À voir The Lighthouse, on se sent un peu comme ce malheureux personnage d'Orange Mécanique, les paupières agrafées sous des films d’une violence psychologique insoutenable. À la différence près qu'ici, ce n’est pas la violence qui est le pire, mais l’ennui abyssal et le dégoût qu’il nous procure
Ce film se veut un labyrinthe visuel en noir et blanc, ou se heurtent les crises existentielles de 2 personnages mal dégrossis. Il nous plonge dans une atmosphère glauque et suffocante, où chaque scène est une épreuve. Le voyage psychologique frôle souvent l’ennui mortel tant ce film prétentieux se rêve en chef-d'œuvre
La photographie, magnifiquement réalisée en N&B, loin d’apporter une réelle profondeur, semble plutôt servir de cache-misère à un film qui ne sait trop où il va, comme ses deux
(ou trois ?)
protagonistes d'ailleurs !
Les acteurs se démènent comme des forcenés. Willem Dafoe, joue à fond son rôle de vieux marin siphonné du bocal, déclamant des tirades de jurons à faire rougir Archibald Haddock en personne, tandis que Robert Pattinson, à contre-emploi, incarne un homme aussi raide et pale qu'un morceaux de bois flotté...
Dès le début le malaise s'installe et on se retrouve très vite forcés de regarder 2 hommes glissant vers un état d’extase alcoolisée et de folie crasse. Certains on beau crier au génie je n'y ai vu qu'une lente et inexorable descente aux enfers, crade, nauséabonde, insoutenable vers un delirium tremens partagé.
Les références vaguement lovecraftiennes sont là, mais se résument à quelques images de créatures mythologiques vaguement suggérées et d’un final abscons qui semble dire "regardez, comme c'est profond". Mais en réalité, le film semble plus un hommage involontaire à l'absurde qu’à un quelconque univers fantastique. Un duo
de mythomanes
dans une pièce sombre, c’est tout ce qu'on nous offre. Le tout, pendant près de 1h40 qui peuvent sembler interminables. Car comme la température en météorologie, l'ennui a une "mesure" et un "ressenti" !
qui
Entre les mouettes
borgnes
,
les sirènes hurlantes
,
des relents de "cargo de nuit"
et un final qui se veut
"prométhéen"
, ce (trop) long métrage pourrait bien se révéler, seul point vraiment positif, comme la meilleure campagne jamais tournée contre l'alcoolisme...