Thriller chinois que je voulais découvrir depuis sa sortie en salles, "une pluie sans fin" ne m'a pas déçu au niveau de son ambiance et de son atmosphère poisseuse qui n'est pas sans rappeler le "Seven" de David Fincher et aussi par rapport à la très bonne interprétation de son casting. Quant à l'histoire, si elle n'a rien de franchement révolutionnaire, elle a tout de même le mérite de nous tenir en haleine jusqu'au dernier plan du film.
Effectivement "pas mal" peut être un peu long.. la pluie pèse par contre vraiment et donne une ambiance qui trouble la vision et les esprits ce qui est assez original..
L'aspect "thriller" n'est en réalité qu'un habillage pour ce film chinois, qui tient plus de la critique sociale sous-jacente à laquelle une enquête policière sert de prétexte. Le film développe longuement sa thèse en s'appuyant essentiellement sur son casting d'acteurs au jeu direct et efficace, tout le long d'une mise en scène qui tend hélas à s'amollir avec le temps, après un démarrage soigné. La deuxième heure passe ainsi plus difficilement, mais il y a indéniablement du savoir-faire qui ne demande qu'à se perfectionner dans le futur.
Magnifique film situant l'action en pleine période de désindustrialisation de la chine à la fin des années 1990. Le climat social est très bien rendu, les personnages ont des personnalités complexes et attachantes et le suspens tient le spectateur en halène jusqu'au dénouement. Les acteurs sont excellents et l’environnement gris et pollué de cette ville industrielle est parfaitement recréé. A voir absolument ! Un beau moment de cinéma.
Un bon polar asiatique comme je les aime, avec une ambiance sombre et un soupçon d'humour noir savamment dosé. L'intrigue est passionnante et tient la route. La mise en scène place le spectateur dans un espèce de faux rythme, alors qu'il se passe beaucoup de choses. Et puis, l'acteur incarnant le personnage principal est parfait. Je recommande.
"Une pluie sans fin", premier long-métrage de Dong Yue, commence comme un pur polar qui prend clairement pour inspirations les esthétiques de "Memories of murder" (Bong Joon-ho) et "Seven" (David Fincher) : une longue course-poursuite virtuose sous la pluie – la meilleure scène du film – en est une des preuves. Mais ne voulant pas se limiter à filmer une enquête policière, Dong Yue veut élargir l'ensemble à une dimension descriptive en faisant le commentaire de l'état de Hong-Kong à une période charnière de son Histoire à travers un axe social (le personnage principal est un chef de sécurité d'une usine, obsédé par sa réussite et sa reconnaissance au sein de son entreprise) et en élaborant une trame sentimentale complexe et peu incarnée. Le manque d'émotion qui en ressort provient justement de ce choix de mettre en scène trois pistes majeures sans pour autant les explorer à fond : le film ne s'arrête alors sur rien et en se dispersant ne fait que rester à la surface des choses. Son enquête reste la partie la plus intéressante mais tout le mystère qu'elle contient finit par s'évaporer lors d'un flashback explicatif qui révèle une résolution particulièrement décevante. Le talent de metteur en scène de Dong Yue est indéniable mais sa mise en évidence est limitée par une ambition narrative contre-productive à l'écran, d'où le fait que l'atmosphère proposée n'est pas aussi envoûtante que ce qui était espéré. Certaines scènes resteront à coup sûr mais le résultat demeure globalement mitigé.
Un thriller policier qui renferme un discours social sur la transformation de la Chine au tournant du siècle. L’ambiance, particulièrement réussie, rappelle bien sûr Memories of Murder ou Zodiac, et le résultat est visuellement assez impressionnant pour un premier film (en même temps, le réalisateur a commencé comme chef-opérateur). Malheureusement, dans le détail, le film n’est pas tout à fait à la hauteur de l’ampleur qu’il semble vouloir atteindre. Le scénario, un peu maigre, est dilué à l’excès dans une mise en scène qui crée une tension parfois artificielle et pompeuse, surtout en deuxième heure. Ça reste un film agréable, mais dispensable.
Dans une cité industrielle du nord de la Chine, un simple employé d'usine tente de résoudre les meurtres de jeunes filles.
Un polar intéressant, bien que je n'étais pas absorbé par le récit. impossible de me concentrer. Mais le drame, le mystère, les interrogations sont bien ficelées et l'histoire te prendre à revers quand tu ne t'y attends pas.
En gros, un film pas très joyeux pour commencer mais intéressant.
J'adore les thrillers asiatiques, ce film est bon mais il lui manque quelque chose pour être très bon, l'atmosphère est très humide et l'intrigue prend.
Un employé de la sécurité d'une usine en chine se met en tête de retrouver l'assassin de plusieurs ouvrières. Dès les premières images ont se rend compte que le réalisateur a vu plusieurs fois Seven . Plusieurs scènes s'y rapportent notamment la scène de poursuite dans l'usine. L'ambiance poisseuse et pluvieuse. Y pas de problème, c'est pas le premier réalisateur à s'en inspirer. On peut voir le film comme l'histoire d'un monsieur tout le monde qui se laisse embarqué dans une histoire de serial killer qui le dépasse. Malheureusement la réalisation me laisse un peu de marbre et me fait penser à un téléfilm : c'est assez plat. Le rythme est souvent cassé pas des scènes montrant la relation entre le personnage principal et la femme qu'il entretient. Un peu déçu je m'attendais à mieux .
Les années passant, le cinéma chinois commence à montrer quelques signes d’occidentalisation, ou plutôt de “coréanisation”, un modèle intermédiaire disponible dans le voisinage immédiat. Si cette mutation se fait parfois pour le pire, avec une profusion de divertissements populaires joyeusement décérébrés, certains réalisateurs semblent plus que prêts à faire bouger les lignes, même si se pose alors comme toujours la question d’une perte de singularité au profit d’une quête de lisibilité. Entre autres choses, la figure du tueur en série, vice capitaliste par excellence, n’a jamais été bien vue en Chine communiste, et c’est à ce niveau qu’il faut saluer un début d’évolution, de même que le choix d’un enquêteur atypique, qui n’est ni un héros ni un représentant de l’état mais le modeste vigile d’une usine voisine : moitié parce qu’il a fini par croire aux flatteries de ses collègues qui voient en lui un limier d’exception, moitié parce que son existence est d’une platitude à toute épreuve, l’homme va se plonger corps et âme dans la recherche de l’assassin, au risque de s’y perdre lui-même. Certes, on est encore loin de l’énergie et de la tension de ses modèles hollywoodiens, car s’il aligne les éléments réglementaires du genre, ‘Une pluie sans fin’ le fait à un rythme qui lui est propre, et qu’on pourrait à bon droit trouver somnolent : c’est que l’environnement - une zone industrielle qui ignore encore que ses jours sont comptés, et sur laquelle tombe une pluie perpétuelle - joue dans ce sentiment d’un univers gris et sinistre, à l’horizon bouché, dont il semble impossible de pouvoir s’évader : c’est que Dong Yue, en plus d’offrir un whodunit sans issue, se veut aussi commentateur des bouleversements profonds qui ont secoué son pays ces dernières décennies : ‘Une pluie sans fin’ se déroule à la fin des années 90, qui virent la Chine prendre son envol économique au prix d’un démantèlement massif et brutal des entreprises d’état, qui laissa sur le carreau des millions d’ouvriers qui avaient cru dans une utopie collectiviste éternelle. Entre ces deux ambitions, Dong Yue semble tiraillé et s’égare un peu...mais le signal n’en reste pas moins encourageant.
Un thriller qui nous vient d'asie et qui n'est pas Coréen. Pas tout à fait, car à travers une pseudo enquête, Dong Yue nous plonge dans la société chinoise de la fin des années 90. Alors c'est vrai que le rythme est un peu lent, mais à la fin du film on se sent moite avec toute cette pluie, cette boue. La boue sur la ville, la boue sur la vie des gens. La photo est magnifique et l'ambiance étouffante, un film original.
Le film enquille les bons points dans ses premières minutes : polar chinois autour d’un milieu populaire. L’usine et la pluie comme trame de fond. Une enquête aux allures douteuses, suivit par une sorte de « policier employé » de ladite usine. Novateur et captivant. Mais la demi-heure passée - on guète le rebondissement, l’inattendu, le twist, la connotation social, le film de genre. Pas vraiment tout ça, car ça ne viendra jamais vraiment. Histoire qui s’évapore vite de la mémoire.
Pourquoi allez-vous au cinéma ? Si c’est pour passer un bon moment, pour rire, pleurer ou se faire peur – n’irez surtout PAS voir ‘Une Pluie sans fin’. Par contre, si vous êtes cinéphile en recherche de films qu’on n’oublie pas, ce film est pour vous. Pire que l’univers nordique et froid d’un Henning Mankell, on voyage ici dans cette Chine profonde des années 90, ou tout est gris, fade, monochrome, triste. Une usine sur un terrain vague, des champs infertiles, un bidonville habité d’ouvriers tristes. Et tout ceci sous la pluie incessante. La dépression règne et les bottes et les vélos s’enfoncent dans la boue – pendant 2 heures. Ce polar rural – car il y a bien des meurtres et un meurtrier qu’on chasse en suivant un détective privé peu sociable – est profondément nihiliste. Bref : un film qui marque.