Il est préférable d’avoir vu le premier film Happy Birthdead (ou Happy Death Day). Sinon, on saute une classe de physique quantique et on risque de ne pas bien suivre où en est l’univers multiple. Plus pragmatiquement, on risque de ne pas comprendre l’angoisse de retourner dans une boucle temporelle quand on vient d’en sortir. Mais on peut prendre ce risque, l’actrice qui porte le film sur ses épaules (Jessica Rothe) étant tout simplement en pleine forme et en pleine émotion à tout instant –les autres acteurs sont des faire-valoir (même si Israel Broussard a des moues attendrissantes et une ressemblance frappante avec Colin Firth, jeune ou pas). En revanche, que des parents prennent le risque d’emmener leurs enfants voir ce film est incompréhensible, sauf s’ils sont déjà formés à ne rien comprendre et à ne pas s’en émouvoir –chose pas si rare, convenons-en. Il s’agit en effet beaucoup d’épanouissement personnel, de boucles quantiques, du sens du quotidien, des univers parallèles, du passé qui nous retient, du futur qui nous attire. L’humour est potache. Le psychopathe de ce slasher est un second rôle. Bof, donc. Sinon, que dire sur ce film qu’on n’ait pas déjà dit dans la critique du premier (2017) ? Rien, sauf que l’originalité (relative) du premier est perdue et non recréée dans le deuxième; qu’en conséquence on s’ennuie, que le fauteuil devient inconfortable; et qu’on n’attend pas le troisième volet annoncé (annoncé implicitement entre les deux génériques de fin) –sauf si l'on est tombé amoureux de Jessica Rothe ou d'Israel Broussard. Ce film est un pur produit de mercantilisme, même s’il reste regardable, avec une mise en scène de qualité (sauf la bande-son). Jason Blum et Christopher Landon nagent dans le bonheur de produire et réaliser ensemble des films à petits budgets qui rapportent beaucoup. On ne sait d’ailleurs pas vraiment pourquoi. Mais à coup sûr, c’est le signe des talents qui entrent en scène pile-poil au bon moment dans les années 2010. Car ce film, pas plus que le précédent, voire encore moins que le précédent, n’est pas génial et pourtant il l’est quelque part. Quant à savoir s’il restera génial, rien n’est sûr. En tout cas, il serait étonnant qu’il fasse partie des dix films pour faire des insomnies ! Ce n’est pas plus un film genre épouvante/horreur qu’un film comique –alors que les classificateurs de films indiquent épouvante/horreur – comédie. C’est un film de science-fiction pour les nuls. Mais c’est un film qui reste un bon divertissement