Contaminations (titre français) est un film assez étrange. Sur le papier, c’est un film-dossier, à la Erin Brockovich, ce genre de choses, ou film de procès également, bref, un métrage assez procédurier basé sur une histoire vraie ancrée dans des problématiques actuelles. Mais le traitement est assez curieux, car ça ressemble limite plus à un film des frères Cohen, avec un ton caustique qui mêle sérieux et humour acidulé. Le résultat pourra séduire par ce ton original soutenu par des acteurs au top. Le duo Strathairn-Olmos (également réalisateur) fonctionne à merveille, on sent la complciité des deux acteurs. Martin Sheen est totalement à sa place en avocat teigneux mais vieillissant, Kate Bosworth est aussi charmante que roublarde, Pablo Schreiber impose un méchant typiquement américain et détestable à souhait ! Franchement, côté casting, c’est du lourd, et les personnages sont parfaitement ciselés, parfois à la limite de la caricature, mais c’est évidemment voulu et ça renforce le côté parfois volontiers décalé et légèrement comique du métrage.
Le scénario part sur un sujet d’actu écologique encore brûlant actuellement, et aborde pas mal de problématiques de sociétés. Sa force, le faire sans oublier le côté intimiste de ses personnages, la petite histoire, tout en distillant une approche étonamment nonchalante ! C’est le sentiment qui se degage du métrage, une tonalité nonchalante qui pourra paraître un peu fade parfois. Pas que le film ne soit pas riche en rebondissement, mais il y a un côté « tranquille », en particulier chez Olmos-Strathairn, qui ne donne jamais l’impression d’une dramaturgie trop poussé. De fait, même si le film est intéressant, il manque de puissance et de souffle dans sa manière de traiter son sujet.
Formellement idem, Olmos n’est pas un réalisateur d’enfer et ça se sent dans une mise en scène propre mais sans génie. Visuellement le film dégage le sentiment d’un métrage appliqué, manquant de moyens mais compensé par des idées intelligentes (notamment la manière de construire le récit). Il n’en reste pas moins que c’est plus le film d’un réalisateur occasionnel très attaché à son sujet que d’un réalisateur avec une vraie vision créative. Je dirais d’ailleurs que lorsqu’Olmos s’écarte de cette simplicité académique, c’est douteux (notamment des séquences en numérique assez moches et bizarres !).
En conclusion, un film à message plutôt très correct et agréable à suivre, en particulier grâce à son casting au top. Il porte un ensemble un peu lisse, un peu timide, en dépit du grain comique et satirique qui vient parfois relever d’un piquant bienvenu un ensemble qui manque de souffle. 3