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Thomas Roavina
27 abonnés
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5,0
Publiée le 3 décembre 2007
Miller's Crossing des frères Coen n'est pas leur film le plus reconnu et pourtant... Je crois que c'est un chef-d'oeuvre ! Classique film de gangsters dans la plus pure tradition, respectants les codes tels de bons élèves, les frères Coen nous livre en plus une vision tordu et drôle du gangstérisme de petite envergure grâce à des personnages hors du commun. Le suspense est simple mais rendue si tendue par les dérives de chaques personnages que l'on peut s'attendre au pire pour chacuns d'eux. On constate avec surprise et dégout que le protagoniste est aussi salaud que ceux qu'ils combats (ralient finalement), toutes personnes à une autre facette que Ethan & Joel prennent soins de montrer, le cynisme peut parfois atteindre les plus hauts degrés. Bien sur, on retiendra la trés grande scène de Turturro dans la forêt et bien d'autres répliques qui font mouches. Gabriel Byrne est à la fois James Cagney et Humphrey Bogart pour l'hommage tout en jouant sur son regard glacial et ténébreux qui en dit long sur ses manipulations. La sauce Coen est belle et bien là car ce n'est pas qu'un simple hommage mais la vision de deux tarés sur un genre qu'ils adorent. Tout les sujets du polar sont abordés dans la forme et dans le fond, la corruption, la trahison, la violence, les liens d'amitié, d'amour, la mort tout est revue en un seul film avec un brio admirable. Les Coen brothers nous avaient habitués à une image soignée, celle ci déroge pas à la règle surtout qu'elle entre parfaitement dans le cadre. Là où certains, pour signifier la violence des gangsters auraient misé sur un découpage clipesque, Joel & Ethan, sur de leurs cinéma livre un film stylisé, élégant et étrange. Miller's Crossing est la définition même de l'hommage (crie d'amour) personnalisé (tragiquement drôle).
Sans aucun doute un des meilleurs films des frères Coen. Comme toujours chez eux, la mise en scène est magistrale. La photo, la lumière, chaque cadrage, chaque détail à l'écran à été méticuleusement pensé. On voit aussi la maîtrise que les frangins ont des codes du film noir, auquel ils rendent un hommage sincère tout en offrant à dose homéopathique des éléments parodiques subtilement ajoutés qui ne forçent jamais le trait. Le scénario est constamment inventif et apportent régulièrement de nouveaux enjeux et rebondissements sans qu'il soit pour autant victime d'incohérences ou qu'il oublie de résoudre certaines questions. Les Coen mettent ainsi à plusieurs reprises leur héros dans des situations inextricables, si bien que le spectateur se demande comment il va réussir à s'en sortir. Très bon casting également, que se soient les têtes d'affiche ou les seconds rôles.
Miller’s Crossing fait incontestablement partie des meilleurs films de gangsters qui soient, mais il en est de loin le plus méconnu. Pas la peine de revenir sur l’éternelle marque de fabrique des Coen, elle est encore présente ici, avec une atmosphère et un humour très noirs mis au service d’un scénario infiniment complexe et passionnant. Et que dire de la mise en scène, qui insuffle un sentiment d’immersion total, et tellement prenante qu’elle rend la tension vraiment palpable (fantastique scène de la forêt avec Eddie le Danois). Un véritable coup de maître.
Le meilleur des fréres Coen (avec "The Big Lebowski peut-être), tout à la fois hommage et détournement (certains diront parodie) du grand film noir américain. Tout est non seulement inspiré (scénario, photographie, direction d'acteurs) mais les Coen maitrisent leur fantaisie habituelle pour ne pas tomber dans la simple compilation d'idées originales n'allant nulle part. Comme quoi, talent et discipline ne sont rien l'un sans l'autre.
Une histoire bien tenue mais un peu trop complexe - on se perd dans les personnages et leurs relations mais c'est surement fait exprès aussi pour montrer leur promiscuité (surtout pourquoi tuer le barman et le détective, c'est finalement alambiqué et pas si clair). Mais on passe facilement outre à se laisser porter par ce qu'on comprend même si l'histoire avec eddie le danois semble peu crédible.
Les personnages principaux sont excellemment dessinés dans leur caractère et l'ambiance générale dans lequel évolue ce milieu est une prouesse d'épure et de finesse conjuguée.
C'est incroyable comme Miller's Crossing m'a fait penser au second Parrain. Tout d'abord car le héros n'accorde sa confiance à aucun de ses collaborateurs ( ce film traite largement de la relation de confiance et de peur, deux facteurs essentiels pour pouvoir survivre dans ce genre d'univers ), et aussi car il est tourmenté par tout les choix qu'il fait. Miller's Crossing aurait pu être un autre film de gangster classique, une oeuvre de plus dans la filmographie des Cohen, mais en y incorporant quelques finesses, il devient rapidement plus distingué que les autres. Tout d'abord il y a cette touche d'humour ( noir ou pas ) qui caractérise si bien l'empreinte de Joel, ces relations ambiguës entre chaque personnages, et une violence omniprésente. La scène de fusillade au domicile de Leo illustre parfaitement les notions citées : la scène est sanglante, mais elle démontre aussi l'aptitude et la clairvoyance des personnages. Leo aurait très bien pu se faire plomber dans son pieu, mais au final la débrouillardise qu'on lui attribue permet de ne pas se conformer aux règles précédemment installées par les films plus anciens. Pour le reste, ce film noir perd de temps en temps de son allure, la faute à des échanges parfois trop longs ou encore le manque d'ambiance : certes il y a des gros caïds, des sbires, etc. Mais je ne parvenais pas trop à distinguer la pègre Irlandaise de la pègre Italienne. Il faut dire aussi que le héros change de camp comme de chemise, mais bon, tout cela fait bien sûr parti de sa stratégie qui vise à faire s’entre tuer ces deux clans. Bon mais on aurait pu mieux faire.
Les freres Coen revisitent avec bonheur le film noir dans ce polar aussi brillant qu'enigmatique aux images splendides le tout sans manquer d'humour avec en plus une ambiance années 30 parfaitement restituée. gabriel Byrne obtient là son meilleur rôle en gangster manipulateur et opportuniste, on oubliera pas les tres bons seconds rôles à l'image d'albert Finney et de john turturro.
Il faut d'abord apprécier le travail des frères Coen en général, pour apprécier "Miller's crossing", par logique. Personnellement, je déteste cet humour noir alourdit par des symboliques laides, et ces ambiances dépressives qui remettent en cause l'être humain. Pourtant, il faut avouer que "Miller's crossing" est un beau film. A l'exception d'une symbolique toujours aussi peu claire (que représente le chapeau filmé en gros plan pendant plusieurs morceaux du film?) et d'un final surprenant au mauvais sens du terme (quel profit tire le personnage principal en refusant l'offre de Leo à la fin?), il y a une technique belle et épurée dans ce film ironique, subtilement cette fois, et surtout très drôle. Drôle, parfois effrayant car ménagant un suspens redoutable, esthétiquement très accompli et cohérent, et admirablement bien interprété par l'immense Gabriel Byrne. Albert Finney, lui, ne convainc qu'à moitié. Le reste du casting est irréprochable, avec une mention à Marcia Gay Harden et John Turturro. Mais pourtant, la musique originale n'est pas trop inspirée et est trop répétée, alourdissant un peu le grandiose du film. Dommage que l'émotion ne puisse y filtrer, même si le but était ailleurs, par exemple dans l'écriture de dialogues mordants et intelligents, ou dans la puissance de la satire du grand banditisme américain. Le rythme injecté y est proprement génial, dosant à merveille les scènes intimes et les fusillades homériques, les plans larges et les plans de visages, les travellings arrière/avant. Le grand jeu des contrastes photographiques sont eux aussi d'une nuance qui révèle un visuel complètement abouti. Donc on aime, ou pas, le travail psychologique des personnages écrits par les frères Coen, mais force est de reconnaître qu'ici, comme dans "The barber" et "The big lebowski", leurs seuls bons films, une bonne partie de la technique frise l'irréprochable. A voir.
Manque de rythme et d'action pour en faire un grand mais Miller's Crossing est un bon film des frères Cohen. Pas gai pour un sous, avec un personnage principal détestable (impossible de s'attacher à lui), ce film de mafieux est réussi pour son jeu d'acteur et son scénario complexe et très bien ficelé. Le récit en devient imprévisible, plus prenant et tendu malgré les dialogues qui auraient mérité d'être raccourcis. Un résultat bon mais pas de quoi s'extasier non plus...
Je dois avouer que c'est bien la première fois que j'ai du mal avec les Frères Coen ! J'ai eu du mal à rentrer dans le film, beaucoup de personnages avec des noms pas évident à retenir, une histoire un peu tirer par les cheveux et quelques longueurs ! Néanmoins certaines scènes (celle de la fusillade dans la maison est exceptionnelle) relèvent la barre ainsi que certains dialogues ! Avis mitigé donc !
Je dois dire que le film était prenant lorsque je l'ai vu, mais plus d'une semaine après je ne m'en souviens plus très bien ; c'est plutôt révélateur. Pourtant, malgré quelques va-et-vient, le scénario était intéressant : sa complexité n'empêchait pas une compréhension immédiate, parfois même une anticipation, quand le principe du film fut compris. Les deux points forts de Miller's Crossing sont la prestation de Gabriel Byrne et surtout l'extraordinaire musique de Carter Burwell qui signe un très beau thème.
Un bon film, mais un peu dure de rentrer dedans. L'anglais n'est pas évident à comprendre, ce qui m'a fait perdre sûrement une partie de la subtilité des dialogues et répliques finement écrites par les frères Cohens. Ça reste un bon film, bien joué, bien écrit, avec une assez belle photographie (pas exceptionnelle non plus). Des même frangins Américains j'ai préfèré Fargo, plus drôle et plus loufoque. Miller's crossing est un énième (bon) film de gangsters.
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1,5
Publiée le 14 février 2021
Miller's Crossing a été une grande déception. Je comprends qu'il est censé être discret mais il est tellement subtil qu'il en devient ridicule. Les 45 premières minutes sont assez déroutantes il y a beaucoup de points qui semblent détourner l'attention de l'intrigue principale. Le jeu des acteurs est décent mais le scénario est à la limite de l'irréalisme comique sans être ironique. En le regardant je ne savais pas si c'était censé être une comédie, un film de gangsters ou un drame. Parfois c'est les trois et ça ne se comprend pas du tout. La performance de Gabriel Byrne était décevante. Il avait l'air aussi ennuyé que moi en regardant ce film. Ce film est tout en style et sans substance. Une belle direction artistique une belle réalisation et même un bon jeu des acteurs. Mais il y a un scénario absurde, il y a un rythme atrocement lent, il y a un mauvais développement des personnages qui sont sans motivations et une intrigue étalée sur deux heures compliquée par des dialogues verbeux inutiles et des sous-intrigues distrayantes...
Un film de gagsters de haute volée, très prenant, moins que connu que la série des Parrains, mais de qualité égale. L'intensité de certaines scènes est à couper le souffle, tranchant avec la personnalité tranquille et plutôt nonchalante de Reagan, personnage principal interprété avec brio par Gabriel Byrne. Trahisons, complots et flinguages s'enchaînent pour le plus grand plaisir du spectateur. On reconnaît dans la mise en scène la patte de Joel Coen, notamment dans une scène finale de toute beauté. Remarquable.