Christy n’est clairement pas le film de boxe du siècle, mais c’est un bon film sportif, classique et traditionnel, porté presque entièrement par une Sydney Sweeney impressionnante, qui confirme film après film qu’elle est en train de devenir bien plus qu’une actrice à la mode : une véritable marque.
Sydney Sweeney livre ici une performance intense, sincère et physiquement engagée. Elle porte le film sur ses épaules du début à la fin, sans réel soutien de mise en scène spectaculaire ni de grandes envolées musicales. Son jeu est brut, parfois inconfortable, mais toujours juste. À ce stade de sa carrière, elle a clairement le potentiel pour devenir une référence, capable de vendre un film à elle seule, un peu comme Leonardo DiCaprio dans les années 2000 ou Scarlett Johansson et Chris Hemsworth dans les années 2010.
Mention spéciale également à Ben Foster, excellent dans un rôle volontairement détestable. Il incarne un véritable boulet toxique, crédible et glaçant. Gros big up à l’équipe maquillage et prothèses : je ne l’ai littéralement pas reconnu tant le travail est réussi. Un niveau technique impressionnant, surtout au regard du budget du film.
Justement, il faut rappeler un point essentiel : Christy dispose d’un budget d’environ 15 millions de dollars. On ne peut donc pas le comparer à Million Dollar Baby, Creed ou même La Rage au ventre. Derrière la caméra, David Michôd est un réalisateur sérieux mais pas légendaire. Ce n’est ni un Clint Eastwood, ni un Ryan Coogler, ni un Antoine Fuqua. Sa mise en scène reste sobre, parfois plate, mais fonctionnelle. Le film mise tout sur son personnage principal, et c’est un choix assumé.
Les combats ont été jugés plats par certains, mais ils sont en réalité cohérents avec l’époque. La boxe féminine des années 1990 n’était pas un spectacle chorégraphié et stylisé comme dans Creed. Ici, pas de combats dansés ni de musique iconique pour faire lever le spectateur de son siège. C’est sec, frontal, parfois même ingrat, mais fidèle au contexte.
Certains personnages secondaires restent très secondaires, c’est vrai. Mais le film dure déjà 2h15, et vouloir approfondir davantage la relation lesbienne, la famille ou d’autres arcs aurait probablement alourdi le récit et explosé un budget déjà limité. Christy reste avant tout l’histoire de Christy, pas une fresque exhaustive.
En résumé, Christy est un film sportif honnête, classique, parfois trop sage, mais sauvé et même élevé par une Sydney Sweeney remarquable, qui confirme qu’elle est en train de franchir un cap majeur dans sa carrière. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un film solide, respectueux de son sujet, et clairement au-dessus de La Rage au ventre, tout en restant inférieur à Million Dollar Baby.