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SebLefr3nch
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2,0
Publiée le 9 juin 2018
Jafar Panahi est un cinéaste iranien très reconnu. Et ses films sont souvent acclamés. Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours du mal à entrer dans son univers. Dans "Taxi Téhéran", j'avais un peu accroché au concept et à son envie de dénoncer et montrer les différents visages de son pays. Ici dans "Trois visages", il souhaite montrer l'évolution de la perception par les iraniens des artistes à travers trois générations d'actrices. L'idée est vraiment séduisante mais malheureusement le manque de rythme, les longueurs et les métaphores spoiler: comme celle avec le taureau n'aident en rien à s'attacher aux personnages. Pour un Prix du Scénario à Cannes, on pourrait s'attendre à quelque chose de beaucoup plus prenant et inventif. Les acteurs ne sont pas extraordinaires et Jafar Panahi persiste à jouer dans ses films alors qu'il n'a pas l'air du tout à l'aise. On peut juste le féliciter de continuer à réaliser des films sur son pays malgré le point de la censure, et pas que, qu'il porte continuellement comme une épée Damoclès.
Le film commence fort avec le supposé suicide d'une adolescente filmé par ses soins qui va conduire le réalisateur Jafar Panahi et une célèbre actrice iranienne sur les traces de la jeune femme. Jafar Panahi, toujours prisonnier politique en Iran, ne retrouve pas dans ce film la puissance de "Taxi Téhéran", et sa longue route dans les chemins sinueux de l'Iran profond est assez ennuyeuse. Même si "Trois visages" est une ode à la liberté artistique (les saltimbanques en l'occurrence dans ces contrées reculées), il y manque cependant des scènes plus engagées qui caractérisent le réalisateur.
Dans ce film iranien, chaque principal protagoniste joue son propre rôle.
Jafar Panahi, le réalisateur, reçoit sur son smartphone, la vidéo d’une jeune femme qui se pend dans une grotte, parce que ses parents n’acceptent pas qu’elle devienne actrice. La vidéo est adressée à une actrice célèbre, Mme Jafari.
Jafar Panahi et Behnaz Jafari se rendent alors en voiture dans un village reculé d’Iran pour enquêter sur cette jeune fille. Les voilà immergés en pleine campagne iranienne.
Le film est tourné avec peu de moyens, assurant un grand dépaysement, mettant en scène des situations assez drôles, malgré des sujets graves : la place de la femme et des artistes avant, pendant , après la Révolution. Jafar Panahi contribue au ton léger du film en adoptant une attitude très détachée.
Les trois visages sont trois figures féminines du film, trois actrices, chacune appartenant à une génération différente.
La situation, elle-même assez improbable est un habile détour pour faire passer les messages de Panahi malgré la censure qui pèse sur lui.
L'avenir de l'Iran dépend du courage et de l'obstination de ses femmes, qui, au quotidien, se battent contre l'étouffant et séculaire patriarcat qui les opprime. Les artistes sont bien souvent celles qui prennent le plus de risques et dont la détermination peut faire évoluer les mentalités. C'est le cas de la jeune provinciale, perdue dans les montagnes, à des heures de transport de Téhéran. Le cinéaste, lui même assigné à résidence à l'intérieur des frontières de son pays, donne à son récit la force de l'urgence et de l'évidence.
« Trois visages » s’enlise trop rapidement pour in fine n’aboutir à pas grand-chose et en passant par de longs hors sujets (l’histoire du taureau étalon mourant ; l’importance après la circoncision de faire enterrer le prépuce par un « parrain » dans un endroit particulier…). Hormis quelques beaux paysages et moments qui m'ont fait découvrir la culture perse, l'histoire est quelconque et ennuyeuse. Un Prix du Scénario à Cannes ?? Pour moi, il n’y a pas de scénario !!! Il s'agit pour moi plus d'un motif politique en rapport avec la condamnation de Jafar Panahi en Iran.
Le cinéma iranien est de plus vivant et dynamique et nous le devons en partie à Jafar Panahi, réalisateur de « Taxi Téhéran ». Sélectionné en compétition officielle de Cannes 2018, son « Trois Visages » commence avec la vidéo d’une adolescente qui sollicite l’aide d’une célèbre actrice iranienne avant de se suicider. Elle prend alors la route dans le village de la jeune fille avec son ami réalisateur pour comprendre s’il s’agit d’un fait ou d’une manipulation. En effet, certains éléments de la vidéo tournée avec un téléphone portable laissent supposer une entourloupe. Le film réside alors dans la recherche de la petite fille morte ou vivante. Si nous restons simple spectateur, nous sommes tout de même entièrement captés par la petite enquête. Une fois la quête à la vérité terminée, les séquences deviennent anecdotiques et empruntent un ton plus léger voir drôle. « Trois visages » nous surprend par sa construction minimaliste. Le comédien et réalisateur est de nouveau enfermé dans sa voiture et témoigne ainsi de sa passion de filmer malgré de son interdiction de tourner en Iran, de quitter le territoire et de s’exprimer dans les médias depuis 2011. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
L’actrice de séries iranienne Behnaz Jafari, reçoit sur Instagram, une vidéo d’une jeune admiratrice, vivant dans un village reculé mais ayant cependant réussi l’admission au Conservatoire de Téhéran, et se trouvant face à l’hostilité de sa famille et des villageois qui la jugent écervelée. Dans sa vidéo elle met en scène son suicide…Behnaz Jafari, bien que s’interrogeant sur la réalité de l’acte est bouleversée et convainc le réalisateur Jafar Panahi de l’accompagner dans ces montagnes azéries au nord ouest du pays…le robuste Mitsubishi Pajero a remplacé le taxi de Taxi Téhéran, mais c’est toujours dans sa voiture que le réalisateur se trouve en sécurité…après une longue route (pour le spectateur un peu aussi !!!) qui se termine par des pistes défoncées, les deux visiteurs sont reçus avec méfiance par les montagnards …"On a cru que vous veniez résoudre nos problèmes", s'étonne un des habitants », mais Behnaz Jafari est reconnue par les femmes et les jeunes et se retrouve confrontée à sa notoriété…Panahi imagine une intrigue entre trois femmes appartenant à trois générations, l’une Shahrzad, ancienne gloire du temps du Shah, interdite de tournage depuis la Révolution qui s’est réfugiée dans ce village perdu, et vit dans une grande précarité au abords du village qui la considère comme une paria… on ne la verra pas mais on la devinera et on l’entendra lire un poème, l’autre Behnaz Jafari, connue parce actrice de séries et dont la notoriété est venue jusqu’à ces villages perdus…la troisième incarnant le futur de l’Iran, la jeune Marziyeh Rezaei, dont la vocation d’actrice est entravée par les siens…Elle reçoit le même qualificatif d’écervelée que Shahrzad… Cela permet à Jafar Panahi de slalomer habilement entre les enjeux de la condition de la femme, de la domination masculine, incarnée entre autre par le frère de la jeune Marziyeh, écumant comme un taureau furieux alors que la région excelle dans l’élevage des reproducteurs…un vieux paysan continue de vouloir enterrer le prépuce de son fils dans un lieu qui leur portera bonheur…Quand on pense que Jafar Panahi est officiellement interdit de tournage, de sortie du territoire ( c’est sa fille qui recevra son Prix du Scénario à Cannes) et sous la menace d’une peine de prison que pour le moment la justice n’a pas fait exécuter… qu’il doit se débrouiller avec des budgets et du matériel réduits…on ne peut être qu’admiratif devant ce road movie d’une incroyable poésie, semé de rencontres toutes aussi pittoresques les unes que les autres, dans des paysages d’une aridité incroyable…
Ce film remarquable mérite amplement son prix à Cannes. C'est d'un très grand intérêt, dénonciateur comme il faut, et captivant. Ce long métrage m'a sérieusement interpellé à bon escient. Du début à la fin, j'ai suivi cette histoire avec une grande attention et j'en suis ressortie contente.
Film en deux parties : la première construite autour d'une intrigue qui se dénoue à la moitié du film. La deuxième qui ressemble un quasi documentaire sur certaines traditions rurales iraniennes. La contradiction Puissance des réseaux sociaux vs Ruralité ne fonctionne pas vraiment, puisque aucune contradiction ou opposition réelle n'en ressort. Film à voir comme un documentaire mais qui aurait gagner à développer la première partie pour assurer une tension dramatique jusqu'au bout.
Faut-il, puisque Jafar Panahi, est constamment querellé et martyrisé par le régime iranien, trouver merveilleux tout ce qu'il tourne en bravant les interdits qui lui sont opposés ? Certes, il n'est sans doute pas aisé d'écrire quelque scénario que ce soit, de le mettre en scène et de le tourner dans la clandestinité (encore que ça devait bien se voir qu'il tournait ou alors la surveillance organisée par le régime ce n'est plus ce que c'était !). Mais de là à justifier le Prix du scénario, c'est seulement de la bonne conscience comme on aime s'en donner du côté de Cannes. Car ce film est surtout bavard, long et ennuyeux. Le message politique se résume à une métaphore autour d'une route sinueuse et étroite. Les villageois ont fini par fixer une règle pour les croisements. Mais la règle change tout le temps. Et l'une des héroïnes qui se serait bien vu prendre sa pelle et sa pioche pour élargir le chemin se voit traiter d'écervelée. C'est ce qu'il y a à méditer longuement. C'est déjà ça. "Taxi Téhéran" (2015) que j'avais noté 4 étoiles était autrement plus démonstratif.
Encore le genre de récompense cannoise "politique" pour ce tout petit film sans prétention et sans grand intérêt non plus. ( Tout cela parce que le cinéaste est personna non grata dans son pays) . Beaucoup de plans fixes interminables , pour cette non-histoire.. Quel culot de donner le "Prix du Scénario " pour un film qui n'en a justement pas . Un synopsis archi -simple : une video sauvage d'une fille soit disant disparue et dont deux intellos de Téhéran décident de partir à la recheche . S'en suivra une galerie de portrait de paysans , d'une contrée éloignée à la bordure de la Turquie. Des paysans donc, sympathiques , acceuillants, (pourquoi en serait- il autrement ) : celui qui transporte son taureau mourant, le collectionneur de prépuces, l'ancienne star du cinéma sous le Shah . Un final opaque et incompréhensible avec un plan fixe de 10 mn sur la campagne , soporofique et abscons..
Un film très fort. sous des apparences de simplicités, le scénario offre une critique des traditions rurales, avec une ironie piquante ( on ne peut même pas en rire)...Les paysages bucoliques, les troupeaux de moutons, le taureau en travers de la route, les cil de sacs dans la poussière, sont là pour condamner les mentalités rurales. On quitte la poésie à proprement parler pour contrairement au Pangloss du Candide de Voltaire, dire que les choses vont mal. Panahi manie le montage comme un virtuose, quand on sait qu'il fait du cinéma de contrebande, les paysages, les personnages presque amateurs, sont pénétrants et dévoilent toute la profondeur d'un Iran désenchanté.....Ici aussi le calme est amer....le silence aussi, certains deviennent fous (scène admirable de démence avec le frère de la jeune fille). C'esp pour moi un film brillant, qui veut faire bouger l'Iran ( religion, coutumes, agriculture) et qui le fait avec une grande subtilité.....Décidément ce réalisateur même dans l'ombre de la politique ne cesse de briller et d'affirmer un cinéma exemplaire.....Bravo
Panahi joue sur tous les tableaux à la fois : le drame, la comédie, le documentaire, le road movie, etc. Grâce à une pointe d’absurdité et son grand sens de l’humour, le cinéaste transmet au spectateur de multiples émotions tout en les informant sur la situation de l’Iran rural. Enfin, il faut noter que sans de grands moyens et avec principalement des plans-séquences, Panahi donne de l’ampleur à son histoire. Bref, un coup de maître !
Un bon film qui dénonce la restriction du cinéma en Iran et la situation de la femme. Le film a une touche humoristique avec des situations assez absurdes, improbables mais vraies que rendent le film plus légère face à ça problématique.