Très bon film sur les coulisses du pouvoir : un maire désabusé en panne d'idée et qui s'en inquiète (il est bien le seul) ; des courtisans jaloux qui gravitent autour et une dose de philosophie rafraîchissante ! A voir aussi pour tous les fans de Luchini !
Je m'attendais à un film sur la vie politique locale et ses intrigues mais le scénario est peu crédible sur la relation entre le maire et une jeune philosophe qui ne connait rien à la politique et se trouve affubler d'un rôle surréaliste. Aucun intérêt. Lucchini a fait beaucoup mieux.
Nicolas Pariser a du talent ! En effet, il parvient à captiver le spectateur pendant toute la durée de son long-métrage avec une simple réflexion sur le sens de l’engagement politique, sur les idées et sur le rôle de la réflexion philosophique dans le monde actuel. Parce qu’en effet, faire un film dénué de tout cynisme, de toute dénonciation simpliste de la politique en général, est chose rare. Il s’appuie évidemment sur le talent de Fabrice Luchini qui prouve une nouvelle fois tout son aptitude à se glisser dans la peau de n’importe quel personnage qu’on lui propose. Celui-ci est parfaitement convaincant dans le rôle du maire d’une grande ville française, en l’occurrence Lyon, qui fait face à une lassitude et à un certain désenchantement dans son action politique. Le cadre lyonnais du film, changeant de l’habituel microcosme parisien, suscite d’ailleurs un surplus de curiosité et rend le long-métrage un peu plus attrayant. Anaïs Demoustier lui offre une très bonne réplique, se glissant admirablement dans le rôle de cette jeune penseuse dénuée de tout cynisme, ni carriériste ni arriviste. Le long-métrage, via ses deux personnages principaux, offre également une réflexion sur ce qu’il reste des idées de gauche en France et si celles-ci sont toujours compatibles avec l’action politique d’aujourd’hui. Nicolas Pariser parvient à ne jamais faire baisser le rythme de son film, grâce à une très belle qualité de dialogues. On passe donc un moment agréable avec ces deux âmes perdues de la politique et des idées.
Pas terrible du tout... Malgré un casting au départ plutôt intéressent, les acteurs n'arrivent pas a nous faire partager ce moment de cinéma. L'ennui ressenti par Luchini finit rapidement par envahir les spectateurs ! Aucun rythme, des scènes inintéressantes, l'aspect politique complètement effacé, des clichés grotesques. Personnellement, j’étais soulagé que le film se termine enfin ! en queue de poisson...
- Sur le fond : le film enfonce des portes ouvertes sans avoir l'audace d'aller au bout de thématiques intéressantes. L'on aurait dans ce cas pardonné les gros sabots de certains dialogues.
- Sur la forme : les scènes se succèdent sans se lier. On est en effet tenté de penser qu'elles ne sont destinées qu'à une chose : rendre compte de l'avis du scénariste. Le rythme est gênant sans être audacieux, les acteurs étant engoncés dans des dialogues logorrhéiques et sans cohérences. Les acteurs principaux sont tout en justesses et parviennent à garder en haleine dans l'expectative d'un dénouement, qui n'arrive jamais... laissant ainsi le spectateur dans la frustrante sensation d'avoir vu un film plutôt destiné à être un livre.
Un film extrêmement intelligent, bien joué, dialogues éblouissants, humour omniprésent, qui parle sans détours de politique, la vraie politique, pas le simulacre indigeste qu'on nous sert habituellement. Ceux qui le trouvent "ennuyeux" ou insuffisant sont sans doute ceux dont les convictions sont un peu bousculées, ceux qui préfèrent les daubes US, ou bien les QI à 2 chiffres.
Satire a la fois volontaire et involontaire de la médiocrité du personnel politique traditionnel. Cherche à établir un distingo entre bons et mauvais. Montre au final la vacuité, le nombrilisme et l'inutilité de tous ces gens. Luchini fait du Luchini. Film médiocre, prévisible, ennuyeux.
Malgré tout le talent de Luchini et la fraîcheur de sa partenaire, le propos bobo gauchisant plombe le film de ce qui aurait pu être une réussite avec un scénario plus abouti. Des scènes invraisemblables et de nombreuses incongruités finissent de gâcher l ensemble. Sans intérêt
J'ai adoré ce film. Il m'a fait réfléchir à cette gauche traditionnelle qui devrait parler à la plupart d'entre nous et rate ce qu'elle entreprend pour nous aider,systématiquement, avec application et parfois semble en être fière. Film intelligent qui montre deux être intéressants mais démunis un chouia plus intelligents que la moyenne mais pas de beaucoup, un brin naïfs dans leur logique et qui à travers de dialogues simplement pertinents font entrevoir une amorce de début de réflexion pour que la gauche soit moins bornée dans la recherche de son identité. Bravo
Dans une mise en scène soignée (peut-être trop académique), des dialogues savoureux Nicolas Parisier réalise une comédie politique sur les affres du pouvoir, la vanité, l’ambition personnelle au service de l’intérêt général, ce qui fonde un engagement, une vocation,.. Il constate aussi, sans parti pris moralisateur, dans un monde ou les codes d’une communication formatée et régie par des conseillers omniprésents (voire omnipotents) qui contrôlent et pèsent le poids de chaque mot, l’inévitable distorsion ou l’impossible connexion entre les actes et la parole qui réduit une vision politique à de simples slogans publicitaires. A quelques mois des Municipales, un film qui fait assurément réfléchir sur ceux qui nous gouvernent....
Après un premier long-métrage peu convaincant, Nicolas Pariser s'aventure sur le terrain politique en se centrant sur un improbable duo de personnages : le maire de Lyon et une jeune diplômée en Lettres. Ce qui se joue entre ces deux personnages est moins une remise en question de la politique et de sa pratique qu'une réflexion sur ce que coûte l'engagement politique : qu'est-ce que ça fait de consacrer sa vie à la politique et de sentir que l'on est hors du coup ? Qu'est-ce que peut apporter un regard extérieur à cet homme qui garde un semblant de pouvoir seulement grâce à sa place institutionnelle et non plus par ses idées ? C'est le problème de Paul Théraneau de ne plus pouvoir penser et son appel au secours à Alice Heimann va d'abord dans le sens d'un besoin d'idées – elle va d'ailleurs rédiger son discours final – mais aussi un besoin d'affection. Il n'y a aucune relation sentimentale et sexuelle entre Théraneau et Alice, on ne peut pas non plus dire qu'ils sont amis, c'est une relation complice qui s'établit et qui garde sa part d'opacité : l'échange intellectuel est dense et sincère, le respect est évident mais ce que chacun pense profondément de l'autre n'est pas dit. Tout en étant très dialogué, et ce de façon remarquable, le film préserve aussi l'intériorité profonde de ses personnages tout en se confrontant à ses scènes plus intimes où l'on confesse ses états d'âme. Le bémol qui pourrait toutefois être adressé à "Alice et le maire" est de ne pas proposer de grandes scènes qui se détacheraient d'autres plus fonctionnelles; le trajet effectué est subtil et réfléchi mais il manque de variations, de surprises et l'on reste trop dans le confort. Ceci dit, on aurait tort de bouder son plaisir devant un film aussi bien écrit et joué (Luchini plus sobre que d'ordinaire et assez touchant; Demoustier excelle par son habileté à rester calme et à masquer ses doutes), qui donne envie de se pencher sur la suite de la carrière de Nicolas Pariser.
Grand film d'acteurs ! Un scénario et des dialogues ciselés pour Fabrice Lucchini ! Deux excellentes actrices lui donnant la réplique et tout particulièrement Anaïs Demoustier superbe de justesse aux côtés de ce monstre de talents qu'est Lucchini. C'est une fine critique nous seulement de l'univers de la politique mais aussi des administrations et collectivités territoriales. A regarder attentivement... les clins d'yeux sont fins ! Très beaux dialogues et monologues ! Du sur-mesure pour les deux grands acteurs principaux.
Voici un film au scénario très original et bien conçu. Le maire d'une grande ville - en l'occurrence la ville de Lyon (on est forcé de penser à qui vous savez...) - se trouve à court d'idées. Il se dit épuisé et ne remplit sa fonction que de manière purement mécanique. Jusqu'au jour où se pointe à la mairie une jeune femme, normalienne, une véritable intello forte d'une culture littéraire et philosophique, dont la mission va être de lui redonner du tonus et de l'amener à prendre du recul par rapport aux affaires contingentes. Ce "couple" a de quoi surprendre et pourtant il va parfaitement fonctionner, du moins dans un premier temps. Le maire désappointé va retrouver une énergie qui lui faisait tant défaut et va même envisager un destin présidentiel. Tout n'ira pas forcément comme il l'a envisagé, mais n'en disons pas trop. Nicolas Pariser s'est déjà illustré dans des films à sujets politiques et le terrain semble avoir ses faveurs. Son film intervient à point nommé, à un moment où la démocratie représentative est remise en question et où le rôle du maire fait l'objet d'une réflexion de fond. Traiter le problème épineux de la coexistence en politique de la pensée et de l'action n'a rien de simple, à plus forte raison au cinéma. Nicolas Pariser opte pour le ton de la comédie, mais sans susciter le rire épais : au contraire, il nous offre une comédie d'une extrême finesse où l'on est prié de sourire de temps en temps, mais jamais de rire. Il faut dire que les acteurs y sont pour beaucoup : Fabrice Lucchini, impeccable et sobre comme rarement, et Anaïs Demoustier, fidèle à sa parfaite délicatesse de jeu et d'expressions. Ajoutons les rôles secondaires, en particulier féminins, fort convaincants. Certes on peut être amené à faire quelques réserves : certaines séquences nous paraissent longuettes et moyennement inspirées. Et l'on souffle lorsque le duo Lucchini-Demoustier se reconstitue ou lorsque la belle Anaïs dialogue avec l'impeccable Léonie Simaga ou encore avec Nora Hamzawi. Voilà donc un film qui se déguste avec une certaine gourmandise, mais qui eût pu être amputé de quelques minutes : il y eût sans doute gagné en cohérence et en intérêt. Mais encore une fois l'entreprise de Nicolas Pariser est on ne peut plus louable et peut conduire les citoyens-spectateurs à une réflexion passionnante.