789 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
68 critiques spectateurs
5
25 critiques
4
24 critiques
3
13 critiques
2
2 critiques
1
4 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Christian M.
2 abonnés
154 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 23 juin 2017
Un film d'une grande beauté plastique et spirituelle.Le spectateur ne peut être que touché par la grâce.La magie des images des visages l'interprétation magistrale de l'actrice nous prouve que Dreyer reste un réalisateur génial à découvrir ou redécouvrir d'urgence.
Expérience de cinéma d’une intensité incroyable, La Passion de Jeanne d'Arc dépouille la mise en scène jusqu’à l’essentiel pour atteindre une forme de vérité mystique. Avec une rigueur ascétique, Carl Theodor Dreyer construit un espace de visages et de regards où chaque gros plan devient une épreuve spirituelle. Au centre de ce dispositif, la performance hallucinante de Renée Falconetti transcende le jeu d’acteur pour toucher à une forme de pure incarnation de la souffrance et de la foi. Les décors épurés et la fragmentation des visages composent un tribunal presque abstrait, où la violence des juges se heurte à la fragilité lumineuse de Jeanne. De cette austérité formelle naît un choc émotionnel d’une puissance rare, comme si le cinéma lui-même devenait un acte de foi.
Celui qui n'a pas vu "La passion de "jeanne d'Arc" ne peut pas se prétendre être cinéphile. On assiste à la performance d'actrice la plus bouleversante et extraordinnaire de toute l'histoire du 7ème art. C'est une oeuvre inégalée et miraculée.
Comme le dit le célèbre critique américain Roger Ebert: "You cannot know the history of silent film unless you know the face of Renee Maria Falconetti." Oui on ne peut prétendre connaître l'histoire du cinéma muet si on ne connait pas la face de Renée Maria Falconetti. Son interprétation de Jeanne d'Arc, son premier et dernier film, est au-delà des mots. Comme l'a écrit Pauline Kael: ``It may be the finest performance ever recorded on film''. . De plus, Notre compassion avec Jeanne est engagée de façon si puissante grâce aux méthodes visuelles révolutionnaires de Dreyer, ses angles, ses closeups, ses edits, qui ne sont pas en réalité des choix stylistiques mais des fragements de l'expérience de Jeanne. Epuisée, transie de froid, effrayée, à seulement 19 ans, elle vit un cauchemar entouré de ces juges et bourreaux dont les faces ressemblent au diable. Cette expérience tellement intime, elle nous la fait vivre avec elle. Je vous conseille personnellement d'écouter ce film avec la musique de Richard Einhorn "Voices of Light" que vous trouverez dans l'édition "The Criterion Collection". Cela donne à ce film quelque chose de divin.
Quelle honte qu'il m'ait fallu rapporter ce DVD des USA (on ne le trouve pas en France). Mon dieu que le cinéma me parait futile et faible depuis que j'ai vu "La passion de Jeanne d'Arc". Et c'est bien là le seul défaut de ce film. Il est d'une telle perfection, d'une telle émotion, qu'aucun autre film désormais ne pourra me toucher de la même manière.
Mettre 4 étoiles n'a aucun sens, ce film ne peut pas être classé au même niveau que les autres.
Un peu à reculons, j'y ai été, c'est vrai, voir ce classique du cinéma : Un muet de 1928, aie, je vais me morfondre, mais bon, je pourrais dire, je l'ai vu ! je pourrais frimer devant la galerie à l'occasion (sans doute jamais, vu mon entourage proche, que j'adore, mais qui se fout du cinéma comme de l'an quarante)! Et bien non, On ne s'ennuie aucunement. On est vite captivé par tous ses visages stupéfiants; vite embarqué dans les tourments intérieurs de Jeanne. Un vrai chef d'oeuvre, donc, qui reste, et restera, de portée universelle, malgré le passage du temps : comment juger la folie douce, folie capable de soulever des montagnes et d'emporter les coeurs, mais aussi de ridiculiser les tenants de la soi-disante vérité. Dreyer, tenant sa caméra avec une une retenue remarquable, pose le dilemne en répondant en Artiste, seule manière possible.
C'est un bon film, et on passe un bon moment à le regarder. L'actrice principale est excellente. Cependant, c'est aussi un film muet, basé entièrement ... sur des dialogues ! À savoir la retranscription du procès de Jeanne d'Arc selon les documents historiques (par ailleurs manipulés sans gants au début du film, mais ce n'est pas le sujet). Donc pas tellement adapté au muet, avec beaucoup de dialogues qui passent à la trappe, les quelques phrases les plus importantes étant affichées à l'écran. Outre ces dialogues muets, trop peu d'effets spécifiques au cinéma muet pour en faire le format idéal. C'est d'autant plus dommage que le parlant s'est généralisé peu de temps après. N'étant pas historien du cinéma, je peux donner le bénéfice du doute : ils ne pouvaient pas deviner. Ce qu'ils pouvaient deviner par contre, c'est le 500e anniversaire du procès, en 1931. En ayant la patience de viser cette date symbolique pour un tel film, le parlant aurait été disponible ... et plus adapté pour un film retranscrivant des dialogues.
C'est un film exceptionnel !! Je viens de le voir, et sérieusement, il est génial. Il y a beaucoup de gros plans, mais ce n'est pas gênant car le jeu de Falconetti est juste extraordinaire !!
Il s'agit d'un film muet, ancien (1928), et cela est bon d'en voir un surtout sur l'un des procès les plus ancien connu et documenté de l'histoire. Le style est donc très épuré, froid et prenant, l'enjeu est la mort par le feu d'une jeune femme, Jeanne d'Arc (XVeme siècle) que tout déjà condamne.
J'ai trouvé que le côté noir et blanc, muet, qui marque des temps et la musique sacrée, renforcent bien l'accompagnement à cette mort physique mais aussi spirituelle. La Jeanne et son regard écarquillé joue parfaitement l'innocence face à l'acharnement et l'enjeu pour les accusateurs. La forme de ce film est directe, simple, on pourrait même dire assez fidèle tellement le style est ancien.
De plus, au début du XXème, l'image de Jeanne D'Arc revient sur le devant de la scène publique, béatification et canonisation en 1920, le film est aussi dans la lignée de ce nouvel engouement autour de la Sainte. Autour de ce film, il a faillit ne jamais être conservé car il a été censuré, puis la petite version restante est partie en fumée dans un incendie. On a miraculeusement retrouvé un vieux négatif dans un hôpital psychiatrique à Oslo qui a permit de retrouver la version originale => Source Wikipédia.
Le Jeanne d'Arc de Bresson fait figure de vidéoclip aux artifices pénibles et navrants. Celui de Carl Dreyer est remarquable de justesse et d'émotions purs.Une lecon de cinéma. Voir ce film en 2007 nous rappelle cruellement qu'a notre époque nous avons perdu le sens de l'image et de la symbolique. Celle qui est universelle. Ce drame aurais pu etre réalisé aujourd'hui tant les acteurs sont convaincues et convaincants. Évitant le jeu et les tics théatrale propre a l'époque. Une restauration irréprochable.Un film a conserver dans sa collection a tout prix...