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4,0
Publiée le 28 octobre 2025
Qui est le film ? Avec Nope (2022), Jordan Peele signe son troisième long-métrage après Get Out et Us. Là où le premier explorait le racisme systémique et le second les fractures sociales à travers la figure du double, Nope déplace le regard vers une autre obsession américaine : le regard. Le film raconte, en surface, l’histoire d’un frère et d’une sœur, héritiers d’un ranch spécialisé dans le dressage de chevaux pour Hollywood, confrontés à une présence mystérieuse dans le ciel.
Que cherche-t-il à dire ? Nope se présente comme un film sur le spectacle et sur la capture. Son geste central consiste à interroger la pulsion moderne qui veut absolument faire de l’événement une preuve, de l’étrange une image, de l’effroi un format. Jordan Peele transforme cette logique en objet cinématographique : le ciel devient champ de visibilité et de prédation, la caméra devient instrument de survie et en même temps moteur d’exploitation.
Par quels moyens ? Au cœur du film se déploie une critique de l’économie du spectacle. Les personnages cherchent à « attraper » l’inédit pour le monétiser, pour en tirer un récit, un coup médiatique, un trophée. Ce désir de convertir le réel en marchandise est montré comme profondément ambivalent. Filmer peut sauver mais filmer peut aussi transformer le vivant en ressource.
Nope travaille la dialectique du regard. Il oppose le regard qui tente de comprendre et le regard qui voudrait posséder. La caméra est doublement ambivalente : instrument de connaissance et outil d’appropriation. Certaines scènes mettent la caméra au centre de la dramaturgie non comme simple témoin mais comme acteur. Filmer rend visible mais expose aussi.
Le ciel, souvent perçu comme libre et commun, devient ici un espace disputé. Il concentre l’étrangeté et la menace, mais il concentre aussi les fantasmes de maîtrise. Peele met en relation la conquête du ciel par la technologie et les vieilles formes d’extractivisme. Le visible du ciel est un visible contrôlé par des appareils, des yeux payants, des institutions de spectacle.
La famille au centre porte une blessure qui circule. Le récit familial transforme la quête de preuve en revanche symbolique. Le film met en lumière comment les traumatismes se transmettent sous forme de récits fragmentés et comment la tentative de faire image peut servir d’acte réparateur ou de répétition morbide. La logique du spectacle se mêle à celle du deuil : faire voir pour exister, nommer pour panser.
Les chevaux, figures de dignité et de sacrifice, rappellent que l’animalité est au cœur du cinéma. La créature du ciel, loin d’être un simple monstre, fonctionne comme métaphore du prédateur médiatique : elle aspire l’attention et transforme le vivant en ressource. Peele brouille ainsi la frontière entre humain, animal et inhumain.
Peele mêle le grotesque et l’angoisse. Le film bascule sans cesse entre le comique, souvent noir, et l’horreur frontale. Cette tonalité mixte fait sa violence propre : le rire dédramatise pour mieux préparer le choc, et inversement la terreur révèle le comique comme écran. L’ironie y joue un rôle de clarinette qui signale l’hypocrisie sociale, la petitesse des ambitions de certains personnages et la grandiloquence des entreprises de mise en spectacle.
Le motif de la capture revient constamment, sous formes techniques et symboliques. Caméras, objectifs, cages, et même la manière de clouer le regard des autres sont autant de variations de cette idée.
Plusieurs personnages portent les traces d’expériences scéniques catastrophiques. Le cinéma est lu comme suite logique du théâtre télévisuel, et Peele interroge la violence de la scène qui neutralise et qui engraisse le spectacle.
Nope est un film qui pense son médium. La direction de la photographie travaille la profondeur et la distance : plans larges qui isolent, cadres qui enferment, travellings qui suivent le regard ou l’évitent. Le montage joue des attentes. Peele s’intéresse au temps de l’attente autant qu’à l’événement lui même. Le son est sculpté pour rendre la matière du ciel et pour créer une physicalité de la menace.
Où me situer ? Le film ne se contente pas de dénoncer la voracité de l’image, il la met en scène, il nous la fait ressentir. Ce que je trouve plus problématique, c’est une certaine dispersion symbolique : à force de multiplier les strates (spectacle, mémoire, animalité, politique), Peele risque, de nouveau, de diluer la puissance immédiate de ses images.
Quelle lecture en tirer ? Nope est une fable moderne sur la capture, sur la tension entre sauver et consommer, et sur la façon dont le ciel, le merveilleux et l’horreur se plient aux lois du marché de l’attention. Sur le plan formel, le film replace la question du cinéma au centre de son propos. Sur le plan politique, il nous invite à considérer nos désirs d’image comme des actes qui ont un coût.
Ce troisième long-métrage du réalisateur Jordan Peele est une déception. Malgré l’originalité du projet et l’audace technique dont il fait preuve derrière la caméra, le long-métrage ne convainc guère. En effet, la phase d’introduction du récit tire en longueur et bon nombre de scènes n’apportent rien à la construction d’un récit dont le montage apparait étrange. Si le cinéaste prend de l’ampleur par sa mise en scène parsemant son film de réelles bonnes idées autant visuelles que sonores, avec en toile de fond un message sur la monétisation du spectacle, l’ensemble apparait brouillon tel le premier jet d’auteur pas encore finalisé. Ainsi, le cinéaste américain livre une œuvre clairement inaboutie dont les fulgurances grandioses rappellent tout le talent d’un réalisateur qui aura rêvé trop grand pour lui.
Beau film fantastique, horrifique et énigmatique à la Shyamalan, porté par un attachant duo de personnages antagonistes : un frère besogneux et d'un flegme inouï, qui est l'exact opposé de sa sœur flamboyante, hystérique et profondément immature.
J'ai mis 4* car le film en vaut et sa tendance actuelle est à 3 ;)
J'ai trouvé qu'il y avait une grosse touche de Tarantino voire totalement, jai fait un coup de Google poir voir quie tait le réalisateur. De là je pense avoir dit beaucoup sur ce film, voire quasiment tout.
Il y a quand même un gros point noir : toute la fin. Compliqué aussi de terminer une telle histoire toit en restant crédible et réaliste mais ça va ça n'a pas trop trop gâché le plaisir. Elle aurait été à la hauteur du reste du film ça auroat alors été un 4* plein pot.
Je dois avouer que "Nope" m'a déçu. Au départ, l'idée semblait intéressante : un thriller de science-fiction qui explore l’inconnu, avec une touche de tension psychologique typique de Jordan Peele. Mais le film se perd rapidement dans une multitude de pistes qui ne mènent nulle part. L’ambiance, pourtant prometteuse, devient trop lente et confuse, et l’intrigue manque de direction. Au lieu d'une montée en tension, on se retrouve souvent à regarder des scènes interminables qui ne font que diluer l’intérêt. La critique de la société et des médias est trop explicite, presque caricaturale, ce qui retire une grande partie de la subtilité. Et même si la photographie est belle, elle ne suffit pas à sauver un film qui, au fond, semble ne rien dire de vraiment marquant. Un film qui, malgré de bonnes intentions, finit par être trop long, trop brouillon et décevant.
Après les très réussis "Get out" et "Us" Jordan Peel sort le film Nope. J'étais très enthousiaste à l'idée de voir un nouveau film de ce dernier qui est un réalisateur que j'aime beaucoup pour ses histoires fascinantes. Et bien forcé de constater que le film n'a pas su répondre à toutes mes attentes même si il m'a surpris dans le déroulement de son histoire (et c'est que j'aime). Certes le film est remarquable de par son ambiance anxiogène au début et le mystère qui plane autour de cet ovni. C'est d'ailleurs pour cela qu'il est aussi classé comme film d'horreur. On sent que Peel a mis tout en œuvre sur le plan visuel et sonore. Les personages principaux sont intéressants mais certains personnages secondaires ont du potentiel sans être assez approfondis et quelques éléments de l'histoire prennent une tournure étrange et ne semblent pas aboutis. La tournure du film en lui même est très intéressante et l'idée de base est bonne. spoiler: Le fait d'imaginer que l'OVNI est une sorte de créature assoiffée de sang qui chasse est très intéressant.
Seulement voilà le problème : je trouve que le film s'étend en longueur jusqu'à la dernière demi-heure et que l'on ne nous donne pas plus d'explications ce qui fait que l'on reste un peu sur notre faim. Alors certes c'est aussi le but car le fait de ne pas tout nous dire laisse en quelques sortes place à l'imagination. Mais le film atteint un point où nous avons envie d'en savoir plus au risque d'être frustré. Et c'est le cas surtout lorsque l'on voit qu'il met du temps à vraiment passer à l'action car plus on découvre se qui se cache derrière cet ovni moins l'ambiance y est anxiogène. Je reste donc mitigé.
J'ai découvert Nope sans rien en savoir et quelle bonne surprise de le voir dans ces conditions. J'ai adoré le rythme, la (grosse) fausse piste, l'ambiance, le sujet. Certains plans sont d'une beauté rare. Superbe découverte que je recommande à tous les amateurs de SF. Pour autant sur le fond il n'est pas dingue et ne raconte pas beaucoup de choses, je trouve, même si quelques sujets sont bien abordés, sa richesse est surtout dans son concept et sa mise en scène.
Original et totalement atypique ce film est un véritable ovni c'est le cas de le dire mais aurait pu être mieux je pense néanmoins ça reste tout à fait correct et les acteurs sont attachants et sympas.
Singulier, déroutant, ca peut surprendre, mais la peur plane dés le début, , moi j ai aimé, dès acteurs noirs bien investit, c est qy’uand même flippant
Je sais pas trop quoi en penser de ce film, j'ai aimé mais en même temps non.. Le film a pas beaucoup de sens, la scène finale est juste nule, c'est vraiment décevant de Jordan Peele car j'aimais bien le concept de ces films macabres.. Je l'ai revu 3 fois voir 4 et j'arrive toujours pas a comprendre le but du film et pourquoi il a essayé de faire ca.. Le début est super sympa et prenant mais plus on avance plus ca devient lourd et on commence a se lasser. Bref, je comprend pas trop ou il a essayé de partir, je trouve pas le film nul mais c'est vraiment bof, a regardé mais sans plus, un peu déçu quand même de ce réalisateur je pense qu'il s'est planté mais reviendra plus fort avec un autre film macabre poignant.
Des éleveurs de chevaux en Californie découvrent des phénomènes météorologiques surprenants. Le film étonne par son originalité. Le réalisateur arrive parfaitement à rendre compte des espaces, au point que l'on a l'impression de les connaitre au bout d'un moment. Plusieurs périodes de tension bien maitrisées et une direction d'acteurs sans failles au service d'un scénario fluide, que demander de plus. A découvrir.
Film parfait pour les critiques qui trouveront toujours le moyen de faire passer le navet de l'année 2022 comme un film subversif avec plusieurs niveau de lecture.