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Steed
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3,5
Publiée le 19 mars 2019
Le scénario est connu, car l'histoire effroyable dont il est question a fait la une des médias pendant de nombreuses semaines. Ce film possède des acteurs divins qui campent parfaitement leurs personnages, et montre la genèse qui amena les victimes à porter l'affaire en justice.
François Ozon a retiré tous les beaux artifices de ses précédentes mises en scène, pour recentrer clairement le sujet de son film au cœur des attentions du spectateur. Car le récit est trop grave, trop important, pour ne pas en faire l’élément le plus important du long-métrage. Évidemment on ne peut s’empêcher de penser à Spotlight, le film oscarisé en 2016, qui avait également pour thème la pédophilie dans l’Église. Mais, dans ce dernier, l’intrigue se déroulait auprès des journalistes qui enquêtaient sur l’affaire. Alors, que le film de François Ozon se déroule du côté des victimes, un défi encore plus grand pour le réalisateur et ses acteurs. Heureusement ces derniers s’avèrent exceptionnels : ils sont trois, ils proposent des interprétations très différentes les unes des autres mais qui demandent toutes beaucoup d’investissement et d’implication. Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud, puisqu’il s’agit d’eux, s’avèrent parfaitement convaincants dans ces rôles d’adultes qui cherchent à revenir sur leur terrible passé. François Ozon prend le risque de découper son long-métrage en trois parties, centrées chacune sur un des trois personnages principaux du récit. Cela ne fonctionne pas très bien dans une première partie très documentaire, avant de prendre tout son sens à partir de la deuxième séquence, et encore plus ensuite avec le rôle marquant joué par Swann Arlaud. Le film prend donc son temps pour saisir le spectateur, mais l’effroi que suscite cette histoire et l’incarnation parfaite des acteurs emporte au final l’adhésion. François Ozon signe là son film le plus militant, en route pour les prochains César.
Un film remarquable de justesse qui évite parfaitement les écueils sur ce sujet délicat du silence assourdissant qui a couvert les agissement pédophilies du père Preynat. François Ozon décrit admirablement la souffrance des victimes devant le silence de l'institution religieuse, leur prise de conscience, leur solidarité naissante et leur soif de justice. Admirablement joué, ce film fort ne laisse pas indifférent ! A voir absolument.
Film correct qui traite d’un sujet vraiment tabou et sensible, parfois quelques longueur et répétitions.. Néanmoins l’histoire est bien aboutie avec des acteurs très prenant dans leur rôle.
Très bon film, qui fait découvrir des actes immondes, tout en restant digne. Une vraie claque, de l'émotion du début à la fin. Je suis ressortie de la séance avec des tas de questions en tête, et retournée par tous ces événements
Thématique "Eglise et pédophilie", autour de l'affaire Preynat à Lyon. Point de vue des victimes. Un bon film-enquête, documenté. Sujet délicat, abordé avec un souci factuel, prudent. On n'échappe pas à un certain didactisme, avec des dialogues souvent trop écrits, peu naturels. Et un style qui suit l'esprit général : sage, appliqué, académique. Peu mémorable cinématographiquement parlant, donc, mais intéressant dans son ensemble, avec une narration efficace et prenante.
On sort de ce film à la fois bouleversé et révolté... Bouleversé par les victimes et leurs proches, avec des acteurs tous excellents..mais aussi révolté par l’inertie de l’institution catholique face aux turpitudes de ses prêtres....un grand film de François Ozon!
Ce film est un reportage d'un réalisme total. Les victimes s'affichent les une après les autres et leur parcours est bien retranscrit. Elles sont même parfois esseulées dans leur propre famille; les couples doivent affronter ces épreuves avec leur histoire, pas forcément complaisante. Le silence, le tabou autour de ces questions n'épargne pas les proches qui n'ont pas soutenu comme il aurait fallu. Ce film montre la difficulté de la résilience, d'affronter un pouvoir comme celui de l'Eglise, les appétits voraces des médias, la gestion de ses propres enfants.....Les parcours sont multiples et variés: il n'y a pas de profil type de la victime. Elles sont fragiles ou pas, combatives ou résignées Le grand débat qui devrait s'ouvrir à présent: la sexualité des prêtres: chasteté contre-nature ou mariage?
"Grâce à Dieu" est un film poignant qui vous hante longtemps... Sobre et juste, il se concentre sur la souffrance et le combat des victimes du Père Preynat, mais il met également à jour l'impossibilité quasi structurelle de l'Eglise à reconnaître et à sanctionner un crime commis en son sein ! Un film qu'il faut voir et dont il faut se souvenir pour ne jamais faire partie de ceux qui sont sourds et aveugles à la souffrance des enfants victimes d'abus sexuels.
C'est un film coup de poing. Contrairement à ses habitudes, François Ozon ne donne pas dans la fiction, mais opte pour le témoignage de faits véridiques. En l'occurrence il s'agit d'entendre la "parole libérée" de jeunes adultes qui, dans leur enfance, ont fait l'objet de sévices sexuels de la part d'un prêtre en charge de camps scouts. Certains ont pu mener une vie normale, sans encombre, d'autres au contraire ont été marqués par d'horribles traumatismes qui les ont contraints à connaître une existence tourmentée et marginale. Le cinéaste a choisi, malgré la vérité des témoignages, de tourner avec des acteurs et non avec les victimes réelles. L'ouverture du film aborde d'emblée le sujet avec une première victime, Alexandre, catholique bon teint issu d'une famille bourgeoise de Lyon. Puis c'est au tour de François d'entrer en scène : le ton diffère, l'homme en veut profondément au prêtre qui a abusé de lui, il se fait dès lors offensif et fonde l'association "la Parole libérée". Vient ensuite le plus émouvant, Emmanuel, l'écorché vif qui peine à trouver sa voie après avoir subi les violences du prêtre. Progressivement le nombre de victimes du père Preynat ne cesse de croître, les témoignages se succèdent et suscitent un véritable écœurement face à une Église qui est restée muette et qui n'a eu de cesse d'enterrer l'affaire. Le cardinal Barbarin est au centre du scandale, présentant une argumentation bien maladroite car visiblement prisonnier d'un système qui le dépasse. Pour donner vie à ce film-enquête, il fallait des acteurs de qualité et répondant pleinement aux caractéristiques physiques et psychologiques des victimes. Aussi peut-on saluer la performance de Melvil Poupaud en un Alexandre BCBG mais résolu à faire triompher la vérité au risque de créer la division dans son entourage, celle de Denis Ménochet dans le rôle de François, un être direct et sans concession, ou encore celle - la plus émouvante, selon nous - de Swann Arlaud offrant ses airs de jeune écorché vif à son personnage d'Emmanuel. Mais les rôles dits secondaires sont tout aussi convaincants : citons entre autres Bernard Verley dans le rôle ô combien ingrat du père Preynat ou Josiane Balasko dans celui de la mère d'Emmanuel. Le film est donc une réussite : il a le mérite de la sobriété pour traiter une affaire qui eût pu dégénérer en pathos et en emphase. François Ozon a préféré opter pour la dignité dans un contexte on ne peut plus sensible : c'est bien sûr tout à son honneur. Une seule petite réserve : si la "parole libérée" devait nécessairement se faire entendre, on eût aimé quelques silences par moments, la voix off d'Alexandre se faisant trop souvent entendre pour servir de fil conducteur à un film qui, répétons-le, constitue une indéniable réussite.
Pour rester dans le thème: "je ne crois que ce que je vois" disait Saint Thomas. Et effectivement, les critiques peuvent influer sur le choix du film,mais après l'avoir vu... Plutôt déçu. Les scènes sont longues, répétitives voir même ennuyeuses. Il est vrai que le sujet terrible ne peut laisser place à trop "d'actions" mais de la à tomber dans les clichés du tragique=lenteur... Les acteurs ne sont pas tous très crédibles, certains peut-être un peu là par hasard. Le film (beaucoup) trop long, veut très certainement faire un rapprochement entre la lenteur de la justice et des procédures au sein du Diocèse et l'état d'esprit des victimes qui patientent en silence ou qui soignent leur blessures, mais l'on a hâte que tout cela se termine. Les scènes sont dérangeantes, angoissantes. Outre le sujet délicat, on ne comprend pas trop où tout cela doit nous emmener ? Parler ? Libérer la parole ? Sanctionner davantage ? Tout cela en même temps oui et tant mieux mais...je passe mon tour.