Après "Marty Supreme" (enfin pour nous puisque "Christy" est sorti depuis bien longtemps aux États-Unis), voilà encore un biopic sportif qui commence sur du Tears For Fears. Tiendra-t-il les mêmes promesses ? Bien-sûr que non ! Mais c'est quand même bien plus réussi que ce à quoi je m'attendais. Eh oui, je voyais avant tout ce film un peu comme le "Tchao Pantin" de Sydney Sweeney qui sort de sa zone de confort pour incarner une fille gay loin des critères de beauté qu'elle représente d'habitude. Et c'est effectivement le cas mais l'actrice tient la route du début à la fin. Je l'ai en effet trouvé très juste dans ce personnage aussi torturé qu'ambitieuse et courageuse. D'ailleurs, même le film en lui-même n'est pas simplement un biopic parce-que c'est la mode. Comme pour "Marty Supreme", le sport n'est pas tant le sujet principal du film, même si on devra quand même se taper de longues scènes de ring assez mal torchées (et puis j'aime pas la boxe donc, dans tous les cas, j'étais perdant), puisque si Christy est le sujet principal, elle partage la vedette avec son abruti de manager qui lui servira accessoirement de mari. Et si Christy doit combattre sur le ring, elle devra également combattre son mariage, devenant de plus en plus toxique. Vous l'aurez compris, elle deviendra une femme battue, souvent humiliée et contrôlée et ne sera certainement pas aidé par son entourage familial, notamment son insupportable mère qui est l'incarnation de la redneck coincée et clichée du fin fond de la Virginie Occidentale. Et si ces scènes sont particulièrement prenantes et la fin jubilatoire, le film n'aborde pas assez ces problématique. Et pourtant, il dure plus de deux heures ! Deux heures qui m'ont parues bien longues car je trouve le rythme mal géré, la mise en scène de David Michôd plate et le film ne sait jamais, dans sa première partie, où se placer entre biopic purement sportif ou rentrer dans la vie un peu plus intime de Christy. Puis, soudainement, on avance dans le temps par des étapes par toujours très claires et finalement, on ne passe pas assez de temps sur le véritable sujet féministe du film. C'est assez dommage mais "Christy" reste malgré tout, dans son ensemble, intéressant, du moins si on a la patience de se coltiner pas mal de scènes de boxe.
Inspiré d’une histoire vraie, Christy retrace le parcours fulgurant d’une pionnière de la boxe féminine américaine. Sous la direction de David Michôd, le film suit l’ascension d’une jeune femme issue d’un milieu modeste, qui ne semblait pas destinée aux projecteurs. Sydney Sweeney incarne Christy Martin avec une transformation physique marquée, soutenue par une préparation exigeante. À ses côtés, Ben Foster compose un Jim Martin complexe, à la fois mentor, manager et mari, figure centrale d’une relation qui s’installe progressivement dans un rapport de domination.
Le film ne se limite pas au récit sportif. Il interroge la place des femmes dans un univers dominé par les hommes, où la reconnaissance se gagne coup après coup, dans un système économique brutal. La boxe y apparaît comme un terrain d’émancipation, mais aussi comme un espace précaire, où la notoriété ne garantit ni stabilité ni protection. Gagner permet d’exister, perdre expose à l’oubli.
Au-delà du ring, l’œuvre aborde frontalement les violences conjugales et les mécanismes d’emprise psychologique. La relation toxique qui se développe constitue l’un des axes majeurs du récit. Le film montre comment la peur, le contrôle et la manipulation peuvent s’installer sans éclat spectaculaire, dans une forme de normalisation insidieuse. Le message de prévention reste clair, notamment face aux menaces proférées sous couvert d’amour.
Autre dimension importante, la question de l’identité sexuelle dans l’Amérique des années 90. Le parcours met en lumière la difficulté d’assumer son orientation dans un environnement encore largement hostile, surtout pour une figure publique évoluant dans un sport virilisé. Cette tension intérieure nourrit le portrait d’une femme contrainte de lutter sur plusieurs fronts.
Formellement, David Michôd adopte une mise en scène sobre. Le film demeure classique dans sa construction, sans chercher le choc ou le mélodrame appuyé. Certains pourront regretter un manque de tension dramatique ou d’enjeu accentué, là où le sujet aurait pu appeler davantage de radicalité. Pourtant, la force du film réside ailleurs, dans son esthétique maîtrisée et dans la performance investie de Sydney Sweeney, qui porte l’ensemble sur ses épaules.
Au final, Christy propose un biopic solide, davantage centré sur le portrait intime et le message social que sur l’adrénaline pure du ring. Un film qui rappelle que, dans certains combats, la survie ne se joue pas uniquement sous les projecteurs.
Alors là ce biopic est juste incroyable.. je ne connaissais pas cette Christy Martin et bah je peux vous garantir qu'elle vaut le détour ! Quel courage.. partir de zéro comme ça et devenir la plus grande championne de boxe aux USA et ensuite combattre son mari violent et survivre à tout ça c'est vraiment remarquable ! Moi j'ai adoré.. en plus l'actrice est comment dire.. bluffante ! Et oui quand on voit comment elle est dans la 'vraie' vie c'est impressionnant de voir à quel point elle épouse con rôle et ressemble à la vraie boxeuse vue comment elles sont à l'opposé ! Non vraiment... Christy est un super beau film, un des meilleurs films de boxe que j'ai vu !
Voilà une bonne petite surprise ! Je trouve ça tellement dommage que le film ait flopé aux USA parce que franchement c’est un bon film avec des scènes de boxe efficaces, mais surtout avec un sujet important : les violences conjugales. C’est pas toujours subtil mais ça raconte l’histoire vraie d’une femme sous l’emprise de son mari et de sa longue descente en enfer. Sydney Sweeney est devenue une cible facile et elle subit beaucoup de critiques mais moi je l’aime bien !
Note à but personnel: Film malheureusement vu cent fois. Le biopic de trop. Je passerai toutes les mechaniques classique qui en font un film vu et revu.
"Boxeuse pionnière, survivante de violences conjugales, femme contrainte de cacher son identité pendant des années — l’histoire de Christy Martin avait tout pour devenir un grand film. David Michôd et Sydney Sweeney n’auront su en tirer qu’un biopic sportif honorable, trop lisse pour être vraiment marquant."
"Comme dans tout récit initiatique, le film trace l’ascension d’une outsider qui saute sur les occasions à la manière d’une provocation envers ses détracteurs. Christy sort de l’anonymat une fois les gants enfilés, en devenant une figure incontournable de la boxe anglaise féminine, sa discipline de prédilection. Et c’est aussi une chose qu’elle va devoir apprendre : la discipline justement. Forte de caractère, elle ne cesse de renvoyer les coups avec davantage de violence. C’est ce qui la caractérise dès l’ouverture, dans une dispute familiale où elle tente de défendre son homosexualité — sujet tabou à l’époque, et surtout dans sa petite bourgade minière des Appalaches. Elle a toutes les raisons de serrer le poing et de s’en servir pour exister dans un monde suffisamment violent et misogyne. Se tourner vers le ring sonne comme une évidence, où cette rage est canalisée avec panache et fierté."
"C’est d’autant plus frustrant que le matériau documentaire existait. Distribué par Netflix, Untold : Deal with the Devil laisse largement la parole aux protagonistes. Le biopic en reprend parfois les témoignages presque mot pour mot, mais on les traverse sans jamais approcher le cœur émotionnel de la boxeuse. Peut-être est-ce précisément cette proximité avec la véritable Christy Martin qui pénalise le rendu : à trop vouloir lui rester fidèle, le film s’interdit toute liberté dramaturgique."
"Christy rejoint, malgré ses bonnes intentions, le rang des biopics hollywoodiens fabriqués à la chaîne — ceux qui tentent de trouver leur propre voix, mais finissent noyés dans le mélodrame. La musique d’Antony Partos accompagne un dernier uppercut saturé de pathos, et le générique tombe sans que l’on ait eu le sentiment d’avoir vraiment cheminé avec cette femme. [...] Sweeney y prouve qu’elle peut changer de corps. Pas encore qu’elle puisse changer de registre. Christy Martin n’avait pas besoin d’enfiler des gants pour inspirer le courage et le respect. Son biopic, paradoxalement, montre surtout qu’il a besoin d’un scénario à la hauteur."
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Malgré de bonnes intentions à la base, n'est pas " Million Dollar Baby " qui veut ... C'est pas mal, mais ça manque de vrai Punch, l'histoire, autre que sur la Boxe, bien que dramatique et réaliste part parfois sur des longueurs pas forcément nécessaires, les acteurs, quand à eux, n'ont pas l'air d'y croire vraiment ...
Un biopic intéressant porté beaucoup plus sur l'aspect dramatique que sur la boxe, offrant à Sydney Sweeney probablement son meilleur rôle jusqu'à présent. Très classique dans son développement et déroulé mais bien mis en scène, les différentes relations toxiques entre son mari et elle ainsi que sa mère sont le cœur du récit. Souffrant toutefois de quelques longueurs, le film aurait pût être plus concis. Une histoire malgré tout qui gagne à être connue.
Christy est un film à performance. Il est évident que Sydney Sweeney a tout donné à son personnage et elle est vraiment excellente. Le film doit beaucoup à sa prestation ainsi qu'à celle de Ben Foster, terrifiant dans le rôle du mari et entraineur violent. Malgré la qualité de ses interprètes, Christy reste un biopic conventionnel dans sa construction à la mise en scène peu inventive. Pour autant, on ne s'ennuie pas et le film a le mérite de traiter de sujets forts ( violence conjugale, homosexualité) dans une Amérique conservatrice. Christy est un beau portrait de femme même s'il n'évite pas toujours le pathos. On est en droit de préférer la subtilité du Million Dollar Baby de Clint Eastwood mais Christy dit aussi quelque chose de l'Amérique actuelle, celle ultra conservatrice de Trump.
L’histoire, que je ne connaissais pas, valait la peine d’être racontée et c’est difficile à croire qu’une femme aussi forte sur les rings ait pu subir autant, dans sa vie privée, d’un entourage familial aussi haïssable et malveillant. Par contre, le film, lui, est un peu trop classique dans sa mise en scène pour marquer vraiment le spectateur et il n’est pas dépourvu de longueurs. La restitution de l’époque et des personnages est vraiment bluffante ; en premier lieu, on y voit un Don King, plus vrai que nature, aussi bien physiquement que dans sa façon de se comporter avec ses « poulains ».
Christy repose en grande partie sur la performance de Sydney Sweeney, qui porte le film avec une intensité fragile et une vraie justesse émotionnelle. J’ai trouvé son personnage intéressant, tiraillé entre vulnérabilité et volonté de s’en sortir, et c’est clairement elle qui maintient l’attention du début à la fin. Le film aborde des thèmes forts l’isolement, la reconstruction, la pression sociale avec une certaine sincérité, sans tomber complètement dans le pathos.
Cela dit, malgré de bonnes intentions, le scénario reste parfois trop convenu et manque d’audace dans son développement. Certaines situations sont prévisibles, et j’aurais aimé que le film creuse davantage ses zones d’ombre plutôt que de rester en surface. La réalisation est correcte, sans éclat particulier, mais elle sert efficacement le récit. Au final, Christy est un film honnête, porté par une actrice solide, mais qui aurait gagné à aller plus loin pour vraiment marquer.
La première partie est tellement ennuyeuse, qui nous propose une SWEENEY qui boxe sans arrêt et qui gagne tout. Elle se révèle championne, tout en subissant le puritanisme de ses parents face à son homosexualité. Et puis l’étau FOSTER se resserre progressivement : il est bedonnant, nonchalant, perruqué faux blond et fort peu sympathique. Mais il est efficace en tant qu’entraîneur. Après 14 ans de carrière en 2003, l’emprise est totale, malsaine, menaçante… Et au premier combat perdu tout s’accélère et l’angoisse nous étreint pour cette pauvre petite… Après le drame, le dénouement est régénérateur de bonnes ondes. Intéressant biopic !
Quelle numéro d'actrice ! Sydney aurait mérité une place aux Oscar osant s'enlaidir jusqu'à grossir de 14 kg et s'investir totalement pour interpréter une jeune sportive courageuse mais étouffée par son entraineur spoiler: qui deviendra son mari . Belle reconstitution d'une époque où les femmes étaient confinées dans leur cuisine et où l'amour entre consœurs devait rester caché (ah ! Heated Rivalry quand tu nous tiens...) Portrait d'une boxeuse volontaire dans son sport mais tellement manipulée par les principes de cette Amérique coincée qu'elle en oublie de vivre ses désirs. Mention spéciale à Ben Foster lui aussi défiguré et déformé par les exigences du rôle. J'ai vraiment apprécié la narration de la résistible ascension d'une championne, sa chute et sa prise de conscience. Film malheureusement sous-estimé lors de sa sortie en France.
Vu en avant-première, Sydney Sweeney, l'étoile montante d'Hollywood se glisse dans la peau d'une précurseur de la boxe féminine, Christy Martin. Dans ce biopic bien trop académique, l'orientation sexuelle de notre championne est vite dévoilée. C'est dommage même si elle va cacher cela tant bien que mal avec son mariage avec son manager (Ben Foster). Même si l'intensité des combats et la rudesse de l'entraînement sont au rendez-vous, le réel intérêt du film repose sur sa relation toxique avec son entraîneur. Sinon, ce Rocky à la sauce féminine fait pâle figure et reste beaucoup trop sage, hormis sa dernière partie. Décevant.