Un film peu connu de Mocky, très belle surprise, presque une pépite, car le scénario tiré d’un roman de la série noire est très travaillé, très bien construit, sans temps mort, et avec de bons retournements de situation dans cette intrigue politico-policière qui nous tient en haleine de bout en bout.
Il y a bien sûr l’esprit Mocky, dans sa veine individualiste la meilleure, avec des dialogues très bien écrits ; persifleurs, « rebelles », tranchants, et des personnages haut en couleur, politiquement incorrect, comme on aurait du mal à les dépeindre aujourd’hui. La prostituée, jouée par Kristen Scott Thomas, toute jeune, l’un de ses tous premiers grands rôles au cinéma, on la reconnait à peine , pleine de fraîcheur ; prostituée qui vend librement son corps, le décor de son studio est un absolu « must » .L’antiquaire -truand , Richard Boringer très belle prestation , très juste, bien dirigé, une de ses meilleures interprétations, au discours gentiment nihiliste. Et puis surtout la formidable Catherine Deneuve, dans un rôle toute en finesse et sensibilité, dans la peau de cette femme célibataire, vieille fille comme on disait à l’époque, fonctionnaire dans un musée, qui se prend d’intérêt pour cette affaire et devient une enquêtrice hors pair qui va devenir féroce. Des nuances dans son jeu que l’on ne lui connaissait pas souvent. Bravo encore JPM , directeur d’acteur qui sait nous dévoiler une Deneuve si mystérieuse. On retrouve tout une série de « grandes gueules » rares au cinéma au faciès atypique comme sait si bien les choisir JPM, qui rajoute une part de fantastique au récit .On ne connait pas leur nom mais ils nous régalent par leurs courtes apparitions, Là aussi JPM , était le seul à proposer de telles fantaisies.
La réalisation est plutôt brillante, de très beaux plans bien léchés, bien cadrés, très soignés , ( ce qu’ oubliera un peu JPM , dans ses derniers films fait à la va-vite) . De beaux éclairages pour filmer ces montagnes enneigés (une grosse partie est tournée en Haute Savoie), dans des lieux complétement atypiques là aussi ajoutant une certaine magie pour ces lieux isolés et inquiétants de haute montagne.
Et puis un final excellent, complétement ouvert, avec l’arrivée de Pierre Arditi ( très bon aussi) où JPM aime nous surprendre, laissant libre court à nos imaginations. Un beau film qui nous fait regretter le cinéma tellement libertaire et unique de JPM.