ce qui suit, cher lecteur qui n’avez pas encore vu ce film et n’aimerez pas être spoilé de cette ultime surprise. Une fois son acquittement prononcé et son bracelet ôté, Lise noue à sa cheville son collier de cou. Ce geste symbolique marque-t-il son souhait d’entretenir la mémoire de son amie disparue ? Ou signe-t-il le machiavélisme d’une meurtrière qui s’était murée dans le silence pendant son procès pour donner plus de poids à son ultime déclaration afin d’émouvoir le jury ?
Le cinéma français dans ce qu'il a de meilleur. Un film qui expose, qui étudie, qui décortique mais qui ne juge pas. Et c'est très fort pour un film qui présente un procès. Et un procès lourd, complexe, chargé de mystères et de non-dits. Celui d'une jeune fille banale, de son époque, mais qui a 18 ans est accusée du meurtre sordide à 16 ans de son amie. Le procès décortique une vie, sa vie, et cherche progressivement à trouver des failles ou des preuves pour prouver la culpabilité ou l'innocence de la demoiselle. Des séquences de vie familiale viennent accompagner les scènes au tribunal. Melissa Guers à un rôle très fort, une présence qui irradie chaque image, dans ses doutes et ses faiblesses, ses silences et ses regards, ses paroles et sa gestuelle. Rochdi Zem et Chiara Mastroiani sont très bien en parents aimants et sensibles qui "découvrent" la vraie vie de leur fille avec des comportements de jeu pour des actes de la vie auxquels les adultes apportent une gravité inutile et que les jeunes font avec innocence et plaisir. Ce film nous ouvre les yeux sur ce que beaucoup de personnes (et majoritairement les parents) n'osent pas (ne veulent pas) voir ou imaginer : dès l'adolescence, les jeunes existent pleinement par eux-mêmes mais avec leurs codes propres et des comportements décalés par rapport à ce que la majorité imagine. Il y a de l'amour-haine entre eux, des actes physiques dénués de sentiment sauf l'envie de le faire, des engueulades monstres sans conséquence... Qui n'a jamais pesté à mort contre quelqu'un sans jamais avoir eu l'intention de transformer les mots en actes ? Imaginez que l'on associe vos mots à des actes délictueux et qu'on vous accuse en conséquence... Comment réagissez-vous ? Ce film vous y confronte. Il ne vous donne pas de réponse, il vous laisse avec votre conscience. Alors, coupable de vivre ou innocente ? Anaïs Demoustier en accusatrice et Annie Bernard en avocate de la défense ont également une présence très forte. Une très belle réussite, du cinéma intelligent sans être indigent ou intellectuel. Je n'aimerais pas être juré dans un tel procès car il y a tellement de parts d'ombres et de doutes, d'ambiguïté et de possibilités. Merci pour cet excellent travail.
Au début c'était pas terrible, par la suite les péripéties se sont enchaînés et le film est devenu tout à coup bien meilleur il vallait bien au moins quatre étoiles. Le gros problème de ce film, c'est qu'au bout du compte on ne saura jamais qui a tué cette fameuse Flaura