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Un visiteur
4,0
Publiée le 17 octobre 2018
Lara vit à Bruxelles avec son père et son jeune frère. Elle a 15 ans et un double rêve : être totalement une fille malgré son corps de garçon et devenir danseuse étoile. Pour son père qui essaie d’être à la hauteur, pas de problème, elle est sa fille chérie. Et pour son petit frère, juste une grande sœur attentionnée. Mais quand elle est à la salle de danse, on voit bien, malgré son joli visage et sa longue chevelure blonde, que son buste musclé et dénué de poitrine dépare un peu. Pour Lara, plus encore que pour ses copines, la répétition des exercices qu’elle termine les pieds en sang et une terrible souffrance. Et dans les vestiaires, la vérité se dévoile aux autres : elle est transsexuelle. Le changement de genre passera par un long traitement hormonal et de douloureux sacrifices, avant l’opération libératoire. Le film est fait d’incessants allers-retours entre son appartement et la salle de danse. Entre son entêtement dans l’intimité familiale et l’apprentissage de la douleur. Et toujours l’affrontement à ce corps qu’il faut mater. La lutte intérieure de Lara qui accepte de se mettre en danger pour devenir la personne qu’elle veut être, est filmée sans voyeurisme ni pathos. Avec délicatesse et pudeur. Sans jamais être dérangeant, Girl est un double choc. Comment peut-on faire un film aussi maitrisé à 25 ans sur un sujet casse-gueule ? Et comment peut-on jouer avec tant d’engagement ce rôle de fille à venir quand on est un gars de 15 ans ? Cannes ne s’y est pas trompé en décernant la Caméra d’or au premier film du réalisateur belge Lukas Dhont et en récompensant l’impressionnant Victor Polster d’un prix d’interprétation.
" Girl " récompense au dernier festival de cannes et plébiscité par la presse est un drame qui prend au trip. En effet nous y suivons le parcours de Lara né garçon qui rêve de devenir danseuse ballerine, le film doit beaucoup à l'acteur principal Victor Polster parfait dans son rôle de transgenre dans un récit apre, réaliste, douloureux et vertigineux. Une réussite
Des deux distinctions cannoises je retiens avant tout le prix d’interprétation pour le jeune Victor Polster effectivement sidérant dans ce personnage de petit homme qui veut devenir danseuse étoile. Le thème du transgenre habituellement abordé au cinéma ne prend pas position aussi frontalement que le fait le réalisateur belge très préoccupé ( au risque de beaucoup se répéter ) par le processus médical nécessaire à l’accomplissement de la transformation physique de son héros. Si Dhont n’occulte pas le côté familial des choses auquel il confère une très grande sérénité ( le papa est totalement aux côtés de sa fille, la mère n’apparait jamais … ), il prend aussi surtout position sur l’évolution psychologique et physique d’une héroïne qui après avoir montré beaucoup de patience et de persévérance commence à flancher quand elle doit se confronter aux réalités de son environnement et de ses proches . Un aspect qui me semble-t-il tarde à venir dans le monde du réalisateur qui s’attarde beaucoup trop sur le nombril de son histoire. Il se plait à filmer les corps et l’intime, la féminité en attente, une belle ligne de cou. Il faut alors tout le talent de ce jeune comédien Victor Polster pour en saisir les nuances et la force de son combat . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
C'est une tristesse que le réalisateur ne voie que le coté négatif des choses et malgré qu'il ait fait un film sur les personnes trans il ne doit pas vraiment les comprendre. C'était un film vraiment perfide et cruel envers les personnes trans qui ont surement pleuré de tristesse en le voyant
Voilà un excellent film sur un sujet difficile. On comprend bien la grande souffrance de ce jeune garçon. Il a pour lui la grande compréhension de son père mais cela ne suffit pas. spoiler: Il a besoin du changement de sexe souhaité pour enfin aller bien.
Quelle interprétation !!! J’en suis restée bluffée . Le sujet est abordé subtilement. Un plaisir à regarder ce genre de film qui nous en apprends beaucoup sur la vie
La plus belle réussite de Lukas Dhont est de ne pas faire de son premier film ce qui pourrait n'être qu'une illustration stéréotypée d'un débat sociétal mais bien une oeuvre sensible, à la fois pudique et crue, d'une grande justesse de ton sur l'identité sexuelle, sur la relation au corps (surtout quand il n'est pas celui que l'on souhaite), sur la part d'ambiguïté de l'adolescence en particulier, dans le milieu de la danse qui ne fait que l'exacerber. La touchante et subtile relation père/fille (magnifiée par le talent de Victor Polster et Arieh Worthalter) et la sensibilité de la lumière qui ose les changements de Franck Van den Eeden ajoutent à l'émotion suscitée par ce long chemin de croix. Il est donc déchirant de voir le film se terminer de façon radicale et trop appuyée illustré par une musique aux trémolos inutiles. Le chef d'oeuvre était à portée de main.
Pour être tout à fait honnête, je n'avais pas spécialement l'intention de voir ce film, j'y suis allé comme accompagnateur, mais j'ai joué le jeu, et j'ai été surpris, j'ai passé un bon moment, riche en émotions, de la joie, des doutes, de l'envie, de l'amertume, du désespoir, bref, une belle palette passée en revue. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est la performance de Victor Polster, à la base casté pour faire de la figuration, il faut tout de même en avoir conscience. Son investissement physique pour le film a dû être énorme. De plus, le rôle est loin d'être conventionnel, pour une première, sans la moindre expérience, il se retrouve à jouer une fille vivant mal d'avoir un corps de garçon. Il le fait sans tomber dans l'excès d'interprétation. Et pour la danse, même si de base c'est un danseur, il a fallu qu'il apprivoise les pointes. Respect. Je coince un peu plus sur la finalité du film, ainsi que sur sa fin, d'ailleurs, qui donne l'impression qu'à un moment donné, il faut stopper, alors on trouve quelque chose, de moyennement probable, et on arrête. Ce film reste malgré cela pour moi une bonne surprise, et encore chapeau pour la performance de Victor Polster, bluffant.
Lara,15 ans, rêve de devenir ballerine. Mais, elle est enfermée dans un corps de garçon dont elle a décidé de se séparer avec l'aide des médecins et le soutien de son père.
Entre les cours de danse où il faut apprendre à faire des pointes à l'âge où les filles en font depuis plus de 3 ans, et les visites à l’hôpital et chez le psy, Lara ne se ménage pas. Lucas Dhont place son héroïne dans le milieu de la danse à haut niveau pour souligner sa détermination et sa souffrance. Souffrance dans ce corps qu'il faut exhiber, souffrance de ce corps qu'il faut déformer, transformer pour obtenir de lui de devenir une femme et une danseuse.
La force du film tient en deux choses : son point de vue et ses deux comédiens Son point de vue est celui de Lara. Il prime sur tout au point de se désencombrer le plus possible des poncifs, sur l'entourage familial notamment, porteur d'une souffrance lui aussi. Ici le père est seul, sans problème particulier et soutien sans réserve son enfant. C'est la volonté, l'impatience, les souffrances et les obsessions de Lara qui prévalent.
Les comédiens, père et fille. Victor Polster, 15 ans, danseur à l'école Royale de ballet d'Anvers, visage d'ange, incarne de façon confondante Lara. Il est Lara. Dans un registre différent mais assez complexe également, le rôle du père est tenu par Arieh Worthalter, lui aussi excellent.
Si la fin du film peut laisser dubitatif, la force de l'ensemble, avec son traitement à la fois cru et délicat, l'emporte.
Lukas Dhont signe un film choc qui doit beaucoup de son effet sur le public à son jeune interprète, le jeune Victor Polster qui prend ici tous les risques pour incarner ce personnage déterminé à être une fille. Passé la sidération vis-à-vis de cette histoire qui prend place, en plus, dans le milieu très cruel et difficile de la danse classique, le spectateur peut parfois trouver le temps long. Effectivement, le personnage principal ne déviant jamais de sa farouche volonté de changer de sexe, il faut presque deux heures au cinéaste pour parvenir à une scène finale qui a tout pour choquer, mais qui accomplit enfin le destin de cette jeune personne. La réalisation est correcte sans être exceptionnelle. Elle a en tout cas le mérite de prendre à bras le corps un sujet délicat sans chercher obligatoirement le sensationnalisme (sauf peut-être justement lors de la séquence finale, plus extrême). Bref, une œuvre imparfaite, mais à découvrir tout de même.
BOULEVERSANT, ADMIRABLE,SENSIBLE ET DENSE. On suit avec le souffle coupé, cette adolescente en voie de réaffectation sexuelle.Boule de détermination et d’obstination qui ne s’épargne rien et qui n’épargne rien aux autres. Ici le problème n’est pas sociétal . Cette jeune transgenre est entourée de bienveillance de la part de tous les adultes qui l’entourent.La description de sa relation avec son père est magnifique et sensible. Mais elle souffre seule dans son corps, dans sa tête, dans cette solitude et cette fougue propre à l’adolescence et à la quête d’identité. Le film est incroyable de maîtrise, d’intelligence et de rigueur. L’acteur est tout simplement stupéfiant de délicatesse et de grâce mais aussi de rage et d’obstination. Je pensais d’ailleurs que c’était son histoire qui était ici racontée , mais pas du tout. L’acteur est effectivement danseur mais à été repéré lors d’un casting. Un film dont on ressort bouleversé par la force de vie et la rage de vivre du personnage.
Film un peu trop lisse , style papier glacé, qui ne rentre pas assez, voir très peu dans l'émotion, pourtant il y avait de quoi sortir un peu plus ses tripes même si la fin est forte en émotion.
Film difficile à voir et de fait à conseiller : malgré tout, tout est réussi, jeu des acteurs, parti pris d'une histoire singulière sans combat idéologique, scènes de danses, de rv médicaux de danses, de rv médicaux qui montrent la lenteur insupportable des changement pour cette jeune fille née garçon... La danse dans ce film est pour moi un prétexte (quoi de plus difficile pour une fille au corps de garçon que de monter sur les pointes?), ce n'est pas un film sur la danse. Les images sont d'ailleurs difficiles à regarder car toute la souffrance de cette jeune fille y est concentrée. On grandit en voyant ce film, on comprend plein de choses, on en sort meilleur. Mais que c'est dur...