Une Affaire de famille
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348 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 780 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2026
Dans une maison exiguë de Tokyo, Kore-Eda donne à voir une petite communauté contraint à contraint de voler et à la promiscuité pour imaginer survivre. On s’y appelle papa, maman, grand-mère, sans que ces mots correspondent à une généalogie de parentalité. À partir de cette configuration, Une affaire de famille nous demande ce qui fait tenir un groupe d’êtres humains lorsque tout, autour d’eux, les désigne comme illégitimes.

Ici, la maison est saturé d’objets, de tissus, de portes coulissantes. Les cadres sont serrés, les corps souvent contraints de se frôler. Cette compression produit un sentiment de proximité. Les repas pris au sol, les bains partagés, les corps habillés à la hâte composent le quotidien de ce foyer loin d'être idéal. Osamu et Nobuyo jouent aux parents. Les surnoms, les règles implicites avant les vols, les attentions instituent une fiction performative. Le film suggère qu'à force de dire “papa”, on finit par produire un effet réel.

Très vite, le film accueille Yuri, enfant marquée par la maltraitance, dont sa présence redessine l’équilibre du groupe. Shota, son nouveau frère, devient le foyer d’une tension qui traverse les scènes du quotidien. Il perçoit que la petite fille n’a pas été initiée au vol et mesure l’écart qui les sépare dans cette économie clandestine. Il choisit alors de lui transmettre ce savoir avec bienveillance, en transformant l’apprentissage en geste de protection.

Peu à peu, ce lien infléchit sa manière d’habiter le groupe et de comprendre les règles implicites qui le structurent. Lorsqu’il se laisse attraper, son acte ne relève pas d’une simple maladresse mais d’une décision mûrie. Le saut du pont inscrit dans l’espace cette fracture et donne une forme visible à ce qui le traverse. Kore-eda filme cet instant avec retenue et laisse la situation produire son propre effet. Le corps de l’enfant suspendu dans l’air impose une image durable, sans même qu'il se trouve dans l'image et qu’un accompagnement musical vienne en orienter la lecture.

Ainsi, le vol mérite d’être regardé sans moralisme rapide. Les rayons standardisés, la lumière uniforme, les caméras de surveillance montrent que le capitalisme produit des espaces où certains ne peuvent entrer qu’en contournant la règle. Osamu apprend alors à Shota à habiter ses angles morts. Il lui transmet un savoir. Le geste est illégal mais il est surtout pédagogique.

L’irruption de l’État transforme la mise en scène. Les cadres se stabilisent, les plans deviennent plus frontaux. Les membres de la famille sont isolés dans des pièces distinctes. Le montage fragmente ce que les scènes précédentes rassemblaient. La violence est classificatoire. Elle redistribue les individus selon des catégories légales.

Puis dans tout ça, le doute s’installe. La grand-mère est-elle aimée ou exploitée ? Les enfants sont-ils protégés ou utilisés ? Kore-eda nous place face à la limpidité d'une évidence : une famille peut mentir, voler, survivre en marge, et malgré cela produire de l’amour.
Verobisson
Verobisson

21 abonnés 312 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2024
C’est l’histoire si touchante d’une drôle de famille subversive : une « Famille en or » comme sa Palme d’or à Cannes

Filmée dans l l'intime, elle se transforme peu à peu en drame émouvant, sans qu’on l’ait vu venir.
Kore-Eda, le cinéaste donne la priorité aux liens du cœur sur les liens du sang et à toutes petites touches, vient transgresser l’ordre moral traditionnel japonais.
Il confronte avec délicatesse le modèle familial classique ,face à la recherche du bien-être des enfants, dans la réalité des sentiments et de la pauvreté, (contre l’apparence et la richesse).
Ce chef d’œuvre aussi intimiste que puissant, constitue la synthèse artistique d'un cinéaste au sommet de son art : un pur bonheur..
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juin 2024
Voila une famille japonaise bien étrange montrée dans "Une affaire de famille", un peu celle de "Affreux, sales et méchants", mais en beaucoup plus sympathique quand même. Le film est beaucoup moins féroce que son ainé italien, il ne va pas particulièrement écorner la société japonaise, il va juste dépeindre une 'famille' qui ne respecte pas certaines normes morales élémentaires, mais qui développe beaucoup d'amour entre ses différents membres. Le film n'est donc pas banal tant les personnages sont hors normes, c'est son principal atout, mais il souffre d'une narration qui semble confuse tant que certains éléments de compréhension n'ont pas été révélés tardivement, il est également un peu trop lent et répétitif.
Zebrakelo
Zebrakelo

14 abonnés 404 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juin 2024
Bijou d’humanité, si riche, justement interprété par tous-tes, on s’attache à cette famille recomposée mais unie et aimante dans une pauvreté et injustice gratuite.
Le long-métrage mérite tellement la Palme, il est beau et doux aussi par sa tristesse et sa véracité.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2024
Le cinéma japonais nous réserve de temps à autre ce genre de bulle contemplative, construite sur les non-dits et les silences, qui noue un drame social avec ici une toile de fond assez curieuse. La démonstration a tendance à traîner un peu en longueur avant un brutal coup d'accélérateur en fin de parcours, interrogeant sur le sens à donner au mot "famille" et sa représentation traditionnelle. C'est une critique feutrée et assez lancinante, dont l'écriture aurait nécessité peut-être un peu plus de cynisme pour vraiment convaincre.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2024
Cette Palme d'or est un film original qui nous plonge dans la vie des petites gens de la grande ville de Tokyo.
Une famille vit à quatre, ou cinq dans une petite maison qui appartient à la mamie.
C'est petit, riquiqui et il y a à peine de quoi mettre les pieds.
On ne sait pas trop ce que le réalisateur essaie de nous raconter, bien sur les personnages sont atypiques, voleurs à l'étalage et vivant de petites combines, et une certaine forme de poésie se dégage de ce capharnaüm urbain, mais il faut attendre la seconde partie du film pour en savoir plus, qu'une certaine intrigue se dégage et que certaines réponses soient apportées aux questions qu'on pouvait se poser.
Coralie M
Coralie M

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mai 2024
Sublime représentation d’une famille japonaise pas ordinaire, qui n’est finalement qu’un assemblage de personnes abandonnées, de la famille traditionnelle et de la société. Le film nous montre un quotidien fait de bizarreries et de beaucoup de solidarité. Quand la mamie meurt, tout est bouleversé. Le petit garçon ne supporte plus ses journées, les vols, et cet oncle qui veut être son père. C’est tellement touchant d’amour, de drôlerie, de souffrance aussi. Cette vie organisée dans 20m 2… filmée avec une poésie et d’un réalisme désarçonnant.
MartineNParis
MartineNParis

2 abonnés 19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2024
Un film d’une grande poésie, tout en justesse, extrêmement sobre et délicat. spoiler: Une fin bouleversante de tristesse qui nous laisse une pointe d’amertume
. Un bijou.
jean-marie Mouveroux
jean-marie Mouveroux

87 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2024
Film original avec un vrai sujet. Personnages attachants. En milieu de film, l'intrique stagne un peu. On pardonne.
AdriBrody
AdriBrody

16 abonnés 774 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2024
Un film qui remet en question les liens familiaux et l'importance qu'on leur donne. Quelle famille a plus de sens entre celle par défaut, violente et factice ou bien une famille modelée, où l'on vit bien et heureux ? C'est le sujet d'Une affaire de famille, abordée avec finesse et subtilité au travers de personnages intéressants et bien écrits. Dans cette famille qui ne vit qu'avec de petits salaires et de vols dans les magasins, tout semble pourtant aller bien. Le bonheur dans cette famille de deux enfants et une grand-mère en plus des parents. Jusqu'à ce qu'ils ne recueillent une petite fille abandonnée dans la rue.
C'est bien réalisé et le message est abordé sans lourdeur, sans en faire trop.
sylvain b.
sylvain b.

2 abonnés 51 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 décembre 2023
AU delà de cette histoire attachante d'une famille marginale et hétéroclite qui adopte (ou kidnappe plutot) une fillette de bonne famille maltraitée, le réalisateur nous dépeint ce japon oublié des exclus invisibles, livrés à eux-mêmes et dont les combines et les arnaques sont le seul moyen de subsistance. Et pourtant, dans cette misère recluse, l'amour est là et les liens familiaux vont bien delà des liens du sang (thème déjà évoqué dans tel père, tel fils).
Du beau et du bon cinéma nippon.
JSCooper
JSCooper

9 abonnés 845 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 décembre 2023
Il ne se passe malheureusement pas grand chose dans ce film étrange mais somme toute assez classique.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 août 2023
Malgré toutes les bonnes critiques, je n'ai personnellement pas accroché à une affaire de famille. Il y a quelques scènes par ci par là qui montrent cette famille de manière assez touchante, et les 30 dernières minutes représentent très bien la complexité de ce genre de famille pauvre, dans lesquelles les parents ne savent pas comment éduquer leurs enfants. La thématique est passionnante et je n'oserai pas dire que le film est mauvais, mais j'avoue que j'ai trouvé qu'il se passait souvent pas grand chose et je n'ai pas du tout été absorbé par la première heure et demi du film, ce qui a évidemment réduit la puissance émotionnelle des 30 dernières minutes même si elles sont très réussies. Bref, c'est dommage mais je n'ai pas accroché.
Nicolas R
Nicolas R

9 abonnés 46 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 août 2023
Un film émouvant sur des égoïstes et des « ratés » qui ont du cœur. Plusieurs scènes m'ont paru justes et fortes spoiler: : la fausse mère qui s'étonne de voir une fille battue par ses parents si douce et si gentille et qui dit : « Normalement, elle aurait dû devenir comme nous », les deux câlins du film (à la fille et au client du peep show), le sermon du vendeur à l'enfant, les aveux respectifs du faux père et du fils, à la fin.
Olivier213
Olivier213

6 abonnés 79 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 juillet 2023
Immonde gaucherie récompensée par des gauchistes hypocrites au festival de Cannes et au César.
Apologie évidente du vol. La fin est un brouillon horrible alors qu'il y avait beaucoup à développer. spoiler: Image de fin ridicule avec la fille de nouveau sur le balcon. Sauf qu'on oublie de dire qu'elle retourne à l'école !!! Ça manque clairement de réalisme ou d'honnêteté.
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