Assurément un très bon divertissement signé Alexandre Aja. Et uniquement un bon divertissement. Parce que malgré lui, le spectateur va se trouver pris dans la tourmente dessinée par l’intrigue et ressentir par moments un suspense parfois insoutenable, l’amenant fatalement à sursauter sur quelques jump scares. Car quoi qu’on en dise, "Crawl" se révèle efficace. Très efficace. Pourtant le film est de courte durée (88 minutes, génériques compris), mais il est clair, net et… concis. Ahaaa vous attendiez « précis » hein ? Hé bien non. Je ne peux prononcer ce mot en raison de quelques incohérences dont je parlerai un peu plus loin. Pour tout dire, l’entame ne laisse rien présager de ces défauts car la mise en place du contexte est bonne et se permet le luxe de prendre le temps de démarrer malgré la faible longueur de l’œuvre. Mieux, tous les éléments sont réunis avec méthode et précision. Des petits détails qui peuvent paraître insignifiants comme certains accessoires, mais dont l’importance future est soulignée par la caméra du cinéaste. Rien de superflu donc. On nous amène en Floride, une région de temps en temps balayée par des cyclones. Ben justement, un ouragan menace de ravager la région, une personne demeure injoignable, des agents de police s’évertuent à boucler la zone, et tout cela à proximité d’une attraction qui en temps normal attire la curiosité des gens. Dans ces conditions, il n’est pas très difficile de deviner ce qu’il va se passer, surtout quand on sait qu’un tel événement climatique peut envoyer l’équivalent de plusieurs années de pluie en l’espace de quelques dizaines d’heure. Mais heureusement, le tout est suffisamment bien ficelé, avec en prime une bonne musique qui contribue à mettre le spectateur dans le bain jusqu’au cou en renforçant le côté anxiogène. Mais surtout, on a là une excellente prestation de Kaya Scoledario, laquelle devient du même coup le principal atout du film, éclaboussant de tout son talent les vilaines bébêtes. Evidemment, le spectateur peut profiter pleinement de ce spectacle offert par cette sorte de huis clos, à condition de ne pas être puriste. Encore que même sans être puriste, il sera difficile de ne pas relever des énormités : difficile d’admettre qu’un tel animal soit dans l’incapacité de casser une simple paroi de douche ! Ou que le simple support de savonnette puisse supporter le poids d’un être humain. Bon je ne vais pas citer toutes les incohérences car il y en a quand même pas mal. Elles restent néanmoins regrettables dans le sens que cette multitude de petites choses qui ne coulent pas de source nuise à la qualité de ce qui aurait pu être un long métrage majeur du genre et crée des remous dans la satisfaction du public. "Crawl" reste malgré tout un ouragan cinématographique particulièrement mordant, étonnamment sans images trop gores.