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Peter Franckson
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4,0
Publiée le 17 avril 2026
Malgré sa longueur (2h27), le film se laisse voir sans regarder sa montre. C’est bien sûr un film politique et historique sur la guerre civile espagnole (juillet 1936-mars 1939) à travers Higinio (Antonio de la Torre, 51 ans, excellent comme toujours) obligé de fuir puis de se cacher, à la suite de l’arrivée, en 1936, de phalangistes dans son village d’Andalousie, pour arrêter et/ou tuer des Républicains. Pendant 33 ans, jusqu’en 1969 (date de l’amnistie pour les 30 ans de la guerre civile), longue période qui est jalonnée par le débarquement américain du 6 juin 1944 en Normandie, la capitulation nazie le 8 mai 1945, la venue du président américain Eisenhower à Madrid en décembre 1959, il s’est terré d’abord chez lui spoiler: (sous un escalier, derrière des jarres ) puis chez son père (spoiler: derrière un buffet où s’appuie une cloison cachant une « tranchée », d’où le titre original ). On y sent les humiliations, les rancœurs et les haines nées de la guerre et de la délation, même par un voisin, reposant sur des informations pas toujours vérifiées, d’où le sentiment de peur qui imprégna Higinio tout au long de ses années de captivité forcée. Cela rappelle « Compañeros » (2019) d’Alvaro Brechner, où 3 opposants (dont l’un est interprété par Antonio de la Torre) de gauche, sont emprisonnés, dans des conditions inhumaines, pendant 12 ans, par la junte militaire en Uruguay en 1973 C’est aussi une histoire de pulsions de vie et de mort, qui traversent un couple, Higinio, fraichement marié à Rosa (Belén Cuesta, 35 ans), dont l’amour leur permet d’affronter la guerre, la traque, l’isolement et le secret. spoiler: Bien sûr, le temps (33 ans), la venue d’un enfant, l’obligation du secret, vont fissurer cet amour.
Une vie secrète est un joli film espagnol qui filme le quotidien d'un républicain, anti-franquiste, qui se retrouve captif dans sa maison pendant trois décennies, après avoir été capturé par les partisans franquistes puis s'être enfui. Seule sa femme, puis son fils, qui va naître durant sa captivité, sont au courant. Il échappera plusieurs fois à une possible arrestation. Tout le monde connait tout le monde dans ce petit village et même vingt ans plus tard on essaiera toujours de le dénoncer ou de savoir où il se cache. Le film est sombre, et on se sent enfermé, un peu comme le prisonnier, la maison est filmée en plans très serrés et on ne sait pas vraiment quelle taille elle fait ou combien il y a de pièces véritablement. C'est un très joli rôle pour Antonio de la Torre mais aussi pour Belen Cuesta.
Beaucoup trop long!! Par contre je ne connaissais pas cette période de l'histoire espagnole, sous Franco. Mais je pense qu'un bon documentaire aurait été plus approprié qu'un film!!
On suit l'histoire d'Higinio et sa réclusion pendant environ 33 ans, depuis la guerre civile (1936-1939), l'avènement de Franco et le début de la réconciliation dans les années 70. Alberto de la Torre est une fois de plus éblouissant et porte le film du début à la fin.
Inspiré de l’histoire vraie surréaliste d’une taupe sous Franco, un récit romanesque sur les ravages de l’enfermement, avec des scènes intenses, mais également des sacrés longueurs. 3,25
Les taupes : voilà le surnom que l'on donnait aux partisans républicains obligés de se cacher chez eux pendant la période franquiste. Ce film est un huis clos oppressant où Higinio (Antonio de la Torre) se terre chez lui dans une pièce aménagée et, où toute sa famille doit continuer à masquer ce secret (femme et enfant). Antonio de la Torre est monstrueux dans ce rôle où l'on peut le voir vieillir et dépérir. Après, c'est vrai que le rythme du film est lent, pas aidé par sa durée, mais sans en dévoiler trop, on ne peut s'empêcher de se mettre à la place du personnage que l'on a envie de secouer devant cette vie d'enfermement. Belén Cuesta en femme courage est magnifique également. Une oeuvre austère mais passionnante.
Loué en VOD car j'ai tardé à aller le voir au cinéma et du coup je me suis faite avoir par le confinement.
Andalousie - 1936 - Higinio, membre du conseil municipal de sa petite ville, républicain, est désigné comme le dénonciateur du frère d'un franquiste avéré du coin, frère exécuté. En 1936, quand les troupes franquistes s'imposent dans le village, le frère de l'exécuté le dénonce à son tour. Higinio échappe aux franquistes et au châtiment de la mort...en se cachant dans sa propre maison. D'abord dans un trou, creusé derrière une marche sur laquelle sont posées les jarres d'huile puis entre un mur et un faux mur de la maison de son père. Higinio est marié à Rosa, qui soutient son mari sans faille. Pendant 33 ans Higinio se retrouve en prison dans sa maison, emprisonne sa femme dans le mensonge puis son fils Jaime.
Une vie secrète raconte un épisode peu connu en France de celles et ceux qu'on nomme les topos, les taupes, en Espagne, ces personnes qui se sont cachés chez eux ou chez un proche sans pouvoir sortir sous peine d'être arrêtés et certainement exécutés. Le film montre le calvaire de l'enferment chez soi, les sacrifices de Higinio mais aussi de son épouse Rosa. Les risques et dangers encourus sans compter l'impossibilité pour Higinio d'exercer son rôle de mari et de père. Avec subtilité et intelligence, les 3 réalisateurs déroulent 33 ans de captivité, montrant les différentes époques et les effets de l'âge sur les personnages. Ils montrent aussi l’accommodement qu'on peut atteindre au mensonge, à l'enfermement. Et puis cet amour conjugal entre Rosa et Higinio malgré les horribles coups bas, les bassesses de la répression du régime franquiste et de ses sbires. Et puis il y a des questions plus délicates soulevées : le réel degré d'engagement d'Higinio, la dénonciation d'Higinio (2 questions soulevées par le fils), la persécution du régime mais aussi du frère de l'exécuté dénoncé par Higinio qui au bout de 30 ans ne lâche pas son désir de vengeance entretenu par un régime viriliste, violent et oppressant, la place de la femme dans l'Espagne franquiste notamment celles qui ne vivaient pas selon les conventions sociales etc...
Certains ont trouvé le film long, 2h27 oui peut-être mais cette longueur illustre la longueur du temps qui s'écoule enfermé entre 4 murs, dans un trou puis un cagibi.
Très bon film, interprétation impeccable, une mise en scène tout en clair obscur, étouffante faisant ressentir cet enfermement, des définitions données comme des têtes de chapitres etc...
C’est un long combat, douloureux par le secret qu’il exige, exigeant pour ses contraintes et l’abnégation de celui qui le mène. Aussi n’est-il pas vain à l’égard des sacrifices endurés pendant toutes ces années ? Au début de la guerre civile espagnole, en 1936, des résistants républicains se terrent au cœur de leur propre foyer. A l’image du héros de ce récit historique, Higinio, reclus quelques mois pense-t-il, auprès de son épouse qui n’a pas voulu fuir. Dix ans après, toujours prisonnier dans sa propre maison, l’homme espère que la victoire des alliés sera la défaite de Franco. Il n’en est rien et Higinio prolonge son enfermement auprès de son épouse, veuve exemplaire le jour, et messagère sur le monde qui désormais tourne sans eux. C’est l'aventure d’un homme prisonnier de lui-même que nous livre l’Histoire de cette Espagne peu à peu réhabilitée aux yeux de ses voisins. Le cinéaste la reprend dans le grave et l’intensité d’une dramaturgie éloquente pour dire leur combat vain et souterrain. On les appellera « les taupes ». L’interprétation pleine de maîtrise et de vérité d’Antonio de la Torre, accompagne le jeu tout aussi magistral de Belén Cuesta. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Le film montre un sujet peu connu de la guerre civile. C'est bien joué mais la profondeur psychologique fait défaut. Les scènes sont attendues et ne réservent pas de surprise. Au fond ce n'est sans un honnête film de télévision fait par la télévision espagnole. On passe à côté d'une étude plus fouillée sur l'actrice engage un moment pour n'y plus revenir. Cest en dessous de mon attente et ca me déçoit encore une fois.
Il est certainement assez difficile de scénariser ce type de sujet qui s’étale sur 33 années dans un film à la longueur nécessairement limitée, même si ici ça va jusqu’à 2 heures et 27 minutes. Ça fait beaucoup pour le spectateur lambda avec le risque de l’ennui, passé la première scène d’action extérieure. Conséquence d’un quasi huis-clos, « vie secrète » oblige. Avec des images à l’écran en rapport qui quitteront assez peu la pénombre. Au-delà de la longueur, du peu d’action et faute de développements sur le contexte extérieur, on ne pourra pas trop non plus se raccrocher à l’Histoire tourmentée de l’Espagne. L’évocation de quelques événements tels que le Débarquement allié, la fin de la Seconde guerre mondiale, l’entrée de l’Espagne à l’O.N.U. (malgré ce que Franco fait - sic -), l’arrivée de la télévision, l’évolution des mœurs… viendront seulement permettre de situer un peu le temps qui passe sans guère permettre une analyse. Aux spectateurs d’ici, c’est sans doute ce qui manquera le plus.
Un excellent film qui retrace la vie d'un homme que je suis pendant plus de 30 ans. Réaliser d'une manière virtuose on suit l'itinéraire de cet homme qui lui pour sa vie.
Un tres beau film traitant d'une periode sombre de l Histoire espagnole durant la periode franquiste. On passe par toutes les emotions . Le jeu des acteurs est tres juste j'ai passé un bon moment.
Le film entre dans le vif dès les premières minutes qui crée une immersion directe au plus près du danger et donc de la peur qui ne va plus jamais quitter Higinio. Ca tombe bien car la peur est le thème central du film. Mais la vraie force du récit réside dans toute sa dimension psychologique, où comment la peur viscérale d'un homme va l'enfoncer de plus en plus dans un enfermement sur soi sans même penser à réagir ou même à exister. À force de rester enfermer l'homme devient agoraphobe tandis qu'il voit son épouse vivre avec le monde extérieur, forcément, et surtout assumer le quotidien et assumer tous les mensonges qu'une telle vie cachée impose. Enfin, si Antonio de la Torre est impeccable on est surtout marqué par la performance de Berén Cuesta, magnifique en épouse aimante mais tout aussi prisonnière de sa condition et pourtant bien plus digne que son époux qui n'est finalement jamais courageux ce qui pose encore plus de questions quant à ses actes de 1936. À conseiller. Site : Selenie