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ANDRÉ T.
94 abonnés
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4,0
Publiée le 26 juillet 2018
Yu Guowei notre "héros" n'a pas choisi comme hymne personnel: "Ya d'la joie" de Charles Trénet.... Ce qui nous frappe dans ce film c'est que le réalisateur nous montre une autre Chine que celle de Shanghaï ou Pékin, des Jeux Olympiques.... Des paysages de plaine vastes, des cheminées fumantes, des usines immenses aux ossatures métalliques qui ressemblent à nos friches industrielles du nord, de l'est, et de la vallée du Gier, chez nous dans les années 90.... Notre héros s'est mis en tête de trouver le coupable de ces crimes sexuels... au point de ne pas porter suffisamment attention à l'Amour qui est là, à sa portée. De beaux personnages, dans un décor sinistre et cette pluie qui ne cesse jamais. "Les plus désespérés sont les chants les plus beaux"....(Alfred de Musset)
Depuis les années 90, le pays connaît des bouleversements économiques stratosphériques, le cinéaste souhaite en parler à travers le cinéma de genre et combine astucieusement le thriller avec le film de société. Le récit s’attarde sur le contexte d’une usine de province, ce qui en fait un terrain de jeu propice pour créer une belle ambiance noire tout en réfléchissant aux mutations du pays.
Chine, 1997, à quelques mois de la rétrocession de Hong-Kong au pays, une série de meurtres survient dans un région industrielle. Alors que la pluie tombe sans cesse, brouillant les preuves, un tueur de femmes sévit. Yu Guowei, chargé de la sécurité dans une usine qui rêve de mieux, se met en tête de coincer le coupable. C'est le début d'un long calvaire, l'homme se perdant un peu plus au fil de l'affaire alors que les usines ferment autour de lui... S'il ne surprend pas vraiment dans son pitch, lorgnant clairement du côté de "Memories of Murder" pour son côté pluvieux et social, "Une pluie sans fin" se démarque néanmoins de ses références par un sens du récit assez vertigineux, déployant plusieurs genres, commençant par un thriller prenant (avec à la clé une course-poursuite haletante) pour finir vers un drame humain à résonance sociale, tragédie d'un homme qui finit par n'avoir plus que l'enquête comme obsession quitte à s'y perdre. Impressionnant de maîtrise aussi bien narrative que formelle (pour un premier film, le résultat est formidable et compte des plans magnifiques), "Une pluie sans fin" demande, il est vrai, une attention de tous les instants mais la façon dont Dong Yue organise son récit, tordant nos attentes pour mieux parler d'une solitude écrasante (rendue encore plus forte par la pluie incessante du film) prend aux tripes à mesure que le héros, incarné par le talentueux Duan Yihong, se retrouve isolé face à ses actions. Frappant très fort, embrassant ses références pour nous offrir une œuvre à part, "Une pluie sans fin" nous retourne les tripes à chacune de ses ellipses narratives et livre un plan final parfaitement bouleversant, achevant de faire du film l'une des grandes réussites de l'année.
Ce film m'a séduit car l'enquête n'est qu'un prétexte à étudier la psyché du héros (en lien avec la psyché du pays) entre rêve, ambition et orgueil : le fond est riche et profond. Mais la forme n'est pas en reste, avec un choix varié de façons différentes pour filmer ces plans à la pluie omniprésente.
Un film qui pourrait être intéressant et réussi mais qui finalement ne l'est pas pour cause d'un auteur qui a un peu trop voulu pousser le phénomène sociétale chinois de l'époque au point de délaisser l'intrigue, ainsi que les paysages moroses et une pluie omniprésente qui deviennent presque agaçants.
L'affiche d'Une pluie sans fin est belle, c'est suffisamment rare pour être souligné, et qui plus est très fidèle au ton du film, pas très riant, on l'aura compris. S'il fallait absolument le définir, on pourrait le classer quelque part entre le pessimisme de Jia Zhangke et le romantisme blessé de Wong Kar-wai mais ce serait faire injure à Dong Yue qui impose un univers très personnel dès son premier long-métrage. L'époque où se déroule l'action est importante, en 1997, au moment de la rétrocession de Hong Kong et de la dénationalisation de nombreuses entreprises industrielles, les moins viables disparaissant du jour au lendemain sans se soucier le moins du monde des dégâts humains. Cet aspect social n'est pas qu'un arrière-plan dans Une pluie sans fin et dépasse de loin l'enquête criminelle qui sert de prétexte à montrer le cheminement du héros du film, lequel vit également une histoire d'amour compliquée par l'environnement changeant et les espoirs déçus. Cela fait beaucoup de sujets ? Sans doute et Doong Yue a un peu de mal à équilibrer ses différents versants. Ajouté à cela son souci de ne rien expliquer en détail et de procéder par symbolisme, le film peut paraître peu aimable et légèrement fruste. Il est pourtant passionnant pratiquement de bout en bout par sa mise en scène et son atmosphère de film noir au fort taux d'humidité. Ruissellement et déliquescence, le tableau est assez sinistre mais ne tombe jamais dans les écueils de la démonstration sans nuances. Après Les anges portent du blanc et avant les sorties du troublant Un grand voyage vers la nuit (Bi Gan) et de Les éternels (Jia Zhangke), Une pluie sans fin renforce l'idée que 2018 est bien une grande année pour le cinéma chinois.
Le personnage principal s'appelle Yu, Yu "comme inutile" dit-il, mais surtout comme la pluie dont le réalisateur use et abuse un peu pour donner un caractère poisseux et théâtral aux aciéries peintes dans le film. On change de braquet cependant quand on se prend à avoir peur pour son hirondelle, appât bien malgré elle d'un tueur en série. Là, le film gagne en suspense et en intensité. Dommage qu'il copie mémoires d'un tueur de Bong, mais ça reste un bon film, avec ce coté brusque propre au pays.
Effectivement il faut croire à un memories of murder dans talent. Et pour reprendre les critiques de la presse il est évident qu’à force de multiplier les genres (thriller, romance, drame, étude de la société voir aussi un peu de métaphysique) cela ne ressemble plus à rien. Sans compter que le réalisateur se complaît à vouloir littéralement asphyxier son film de par ces noirs paysages. Enfin et cela n’aura pas été suffisamment dit, mais c’est vraiment beaucoup trop long et plein de longueurs façon « auteur » qui desservent l’intérêt du film
Bon, oui, mais en fait non. Il y a du bon dans ce thriller, heu, cette romance, pardon, ce récit historique, ha non, ce drame social, bon, bref, on ne sait pas vraiment. Mais il y a aussi du mauvais, et même du très mauvais, façon film de série B, qui vient trainer là et presque faire rire tant la ficelle est grosse. En conclusion c'est un film à voir pour son univers (sauf si vous êtes en phase de descente dans votre dépression), son ambiance, le dépaysement offert et son esthétisme foncièrement noir et sombre. Chose curieuse, au sortir de la salle il pleuvait ce soir, et sur mon trajet en vélo j'ai trouvé une chaussure orpheline en plein centre-ville, d'où le fait que j'ai éclaté de rire devant d'autres passants. Si vous voyez ce film vous comprendrez.
Je suis sorti de la salle j'avais l'impression d'être trempé, la Chine doit être un beau pays mais pas dans cette ville. tout est sinistre tristesse et désespoir on patoge dans la boue des esprits et de la ville. l'histoire est bien ficelée un bon 1er film
Un premier film impressionnant de maîtrise et de justesse, tant dans l'interprétation de ses acteurs que dans la prise de vue, les choix scénaristiques et les décors. Un film touchant et triste, représentatif d'une génération de la société chinoise laissée pour compte.
Un film très surprenant. Loin de ce qu'on a l'habitude de voir, le réalisateur nous plonge volontairement dans les codes de ce que l'on connait...pour mieux s'en éloigner.