4L : Le film qui promettait un road trip dépaysant, drôle et touchant… mais qui cale dès les premiers kilomètres. Malgré ses paysages sublimes et quelques idées sympathiques, l’émotion n’embarque jamais vraiment, et le voyage laisse un goût d’inachevé.
Au fil du voyage, le casting parvient tout de même à s’adapter : on commence à s’attacher, un peu par défaut, mais on sent aussi que les acteurs semblent parfois perdus, presque désorientés dans des rôles qui peinent à trouver leur ton. Il y a des fulgurances, comme ce marchand de drogue complètement barré mais étonnamment serviable, ou les fameuses scènes avec les Touaregs qui amènent un certain exotisme. Ces moments restent mémorables, tout comme les superbes paysages traversés, véritable atout du film.
Le personnage de Mamadou, clandestin devenu compagnon de route, ou l’ingénieur japonais qui sort de nulle part, participent à l’aspect un peu absurde mais charmant du périple. Malheureusement, tout cela manque cruellement de liant. Le film enchaîne les scènes comme on coche une liste : situation posée, vite expédiée, et hop, scène suivante. Le scénario manque de finesse, de respiration. On a cette impression constante d’un « collage » de séquences, avec en fond sonore ces musiques typiques de road trip, accompagnées de scènes en accéléré et de délires déjà vus et revus.
Les tensions, comme la menace sérieuse du trafiquant français Alain qui pèse sur eux, est très vite désamorcée, et les moments censés être émotionnels, notamment la fin avec leur ami mourant ne touchent pas, parce qu’on ne sent jamais réellement le lien entre les personnages. Même les voix off, avec ce ton un peu familier, parfois presque « à l’américaine », sonnent faux et artificielles, comme une tentative maladroite de donner du style.
Et puis, un point non négligeable : le titre du film, 4L, fait référence à la mythique Renault 4L, symbole de robustesse et d'aventure, notamment dans des épreuves comme le Paris-Dakar. Pourtant, le film ne met jamais vraiment en valeur ce véhicule emblématique. Dès le départ, les personnages embarquent sans que la voiture ne soit présentée ou célébrée, ce qui est regrettable. On aurait aimé que la 4L soit un personnage à part entière, avec son histoire, ses défauts et ses qualités, mais elle reste en arrière-plan, presque anecdotique.
En somme, 4L avait du potentiel, vraiment. Le cadre était là, l’idée de départ aussi. Mais le manque de maîtrise scénaristique fait tout s’effondrer trop vite. Un film qui se regarde, mais qui ne se vit pas.