Oh no no no, she's a rocket(wo)man, burning down his fuse up here alone... Seule, Fei Fei pense qu'elle l'est, après le décès de sa mère, et le jour où on lui présente une potentielle belle-mère, elle continue de s'enfoncer dans l'isolement en préférant s'envoler vers la Lune pour rapporter la preuve que la déesse légendaire que sa mère adorait existe (se raccrochant au passé pour fuir le présent). Le Voyage vers la Lune est un joli conte sur le deuil, sur le remariage des parents difficilement accepté par les enfants (pour qui tourner la page est synonyme de trahison) qui s'allie à une légende chinoise pour former une aventure palpitante sur la Lune. Fei Fei est un personnage attachant, dont on comprend son point de vue (sans la blâmer) sur la nouvelle mère (gentille, adieu clichés) qui arrive dans sa famille, et lorsqu'elle découvre ce petit hérisson vert fluo qui parle (beaucoup), le duo est assez drôle. Netflix a acheté un bon petit programme à mettre sans modération devant les yeux des plus jeunes, avec sa naïveté enfantine qui en fait aussi son charme (le voyage pour aller sur la Lune est évidemment hautement improbable, mais avec un regard d'enfant on s'en émerveille) et ses couleurs flashy du monde lunaire très esthétisé qui captent l'attention et nous empêchent de décrocher. D'après les informations communiquées sur le film, le design de la Lune aurait été inspiré par la pochette de l'album The Dark Side of the Moon des Pink Floyd (s'ils le disent, pourquoi pas). On aurait cependant aimé qu'il y ait plus de soin apporté au design lunaire, les couleurs sont peut-être le point fort de l'esthétique, les décors et personnages manquent d'ombre, de relief, de finitions, ce qui donne parfois une impression visuelle de dessin animé du matin (pas une grande production). De même que les chansons sont cohérentes au début du film (pour exprimer le malêtre de la jeune fille) mais nous soulent un peu quand il s'agit d'écouter des tubes fades de la diva (la déesse qui se la raconte en chanson ultra-pop-électro avec des couleurs brûlant les rétines, on s'en passerait bien). Les doublages sont bons (en VO anglais du moins) car il s'agit de comédiens américains d'origine chinoises et coréennes qui s'expriment avec un léger accent qui colle parfaitement à ces personnages chinois (pas de caricature, un accent respecté, on valide ce choix de casting haut la main). Le final nous a touché en plein cœur, avec de si beaux messages sur l'acceptation du deuil et l'envie d'aider l'autre à tourner la page (l'évolution du personnage
de la déesse
in extremis est la résolution parfaite pour inclure plus d'émotions que prévu). Si le visuel nous a parfois semblé un peu pauvre, le fond très riche rattrape l'ensemble et le final altruiste nous fait décoller le cœur, sans besoin de fusée. Elton John approves.