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Eric Dugelay
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2,5
Publiée le 23 mai 2026
Dans Fortuna de Germinal Roaux, sorti en 2018, le message chrétien en filigrane dans Cosmos est, pour le coup, lourdement énoncé. Heureusement, il y a le jeu subtil de Kidist Siyum Beza, interprétant Fortuna, migrante illégale âgée de quatorze ans en provenance d’Afrique subsaharienne, tombée enceinte d’un autre migrant qui pourrait être son père. La pellicule en noir et blanc transforme les montagnes suisses en décor de carte postale du dix-neuvième siècle, celui où semblent s’être arrêtées les horloges du monastère hébergeant les migrants et, peut-être, celles de la Suisse entière.
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5,0
Publiée le 5 août 2020
Tourné dans un noir et blanc, austère et lent Fortuna rappelle au spectateur les premiers films de Robert Bresson. Fortuna une réfugié éthiopienne est hébergé avec d'autres personnes dans un monastère dans les montagnes. Des personnes de différentes religions : l'héroïne est une vraie croyante qui fait confiance à la Vierge Marie elle est enceinte d'un jeune musulman marié qui a déjà sa propre famille. Fortuna prie sans cesse pour le retour de ses parents et elle est obsédée par l'eau (après un long voyage par mer, elle s'enroule dans une terre nue couverte de neige et elle fait allusion au déluge biblique). Les moines eux-mêmes (dont l'un incarné par le très talentueux Bruno Ganz) ont leurs moments de doute : pouvons-nous accepter que la police viole notre lieu sacré ? Cette fille peut-elle avorter ? L'Eglise a-t-elle toujours raison ? Est-ce infaillible quand ils traitent du bien et du mal ? La fin est ouverte a toute interprétation bien que la dernière image nous donne un indice...
Un long-métrage qui, au delà de la superbe photographie en noir et blanc et de la beauté de son histoire, s'avère extrêmement difficile d'accès à cause d'un rythme excessivement lent. Malgré la puissance des thèmes abordés et des acteurs de talent avec l'excellent Bruno Ganz en tête, un ensemble auquel je suis resté malheureusement très extérieur. Une occasion ratée et une amère déception.
Dans un très beau noir et blanc, le réalisateur suisse aborde le thème très actuel des migrants, pour interroger des questions universelles. Peut-on imposer ses idées à autrui et décider de ce qui est bon pour lui ? Ce qui bien pour l'un peut-il être mal pour l'autre ? Peut-on s'affranchir des règles pour répondre à un problème donné ? Il ne donne pas de réponse toute faite, ne juge pas, mais laisse au spectateur le soin de se forger sa propre réponse.
Fortuna, migrante éthiopienne de 14 ans, est accueillie dans un hospice des Alpes suisses. C’est l’hiver et il neige souvent. Elle est enceinte d’un autre demandeur d’asile… Son désir de vie s’oppose à la volonté de l’administration. La pellicule est en noir et blanc. Ce choix a plusieurs effets : il accentue la tristesse de l’hiver, mais donne des images d’une grande beauté. Il accroît l’impression de solitude, un des traits majeurs de l’expérience de Fortuna. Il signifie que le film est « aussi » un conte hors du temps (je dis « aussi » car la question des migrants est d’abord une dure réalité d'aujourd'hui !). Il augmente la poésie très présente dans le film. Il donne des images pures et d’une grande beauté. Une musique mélancolique à base de violoncelle accroît encore ces sentiments de solitude et de poésie. Le jeu des acteurs est remarquable. Avec une Fortuna, exceptionnelle pour une actrice de 14 ans. Mais on pourrait tous les citer : le vieux moine pacifié et humaniste responsable de la communauté ; le responsable des services sociaux ; Kabir un autre demandeur d’asile. Il ne se passe presque rien. Le film nous fait partager la solitude de Fortuna, en trois étapes distinctes : lorsqu’elle seule porte ce « secret », lorsque le père de l’enfant à naître l’apprend et qu’ils ébauchent une relation plus constructive, puis lorsqu’elle se retrouve de nouveau seule face aux services sociaux. Elle ne dit rien aux adultes, car elle ne peut rien dire. Elle ne peut se confier qu’à un âne, dans des scènes d’une grande poésie, il y a sans doute un peu de Saint François derrière cela… Et il y a cette communauté de montagne, qui a choisi d’accueillir des migrants au nom de l’évangile, non sans que cela ne pose des difficultés pour leur vie de contemplatifs. Nous sommes questionnés sur nos choix fondamentaux : savons-nous poser des actes susceptibles de nous déranger et persévérer dans le dérangement ? Sommes-nous prêts à écouter ce que veulent les migrants, à ne pas projeter ce qui est bien pour eux ? Très beau film donc, très poétique, presque sur le ton d’un conte, pour nous faire réfléchir sur la solitude des migrants et nos dispositions d’esprit à leur égard.
Ours de Cristal du Meilleur Film au Festival de Berlin, « Fortuna » est un drame belgo-suisse tourné en noir et blanc. « Fortuna » est une réfugiée éthiopienne de quatorze ans. Elle est accueillie dans un monastère catholique dans les Alpes suisses. Malgré une meilleure condition, la jeune fille cauchemarde toutes les nuits de sa difficile traversée en mer. Sa situation irrégulière va se compliquer lorsqu’elle tombera enceinte d’un autre réfugié. Expulsée vers l’Italie les moines vont devoir prendre une décision. La photographie et les plans sont minimalistes pour se concentrer sur les sons et les silences, sur la solitude et le calme. Nous sommes loin des autres fictions ou documentaires qui montrent l’afflux de migrants et la difficulté de faire preuve de solidarité. Ici il n’est question que de l’un d’eux et Germinal Roaux porte ainsi un regard unique sur une personnalité plutôt qu’un qualificatif. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Film magnifique à tous points de vue : esthétique, mais aussi par la profondeur et l'actualité des sujets traités. Il ne s'agit pas seulement de l'histoire d'une jeune réfugiée, mais aussi l'interrogation profonde de nos manières d'écouter, de comprendre et d'agir. Ma fille de 14 ans a pleinement apprécié. Faites voir ce film à vos ados. Ils ne le regretteront pas.
Réalisé par un photographe suisse, voici un film qui laisse perplexe dans la mesure où on n'arrive pas bien à comprendre si le réalisateur veut parler des migrants, ou de ceux qui les accueillent ou de l'histoire sentimentale des 2 jeunes éthiopiens. Esthétiquement, c'est plutôt réussi. La scène que j'ai préférée : celle où les moines s'interrogent sur les perturbations apportées à leur vie de silence et de solitude par les migrants accueillis.
Un film intéressant et reposant signé par le cinéaste Germinal Roaux !! "Fortuna" c'est le prénom du personnage principal qui est une réfugiée Africaine de 14 ans qui loge dans un centre catholique en Suisse au milieu des montagnes en saison hivernale. La jeune fille travaille avec d'autres personnes venant de toutes religions mais elle tombe enceinte à son jeune age, son copain se fait expulser du centre en étant sans papier, n'avoue pas pour le moment sa grossesse et se pose des questions sur son avenir. Je suis allé voir "Fortuna" parce que j'adore les sujets traitant de l'étre humain et la religion, parce qu'il y a de belles images dont le metteur en scène prend son temps pour raconter l'histoire avec la simplicité de la vie et pour les décors d'un lieu sur trouvant au milieu de nulle part dans les montagnes et la neige, le dépaysement total. Les comédiens sont d'une justesse comme il faut pour incarner leurs personnages. C'est peut ètre lent comme dirait les raleurs mais c'est passionnant a suivre.
"Fortuna" est le prénom d'une jeune Ethiopienne très croyante qui va fuir son pays pour se retrouver dans un monastère en Suisse. Le réalisateur choisit ici le noir et le blanc pour peut-être accentuer le côté sombre du film. L'esthétisme est ici privilégiée par Germinal Raoux au détriment du rythme de l'histoire. Plusieurs questions restent en suspens comme la fuite du père de l'enfant ou encore de savoir si la grossesse ira à son terme… Bref, j'ai trouvé ce film ennuyeux malgré la prestation de haut vol de l'héroïne.
L'affiche de Fortuna est superbe. Enigmatique aussi avec cette fillette suivie d'un âne dans un paysage entièrement blanc. Et le beau nom du réalisateur, Germinal Roaux (photographe et cinéaste franco-suisse, adepte du noir et blanc), contribue à vouloir découvrir ce film que l'on devine sortir des sentiers battus. En l'occurrence, ils sont enneigés au coeur d'un monastère suisse où des migrants ont trouvé refuge. Parmi eux, Fortuna, dont on ne saura que peu de chose, notamment sur son périple depuis l'Ethiopie, adolescente rebelle, mystique et enceinte qui perturbe la communauté religieuse. L'une des scènes les plus marquantes est d'ailleurs celle où les moines réunis évoquent leur confusion, partagé qu'ils sont entre leur désir d'humanité et leur vocation au silence et à l'isolement. Impossible alors de ne pas penser à Des hommes et des dieux. Fortuna a tout pour être un mélodrame à la Zola (avec un réalisateur prénommé Germinal) mais il en est à l'opposé. Très esthétique (trop, peut-être) il est d'un abord austère et exigeant mais transcendé par un regard artistique et poétique et bien aidé par le charisme d'un merveilleux Bruno Ganz et de sa jeune interprète éthiopienne, assez souvent mutique mais dont les sourires sporadiques semblent l'illuminer de l'intérieur et donner l'espoir que sa vie sera meilleure à l'avenir.
Les images en noir et blanc sont très poétiques; le meilleur contraste entre la neige des montagnes suisses et les couleurs africains des refugiés. La meilleure phrase du film : "le mal est parfois le bien imposé". L'acceptation de l'autre est de l'accepter tel qu'il l'est.
Encore un film pour attiser les problèmes de religion ! Un adulte musulman qui gâche la vie d'une adolescente chrétienne. Le tiraillement des religieux catholiques quant à leur dévotion envers Dieu et le devoir d'aider les autres et celui des lois du pays qui les en empêche. Un musulman lâche, violent qui ne respecte ni la loi ni les personnes. Le choix des personnages dans l'histoire n'est pas anodin et est même grave. A la limite ce serait une histoire vraie ok mais ce choix nous montre juste le ressenti personnel du scénariste, du réalisateur, des acteurs bref de tous ceux qui ont été séduits pour le faire. Il montre l'ambiance générale dans laquelle on vit de défiance par rapport aux autres.
Le film a de belles images et semble touchant mais il ne s'y passe strictement rien... On passe son temps à se demander quel va être le destin de cette fille et à un moment donné le film s'arrête, c'est fini. Il ne s'est rien passé