Des deux distinctions cannoises je retiens avant tout le prix d’interprétation pour le jeune Victor Polster effectivement sidérant dans ce personnage de petit homme qui veut devenir danseuse étoile. Le thème du transgenre habituellement abordé au cinéma ne prend pas position aussi frontalement que le fait le réalisateur belge très préoccupé ( au risque de beaucoup se répéter ) par le processus médical nécessaire à l’accomplissement de la transformation physique de son héros. Si Dhont n’occulte pas le côté familial des choses auquel il confère une très grande sérénité ( le papa est totalement aux côtés de sa fille, la mère n’apparait jamais … ), il prend aussi surtout position sur l’évolution psychologique et physique d’une héroïne qui après avoir montré beaucoup de patience et de persévérance commence à flancher quand elle doit se confronter aux réalités de son environnement et de ses proches . Un aspect qui me semble-t-il tarde à venir dans le monde du réalisateur qui s’attarde beaucoup trop sur le nombril de son histoire. Il se plait à filmer les corps et l’intime, la féminité en attente, une belle ligne de cou. Il faut alors tout le talent de ce jeune comédien Victor Polster pour en saisir les nuances et la force de son combat . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Beau film très touchant sur une adolescence difficile. La caméra suit au plus près l'acteur époustouflant, son visage et surtout son corps qu'il meurtrit. Très belle relation avec son père, loin des clichés habituels. La fin brutale donne tout son sens au récit. Seul bémol : trop de scènes de danse, répétitives et inutiles, bien que très bien filmées.
Lara aime la danse, elle la pratique dans un cour, hélas le physique et le mental ne font pas bon ménage. Lara est un garçon qui n'accepte pas son sexe , il veut être femme. aidé (e) par son père (magnifique prestation) il suit un traitement hormonal. la vie n'est pas aisée, bien que son entourage ne lui soit pas hostile. le moral n'est pas bon. le problème de la transexualité est ici magnifiquement décrit et je jeune garçon fait un prodige d'interprétation. film douloureux ou l'on sort difficilement , abasourdi par une telle maitrise.
Ce film est une merveille d'intelligence et de délicatesse , sans pour autant masquer les questionnements et La tornade intérieur que vit Lara. La torture et le rejet de son corps qui lui devient un poids insupportable pour avancer et devenir celle qu'elle est au plus profond d'elle même . L'acteur qui joue Lara est prodigieux ! Il nous fait ressentir sans en faire trop , tous ses sentiments et ses tourments intérieurs, il est extrêmement touchant et bouleversant ! Une merveille a voir absolument ! Bouleversant et magnifique !
Girl est tout à la fois un film sur une situation limite (le passage d'un sexe à l'autre couplé à la pratique de la danse classique) et un grand film sur une période que nous avons tous traversée : l'adolescence. Le changement de sexe serait déjà un défi immense pour un jeune homme de 16 ans voulant devenir femme. Il est ici conjugué à une pratique physique qui ne peut que dévoiler le corps et générer une constante promiscuité. Le spectateur se trouve donc entraîner dans l'attente de la révélation et dans l'inquiétude de son déroulement : comment vont réagir les amies et potentiel petit ami de cet(te) adolescent(e) quand ils découvriront que, sous l'apparence d'une fille, se trouve encore pour quelques temps un garçon ? Le scénario résout assez bien cette équation, en deux temps. Portée à l'extrême, la question du complexe physique peut résonner tout de même en chacun de nous selon notre expérience de l'âge ingrat. La relation avec le petit frère et évidemment et surtout la relation avec ce père admirable rendent cette chronique d'autant plus touchante. Dans une pudeur irréprochable, l'absence de la mère n'est même pas évoquée ; d'autres en auraient fait un facile tire-larmes. Comme dans toute adolescence, le réconfort de la famille est menacé d'engloutissement par la pression sociale et psychologique de la société extérieure et étrangère. Les proches sont démunis malgré l'amour donné, face à une détresse qui vient du dehors. Le seul bémol que l'on peut sans doute trouver ici porte sur la part de fiction et de documentaire dans l'écriture du film (scénario et mise en scène). La fiction permet de suivre au plus près cette famille et laisse le champ libre à des situations limites (difficiles à trouver dans la vraie vie...). Mais le réalisme du film et sa sobre mise en scène le rapprochent beaucoup du documentaire, ce pour quoi nous n'étions peut-être pas venus... Reste que dans l'histoire du film sur le genre et sur l'adolescence, Girl restera sans doute une œuvre importante.
Lara est une ado transgenre mais comme les autres dans laquelle chacun de nous saura se reconnaître. Les acteurs sont irréprochables ! Girl est brillant d'humanisme et nous offre bien ce "certain regard". Pour moi, ce film mérite largement toutes les éloges qu'il a reçu !
Remarquable, un chef d'oeuvre de justesse et de sensibilité , Bienveillante et intimiste,tout en abordant le sujet de genres, c'est une porte ouverte sur la tolérance et l'amour. L'interprétation exceptionnel d'un jeune danseur qui se révèle un virtuose de justesse en jeu également. Une histoire très maîtrisée et une poésie de la caméra qui filme sans victimisation. Franchement c'est rarissime voir un premier film si bien maîtrisé et interprété. Bravo
Voyez comme elle danse ! Lara est apprentie ballerine et son corps souffre. Née dans le corps d'un garçon, elle suit un protocole médicamenteux avant une future opération : deuxième souffrance. Et pour couronner le tout, elle est au stade de l'adolescence, temps de tous les tourments identitaires. Girl a tout pour être un vrai mélodrame mais Lukas Dhont, son réalisateur, ne tombe pas dans le piège en trouvant un équilibre miraculeux entre pudeur et réalisme cru (plus proche des Dardenne que de Dolan), esquivant toutes les thématiques sociales inhérentes au genre. Le film est avant tout le portrait d'une jeune fille résolue bien qu'en proie à bien des doutes. Le scénario pêche parfois par excès de répétitions (la famille, la danse, l'hôpital) mais se concentre sur l'intime avec doigté et délicatesse, emportant le spectateur (qui souffre beaucoup aussi) dans sa quête viscérale. Le rapport entre le père et sa fille est le plus beau qui soit, le premier ne questionnant jamais le sexe de son ange, s'en fichant même du moment qu'il y a du dialogue entre eux et que la jeune fille trouve son épanouissement. Ce soutien moral prend à rebours tous les films sur le sujet transgenrre qu'on a pu voir ces dernières années et fait tout le prix de ce premier long-métrage d'un réalisateur flamand prometteur (encore un !). Et que dire de Victor Polster, interprète éblouissant dont on oublie dès la première minute qu'il est comédien puisqu'il est physiquement et profondément Lara.
Un film d’une justesse incroyable. Les deux acteurs, père et fille, sont magnifiques. Le jeune acteur produit une performance remarquable. La force du film est d’évacuer la question de la transexualité dans la société. Ici, tout l’entourage de Lara sait, accepte et soutient. Des lors, le film se concentre sur Lara qui vit une sorte de double adolescence : celle de subir un corps de garçon qui devient homme et celle d’un corps mâle qui, par la chimie et bientôt la chirurgie, deviendra femelle. Quant à Lara, point de doute : elle n’a jamais été garçon. Et comme le dit le père, fille elle est mais femme point encore. Nous suivons donc Lara qui torture son corps pour mieux cacher sa masculinité et qui regarde les filles qui, elles, commencent à vivre leur féminité pleinement. Ce que Lara ne peut pas faire. Ce film est fabuleux.
Il est assez rare d'éprouver au cinéma un sentiment de plénitude artistique aussi fort que celui que procure la vision de Girl.
Tout en effet est quasiment parfait dans ce premier film du Belge Lukas Dhont : l'interprétation magistrale de Victor Polster, la pertinence du montage, la justesse des seconds rôles, la progression millimétrique de l'intrigue jusqu'à la conclusion bouleversante, la fluidité élégante de la mise en scène, la beauté de la photographie douce et dure à la fois.
Si Girl s'impose désormais comme le film de référence dans le domaine transgenre, il sublime également sa thématique (comme l'a fait La vie d'Adèle) pour donner à voir une destinée individuelle absolument captivante.
L'un des éléments qui donne au film sa force incroyable, c'est que les "méchants" sont quasiment absents du film : tout le monde est bienveillant envers Lara (à part certaines de ses copines). Le seul ennemi de Lara est à l'intérieur de Lara et sera vaincu par Lara. Girl peut aussi être vu comme une lutte de l'esprit contre le corps, dans l'exercice de la danse comme dans l'apprentissage de l'amour.
Girl est le plus beau film que j'ai vu à Cannes en mai dernier. Il y a gagné la Caméra d'Or et Victor Polster le prix d'interprétation de Un certain regard.
C'est un film magnifique. Vous ne devez le rater à aucun prix.
Etre ou paraître...En tout cas un mal-être continu pendant toute la durée du film et surtout, pour ma part, une incompréhension totale. Pourquoi un garçon veut-il à tout prix devenir une fille ? Pour devenir une ballerine étoilée en danse classique ? Il y a des hommes qui sont d'excellents danseurs (Benjamin Millepied par ex.), et surtout s'infliger des cours de danse très difficiles encore plus particulièrement quand on doit danser comme une jeune fille. A 15 ans, vivre autant de difficultés, ne pas vraiment profiter pleinement de son adolescence, être un poisson entre deux rives et surtout subir des opérations plus que douloureuses et enfin attendre le bon moment pour le faire, avoir la patience...(ce que Lara n'a pas), j'avoue ne pas bien comprendre. Bien interprété ce film comporte quand même beaucoup de temps morts et des longueurs dans le scénario (qui, certes est original). Mais surtout je suis sortie de la salle en me demandant le pourquoi du comment ?
Caméra d'Or au dernier Festival de Cannes, Prix d'interprétation de la sélection Un Certain Regard, film qui va être couvert de louanges par la grande majorité des critiques, "Girl", premier long métrage du belge Lukas Dhont, mérite-t-il toutes ces récompenses, tous ces éloges ? A mon avis, pas vraiment, et pour une raison très simple : il est trop répétitif, il donne l'impression de ne pas avancer. En effet, dans cette histoire d'un adolescent qui rêve de devenir une fille et de devenir danseuse, les scènes de danse se succèdent, toujours les mêmes, les rencontres avec le corps médical se succèdent, toujours les mêmes. Les seules transformations qu'on note sont celles des pieds de Lara, qui souffrent de plus en plus des pointes que doit effectuer l'apprentie danseuse. En fait, la partie la plus intéressante du film réside dans les rapports entre Lara et son père, un père aimant, compréhensif, remarquablement interprété par Arieh Worthalter, qu'on avait vu récemment interprétant le rôle de Paul Langevin dans "Marie Curie" et celui de Joe dans "Razzia".
des comédiens absolument remarquables une approche d'un problème que nous ne connaissons pas se mettre dans la situation d'une famille qui doit aborder ce problème avec toute la compréhension d'un père c'est remarquable et très très dur
Bravo pour ce film traitant d'un sujet assez difficile même encore à notre époque. Les acteurs sont formidables et la caméra ne les bousculent pas mais les portent dans cette quête du soi. Le paralléle entre la douleur de devenir danseuse et de devenir une femme sont très bien traités, la douleur est bien présente dans cette histoire, le regard de oi, de l'autre , l'attente du devenir de la réussite un sujet fort porté par des acteurs au top et une mise en scéne sans cliché mais respect de ce que l'on peut ressentir face à ce choix