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CH1218
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4,0
Publiée le 16 mai 2021
La filmographie des Coen est marquée par plusieurs relectures contemporaines et originales du film noir. Largement inspiré de l’œuvre de Dashiell Hammett, le complexe scénario de « Miller’s Crossing » vogue sur cette tendance. Même si j’ai eu un peu de peine à rentrer dedans, je me suis progressivement laissé happer par leur film qui a fini par me faire une forte impression. Emmenée par le trop rare Gabriel Byrne, la distribution est du même acabit, tout comme la photographie clair-obscur de Barry Sonnenfeld.
« Miller’s Crossing » sorti sur les écrans en 1990 est le troisième long métrage des frères Coen. Avec « The Big Lebowski », « Fargo », « Barton Fink », « The barber » et « Sang pour sang », il trône au sommet d’une filmographie désormais bien fournie (20 films en 37 ans). Comme ils en ont pris l’habitude, dès « Blood simple », les deux frères utilisent la technique invasive du Bernard-l’Hermite qui consiste à se doter de la coquille d’un autre crustacé pour protéger son ventre mou, non s’en avoir au préalable dévoré son occupant. Dévorant eux-mêmes livres et films depuis leur enfance, Ethan et Joel n’ont que l’embarras du choix pour trouver leurs « victimes ». Très amoureux de la littérature « hard-boiled » incarnée par Dashiell Hammett et Raymond Chandler ainsi que des films de la Warner des années 1930 qui en ont été tirés, ils décident après le succès d’« Arizona Junior » (1987) de nicher l’intrigue de leur prochain film au sein d’une grande ville sans nom, en pleine prohibition. « La clé de verre » et « La moisson rouge » de Dashiell Hammett ainsi que « Yojimbo » (1961) d’Ari Kurosawa nourrissent l’intrigue et la découpe des personnages. C’est bien sûr à travers leur esthétique novatrice et les arabesques qui nimbent cette guerre des gangs irlando-italienne impitoyable que les Coen impriment leur marque de fabrique. Une complexité de l’intrigue dont ils auront bien du mal à venir à bout, demandant à une production compréhensive de les libérer trois semaines pour aller se ressourcer, non pas à « Miller’s Crossing » ce coin de campagne où les gangsters du film vont effectuer les basses besognes, mais à New York. Ils profitent de cet intermède salvateur pour écrire d’un jet le scénario de « Barton Fink ». Il fallait en effet que les nœuds dramatiques de "Miller's Crossing" soient suffisamment serrés pour que le spectateur ne sache plus très bien à la fin si Tom Reagan, le personnage ambigu interprété par Gabriel Byrne, n’est qu’un opportuniste agissant au gré des événements et surtout de ses intérêts ou un génial manipulateur qui orchestre toute une série de trahisons pour sortir son chef de la nasse dans laquelle son retour d’âge l’a enfermé. Hésitant à éliminer un petit truand peu fiable (John Turturro) qu’il protège car il est le frère de la jeune femme qui lui a fait tourner la tête et chavirer le cœur (Marcia Gay Harden), Leo O’Bannion (Albert Finney) entre en guerre avec Johnny Caspar (Jon Polito) son rival italien dont il a de plus en plus de mal à contenir les ambitions territoriales. La solitude du pouvoir, l’angoisse qu’elle génère, les convoitises qu’elle suscite, la violence qu’elle déclenche, les trahisons qu’elle exige, tels sont les thèmes évoqués par Ethan et Joel Coen qui livrent avec « Miller’s Crossing » un exercice de style brillant souvent vertigineux, même s’il finit par enfermer un peu trop les personnages dans des comportements virant aux stéréotypes. Quelques scènes sont époustouflantes comme celle qu’Ethan Coen nomme le « Thompson Jitterburg », simple accolade entre le nom de la célèbre mitraillette-camembert et celui qui désigne un danseur de swing. Une scène dantesque où Albert Finney, allongé calmement sur son lit, devinant grâce à la fumée de cigare qui passe à travers les lattes du plancher de sa chambre que deux tueurs viennent l’exécuter, écrase tranquillement son propre cigare pour aussitôt se jeter lestement sous son lit et descendre un premier tueur avant de cribler le second d’une rafale sans fin qui donne l’impression que sa cible est en train d’effectuer un pas de danse saccadé. Les acteurs sont tous parfaitement choisis même si certains forcent un peu le trait comme John Turturro ou Jon Polito. On saluera particulièrement la performance d’un Albert Finney épaissi qui remplaçant Trey Wilson, ex-Nathan Arizona dans « Arizona Junior » mort d’une hémorragie cérébrale peu avant le tournage, apporte toute son humanité à ce caïd vieillissant qui refuse d’abdiquer sur ses principes et de surcroît affaibli par un amour qu’il devine impossible. Gabriel Byrne quant à lui distille tout au long du film un charme trouble qui permet à son personnage de quitter l’écran en emportant son mystère avec lui. Mais tout ceci ne serait pas aussi jouissif sans la partition sublime de Carter Burwell, mélange subtile entre jazz et folklore irlandais lancinant et bien sûr sans la photographie de Barry Sonnenfeld qui avant de devenir réalisateur travaille une dernière fois avec les Coen. Beaucoup affirment que « Miller’s Crossing » est le film le plus achevé des deux frères. Difficile de leur donner tort.
C'est un film noir au sens noble du terme: n'est-il d'ailleurs pas inspiré de D. Hammett? On y retrouve G. Byrne, pas assez reconnu je pense, A. Finney aussi et le maintenant bien connu J? Turturro, pour ne citer que ces trois acteurs. Le scénario est bien écrit et nous ballade entre plusieurs personnages, tous des gangsters bien sur, et c'est parfois un peu étriqué, disons qu'on s'y perd un peu. Les personnages ne sont pas présentés. On est tout de suite plongé dans les discussions et dialogues entre les différents intervenants. La plupart des scènes sont des scènes d'intérieurs, et il y a peu d'action en fait mais c'est quand même noir, violent parfois. Un bon film avec son empreinte bien à lui.
Plus je vois de films des frères Coen, plus j'apprécie leur travail ciselé, résultat de leur qualités complémentaires (Ethan le littéraire, Joel le visionnaire visuel comme les décrit F. Macdorman!). Film de genre par excellence, il peut regarder en face les Incorruptibles et (presque) Le parrain. La photographie en ambiance sombre, la reconstitution des décors, le choix des acteurs sont au service d'un scénario machiavélique. A revoir absolument en grand écran, pour admirer le chapeau de Gabriel Byrne roulant par terre, et la cime des arbres en contre-plongée. Au final, chacun des protagonistes est un être éminemment solitaire dont les frères Coen savent illustrer les forces et les faiblesses. Du cinéma d'auteur jamais complaisant avec la violence inhérente aux gangsters de la période de la prohibition. TV vo -avril 21
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1,5
Publiée le 14 février 2021
Miller's Crossing a été une grande déception. Je comprends qu'il est censé être discret mais il est tellement subtil qu'il en devient ridicule. Les 45 premières minutes sont assez déroutantes il y a beaucoup de points qui semblent détourner l'attention de l'intrigue principale. Le jeu des acteurs est décent mais le scénario est à la limite de l'irréalisme comique sans être ironique. En le regardant je ne savais pas si c'était censé être une comédie, un film de gangsters ou un drame. Parfois c'est les trois et ça ne se comprend pas du tout. La performance de Gabriel Byrne était décevante. Il avait l'air aussi ennuyé que moi en regardant ce film. Ce film est tout en style et sans substance. Une belle direction artistique une belle réalisation et même un bon jeu des acteurs. Mais il y a un scénario absurde, il y a un rythme atrocement lent, il y a un mauvais développement des personnages qui sont sans motivations et une intrigue étalée sur deux heures compliquée par des dialogues verbeux inutiles et des sous-intrigues distrayantes...
Voir un film des frères Coen c'est l'assurance de prendre une leçon de cinéma en pleine poire. Seulement troisième long métrage des frangins et déjà une grande maturité dans la mise en scène. On retient plus cette qualité que le scénario qui, lui, reste basique pour un film de gangsters. Cette banalité de l'intrigue est contrebalancée par l'extraordinaire réalisation et le casting. Très bon film.
Je ne suis pas un inconditionne des frères Cohen mais je dois avouer que "Miller's crossing" est un grand film de gangster. Plus que la lutte entre rivaux italiens et irlandais c'est une vraie série noire à l'ancienne que les frangins nous ont mijotés. Gabriel Byrne est juste impeccable dans ron rôle d'animal à sang froid, maitre manipulateur d'une ville transformée en baril de poudre ou il tisse petit à petit sa toile, et John Polito en mafieux italien psychopathe livre des moments jubilatoires avec des réparties parfois pas très éloignées des tontons flingueurs. Un reproche sur la forme quand même...pourquoi cette musique digne d'un western facon téléfilm années 80 ???? Pour le reste c'est du très bon. 4 / 5
Un bon film des frères Coen, un de plus, qui se passe à l'époque des gangsters, et de la prohibition. L'époque est parfaitement reconstituée, que ce soit dans l'atmosphère, dans les costumes, les décors. L'intrigue commence assez simplement, puis se complexifie très vite, et disons qu'il faut bien s'accrocher pour tout suivre, car tout cela est assez machiavélique. Les dialogues sont également très bons, et on retrouve pas mal d'acteurs fétiches des frères Coen. Les inconditionnels ne seront pas déçus. A voir.
Les frères Cohen nous propose une belle immersion dans le milieu gangster des années 30 beaux décors ,ambiance parfaite costumes d'epoques... Très bien retranscris. Pour ce qui est du reste je ressort un peu déçu du scénario qui est très simple, un peu trop linéaire... Le piège se met un peu trop facilement en place sans grande surprise on sait un peu trop d'avance l'issue du film. Malgre tout les dialogues et les prestations des acteurs sont Très bonnes tout comme certaines scènes. Cependant au final je ne suisbpa totalement convaincu je trouve que les frères Cohen ont fait de bien meilleur opus. Mais miller's crossing est une bonne plongée dans un film de mafia crédible qui a aussi un peu vieillit mais qui vaut le détour.
Un film de gangsters dans les années 30. Un scénario un peu alambiqué mais somme toute assez classique. Mais voilà, les frères Coen ont le petit plus d'absurde et d'humour noir qui fait que, ce qui aurait pu être un petit film parvient à devenir presque exceptionnel. L'atmosphère y est particulière et les acteurs maitrise leur rôle.
Ce n'est pas le style des frères Coen (en même temps c'est l'un de leurs premier films), mais il est quand même l'un des meilleurs films de leur filmographie. Un film à voir.
On s'immerge volontiers dans l'univers gangster des frères Cohen, sans forcément être émerveillé de joie à la fin du film. Tout de même une jolie facette de cette époque maintenant si lointaine de la notre.