Grâce à Dieu
Note moyenne
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488 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 février 2019
Bon film sur une attitude inacceptable de certaines personnes.
Tant mieux que ce film n'est pas été censuré avant le procès.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2019
J’y suis allé parce qu’il était bien noté! Comme « La fille de Brest » on a la fâcheuse impression de l’avoir vu, bien avant sa sortie !!!!

Malgré mes préjugés, le film est « équilibré » jamais simpliste, il montre des aspects auxquels, on ne pense pas toujours:
- à l’époque des faits de pédophilie, la difficulté de le dire, d’être entendu, d’être cru et défendu par les adultes….
puis devenu adulte et père de famille, être prêt à tout sacrifier pour obtenir justice:
- comment en parler avec sa compagne ou épouse, avec ses enfants, ses amis, ses parents….
- comment se faire entendre, de l’institution « Eglise » ?
Il faut beaucoup de dignité et l’aide de son entourage pour ne pas « baisser les bras » ….
Alors que le jugement n’est pas prononcé, les questions sont posées: la détresse des pédophiles et les soins nécessaires doivent être pris es compte par les institutions mais ça ne peut se faire au détriment des victimes….
L’enfant bafoué est prioritaire; il doit être protégé et respecté ! La parole libérée est un premier pas décisif.

C’est un peu plus que du cinéma, du coup on en oublierait de remercier François Ozon et ses superbes comédiens
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2019
Alors qu'il était jeune scout, Alexandre (Melvil Poupaud) a été victime d'attouchements du père Preynat (Bernard Verley). En 2014, marié, père de famille nombreuse, catholique fervent, il découvre que son ancien aumônier officie toujours au contact des enfants. Bouleversé il contacte l'évêque de Lyon, le cardinal Barbarin (François Marthouret). C'est moins le pardon du curé qu'il attend que des sanctions de sa hiérarchie. Mais ses efforts restent vains. Si l'Église écoute son témoignage et lui manifeste sa compassion, si le père Preynat reconnaît les faits sans remettre en cause la parole d'Alexandre, aucune mesure n'est prise pour briser la loi du silence.
Bien que sachant les faits, qui remontent à plus de vingt ans, prescrits, Alexandre dépose plainte. Une enquête est diligentée par le capitaine Courteau (Frédéric Pierrot). Elle permet de retrouver plusieurs victimes du père Preynat parmi lesquels Denis (François Debord) devenu un athé militant, Emmanuel (Swann Arlaud) dont la vie porte les traces indélébiles de ce traumatisme et Emmanuel (Éric Caravaca) un chirurgien qui prend l'initiative de créer une association pour libérer la parole des victimes et médiatiser l'affaire.
"Grâce à Dieu" raconte leur combat.

La pédophilie dans l'Eglise est un sujet grave. Il fait la une de l'actualité. Il provoque dans l'opinion publique une réprobation unanime. On comprend l'utilité et l'opportunité pour le cinéma de s'en saisir - quelques mois après la sortie des "Chatouilles".

Mais on ressent simultanément une triple gêne. Pourquoi recourir à la fiction plutôt qu'au documentaire ? Pourquoi pointer les culpabilités au mépris de la présomption d'innocence sans attendre que la Justice ait fait son office ? Et pourquoi Ozon ? Pourquoi l'enfant terrible du cinéma français dont l'œuvre se caractérise par son ironie acerbe et son réalisme fantastique s'est il lancé dans cette entreprise qui fleure bon les films de commande pour Dossiers de l'écran ?

Ces réserves sont substantielles. Mais force est de reconnaître qu'il s'agissait d'a priori suscités à la fois par le sujet du film, par sa bande annonce et par le tohu bohu judiciaire qui a accompagné sa sortie - les référés déposés par les avocats du père Preynat et de Régine Maire et leur rejet par la justice à la veille de la sortie du film lui offrant une publicité inespérée dans une semaine pourtant bien chargée ("Le Chant du loup", "La Chute de l'empire américain"...).

Dès ses premières minutes, "Grâce à Dieu" nous saisit. La mise en scène de François Ozon, d'une incroyable fluidité, réussit à rendre passionnant des échanges d'emails lus en voix off. Le film se concentre sur Alexandre, remarquablement interprété par Melvil Poupaud, et sa blonde épouse (impeccable Aurélia Petit). On le quitte à regret pour les autres victimes de Preynat : François, Emmanuel, Gilles... La construction du film se dévoile : consacrer à chacun des personnages un long temps d'exposition. Le procédé aurait pu être pachydermique ; et pourtant il fonctionne.

"Grâce à Dieu" aurait pu verser dans le manichéisme ou le voyeurisme. Il aurait pu opposer des prêtres corrompus à des enfants brisés, une Église campée dans ses traditions contre une société civile courageuse. Il évite ces écueils. "Grâce à Dieu" n'est pas un film antireligieux. Il ne stigmatise ni le cardinal Barbarin, dont la compassion pour Alexandre est sincère, ni même le père Preynat qui reconnaît lucidement les faits. "Grâce à Dieu" rend compte sobrement de la démarche des victimes : ni vendetta contre un homme, ni lutte idéologique contre une institution mais une exigence de vérité et de justice - en résonance avec le combat des victimes du franquisme raconté par "Le Silence des autres". Ours d'argent au festival de Berlin, "Grâce à Dieu" réussit à traiter sereinement un sujet propice à toutes les dérives.
Sylvain M.
Sylvain M.

13 abonnés 169 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 février 2019
Un grand film ! On pouvait s’attendre à un film très provocateur, à coups « les curés ces pédophiles » et des situations chocs : c’est au contraire un film complexe, intelligent et profond. Deux petits reproches : la longueur et la narration par lecture de mails. Extraordinaire par ailleurs !
Cathpout14
Cathpout14

38 abonnés 116 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 février 2019
Bravo François Ozon qui porte bien son nom ! Ce film se voit comme si c'était une fiction intemporelle - un quasi thriller - alors que c'est une info d'actualité ! C'est bien rythmé, bien joué, bien vu, honnête et émouvant. On a hâte de connaître le résultat du combat des protagonistes... fin mars, c'est bientôt !
6013
6013

23 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2019
Très bien Documenté
Excellents acteurs
Un peu long au début puis ça devient beaucoup plus captivant
Très intéressant de connaître l’historique de cette affaire ,Néanmoins, il est étonnant que le film ait eu le droit de sortir en salle avant la fin du procès qui va démarrer
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 février 2019
La pédophilie a souvent été traitée au cinéma. Pas toujours du coté des victimes, et parfois en légitimant ou sublimant une relation considérée comme naturelle.

François Ozon malgré ses hauts et ses bas est certainement un des meilleurs réalisateurs français contemporain. Sa filmographie est éclectique. Son style varié et foisonnant. Il s'attaque cette fois ci à un sujet brûlant.

Il se met pourtant entièrement au service du récit. Humblement. Son regard et celui des scénaristes est tout en nuance, bien que sans concession. Ozon déploie son talent, et permet, au grand public, catholique ou autre, aujourd'hui mûr pour apprécier un sujet ô combien d'actualité, de surtout comprendre la souffrance engendrée par des adultes sur les enfants. De mieux appréhender aussi le piège du pouvoir sur des familles prises spirituellement en otage.

Le casting est parfaitement choisi avec un jeu d'acteur sidérant de justesse . Le fait d'avoir rencontré les véritables victimes a certainement contribué à la légitimité de l'oeuvre dans son ensemble.

Son approche chorale avec trois profils qui diffèrent dans leur relation avec l'église, et le glissement successif de l'un à l'autre, est particulièrement réussi. Ozon va jusqu'au bout de l'analyse et boucle le sujet sur une belle interrogation métaphysique.

On a envie de répondre à un des personnages que spiritualité et église Catholique ne sont pas synonymes.

Mais je ne débats plus strictement sur le sujet.
Marie F
Marie F

4 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2019
Sensible et émouvant. Le film ne part pas dans du sensationnel et de l'anti Eglise primaire. J'ai bien aimé le combat de ses hommes et le chemin de chacun.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2019
En choisissant de s'attacher au cheminement personnel de trois des victimes du père Preynat, plutôt qu'à l'enquête en elle-même, François Ozon réussit un coup de maître.

Son film évite en effet du coup le piège du film-dossier et celui du film à charge : Grâce à Dieu est avant tout le portrait sensible de trois personnalités fort dissemblables qui vont devoir lutter contre le même démon, avec des armes bien différentes, mais une pugnacité équivalente.

Le spectateur est plus d'une fois submergé par l'émotion durant ce film. Le scénario à la fois fin et détaillé, la mise en scène sobre et prenante : tout concourt à nous prendre à la gorge, au coeur, et aux tripes.

Mais le plus remarquable dans ce très beau film, c'est la prestation des trois acteurs principaux. Melvil Poupaud, en fervent catholique tenace et un peu naïf, est comme d'habitude parfait. Denis Ménochet trouve dans ce film un rôle qui lui convient à merveille : athée gouailleur et gentiment éruptif, il a un petit quelque chose de Depardieu. Quant à Swann Arlaud, il livre une prestation exceptionnelle, donnant ici le meilleur de lui-même : sensible, écorché et fragile.

Le film est un miracle : il parvient à émouvoir constamment sans accabler les bourreaux, qui paraissent au final faibles et ridicules.

Le meilleur film d'Ozon, et probablement un des meilleurs films français de 2019.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2019
Ce n'est pas que du cinéma...un peu mal à l'aise pour produire l'exercice cette fois-ci.....Merci à François Ozon de s'être lancé dans un tel docu-fiction (on n'est bien obligé de l'estampiller de la sorte).... et espérons que des réponses soient apportées début mars....! Le film est superbement réalisé, avec des acteurs hyper réalistes, une extrême finesse et humanité dans des faits inhumains. Je pense qu'ils provoquerons la même horreur à notre sensibilité à tous, qu'il s'agisse de jeunes gens n'ayant pas réelle capacité à s'opposer à ces abus indécents. Le film montre très bien les dégâts causés par ces agressions dans tous les milieux et bien souvent pour toute la vie ! STOP à ces pratiques ! Les seconds rôles sont aussi excellents que les 1ers, que les enfants parfaits. Un film puissant malgré la durée, pas de temps morts, au contraire, un rythme calibré et soutenu, un dossier ne laissant aucun doute, sauf en ce qui concerne l' éventuel pardon (?) et une ombre pour le moins douloureuse aux porteurs de la foi !!**
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 février 2019
Un film très réaliste sur une sombre actualité. Le jeu de tous les acteurs est formidable, qu'il soit au premier plan comme Melvil Poupaud ou secondaire comme Josiane Balasko. Des longueurs sont à noter en début de film, mais ce rythme permet au réalisateur de monter crescendo dans sa narration. Peut-être la bande annonce dessert-elle le film en en montrant un peu trop. En effet, le personnage de Swann Arlaud, par exemple entre en scène que dans la dernière heure du film.
Mellot J.
Mellot J.

57 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2019
Excellent film de François Ozon qui vient de sortir "Grâce à Dieu", où Melvil Poupaud, Swann Arlaud et Denis Ménochet incarnent, avec beaucoup de talent, de retenue et de courage, les victimes du prêtre pédophile Bernard Preynat qui aurait abusé plus de 70 enfants entre les années 1970 et 1980.
Sans tomber dans le piège d'être un film anti-religieux, 'la parole libérée' des victimes nous décrit sans concession les terribles crimes de ce prêtre qui a brisé la vie de dizaines de petits scouts dont il a trahi la confiance en usant de sa position.
Mais ce film va beaucoup plus loin en accusant le silence et l'inaction complice de celles et ceux qui à l'intérieur de l'église, du diocèse de Lyon, et au sein même des familles des victimes, ont choisi de se taire alors qu'ils savaient tout des agissements du prêtre qui par ailleurs dans le film reconnaît les faits, se dit même surpris que sa hiérarchie n'ait rien fait face à sa "maladie". Il est en effet resté curé de paroisse jusqu'en 2015 !
En mettant directement en accusation le cardinal Albert Decourtray, le premier au courant de cette affaire, puis le cardinal Philippe Barbarin et indirectement Régine Maire, ex collaboratrice du cardinal, ce film marquera bien davantage l'opinion publique que les délibérations du jugement qui a commencé à Lyon le 7 janvier et dont le verdict est attendu pour le 7 mars. Rome et le pape François ne sont pas épargnés par la conspiration du silence.
François Ozon couvre avec un immense talent et beaucoup de sobriété tous les aspects des ravages que ces crimes provoquent tant auprès des victimes elles-mêmes qu'au sein de leurs familles.
Bien plus qu'un film sur la pédophilie au sein de l'église, ce témoignage met en accusation la société dans son ensemble, en dénonçant l'hypocrisie des personnes qui préfèrent préserver leur petit confort plutôt que la recherche de la vérité, autant que l'hypocrisie qui règne au sein des institutions, dont l'église est ici le symbole. Car ces crimes se perpétuent malheureusement bien ailleurs.
Espérons que ce film courageux puisse contribuer à libérer durablement la parole de toutes les victimes de la pédophilie, du harcèlement sexuel, et de toutes les dérives de cette nature qui entachent notre dignité d'homme.
Dandzfr
Dandzfr

23 abonnés 130 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2019
Entre documentaire et le film, c est un sujet osé choisi par le réalisateur. Mais très bien traité. Mentions spéciales pour les différentes mères que l on voit dans le film, Balasko et les autres....
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2019
Le film de François Ozon a été précédé d’une belle polémique, certains mis en cause dans le film considérant que leur présomption d’innocence était mise à mal par le cinéma. Après la séance, on se dit que ces gens, évoqués dans le film, devraient plutôt faire profil bas en attendant que la Justice s’occupe enfin de leur cas, plutôt que d’attirer l’attention sur un film à qui, au bout du compte, ils auront fait une belle publicité. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que je n’étais pas très fan du cinéma de François Ozon d’une manière générale. Sans trop pouvoir dire pourquoi, j’ai toujours finit par m’ennuyer devant ses films, ils sont long, le rythme est lent, ils ne m’ont jamais passionné. Je dirais qu’avec » Grâce à Dieu », Ozon propose un de ses meilleur film malgré tout. Alors bien-sur, il est (trop) long, 2h20 et il a un démarrage terriblement poussif. Les 20 premières minutes, à base de voix off s’échangeant des courriers ou des mails bien polis (un joli dialogue de sourd au passage) sont interminables. Le film ne prenant son envol qu’avec l’arrivée du personnage de François, plus tranché, plus incisif. En fait, François Ozon découpe sagement son film en 3 partie bien égales : d’abord Alexandre, le catho pratiquant bien sous tout rapport, grande bourgeoisie, bien poli, bien respectueux, puis François le type moins bourgeois, plus entier, plus jusqu’au boutiste aussi (au point d’être contre-productif) pour finir par le plus cabossé, Emmanuel, le prolo mal dans sa peau. Il y a dans cette forme bien cadrée une volonté, celle de montrer que les victimes sont très diverses, que leurs histoires sont différentes, mais avait-il besoin de le faire cette façon, façon « petit a », « petit b » et « petit c », de moins en moins riche, de moins en moins croyant, de plus en plus abimé ? Du coup, son film ressemble à une dissertation avec en guise de conclusion, la conférence de presse désastreuse de Barbarin, qui lâche la phrase terrible « Grâce à Dieu, ces faits sont prescrits », comme quoi il n’y a pas que les lapsus qui sont révélateurs, les phrases malheureuses aussi. Même si on ne s’ennui pas vraiment, « Grâce à Dieu » semble sur le point de se perdre en route au bout d’un moment. Accompagné d’une musique un peu transparente, avec un cheminement chronologique (juste agrémenté de flash back chez les scouts, toujours allusifs mais heureusement jamais graveleux), dans sa forme le film de François Ozon est sobre au point d’apparaître austère. Le casting du film est tout à fait pertinent, qu’il s’agisse de Denis Ménochet, Swan Arlaut ou Melvil Poupaud, il n’y a rien à redire à leur performance. Leur personnage sont parfois à la limite de la caricature, mais sans jamais franchir le rubicond. Les seconds rôles sont eux aussi fort bien tenus, que ce soit par Eric Caravaca, Hélène Vincent, Josiane Balasko ou même Bernard Verley en père Preynat. Sa scène de confrontation avec Swan Arlaut, où il persiste à le tutoyer et à lui sourire comme s’ils étaient toujours chez les scouts met terriblement mal à l’aise. Le scénario de « Grâce à Dieu » met l’accent moins sur la pédophilie de Preynat que sur l’attitude de la hiérarchie ecclésiastique, j’imagine que c’est sans doute là que le bas blesse pour les détracteurs du film. La culpabilité du prêtre, le traumatisme des victimes (la scène du boulanger), la difficulté à libérer la parole, tout cela est clairement exposé et sans ambigüité. En revanche, l’attitude de Barbarin, de son prédécesseur à Lyon, de sa collaboratrice sont d’une ambigüité totale, permanente. On leur parle « victime », « crimes », « justice » et ils répondent « compassion », « foi », « pardon », ils sont dans leur logique jusqu’à l’aveuglement, et cela s’apparente, de l’extérieur, à de la lâcheté pure et simple. Ce qui m’a le plus intéressé dans le scénario d’Ozon, c’est l’attitude contrastée des parents des victimes, des frères, des enfants, des conjoints. Dans la famille d’Alexandre ce sont ses parents, très tradis, qui refusent de voir, qui refusent d’entendre, qui ne veulent rien savoir. Dans celle de François, c’est son frère ainé qui vit cette affaire comme une agression (il se sent surement coupable sans trouver les mots pour le dire) alors que ses parents essaient de racheter aujourd’hui leur apathie de l’époque. Dans le cas d’Emmanuel, c’est son père qui ne parvient pas à se sentir concerné. Là encore, Ozon semble tenir à explorer tout le panel des réactions possible (indifférents, gênés, coupables, exaspérés…) chez les proches. Même si certaines scènes en famille sont pertinentes et même fortes, il y a dans cette démarche un côté appliqué et scolaire qui fonctionne mal et qui dessert un petit peu son propos. Reste qu’il est indéniable qu’avec son film, François Ozon s’est attaqué à un sujet difficile, que son propos est mesuré mais somme toute courageux et que malgré ses défauts, « Grâce à Dieu » à le mérite d’exister et d’appuyer là où ça fait mal.
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2019
Emouvant au point que les larmes me sont venue aux yeux devant le personnage d'Emmanuel. Une victime en révolte qui tourne comme un fauve en cage. Une des victimes de ce prêtre pédophile lyonnais qui a sévi plusieurs décennies sans susciter de réactions appropriées de l'église. Alors quelques-unes de ses victimes ont fini par se réunir en association pour l'attaquer en justice et dénoncer l'inqualifiable, à savoir le mal incarné chez un prêtre censé apporter le bien et communiquer la parole de l'évangile. François Ozon s'attaque à un sujet douloureux avec "Grâce à Dieu". Mais Dieu Merci, il le fait avec une humanité, une honnêteté et une subtilité qui l'honorent. Point de généralisation hâtive, pas d'envie de casser une institution, de lyncher des curés.... Ozon ne fait que dénoncer. Il raconte juste les souffrances des victimes pour faire éclater la vérité. Même le prêtre pédophile paraît être un homme malade, victime de ses pulsions et pas trop mauvais bougre dans le fond. Cette absence de manichéisme - étonnante dans notre époque noir et blanche qui adore clouer au pilori - rend le propos plus profond. Une approche tout en nuances, à l'image des courriers échangés entre les protagonistes, et lus en voix off en début du film. Certes, cela peut donner l'impression de mettre le film sur un registre "documentaire". Mais, sans ce contexte, la charge contre l'Eglise n'aurait pas la même puissance. Sans ce contexte, la révolte vingt ans après les faits de jeunes garçons devenus adultes serait difficile à comprendre. Ozon a construit son film avec le canevas imposé de la réalité, loin des fantasmes de scénario inventés. Mais il a trouvé le ton juste pour parler de chacun : Alexandre, le toujours croyant, qui veut préserver les générations à venir ; François le révolté qui rejette tout le barda et veut se payer tous ces faux-jetons de curés ; Emmanuel enfin qui retrouve sa dignité et une raison d'exister dans ce combat qu'il n'a dans un premier temps pas voulu. Par ce délicat jeu d'acteurs, "Grâce à Dieu" est bien un film. Un très bon même, de ceux qui vous marquent et qui suscitent le débat plusieurs heures après la sortie de salle. Sans la moindre invective, sans la fureur déchaînée des débats sur les réseaux sociaux. "Grâce à Dieu" est une météorite bienveillante, tout en débusquant le mal où il se cache. Une telle honnêteté mérite 5 étoiles. Pas moins...
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