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Régine B
1 abonné
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4,0
Publiée le 16 avril 2020
Grâce à Dieu est un film qui traite d'un sujet difficile : la pédophilie au sein de l'Eglise et le silence qui l'a entourée pendant trop longtemps. Ozon reste juste et évite de tomber dans le docu-fiction. Son film est bien construit, les acteurs sont excellents et bien dirigés et la musique est parfaite et subtile. Mention spéciale pour Swan Arlaud, découvert pour ma part dans Petit Paysan. Il est là-encore habité par son personnage et son jeu rappelle fortement celui de Patrick Dewaere.
un film intéressant qui explique bien ce que peuvent faire certaines personnes aux enfants, je trouve les acteurs très bien je conseille vivement ce film et que les paroles ce libère .
L'histoire mérite d'être contée et met la lumière sur le problème de la pédophilie chez ce prêtre lyonnais. Mais n'est pas Coppola qui veut. Dans le parrain 3, Coppola décortiquait avec maestria les liaisons dangereuses entre le Vatican et la maffia. Là on suit des personnages qui deviennent tour à tour personnages principaux formant chacun un court métrage relatant leur histoire sans que les problématiques aillent au fond. On attendait un peu plus de cinéma de la part de Ozon. La manière dont tout cela est filmé (avec parfois qqs flash blacks d'un autre temps et des dialogues "non naturels" rapproche plus le film d'un téléfilm qu'un vrai film de cinéma. En tant que spectateur, je n'ai malheureusement jamais accroché.
Ce film m’a bouleversé par sa portée. Je ne suis pas trop au courant de cette affaire, et je dois dire que l’avoir vue m’a mis un coup. Ce n’est certes pas la première fois je vois un film qui dénonce la pédophilie au sein de l’Église, je pense au très bon EL CLUB, mais ça fait toujours aussi mal. Le réalisateur va se mettre de leur point de vue, et non de celui de la justice. Cela fait qu’on verra toute leur peine, le parcours qu’elles ont enduré et le désespoir qu’elles ressentent encore. La difficulté de libérer la parole. Le regard des autres qui n’est pas toujours bienveillant. Et surtout, la puissance de l’institution de l’Église. Il faut bien faire attention, ce film n’est pas là pour faire d’amalgame ou même pointer du doigt la religion catholique. Il se veut comme un cri d’alerte par rapport à un système qui a protégé un homme ayant fait des actes immondes avec des enfants. Il y aura une tentative de rester le plus impartial possible, mais la tournure des événements fait que le spectateur ne va pas rester neutre. Je pense tout de même que le film aurait pu être beaucoup plus fort s’il avait été réalisé avec plus de justesse. Le travail de documentation est pointilleux, mais le côté émotionnel pèche par certains moments. Il y a quelques passages qui sont trop longs, ce qui en atténue la force. Il faut dire que le jeu des trois acteurs principaux (Melvil Poupaud, Swann Arlaud et Denis Ménochet) ne m’a pas inspiré. Je trouve qu’ils en font trop dans tous les sens du terme.
« Grâce à Dieu » est le dernier film de François Ozon, un réalisateur français assez éclectique mais qui aime bien également les sujets tabous. Cette fois-ci, il s'attaque à un dossier brûlant, celui des actes pédophiles perpétrés par des hommes d’église plus ou moins couverts par leur hiérarchie. C’est certes lourd, mais ne tombe jamais dans le pathos ou la caricature, sans doute parce que c’est très bien écrit et que le métrage adopte trois angles de vue différents, ceux de trois victimes ayant subi des attouchements du même homme, le père Preynat, mais dont la relation avec Dieu diffère. C'est sobre, magnifiquement filmé dans une ville de Lyon sublime, et l’ensemble prend les allures d’un combat entre des victimes avérées et les institutions religieuses peinant à prendre des sanctions et à reconnaître la pathologie de certains de leurs membres. Il faut souligner surtout la justesse du casting avec un Melvil Poupaud et un Swan Arlaud au sommet de leur art. On ne sortira pas indemne de ce métrage qui suscite moult interrogations dont celle de l’ultime plan quant à la question métaphysique posée par le fils aîné d’Alexandre, celui par qui tout a pu commencer…
Commençant comme un récit individuel intimiste ayant recours à la voix off, le film évolue vers une narration collective, à plusieurs voix sur un même plan. En plus de défendre l'idée reconnue que les sévices infligés détruisent les victimes et leurs familles malgré le temps qui passe, le film s'attarde sur les différences entre ces victimes, la manière dont ils se sont construits avec ce vécu traumatique, l'impact des révélations sur leur vie privée et ce que chacun attend de ses dénonciations. Ce n'est certes pas très surprenant, mais subtil et sincère, plus empathique qu'émouvant! Un film d'utilité publique, connotation péjorative comprise, mais beau portrait d'hommes fragilisés, bien servi par la fiction alors que l'idée fut d'abord envisagée comme un documentaire. Mention spéciale à Swann Arlaud, bouleversant de complexité, qui n'a pas volé son César!
Excellent film avec de très bons acteurs. Déçue que les César ne l'aient pas plus récompensé. François Ozon a réussi à aborder le sujet tout en finesse. Courez-y.
C'est un sujet fort et éminemment d’actualité sur lequel s'est attaqué François Ozon avec *Grâce à Dieu* : L'affaire Bernard Preynat décortiquée à travers les yeux mêmes des victimes et la création de l'association ''La Parole libérée". Un film à la thématique puissante, mais qui bénéficie d'une forme souvent douteuse.
Apres le *Spotlight* de Tom McCarthy qui en 2016 nous étourdissait quelques-peu avec son immersion journalistique au cœur des révélations d'actes pédophiles dans l'Eglise, François Ozon parle de la France et du tremblement de terre horrifique par rapport aux actes de Bernard Preynat. C'est une institution ancestrale et profondément respectée à Lyon, qui est bousculé par les mots des victimes aujourd'hui grande. Des mots trop longtemps enfouis et dont la teneur les marqueront à vie. Une occasion aussi de renverser une tradition aveugle trop longtemps tolérée dans le milieu.
*Grâce à Dieu* donne de l'ampleur aux victimes. Nous suivons les principaux concernés avec leurs traumatismes et leurs détermination. Même si la plupart des voix qui se sont élevées viennent des hautes sphères de la ville de Lyon, il arrive que d'autres sortent de l'ombre au cœur des quartiers les plus populaires. Les témoignages et les personnages ont de la matière et donnent encore plus de crédibilité face à cette révolte. L’intérêt est encore plus grand avec cette immersion au sein de la création de l'association ''La Parole libérée''. Les convictions sont remisent en question, tout comme les rapports entre les hommes, les victimes et leurs bourreaux. La grâce de Dieu n'a plus rien à faire dans cette histoire : la justice doit rétablir la justice chez les hommes, qu'ils soient prêtres ou non.
Mais il faut noter que le long-métrage présente quelques défauts cinématographiques qui énervent face à la telle importance thématique. Beaucoup de scènes rythmées d'une faible écriture et des flash-backs dont le réel intérêt est à interroger. Ozon peine aussi à faire des efforts sur la mise en scène, et préfère compter sur quelques effets numériques en arrière plan qui amènent à revoir la crédibilité du film. Petite note sur la distribution, et en particulier Melvil Poupaud, qui à le talent d'alterner entre performance intéressante et ennui profond. Pour le coup, mention spéciale à Swann Arlaud qui reste toujours très bon (et Pierre Lotin, qui de sa rapide apparition, réussi à marquer).
*Grâce à Dieu* reste un film fort et prenant qui nous emmène au cœur d'une volonté de chute et de reconfiguration totale de pas seulement un homme, mais d'une institution toute entière. Malgré ses déraillements en cours de chemin, François Ozon maintient à nous passionner.
Admirablement filmé avec élégance et douceur, le sujet pourtant à la base extrêmement casse-gueule est traité ici avec beaucoup de finesse et d'humanité.. Le film passe tour à tour du drame intimiste au policier, et film social au fur et à mesure qu'il se rapproche à tour de rôle des protagonistes du film. Les acteurs tous épatants assument pleinement le sujet et nous livre des hommes fragiles mais jamais faibles. Un film utile voir même indispensable sur la libération de la parole. À voir donc
Bon film, histoire forte, bons acteurs Cependant, le film manque de cinéma, de souffle. On reste sur le sujet très documenté. La partie avec Melvil Poupaud est de loin la plus incarnée.
Difficile de juger un tel film puisqu'il ne ressemble à peu d'autres de par sa construction, une sorte de vrai-faux documentaire, en fait. Alors le premier critère quand on a vu un film c'est de se demander si c'était intéressant ? La réponse est oui, on ne voit pas passer les 137 minutes. Maintenant la réalisation ? Elle n'est pas parfaite mais ses défauts sont mineurs, il y a certains dialogues qui manquent de naturel, certaines pleurnicheries peuvent agacer et il y a de séquences à mon sens inutiles comme les réminiscences de la femme d'Alexandre. Ozon sait saupoudrer ce film sérieux d'humour insolite, spoiler: comme la bytte dans le ciel, humour loin d'être gratuit puisqu'il permet de poser la bonne question : qu'est-ce qui vous choque le plus, messieurs les curés ? A la fin Ozon affiche carrément le film comme anticatholique ou même anti religieux, c'est son droit et ça ne me dérange pas du tout.
Je voudrais rassurer certains qui penseraient que ce film est anti-catholique. Bien au contraire, quoi de mieux que de reprendre les paroles d'Alexandre joué avec brio par Melvil Poupaul : "ce n'est pas contre la religion mais pour elle.'' A partir de là François Ozon livre un drame aussi poignant que dérangeant, aussi bouleversant que choquant et c'est de la que tient la force du film. En effet, François Ozon ne prends aucunement partie dans ce film et livre même tout le contraires des standard auquel la presse nous a habitué la presse.
Un film-enquête efficace et minutieusement documenté qui dénonce les abus sexuels commis par le prête Preynat sur des enfants et le silence de l'Eglise catholique, mené par une interprétation remarquable. Un témoignage qui fait froid dans le dos mais essentiel. Bravo François Ozon.
Un film dramatique sur un sujet d'actualités qui l'est tout autant. J'aurai aimé dire que c'est bon, mais le sujet est traité trop à la vite fait, il ne rentre pas dans les profondeurs, pas assez. Et le jeu d'acteurs est assez mauvais. Juste pas mal.
Grâce à Dieu est éminemment polémique, aucun doute là-dessus. Il faut rappeler qu'au moment de sa sortie en salles, le cardinal Barbarin comparaissait devant les tribunaux pour répondre de son inaction face aux accusations de pédophilie entourant le prêtre Bernard Preynat. C'est donc autant l'œuvre engagée d'un cinéaste, prêt à donner un coup de projecteur sur une affaire aux ramifications tortueuses, que la chronique bouleversante de victimes hantées mais pas résignées. Compte tenu de la complexité du sujet, François Ozon choisit la simplicité pour le traiter. Le dispositif est aussi simple que pertinent : la parole à ceux qui ont subit et ont agi. Tout le film sera consacré au chemin de croix arpentés par 3 victimes aussi différentes que complémentaires. Trois destins émouvants et admirables, sublimés par une réalisation jouant à merveille sur l'opposition. Filmées de dos, telles des figures sacrificielles en marche vers l'inéluctabilité (l'opposition à l'église), ou de face dans leur poignante sincérité, ces trois âmes errent dans un dédale de difficultés que Grâce à Dieu parvient à rendre perceptibles (ce qui est déjà énorme). Un récit à plusieurs voix, et pas seulement celles de ceux qui révèlent mais aussi celles de ceux qui se défilent. Les bourreaux par leurs actes, leur silence assourdissant, leur incompréhension. Le parti pris donne la pleine mesure d'un combat à mener sur tous les fronts : sur le plan personnel, sur le domaine familial, et sur le terrain de l'opinion publique. La distribution est exemplaire, dominée par un trio de tête magistral (Denis Ménochet, Swann Arlaud, Melvil Poupaud) et secondée par une galerie de personnages secondaires passionnants (Josianne Balasko, Aurélia Petit et François Marthouret). Je me questionne juste sur la forme. Pourquoi ne pas avoir opté pour un film choral entremêlant les trois personnages principaux, au lieu de les faire se chevaucher mécaniquement ? Ce choix ne minimise pas la force du film, mais présente un caractère légèrement redondant voire déstabilisant (notamment dans l'évolution d'Alexandre). Cela n'enlève en rien sa justesse, notamment dans son final, à la fois juste et bienvenue. Une manière comme une autre de montrer que si les héros n'ont pas flanché, ils restent néanmoins ébranlés dans leur chair et leur croyance.