Format carré oppressant, noir et blanc brumeux et pluvieux, réalisation épousant les tourments de plus en plus avinés et hallucinés des personnages, acteurs sur les nerfs… L'exercice de style est intéressant, dans un registre fantastique qui remonte le temps, à la confluence littéraire des œuvres de Melville, Poe et Lovecraft. Il est notamment question d'une lanterne jalousement gardée, d'une sirène, de mouettes et d'âmes de marins défunts, dans un récit enténébré où la folie des hommes rejoint la furie des éléments naturels. C'est souvent impressionnant. Dommage que le scénario, à mi-chemin, devienne un peu répétitif. Il manque probablement une ou deux idées pour donner plus de profondeur ou d'ambiguïté au film, pour le faire accoucher d'une dimension qu'il esquisse. Bref, pour dépasser l'exercice de style, aussi réussi soit-il. L'amateur de films de genre ne boudera cependant pas son plaisir devant ce bel objet infernal.
Je suis sorti de la salle avec l'impression de ne pas avoir aimé le film....et puis 24h après des images reviennent, comme des flashs psychédéliques empoisonnés, ce film m'a ensorcelé. Rien d'étonnant puisque son réalisateur avait déjà si bien renouvelé le genre du film de sorcière avec son somptueux "The Witch". Cette fois Eggers nous entraine aux confins de la folie, où les citations de Melville rencontrent les créatures de Lovecraft filmées à la manière d'Eraserhead. Avec un sound design incroyable qui n'aurait pas déplu à Lynch . Parfois vaine et redondante cette œuvre diablement bien jouée et filmée marque durablement les esprits et inscrit définitivement son réalisateur comme l'un des nouveaux maîtres du cinéma de genre. Après la confirmation cette année de Flanagan (Doctor Sleep) et Aster (Midsommar) Eggers complète un trio qui n'a rien à envier aux Hooper, Craven et Carpenter de la grande époque.
La musique constamment martelée par le son particulier de la Corne de Brume appuie sans cesse ce sentiment presque mystique qui envahit l'île. La vraie réussite du film réside dans le fait qu'on ne sait franchement jamais si l'un des deux manipule l'autre et si il y a vraiment un secret ?! Ces questionnements légitimes n'ont jamais franchement de réponses, laissant le spectateur dans un flou inconfortable et malsain mais terriblement jubilatoire. La force des images fait le reste. La fin monte d'un cran mais perd le spectateur encore plus, on en comprend plus tout à fait ce qui se passe, et où a voulu nous mener Robert Eggers. En prime deux performances dantesques de deux acteurs au sommet. Impressionnant à tous les niveaux, Robert Eggers impose une nouvelle fois un univers singulier où la démence offre un nouveau visage. A voir. Site : Selenie
Un noir et blanc sublime pour un format carré qui rappelle les premiers films des frères Lumière. Les trouvailles esthétiques font de ce film une véritable œuvre d'art. Les acteurs sont magnétiques. Dommage que je me sois perdu dans cette histoire fantastique empreinte de lyrisme mythologique. Il semble y avoir notamment une évocation de Prométhée. Malheureusement, mon manque d'érudition dans le domaine ne m'a pas permis d'accéder à la compréhension de cette dimension...
L'histoire du film est très simple on assiste à deux gardiens de phare qui font des corvée, et au fur et à mesure du film on assiste à la folie, et aux hallucinations de ses personnages.
Déjà les acteurs sont excellents, on ne peux pas nier que Pattinson est un très bon acteur, et Dafoe est incroyable. L'idée de base du film est très bonne, et la réalisation et le format d'image nous entraîne, dans ce rocher, et qu'est ce que c'est magnifiquement bien filmé .
Un film, qui est très bons dans son ambiance, son atmosphère, et son image, mais malheureusement son côté épouvante aurait pu être plus pousser, et la fin me déçu.
: Après un premier film baigné d'une atmosphère dérangeante mais qui m'avait tout de même convaincu, « The Lighhouse » m'a moins interpellé. Certes, l'image est très belle et le rendu en noir et blanc donne un ton attrayant et ancien au film. Les acteurs Willem Dafoe et Robert Pattinson sont très bons. C'est une belle expérience visuelle. Mais l'histoire m'a laissé sur ma faim. Ces gardiens de phare partent peu à peu en vrille et sombrent dans la folie, mais j'avais imaginé un autre genre de folie, une autre mise en scène. Celle-ci ne m'a pas mis dans une sensation de malaise comme je l'avais espéré, ni dans ce côté si hypnotique comme je l'avais lu. Beau dans la forme, moins bon dans le fond.
Je pense que tout à été dit dans les autres critiques. J'ai adoré le film et je me suis vraiment éclaté. Le style, l'image, les acteurs, le scénario ... Tout m'a plus ! Cependant je ne mets pas la note maximale parce que j'ai trouvé une partie du dernier tiers un peu confus même si l'idée est là.
Un exercice de style seduisant mais à force de mobiliser les références, de Lynch au Limier en passant par le pire Béla Tarr, le réalisateur en oublie l'originalité et l'émotion. Il se complaît dans le glauque gratuit et une non-direction de deux acteurs en roues libres.
Deux gardiens de phare que tout oppose, un vieux loup de mer (Willem Dafoe) et un jeune novice (Robert Pattinson), sont confinés dans une île déserte, isolés du continent par la tempête.
Le résumé du film est court. Le film hélas est long. De quoi est-il question dans "The Lighthouse" ? Du lent processus qui conduit un homme à la folie. Il est interprété par Robert Pattinson qu'on n'attendait pas ici. Il joue le rôle d'un jeune homme dont c'est la première mission pour le compte de l'administration américaine des phares. Précédemment, il travaillait au Canada dans l'industrie du bois. Il est placé sous l'autorité d'un gardien-chef tyrannique, flatulent et alcoolique. L'isolement, la dureté des tâches que son aîné sadique lui impose et la tempête, auront bientôt raison de sa raison.
La folie et comment on y glisse est un sujet qui a souvent été traité au cinéma. Les plus grands s'y sont frottés : Truffaut avec "L'Histoire d'Adèle H.", Polanski avec "Répulsion", Cronenberg avec "Spider" ou "Le Festin nu", Aronofsky avec "Black Swan". Je le trouve pourtant d'une grande pauvreté. Au début du film, le héros ou l'héroïne manifeste quelques signes de folie, qui s'aggravent progressivement avant de le submerger totalement. Point. Aucun suspense, aucune bifurcation possible si ce n'est l'inexorable spirale du processus psychotique.
Du coup, c'est moins le sujet qui retient l'attention dans "The Lighthouse" que son traitement. Il suffit de jeter un oeil à la bande-annonce pour s'en convaincre : ce film-là est différent du tout-venant. Tourné en noir et blanc, au format 1.19/1 presque carré - qui enserre les personnages dans un cadre étouffant - The Lighthouse a le grain et le son des films des années cinquante. Flirtant avec le fantastique, il fait penser aux délires surréalistes et oniriques d'un Wojciech Has (Le Manuscrit trouvé à Saragosse, La Clepsydre) ou d'un Alexei Guerman (Il est difficile d'être un dieu). Ses dialogues très travaillés ont la même densité que les tirades de Shakespeare. Pour les écrire, le réalisateur Dave Eggers et son frère Max, co-scénariste du film, se sont plongés dans l'oeuvre de Melville et de Stevenson.
Reparti avec le prix Fipresci à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et avec le prix du jury au Festival de Deauville, "The Lighthouse" n’a pas été mieux résumé que par son réalisateur lui-même : « Rien de bon ne peut arriver quand deux hommes sont isolés dans un phallus géant. »
Exercice de nihilisme pour les nuls. Ce film est triste et sinistre. Le scénariste soit se prendre pour Shakespeare ou Pasolini, mais il est dans le simple exercice de style.
Grand fan de The Witch sorti 3 ans plus tôt, j’attendais avec impatience de découvrir le nouveau film de Robert Eggers, The Lighthouse. L’attente se faisait de plus en plus longue quand j’ai appris que le film serait porté par un duo d’acteur plutôt intéressant: Willem Dafoe qui a chacun de ses films est impressionant et Robert Pattinson qui prouve de films en films son talent d’interprétation, ainsi que son envie de s’émanciper de l’image qu’on lui donnait. Enfin, le choix artistique de ne tourner qu’en 35mm et en noir et blanc paraît plutôt audacieux pour un film d’horreur dont le genre est très codifié.
Alors évidemment il y a de grosses qualités, comme on pouvait s’y attendre les acteurs sont très convaincants et la mise en scène est soignée, assumée et aboutie. Maintenant je ne peux pas nier que dans l’ensemble le film ne m’a pas emballé plus que ça, comme l’impression qu’en voulant esthétiser à son maximum chacuns de ses plans et de manière plus génerale son oeuvre, Robert Eggers oublie un peu de légitimer son scénario, de le rendre crédible, il laisse volontairement une ambiguité abstraite planée mais personnellement ce choix m’a perdu et a mis de la distance entre moi et le film, à l’instar de Midsommar cette même année qui m’a fait le même effet.
Une belle proposition, audacieuse mais imparfaite (parfois répétitive), The Lighthouse ne marquera pas malheureusement pas mon année ciné 2019.
Image en noir et blanc, format carré. Voilà qui signe déjà le film d’auteur pour se distinguer. Si ça permet d’obtenir des prix et des nominations dans les festivals, pourquoi se gêner ? Épouvante ? Horreur ? Je n’ai pourtant en rien frissonné. Et je dormirai bien cette nuit. Peut-être ai-je attrapé froid : car que d’eau, que d’eau ! Hallucinations et folie, les deux vont souvent ensemble. Il y a eu des maîtres pour ça. Mais ici, non, vraiment non, ce n’est pas ça !
Certes, la photo est splendide, certes les 2 acteurs sont sublimes, certes, on plonge, sans jeu de mots, dans un expressionnisme fort impressionnant, certes, il y a du Bunuel et du Man Ray, certes, seuls les gens trrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrès intelligents et trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès cultivés se doivent d'adoooooooooooorer ce film... Or, il se trouve que je ne suis pas bête, Etudes sup et références culturelles qui ne craignent personne mais ce film... ce film...Quelle horreur ! Quel mal-être !!! Voulu bien sûr par l'auteur et il réussit parfaitement , mais qui n'a pas envie de prendre une douche, de se laver les dents au karcher et de se blottir sous la couette en regardant Mary Poppins après la vision de ce film, n'est pas humain ! Beurk ! Et nous fûmes plusieurs à éprouver un sentiment palpable de saleté, de moisi, de chiottes et autres vomis et semences, à la sortie... Si vous voulez rendre tout votre 4 heures ou vous vider de vos repas de fêtes, courrez y , sinon, aimez vos enfants, vos chéri(e)s et évitez ce cauchemar de 2 heures... mais les masos vont aimer...
1 ciaobella · 0 critique Critique lue 0 fois Aucun vote pour le moment