Bien entendu, en allant voir « Freaks Out » de Gabriele Mainetti, j’avais en tête le célèbre « Freaks » de Tod Browning… Réalisé en 1932, mais redécouvert dans les années 60, il est devenu un film culte pour le public des ciné-clubs, et considéré pour tous les cinéphiles qui se respectent comme une œuvre mythique qui fait partie de cette poignée de films qu'on peut, sans exagération, qualifier d'uniques… Le film s’intitulait d’ailleurs « Freaks ou la monstrueuse parade » et mettait en scène des êtres difformes se produisaient dans le célèbre cirque Barnum, afin de s'exhiber en tant que phénomènes de foire. Le lilliputien Hans, fiancé à l'écuyère naine Frieda, fasciné par la beauté de l'acrobate Cléopâtre…. Au départ, celle-ci, amusée, se moquait doucement de lui, acceptant ses avances et surtout ses cadeaux, sous l’œil jaloux et impuissant de Frieda. De son côté, Cléopâtre cultivait en secret sa relation avec le beau et fort Hercule, le Monsieur muscle du cirque…Le film de Gabriele Mainetti est tout aussi étonnant sinon détonnant…Dans la Rome occupée et bombardée de 1943, quatre phénomènes de foire, constituent la troupe d’un petit cirque conduit par le vieil Israël. Il y a là Matilde, ravissante jeune fille que personne ne peut toucher, sous peine d’être électrocuté (elle génère du 2 000 volts), Cencio, garçon albinos qui contrôle tous les insectes de la création, araignées, fourmis, lucioles (sauf les abeilles) , Fulvio, géant velu comme un loup-garou, de la tête aux pieds, Mario, nain masturbateur dont le corps est magnétique, les petites cuillères se collent à son front…Ils se retrouvent aux prises avec la vedette mégalomane d’un cirque nazi, qui veut mettre leurs supers pouvoirs au service du führer…lui-même a six doigts, ce qui est pratique pour jouer du Schumann !!! . Les péripéties se succèdent, l’Histoire bégaie, l’Italie se consume, les monstres font route vers Rome pour libérer leur mentor, pris dans une rafle et déporté …C’est un film totalement hors mode, totalement frappadingue , qui réussit à se moquer de la vogue des super-héros Marvel et à trouver un ton qui allie bouffonnerie et fantastique…Mais c’est un peu long, notamment la seconde partie, trop excessive et on finit pas se lasser de cette esthétique de choc permanent, un peu trop gargantuesque et de cette difficulté à choisir entre film de guerre et rêverie poétique….Les scènes de guerre sont vite insupportables, surtout en ce moment, et si le film avait été amputé d’un bon tiers, cela n’enlevait pas son côté sympathique.